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Il bâti une armée, se lance à la conquête des cités-états sumériennes et s'empare successivement de la Mésopotamie, de la Syrie du Nord et de l'Elam. La civilisation sémite du Nord s'impose ainsi à celle de Sumer au Sud. Les ateliers officiels, qui produisent l'essentiel des objets d'arts, prennent pour thèmes les victoires militaires. Les stèles dédiées aux divinités telle la déesse de la guerre Ishtar, sont fabriquées en série pour être diffusées dans l'empire.
Les rois Rimoush (2278-2270 avant Jésus-Christ) et Manishtousou (2269-2255 avant Jésus-Christ) succèdent à Sargon. Il conservent le contrôle de Kish mais ne parviennent pas à imposer leur autorité sur les états conquis. Seul le royaume d'Agadé est directement placé sous l'autorité du roi. Le maintien des dirigeants et des institutions locales laissera peu de pouvoirs aux fonctionnaires accadiens dépêchés sur place et suscitera de nombreuses révoltes locales.
L'histoire du roi Rimoush reste assez obscure. Manishtousou envahira l'Iran en passant par le Golfe arabo-persique. Il en rapportera des pierres noires et dures, la diorite lissée, qui serviront à la fabrication de stèles sculptées en son honneur. L'obélisque de Manishtousou est gravé de 1519 cases d'écriture qui recensent les acquisitions de terre effectuées par le roi au profit de ses officiers. Ces dons modifieront durablement l'organisation de la Mésopotamie.
Naram-Sin (2255-2220 avant Jésus-Christ), petit fils de Sargon, devient "roi des Quatre Régions", symboles des quatre points cardinaux qui englobent le monde. Son long règne marque l'apogée de l'empire d'Agadé. Il est déifié de son vivant comme l'indique l'idéogramme qui précède son nom. Sa grandeur est célébrée par la stèle de victoire de Naram-Sin découverte à Suse en 1898.
La composition et le modelé des sculptures sont caractéristiques de cette période de l'art d'Agadé. L'accadien devient la langue utilisée sur les monuments officiels même si les scribes conservent l'usage des idéogrammes sumériens. La glyptique, ou art de graver les pierres, fait largement appel à des motifs religieux polythéistes. Chaque divinité, tels le dieu-soleil Shamash ou la déesse de l'amour et de la guerre Ishtar sont représentées par des symboles. Leur mission est de préserver l'ordre du monde. L'art des sceaux-cylindres, tels celui du scribe Zagganita, donnera naissance à la tradition de la Mésopotamie babylonienne.
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