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Les Turcs Seldjoukides, qui s'étaient emparés de Bagdad en 1055, de l'Arménie en 1064, avaient vassalisé Alep en 1070 et remportés une victoire sur les Byzantins à Manzikert en 1071, ne semblent avoir mis un terme à leur progression. Les Byzantins envisagent même une offensive contre l'Islam pour reprendre possession du terrain perdu.
L'empereur byzantin envoie, en mars 1095, des ambassadeurs au concile de Plaisance en Italie qui devait traiter essentiellement de problèmes de discipline ecclésiastique.
Alexis Ier Comnème (1081-1118) adressera alors une lettre au Comte de Flandres (et à travers lui à tout l'Occident) dans laquelle il dresse un tableau apocalyptique de la situation des Chrétiens sous le joug musulman. Il demande la protection des Lieux Saints ainsi que de Constantinople et de ses reliques. Cette lettre, en réalité écrite par le fils de Robert Guiscard, Bohémond de Tarente (ou Bohémond d'Antioche) après le départ de la Première Croisade, n'est qu'un faux destiné à mobiliser l'Occident au moment où l'expédition essuie de sérieux revers.
L'ancien moine clunisien Urbain II - Eudes de Châtillon - (1088-1099) lance l'appel de Clermont le 20 novembre 1095. Il s'oppose dans le même temps à l'antipape impérial germanique Clément III (1080-1100), archevêque de Ravenne.
La situation en Occident est alors confuse. L'empereur Henri IV de Germanie (1056-1106), les rois Philippe Ier de France (1060-1108) et Guillaume II le Roux de Grande-Bretagne (fils de Guillaume le Conquérant) sont tous excommuniés pour des raisons diverses. Philippe Ier a répudié sa femme, sa nièce Berthe de Hollande, et épousé Bertrade de Montfort en 1092. Henri IV de Germanie s'est opposé au Pape dans le cadre de la Querelle des Investitures. Il sera excommunié en 1076, pardonné en 1077, et à nouveau excommunié en 1080.
La Croisade mobilise un premier groupe constitué d'une horde de gens miséreux (de 100.000 à 300.000 personnes) comprenant souvent femmes et enfants fuyant la famine. Une grande partie de la troupe, issue de la Rhénanie, descend la vallée du Danube. Le voyage à Jérusalem déclenche l'interrogation majeure du christocentrisme : qui est responsable de la mort du Christ ? Les Juifs seront désignés. Worms, Mayence, Cologne, Trêves, Metz, Ratisbonne et Prague, villes où les juiveries installées par les princes étaient anciennes et prospères, seront le théâtre des premiers pogroms.
Peu de Croisés du premier groupe arriveront à Constantinople en août 1096. L'empereur leur fournira des bateaux pour traverser les Détroits. La plupart d'entre eux sera massacrée en Turquie en octobre 1096. Les rares survivants seront ramenés à Constantinople par les bateaux byzantins.
Le second groupe de quelques milliers d'hommes, qui comprend des grands seigneurs et des princes territoriaux (vassaux directs des rois) attendra la fin des moissons de 1096 pour partir.
Raymond IV de Saint Gilles, comte de Toulouse et de Provence (1042-1105) prend le commandement du contingent provençal et languedocien. La maison de Toulouse sera décapitée en 1229, après la Croisade albigeoise.
Robert Courteheuse, duc de Normandie, ainsi qu'Étienne de Blois et Hugues de Vermandois, le frère du roi Philippe, conduisent le contingent de l'Ouest.
Le contingent normand est mené par Guiscard Tancrède de Hauteville et son oncle, Bohémond de Tarente.
La maison des ducs de Basse-Lorraine est représentée par Godefroi de Bouillon (1061-1100), duc de Basse-Lotharingie, et son frère Baudouin de Boulogne (1058-1118).
Hugues de Vermandois, accompagné d'une petite garde rapprochée, arrivera le premier à Constantinople. Alexis Comnème, qui souhaitait récupérer ses terres occupées par les Turcs, lui offrira de somptueux cadeaux tout en limitant sa liberté de mouvement. Il lui demandera également de prêter un serment d'allégeance pour tout autre territoire conquis en Orient.
Godefroi de Bouillon arrivera dans la capitale byzantine en mars 1097, après avoir ravagé la campagne environnante de Selymbria (actuelle Silivri à l'Ouest d'Istanbul) pour protester contre les mesures prises à l'encontre de Hugues de Vermandois. Godefroi et son frère, Baudouin de Boulogne, feront allégeance à leur tour, après avoir été privé de ravitaillement et effectuer des razzia en signe de rétorsion.
Godefroi, Baudouin et leurs principaux vassaux promettront de restituer à l'Empire les terres récemment perdues et de reconnaître le basileus comme suzerain pour leurs conquêtes futures le dimanche de Pâques. Ils recevront une importante somme d'argent et seront transportés de l'autre côté du Bosphore. Leur armée s'installera au camp de Pélécan (Pelecanum), sur la route de Nicomédie (actuelle Izmit).
Bohémond de Tarente arrivera à Constantinople le 9 avril. Il demandera à être désigné Grand domestique d'Orient, c'est-à-dire commandant en chef de toutes les forces impériales en Asie. Alexis refusera.
Raimond de Saint-Gilles atteindra la capitale le 21 avril 1097 et refusera de prêter serment.
L'armée provençale arrivera devant la ville le 27 avril puis traversera le Bosphore.
La quatrième grande armée atteindra la capitale au début du mois de mai. Robert, duc de Normandie et Étienne, comte de Blois, comme l'avait fait auparavant Robert de Flandres, accepteront de prêter le serment au basileus. Ils séjourneront pendant deux semaines dans la capitale avant de rejoindre l'Asie.
Ne sachant pas si le serment des seigneurs francs allait être respecté, le basilus promettra d'assurer leur ravitaillement et leur fournira un contingent supplémentaire conduit par Tatikios.
Les Croisés assiégeront Nicée (actuelle Iznik), capitale du sultanat seldjoukide de Roum, ville très bien fortifiée avec ses 240 tours. Le sultan Kilidj Arslan, qui écrasé facilement les troupes de Pierre l'Ermite, avait quitté sa capitale avec son armée pour disputer la suzeraineté de Mélitène (actuelle Malatya) aux Danichmendites.
Le premier assaut des Croisés interviendra le 14 mai 1097. Le sultan, de retour le 21 mai, devra finalement abandonner la ville où se trouvait sa famille et la plus grande partie de son trésor. La ville se rendra au commandant byzantin Manuel Boutoumitès durant la nuit du 18 au 19 juin. Les Croisés ne seront pas tenus informés des conditions de la rédition. Ils seront privés du saccage de la ville et acceptés que par petits groupes. Les Turcs nobles seront conduits à Constantinople avant d'être libérés contre une rançon. La famille du sultan Arslan sera relâchée sans rançon quelques mois plus tard.
Alexis se montrera généreux envers les Croisés. Il les réunira à Pélécan et leur offrira de l'or et des bijoux en large quantité. Les chevaliers qui n'avaient pas prêté serment le feront à leur tour.
Les Croisés, qui imaginaient pourvoir atteindre Jérusalem en cinq semaines, allaient subir deux années d'une guerre meurtrière.
Le sultan Kilidj Arslan, accompagné de troupes envoyées par les émirs Danichmendites et Hasan de Cappadoce, affronteront les Croisés dans les collines avoisinantes de Dorylée (Eskisehir) en juillet 1097. L'armée turque sera décimée et laissera derrière elle un immense butin. Cette victoire permettra aux Croisés de traverser l'Anatolie, après avoir perdu 4000 hommes.
L'armée atteindra Antioche-en-Pisidie (Yalvach) vers le 31 juillet, puis Philomelium (Akshehir). Pendant le trajet, Godefroi sera grièvement blessé par un ours lors d'une expédition de chasse et Raimond tombera gravement malade. Les Croisés arriveront à Iconium (Konya) vers le 15 août, puis se dirigeront vers Héraclée (Eregli). Ils y repousseront les troupes danichmendites et de Hasan de Cappadoce.
Tatikios recommandera de rejoindra Antioche en passant par Césarée Mazaca (Kayseri) puis Marash (Maras) plutôt que d'emprunter la route directe qui traversait le Taurus en empruntant les Portes ciliciennes. Cette région était contrôlée par les Turcs et ne comptait que très d'Arméniens, en principe des vassaux du basileus.
Certains chefs francs, dont Tancrède, s'opposeront à cette idée et décideront de mener leur propre expédition en Cilicie. Il quittera Héraclée, accompagné de 100 chevaliers et 200 piétons, et traversera les Portes ciliciennes. Baudouin de Boulogne le suivra à la tête de 500 chevaliers et 2 000 fantassins, ainsi que son cousin Baudouin du Bourg, Renaud comte de Toul et Pierre de Stenay.
Le gros de troupes croisées atteindra Césarée Mazaca à la fin du mois de septembre. Il libérera la ville arménienne de Comana assiégée par les Turcs danichmendites, puis fera halte dans la ville Coxon (Göksun) vers le 5 ou 6 octobre. Les Francs rejoindront Marash vers le 13 octobre et arriveront devant le Pont de fer, sur l'Oronte, quatre jours plus tard.
Tancrède et Baudouin, qui souhaitaient se tailler une principauté, s'empareront de Tarse (Tarsus) au mois de septembre, puis d'Adana avant de se rendre vers Mamistra (Misis) au début d'octobre. Baudouin rejoindra l'armée principale à Marash, tandis que Tancrède, laissant une petite garnison à Mamistra, se dirigera vers le Sud-Est. Il s'emparera d'Alexandrette (Iskenderun), puis rejoindra l'armée principale au moment où celle-ci atteignait Antioche.
Baudouin s'emparera des forteresses de Tell Bashir (Tilbesar) et Rawandan (Ravanda), qu'il accordera comme fief à Fer et à un autre Arménien nommé Pakrad. Il recevra une ambassade du prince Thoros d'Édesse (Urfa) qui lui offrira de l'adopter et d'en faire son héritier. Le 7 mars 1098, des conspirateurs arméniens déposeront Thoros en faveur de Baudouin qui prendra la tête du gouvernement d'Édesse deux jours plus tard. Le premier État latin d'Orient ainsi fondé aurait dû être remise à Byzance selon les accords passés entre le basileus et les Francs.
Les Croisés partiront ensuite à la conquète d'Antioche (Antakya), ville byzantine avant l'invasion Seldjoukides de 1085. Le Turcoman Yaghi-Siyan, nommé gouverneur de la cité en 1087, deviendra vassal de l'émir d'Alep, Redwan en février 1095. Il s'alliera avec Doukak, frère de Redwan et émir de Damas ainsi qu'avec Kerbogha, l'atabeg de Mossoul, pour déposer son suzerain.
Redwan refusera de se porter au secours de son vassal lorsque ce dernier devra affronter les Francs. Yaghi Siyan enverra son fils, Shams ad-Daulah, à Damas pour demander du renfort auprès de Doukak. Il expulsera plusieurs notables arméniens et grecs d'Antioche et enfermera le patriarche orthodoxe Jean.
L'armée franque atteindra Antioche le 20 octobre 1097. Yaghi Siyan évitera tout engagement et laissera les Croisés s'installer face aux remparts de la ville. Bohémond s'installera devant la porte Saint-Paul, Raimond de Saint-Gilles à sa droite devant la porte du Chien et Godefroi de Bouillon face à la porte du Duc. L'armée franque, pas assez nombreuse pour entourer la ville, ne pourra tenir un véritable siège avant l'arrivée de Tancrède.
L'armée franque devra alors affronter l'hiver sans vivre en quantité suffisante. Les Turcs tenteront une percée dans les lignes ennemies, alors qu'une partie des troupes franques pillaient les rives de l'Oronte.
Les troupes de Bohémond et de Robert affronteront l'armée damascène le 31 décembre, qui sera repoussée au prix de lourdes pertes. De nombreux Croisés, soumis à la disette, déserteront et retourneront en Europe. Tancrède ramènera au camp Pierre l'Ermite et Guillaume le Charpentier, vicomte de Melun, vers 20 janvier 1098. Le commandant byzantin Tatikios de quittera Antioche au mois de février 1098, à l'annonce d'une attaque imminente par les Turcs. Ces derniers, plus nombreux et mieux armés, seront écrasés et mis en déroute près du Pont de fer.
Les Croisés tomberont dans une embuscade le 4 mars 1098, alors qu'ils rapportaient du port de Saint-Siméon les vivres et matériels transportés par une flotte anglaise et des pèlerins italiens. Ils parviendront à récupérer le butin et construiront une forteresse confiée à Raimond. Une tour construite près de la porte de Saint-George sera attribuée à Tancrède. Antioche devra alors affronter la famine.
Le califat fatimide d'Égypte, ennemi des Turcs, enverra une ambassade au camp des Croisés en mars 1098. Il proposera la partition de la Syrie dont la partie Nord devait revenir aux Francs. Ces derniers refuseront. Le vizir fatimide al-Afdal reprendra Jérusalem en août 1098 et s'emparera de la région jusqu'au Nord de Beyrouth.
L'atabeg Kerbogha, qui avait quitté Mossoul au début du mois de mai puis fait alliance avec des sultans persan et irakien ainsi que plusieurs princes mésopotamiens, perdra un temps précieux en faisant le siège d'Édesse occupée par Baudouin de Boulogne. Les Croisés s'empareront d'Antioche avant son arrivée, après avoir obtenu l'aide de l'Arménien Firouz qui lui donnera accès à certaines tours de la ville. Les Turcs et les Musulmans seront massacrés. Antioche redevenue chrétienne le 3 juin 1098, devra affronter l'armée de Kerbogha quelques jours plus tard.
Le basileus Alexis Comnème, qui se trouvait à Philomelium et se dirigeait vers Antioche, fera demi-tour lorsqu'il apprendra qu'une armée turque se préparait à l'attaquer avant son arrivée en Syrie.
Les Croisés, qui avaient trouvé peu de vivres lors de la prise de la ville, seront sauvés par miracle.
Vers le 10 juin, un pauvre pèlerin de l'armée provençale, Pierre Barthélemy, annoncera au comte Raimond que l'apôtre Saint-André lui était apparu à cinq reprises au cours des six derniers mois. Le saint lui avait annoncé que la lance ayant percé le côté du Christ se trouvait dans la cathédrale de Saint-Pierre.
Le même soir, un prêtre provençal, Étienne de Valence, annoncera aux barons réunis qu'il avait eu une vision du Christ et de la Vierge. Ce dernier lui aurait dit que les Croisés recevraient un signe s'ils se repentaient de leurs péchés. Un météore apparaîtra pendant la nuit du 13 au 14 juin. Des fouilles seront entreprises dans la cathédrale le 15 juin. Pierre Barthélemy trouvera une pièce de fer qui sera aussitôt qualifiée de Sainte Lance ! L'évêque Adhémar et plusieurs autres ne seront pas dupe mais comprendront rapidement l'impact de la découverte sur les troupes.
Les Francs lanceront leur assaut le 28 juin, après une ultime tentative de négociation avec Kerbogha. La Sainte Lance, transportée par le chroniqueur Raimond d'Aguilers, accompagnera l'armée.
Kerbogha, espérant anéantir l'armée franque d'un seul coup, laissera les Francs sortir de la ville et prendre position. Il hésitera ensuite puis tentera de négocier une trêve. Les Croisés remporteront une victoire tout au temps historique qu'inespérée. La totalité d'Antioche devenait ainsi chrétienne.
L'armée d'Occident, qui avait décidé de s'installer et de se reposer avant la poursuite de la Croisade, sera décimée par une épidémie de peste. L'évêque Adhémar de Monteil, lé légat du pape qui était le seul Croisé respecté de tous, succombera au fléau. Raimond d'Aguilers rapportera que les Croisés perdront 200 000 hommes pendant le siège d'Antioche par maladie, famine, combats, puis par l'épidémie.
La ville de Maarrat an Numan sera assiégée le 27 novembre par Raimond et Bohémond et prise le 11 décembre. Les habitants seront massacrés ou vendus comme esclaves. Les Croisés affamés mangeront cadavres de Musulmans.
L'armée des Croisés ne rencontrera peu d'opposition pendant sa marche vers Jérusalem en janvier 1099. La dynastie arabe des Banû Mounqidh de Shaizar fournira des guides aux Francs pour traverser leur territoire.
Les Croisés signeront un traité avec l'émir de Masyaf, traverseront Rafaniyah désertée par ses habitants, puis pénétreront dans la vallée du Buqai'ah, entre les montagnes du Liban et le Jabal Ansâriyahavant de s'emparer de la forteresse d'Hisn al-Akrâd (le futur Crac des chevaliers).
Raimond assiégera Arqa, à 25 kilomètres de Tripoli, le 14 février 1099, afin d'obtenir une forte somme d'argent. Godefroi et Robert de Flandres, restés à Antioche, prendront à leur tour la route de Jérusalem pour profiter du fruit des conquêtes.
Le 5 avril, Pierre Barthélemy qui avait découvert la "Sainte lance" à Antioche, annoncera que Saint-André et Saint-Pierre lui étaient apparus et demandés que prendra la ville d'assaut sur-le-champ.
Accusé de supercherie, il demandera de subir le jugement de Dieu, l'ordalie, par l'épreuve du feu. Un immense brasier sera allumé le 8 avril. Pierre Barthélemy, brandissant la lance, en sortira affreusement brûlé et agonisera pendant douze jours avant de mourir. Une grande partie de l'armée doutera alors de l'authenticité de la relique.
L'émir de Tripoli évitera le siège de sa ville en délivrant trois cents prisonniers francs et en offrant quinze milles besants et quinze superbes chevaux. Il ravitaillera également l'armée et fournira des guides.
Les Croisés traverseront la rivière du Chien, au Nord de Beyrouth, le 19 mai et pénétreront en territoire fatimide. Ils seront ravitaillés à Sidon (Saïda) puis s'arrêteront deux jours devant Tyr (Sour). Ils atteindront Acre (Akko) le 23 mai, traverseront Haifa, puis Césarée (Qaisariyah) le 26 mai, poursuivront par Arsouf et arriveront à Ramla, abandonnée par sa population musulmane, le 3 juin.
Les Croisés apercevront Jérusalem le 7 juin 1099, du haut de la colline de Montjoie et camperont devant les remparts à la tombée de la nuit. Selon Raimond d'Aguilers, les combattants francs se chiffraient de 1200 à 1500 chevaliers et environ 12 000 piétons. Le gouverneur fatimide, qui commandait une garnison nombreuse de troupes arabes et soudanaises, expulsera tous les Chrétiens de la ville. Les Juifs seront épargnés. Il ordonnera que tous les puits des environs soient empoisonnés, sauf la piscine de Siloé.
Les assiégeants croisés, qui devront parcourir jusqu'à dix kilomètres pour trouver des sources d'eau potable, manqueront également de nourriture. Ils décideront d'attaquer rapidement la ville.
L'assaut, lancé le 13 juin, sera un échec et se soldera par de lourdes pertes. Un prêtre provençal, Pierre Desiderius, affirmera alors avoir vu l'évêque Adhémar de Monteil qui ordonnait à l'armée de jeûner, puis d'effectuer une procession, pieds nus, autour de la ville. Les Croisés s'exécuteront le 8 juillet.
Un nouvel assaut sera lancé pendant la nuit du 13 au14 juillet. Les tours construites par les Croisés prendront position le 15 juillet. Deux chevaliers flamands, Letold et Gilbert de Tournai pénétreront dans la ville, suivis par Godefroi et son frère Eustache. Le gouverneur, rapidement cerné dans ses murs, proposera la citadelle et son trésor en échange d'un libre passage vers Ascalon. Raimond, qui acceptera de l'épargner, ordonnera le massacre de la population musulmane et juive de Jérusalem.
Robert de Normandie, Robert de Flandres, Godefroi et Raimond pourront prétendre au poste de gouverneur séculier de la ville sainte. Les deux premiers préféreront rentrer en Europe.
Raimond, impopulaire en raison de ses prétentions et sa politique de coopération avec les Byzantins sera disqualifié. Godefroi, élus par ses pairs, refusera de ceindre une couronne d'or dans la ville où le Christ avait ceint une couronne d'épines. Il prendra le titre de Advocatus Sancti Sepulchri (Avocat du Saint-Sépulchre).
Se sentant lésé, Raimond partira à Jéricho où il sera rejoint par Robert de Normandie. On profitera de l'absence des Provençaux pour élire le prêtre normand Arnulf de Malecorne au patriarcat.
Les Croisés mettront en déroute l'armée égyptienne, venue au secours des Fatimides, devant Ascalon le 12 août. Ils s'empareront alors d'un butin considérable. Cette victoire assurera la possession de la Palestine aux Croisés.
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