Sûmer
Le nom de Sûmer désigne la partie méridionale de la Mésopotamie antique, souvent opposée à celui d'Akkad, ou Agade, désignant la partie centrale.
| Article |  |  |
 |
Les mythes
Les Sumériens présenteront l'Univers, appelé An-ki (Ciel-Terre), sous la forme d'une demi-sphère. La terre, présentée sous la forme d'un disque plat entouré par la mer, constituait la base de l'Univers. La partie inférieure renfermait les enfers. La partie située entre la voûte du ciel et la terre était occupée par un troisième élément appelé lil (vent, air, souffle). L'Univers flottait dans un océan cosmique infini. L'Univers est, à l'origine, la Mer primitive qui produira la Montagne cosmique composée du ciel et de la terre encore réunis. Le dieu de l'air Enlil naîtra de l'union du ciel, le dieu An et principe mâle, avec Ki, la terre. L'enfant désunira le ciel de la terre. Son père An emportera le ciel. Enlil emportera la terre, sa mère. La création de l'Univers, des êtres et des végétaux, est le fruit de l'union d'Enlil et de la terre. Les quatre dieux cosmiques principaux, le Ciel, la Terre, l'Air, et l'Eau engendreront d'autres dieux. Ces derniers se partageront notamment le gouvernement des corps célestes, le soleil, la lune et les planètes, ainsi que des forces atmosphériques le vent, l'orage et la tempête. D'autres seront affectés à des lieux géographiques tels les rivières, les montagnes, les états et les villes, ou à certains outils de la vie quotidienne.
Le roi de Sumer devra épouser, le jour de l'An de chaque année, l'une des prêtresses d'Inanna, la déesse de l'amour et de la procréation, afin d'assurer la fertilité des terres et la fécondité des femelles. Le dieu suprême, qui gouverne le panthéon sumérien, sera assisté des dieux créateurs, des sept autres dieux suprêmes qui "décrétaient les destins" et des cinquante "grands dieux". Les Sumériens les représenteront sous la forme humaine et les feront vivre comme des mortels, "la montagne du ciel et la terre, là où se lève le soleil". Les Sumériens du IIIème millénaire avant Jésus-Christ distingueront des centaines de dieux aux cotés des quatre dieux créateurs principaux : An, Enlil, Enki et la déesse Ninhursag.
Ils apparaissent dans les catalogues compilés dans les écoles et dans les listes d'offrandes et de sacrifices. Chacun d'eux sera spécialisé dans une fonction et préposé à une mission. Chaque ville vénèrera sa divinité, Ningirsu à Tello, Nannar-Sin à Ur, Babbar à Larsa et Sippar, Enki à Eridu. Chaque roi et prince aura son dieu tutélaire. Les Sumériens attribueront la marche de l'Univers à des forces impersonnelles, à des lois et règlements divins, désignés par le mot "me". La liste de ces forces, compilée sur une tablette sumérienne, cite pêle-mêle la souveraineté et le trône royal, le pouvoir, la divinité, la vérité, la descente aux enfers, le déluge, les rapports sexuels, la prostitution, les joies du coeur, le mensonge, la bonté, la justice, la sagesse, la paix, le conseil et le jugement.
Les scribes
L'administration et le commerce de Sumer nécessiteront la formation de nombreux scribes à l'origine d'une nouvelle élite intellectuelle et scientifique. Cette communauté sera constituée de savants qui rassembleront et feront progresser les connaissances de l'époque dans les domaines de la théologie, des sciences et de la littérature. L'école, ni générale ni obligatoire, accueillera plutôt des étudiants issus de famille aisée. Les femmes semblent en avoir été exclues. Chaque établissement sera dirigé par un ummia, professeur qui portera le nom de "père de l'école". Les découvertes archéologiques nous ont révélées que l'enseignement se partageait entre les activités scientifiques, d'une part, littéraires et créatrices, de l'autre. La formation aux activités scientifiques reposera sur l'apprentissage, par coeur, et la recopie de répertoires. Le IIIème millénaire verra ainsi apparaître les premiers dictionnaires comportant d'importantes nomenclatures d'arbres et de roseaux, d'animaux, de pays, de villes et de villages, de pierres et de minéraux. Les dictionnaires de langues et les livres de grammaire permettront la traduction des textes sumériens et akkadiens. L'enseignement des mathématiques reposera sur des problèmes et leurs solutions. L'enseignement littéraire reprendra l'étude et la copie des textes existants, essentiellement mythologiques et épiques ainsi que des hymnes aux dieux et aux rois et des oeuvres morales.
La morale et la justice
Les milliers de tablettes d'argile retrouvées par les archéologues, d'ordre juridique et contractuel, témoignent de l'importance de la codification du droit et de la place des tribunaux dans la civilisation sumérienne. L'enseignement des lois, de la terminologie qui s'y rattache et de la jurisprudence nécessitera de nombreuses années d'études. Les penseurs sumériens, persuadés que l'être humain, pétri d'argile, n'avait été créé que pour servir les dieux, auront une vision assez pessimiste de la vie sur terre et après la mort. Les divinités, à l'origine de la création de l'homme, seront également responsables de l'apparition du bien et du mal. La liste des "me" comprendra non seulement "la vérité", "la paix", la bonté" et "la justice" mais aussi "la lâcheté", "la dispute", "la lamentation" et "la cruauté". Cette croyance sera à la base d'un ordre moral basé sur le respect de vertus et la répression sévère du mensonge, de l'anarchie, de l'injustice et de l'oppression, de la cruauté et de l'insensibilité. Les souverains feront respecter la loi et l'ordre et protégeront les faibles et les pauvres contre les forts et le riches.
L'écriture cunéiforme
L'écriture cunéiforme comportera pas moins de trois cents signes à la basse époque, constitués par des traits en forme de "coins" et de "clous" diversement enchevêtrés. Ces idéogrammes phonétiques et pictographiques se lisent un peu sous la forme de rébus. Certains représentent des sons (toujours une syllabe), d'autres des objets. La difficulté du déchiffrage des cunéiformes vient surtout de ce mélange perpétuel d'idéographie et de phonétisme. Deux objets placés côte à côte peuvent former un son. Les scribes utiliseront plus tard un signe pour dissocier la référence à l'objet et sa valeur phonétique. Ceci permettra de retranscrire des mots abstraits. La vision (shedu) apparaîtra sous la forme du signe de l'épi (she) suivi de celui de l'oiseau (du).
|