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L'accroissement de la population nécessitera la création d'un réservoir plus important destiné à la production électrique et l'irrigation de nouvelles terres. Le président Nasser entreprendra la construction du Sadd el-Ali (le Grand Barrage), d'une hauteur de 40 mètres reposant sur une base de 980 mètres d'épaisseur. Les trésors de Nubie, vingt-quatre temples et chapelles pharaoniques et gréco-romains allaient être définitivement engloutis.
A l'initiative de Christiane Desroches-Noblecourt et d'André Malraux, le directeur général de l'U.N.E.S.C.O., René Maheu, lancera, le 8 mars 1960, un appel international invitant les Etats membres à s'associer au plus grand sauvetage archéologique de l'Histoire. Une vingtaine de monuments sera démontée et réédifiée à l'abri des eaux. Les vestiges seront transportés sur de nouveaux sites, au niveau du lac Nasser. Le kiosque de Kertassi, le temple de Kalabsha et celui de Beit el-Ouali seront rassemblés sur le site de la Nouvelle Kalabsha. Les temples de Ouadi es-Seboua, de Dakka et de Maharraqa rejoindront un nouveau site, en plein désert, à 140 kilomètres du Haut Barrage. Un troisième site, à 40 kilomètres au Sud plus au Sud, accueillera les temples d'Amada et de Derr ainsi que la tombe de Pennout, située à l'origine à Aniba.
Les temples soudanais de Bouhen, de Semna, construits sous Hatshepsout et Thoutmôsis III, et de Qouman seront remontés dans le parc archéologique de Khartoum, autour du musée national inauguré en 1972.
Quatre temples ont été offerts à différents pays donateurs. Le Musée égyptien de Turin héritera du spéos d'El-Lassya, un parc de Madrid du temple de Debod, à la ville de Leyde du temple de Tafa et le Metropolitan Museum de New York du temple de Dendoûr.
Le petit temple d'Horus à el-Seboua, un des deux temples de Tafa, Gerf Hussein, le fort de Kouban (XIIème dynastie), le fort du Moyen Empire et le temple de la XVIIIème dynastie d'Aniba, ainsi qu'une partie de Kasr Ibrim seront engloutis par les flots du Nil.
Les 100.000 habitants des villages nubiens situés le long des rives du Nil, entre la première et la deuxième cataracte, seront relogés pour moitié en Egypte, près de Kom Ombo à 14 kilomètres au Nord d'Assouan, et pour moitié dans le Nord-Est du Soudan, à Kachem el-Gouba.
Les temples d'Abou Simbel
Taillé dans la roche sur la rive occidentale du Nil, entre 1290 et 1244 avant Jésus-Christ, les deux temples d'Abou Simbel honoraient les divinités Râ-Horakhty, Amon Ptah et Ramsès déifié en personne. Tombés dans l'oubli à la suite du déplacement progressif du lit du Nil, les temples seront recouverts par le désert au fil des siècles. L'explorateur suisse Lewis Burkhardt découvrira par hasard une tête surgissant des sables, sa voisine étant brisée et les deux autres, encore intactes, à peine recouvertes. Davis Robert, qui se rendra sur le site un quart de siècle plus tard, réalisera une gravure, souvent reproduite, qui décrit cette découverte. Les Britanniques entreprendront les travaux de déblaiements et de fouilles au début du XXème siècle.
La construction du barrage d‘Assouan devait engloutir sous 65 mètres d'eau et de manière définitive cet important vestige de l'époque de Ramsès II. Les Soviétiques, qui ont très largement contribué au financement de l'ouvrage d'art, ont laissé le soin de la sauvegarde des temples à l'Unesco qui a envisagé différentes solutions parmi lesquelles la mise sous cloche de l'ensemble ! A l'issue de nombreuses études, il a été finalement décidé de découpé ces monuments en 1036 blocs, dont certains pesaient 30 tonnes, et de les rebâtir à l'identique au-dessus du niveau des eaux. Les blocs de grès les plus fragiles ont été renforcés par les injections de résine pour éviter qu'ils ne se brisent.
Le site actuel reproduit fidèlement l'implantation et l'orientation de l'édifice. L'emplacement actuel repose sur une colline artificielle consolidée à l'aide de fondations en béton armé afin de pouvoir supporter les 11.500 tonnes du grand temple et les 3.500 tonnes du petit.
Les collines alentours ont été nivelées avant le démontage, ce qui a représenté une masse de 330.000 tonnes de roches extraites sans explosif pour éviter tout dommage. Le découpage des temples pouvait alors commencer. Ce travail de titan sera réalisé entre 1963 et 1968. Un batardeau de 360 mètres de long sera construit autour du chantier car les eaux du lac Nasser commençaient à monter.
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