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Insecula > Le mastaba
Le mastaba
Le mastaba d'origine arabe, qui désignait la tombe des notables de l'Ancien Empire, était une construction en forme de blockhaus en pierre ou en briques crues.
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Elle comprenait une chapelle funéraire sous laquelle se trouvait le caveau de la momie. Les offrandes et les objets usuels accompagnaient le défunt. Cette chapelle était un lieu public qui permettait la communication entre les morts et les vivants.

Les plus simples ne contenaient qu'une stèle, les plus riches des peintures et des statues. Les peintures murales illustraient les textes gravés dans la tombe et donnaient plus de forces aux formules funéraires des voeux du défunt. La forme et le contenu des formules, qui étaient relativement semblables, demandaient une place parmi les dieux, leur protection et le repas funéraire.

Le roi accordait parfois le privilège de posséder une sépulture dans le cimetière entourant la pyramide royale. Il pouvait financer partiellement les frais de construction, d'ameublement et certaines offrandes. Les scènes du corridor d'entrée de la chapelle d'Akhhétep décrivent l'équipement de sa tombe. La livraison des étoffes est représentée en détails sur la gauche. La présence de fonctionnaires royaux indique que le roi participa aux frais de sépulture.

L'installation des statues d'Akhhétep sert de thème aux peintures de droite. Une paroi de la chapelle est entièrement consacrée à une scène de festin. La scène du repas funéraire constitue la représentation centrale des tombes. Le défunt, protégé par le roi et les dieux, est pris en charge durant la longue vieillesse que représente la mort pour les Egyptiens de l'Ancien Empire.

Les structures sociales du monde des morts, identiques que celles des vivants, se caractérisent par un système hiérarchisé de solidarité. Un homme ayant travaillé chez un maître a table ouverte chez lui, ce qui constitue une sorte de pension éternelle. Un homme ayant eu des subordonnés leur doit protection jusque dans l'au-delà. Il leur accordera, sous forme de contrat, une partie de ses biens en échange desquels ils lui garantiront le repas perpétuel. Il pourra organiser une fondation funéraire gérée par des prêtres, rémunérés par le défunt, qui prieront pour lui et entretiendront son souvenir. Ce système permettait la redistribution des richesses et des terres en contrepartie d'une vie prospère dans l'au-delà.

La grande paroi, face à la sortie de la chapelle, est décorée de scènes de chasse et de pêche liées au festin funéraire. Akhhétep y est montré surveillant ses propriétés, s'assurant ainsi son alimentation éternelle. La scène de navigation, se déroulant dans l'au-delà, illustre le dernier voeu du défunt "Aller sur les belles routes de l'Occident sur lesquelles vont les protégés, chez le Grand Dieu".

Ce genre de scènes de navigation ornaient les tombes les plus opulentes. Les destinations pouvaient être terrestres - traversée du Nil pour rejoindre la sépulture, retour du domaine du maître - ou se situer dans l'au-delà - passages par les sanctuaires principaux des dieux dont le défunt est le protégé, navigations sur le canal d'Occident, routes qui mènent au champ des offrandes chez le grand dieu.

Le champ des offrandes rappelle que la principale préoccupation était d'assurer sa subsistance dans le monde des morts.