Les Etrusques
L'origine des Etrusques est soumise à de nombreuses controverses. Pour Hérodote, les Étrusques sont des Lydiens qui émigrés en Italie sous la conduite de Tyrrhénos, peu avant la guerre de Troie.
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Hellanicos identifie les Étrusques aux Pélasges qui, après une période d'errances dans la mer Égée orientale, se seraient fixés en Italie. Nombre d'historiens de l'antiquité et actuels admettent l'idée qu'il s'agit d'un "peuple d'Orient". Les déplacements de peuples constatés entre le XIIIème et le XIème siècle avant Jésus-Christ peuvent valider l'hypothèse d'une éventuelle migration de Tyrrhéniens. Certains documents datant du règne de Ramsès III, controversés en raison de la possibilité d'homonymies ethniques, évoquent les Tyrséniens-Tyrrhéniens parmi les peuples de la mer hostiles au pharaon. L'étrusque n'est pas une langue indo-européenne Une grande partie du vocabulaire reste mystérieux. L'écriture étrusque utilise l'alphabet grec adapté à la langue. La plupart des inscriptions, essentiellement des épitaphes et des ex-voto très courts, sont compréhensibles. Les textes plus longs, tel les lamelles d'or de Pyrgi ou la Momie de Zagreb résistent encore aux tentatives de déchiffrement. Une stèle retrouvée dans l'île de Lemnos, présente une inscription rédigée dans la seule langue connue qui offre une parenté avec l'étrusque. Pour Denys d'Halicarnasse, les Etrusques sont tout simplement des autochtones.
L'Etrurie correspondant à l'actuelle Italie centrale. Elle était délimitée au Nord par l'Arno, à l'Est et au sud par le Tibre, et à l'Ouest par les rives de la mer Tyrrhénienne. Les Etrusques étendent leur domination, au Nord, à une partie de la plaine du Pô, autour de la cité de Felsina (Bologne). Ils fondent Capoue et Nola, au début du VIème siècle, en Campanie. Rome a possédé son quartier étrusque. Une dynastie étrusque composée des deux Tarquins, notamment Servius Tullius, occupera le trône de 615 à 509 avant Jésus-Christ. Caton l'Ancien écrira : "presque toute l'Italie était sous l'autorité des Etrusques". L'Etrurie était une confédération de douze cités qui gouvernaient chacune un territoire. On retient généralement que les villes de Véies, Caere, Tarquinia, Vulci, Volsinies (Orvieto), Chiusi, Vetulonia, Volterra, Pérouse, Cortone, Arezzo et Fiésole devaient faire partie de la dodécapole VIIème et VIème siècles avant Jésus-Christ. L'unité de l'Etrurie reposait sur les cérémonies religieuses et les festivals qui les accompagnaient. Le Fanum Voltumnae, le sanctuaire pan étrusque dédié à Tinia et situé près d'Orvieto, accueillait chaque année, telle la Delphes grecque, les grands rassemblements du peuple étrusque.
La mer Tyrrhénienne, autrement dit étrusque en grec, à l'Ouest et l'Adriatique qui tire son nom d'Adria ou Atria, port fondé par les Etrusques lors de leur poussée vers le Nord et la plaine padane, à l'Est justifient selon Tite-Live, par le nom qu'elles portent, la meilleure illustration de la domination étrusque dans l'Italie pré-romaine.
Implantés sur des terres fertiles et riches en minerais, les Etrusques sont à la fois de bons agriculteurs et de talentueux artisans, notamment métallurgistes. L'Etrurie du vin se situait aux alentours de Vulci et Caere et l'Etrurie du fer à proximité de Populonia et de l'île d'Elbe. La possession de minerais, et en particulier de fer, a joué un rôle déterminant dans le développement de la civilisation étrusque. Habiles marchands et navigateurs, les Etrusques échangent massivement avec les cités de Grande Grèce. Les Grecs, sans doute jaloux, les considéraient souvent comme de simples pirates. Les auteurs anciens, et surtout les Grecs, parlaient volontiers de la "thalassocratie" étrusque. L'influence de celle-ci s'étendait sur l'ensemble du bassin occidental de la Méditerranée. Plusieurs textes et reproductions attestent de la présence de navires étrusques au large de plusieurs côtes. Hérodote rapporte le récit d'une violente bataille navale qui aurait opposé vers 540 avant Jésus-Christ les Etrusques de Caere et leurs alliés carthaginois aux Phocéens, les fondateurs de Marseille quelques décennies auparavant.
On retrouvera de nombreux vases de bucchero - céramique brillante typiquement étrusque dont la couleur noire est obtenue en atmosphère réductrice - dans les tombes de Carthage datant du VIIème siècle avant Jésus-Christ ainsi que des milliers d'amphores étrusques sur les côtes de la Gaule. Il semble que les Etrusques qui ont fait connaître le vin aux Gaulois. Si l'on en croit les propos rapportés par certains auteurs grecs, les femmes étrusques jouissaient d'une certaine liberté. Les fresques funéraires des hypogées de Tarquinia confirment une certaine joie de vivre et volupté. Les banqueteurs, les danseurs, les athlètes, prolongent pour l'éternité le mode de vie aristocratique des grandes familles titulaires de ces tombes.
Histoire des Etrusques
La formation de la civilisation Villanovienne, qui a précédé les Etrusques et dont les membres pratiquaient la crémation des morts, se manifeste entre la fin de l'Âge du bronze et le VIIIème siècle avant Jésus-Christ, sous la forme d'un processus continu. L'exploration archéologique des nécropoles et des sites habités a permis d'individualiser des phases dites protovillanoviennes et villanoviennes. Les systèmes géométriques villanoviens sont progressivement abandonnés pour les canons du géométrique grec avec l'installation en Étrurie d'artisans eubéens, originaires de Cumes. Ils implantent des ateliers sur les territoires de Véies, Tarquinia et Vulci et introduisent la technologie de la céramique tournée à pâte claire.
Les échanges commerciaux et artistiques avec le monde grec engendrent, à partir du VIIème siècle avant Jésus-Christ, la formation de corps politiques structurés et la création de plusieurs niveaux de richesses. Les migrants grecs, latins, italiques et celtes deviennent citoyens de plein droit et non des métèques. La société s'inspire, au milieu du VIème siècle avant Jésus-Christ, des modèles isonomiques des cités grecques fondés sur l'égalité devant la loi. La période comprise entre 600 et 470 environ avant Jésus-Christ peut être considérée comme l'âge d'or des importations de vases grecs en Étrurie. Les étrangers obtiennent, à partir des années 560-550 avant Jésus-Christ, le droit de commercer contre le dépôt de dîmes dans les sanctuaires dépendant de la cité. Ces concessions, appelées emporia, permettront à l'Étrurie de s'insérer au centre des réseaux commerciaux grecs.
Les bouleversements enregistrés dans le bassin méditerranéen, de la fin du VIème au premier quart du Vème siècle avant Jésus-Christ, mettent à mal les échanges commerciaux. Les Perses s'emparent de l'Égypte et de l'Orient (Samos, Ionie, etc.). La destruction de Sybaris, en 510 avant Jésus-Christ, perturbe les relations péninsulaires. Syracuse affirme son hégémonie sur les détroits. Athènes stoppe l'invasion perse à Marathon (490 avant Jésus-Christ) et Salamine (480 avant Jésus-Christ). La place de l'Etrurie sur l'échiquier géopolitique s'affaiblit. Les Étrusques assistent impuissants à la défaite des Carthaginois, leurs alliés, en 480 avant Jésus-Christ. Ils subiront le même sort de la part des tyrans de Syracuse dans les eaux de Cumes six années plus tard. Les difficultés extérieures se répercutent à l'intérieur de la péninsule. Les incursions celtiques endiguées n'empêchent pas l'installation de communautés celtes. L'expansion samnite oblige les Etrusques à partager dans un premier temps l'usufruit des champs et les institutions urbaines (societas urbis agrorumque) avant de céder définitivement sous le poids du nombre. Ils perdent Capoue en 425 avant Jésus-Christ. L'absence d'un pouvoir centralisé entraînera l'annexion de l'Etrurie par les Romains en 265 avant Jésus-Christ.
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