 |  |  Le Second Concile de Nicée (787)
Le chanoine Adolphe-Charles Peltier, dans son Dictionnaire universel et complet des conciles publié dans l'Encyclopédie théologique en 1847, rapporte les travaux du second concile oecuménique de Nicée (787) qui rétablira l'usage des images religieuses.
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La cinquième session, qui est du quatrième d'octobre 787, fut employée à montrer, par la lecture de plusieurs pièces, que les iconoclastes n'avaient fait qu'imiter les Juifs, les Sarrasins, les païens, les manichéens, et quelques autres hérétiques. Saint Cyrille de Jérusalem compte entre les crimes de Nabuchodonosor, d'avoir enlevé les chérubins de l'arche. Il est dit dans une lettre de saint Siméon Stylite le jeune, que les Sarrasins profanèrent les images de Jésus-Christ, et de sa très-sainte mère. Jean, évêque de Thessalonique, enseigne dans l'un de ses discours que l'on peignait dans les églises les images des saints, et que ce n'étaient point les images que les chrétiens adoraient, mais ce qu'elles représentent ; qu'ils ne les adoraient pas comme des dieux, mais comme les serviteurs et les amis de Dieu, et que s'ils peignaient les anges sous des figures humaines, c'était parce qu'ils ont souvent apparu sous cette forme à ceux à qui Dieu les a envoyés.
L'auteur de la Dispute entre un juif et un chrétien dit qu'en adorant les images qui représentent les combats et les victoires des saints, nous invoquons et louons le Dieu de ces saints, qui leur a donné la patience et les a rendus dignes de son royaume ; en lui demandant en même temps de nous faire participants de leur gloire, et de nous sauver par leurs prières. On lut quelque chose d'un livre apocryphe, intitulé : Les Voyages des Apôtres ; et quoiqu'il fût favorable au culte des images, le concile défendit de le transcrire, et le condamna au feu. Ce que l'on cita d'Eusèbe de Césarée servit plus à flétrir sa mémoire qu'à établir le culte des images.
Le passage cité de l'histoire d'un nommé Jean, appelé le Séparé, marquait que Xénaïas l'Iconoclaste traitait d'idole et d'invention puérile la colombe que l'on peignait pour représenter le Saint-Esprit, parce qu'en effet il s'était fait voir sous la forme d'une colombe, ainsi qu'il est dit dans l'Évangile. A ces passages on en ajouta de la vie de saint Sabas, des écrits de Jean de Gabale et de Constantin, trésorier de la grande église de Constantinople. Ce dernier soutient qu'on ne doit point faire d'images de la divinité, mais qu'on peut en faire de l'humanité de Jésus-Christ. Il fut ensuite prouvé que les hérétiques iconoclastes avaient brûlé plusieurs livres de la grande église de Constantinople où il était parlé des images ; qu'en d'autres ils avaient coupé les feuilles qui traitaient de la même matière ; et le moine Étienne montra un livre où ils avaient effacé de l'histoire ecclésiastique d'Evagre, l'endroit où il parle de l'image de Jésus-Christ envoyée à Abgare d'Édesse. Grégoire, prêtre et abbé, dit qu'il en avait un exemplaire, et offrit d'en faire la lecture : ce qui fut accordé.
Le moine Étienne, garde des livres, offrit aussi de lire plusieurs passages ; mais on se contenta de trois ; et le concile jugeant que l'on avait démontré suffisamment la tradition de l'Église sur le culte des images, demanda que Jean, légat d'Orient, lût un mémoire qui contenait l'histoire du juif qui persuada au calife Yézide de faire ôter les images, comme on l'a dit plus haut. L'évêque de Messine dit qu'il était enfant en Syrie, lorsque le calife fit détruire les images. La conclusion de cette session fut que les saintes images seraient remises à leur place ; qu'on les porterait en procession ; que l'on en placerait une au milieu de l'assemblée ; qu'elle y serait saluée, et que tous les écrits des iconoclastes seraient jetés au feu.
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