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On croit qu'Épaphus dut le jour à la nouvelle déesse, et que Jupiter fut son père. La mère et le fils partagent, en Égypte, les temples et les honneurs divins. Épaphus, et Phaéthon, fils du Soleil, avaient même âge et même caractère. Phaéthon, fier de son origine, parlait avec orgueil, et ne cédait jamais à son ami. Fatigué de sa présomption, "Insensé, lui dit un jour Épaphus, vous ajoutez une trop grande foi aux discours de votre mère; cessez de vous enorgueillir d'un père supposé."
[755] Phaéthon rougit, et la honte sert de frein à sa fureur. Il va raconter à Clymène, sa mère, l'affront qu'il vient de recevoir : "Plaignez-moi d'autant plus ajoute-t-il, que, malgré ma fierté, j'ai pu dévorer cet outrage sans pouvoir le repousser. Ah ! si réellement je suis issu du sang des dieux, donnez m'en une preuve éclatante". Il dit, et, se jetant dans les bras de sa mère, il la conjure par elle-même, par la tête de Mérops son époux, et par l'hymen de ses soeurs, de lui faire connaître son père à des signes certains.
Qui dira si Clymène fut plus touchée des plaintes de son fils, qu'elle ne fut irritée de se voir soupçonnée d'imposture ? Elle élève ses mains vers le ciel, et, fixant ses yeux sur le Soleil : "Je jure, mon fils, s'écria-t-elle, par ces rayons qui nous éclairent, par ce Soleil qui nous voit, et qui nous entend, que tu es le fils de cet astre qui féconde l'univers. Si je mens, qu'il me refuse ses feux, et que sa lumière brille à mes yeux pour la dernière fois. Tu peux d'ailleurs aller facilement jusqu'au palais de ton père : l'orient, où il réside, touche aux terres que nous habitons; et si ton courage ne te trahit point, pars, le Soleil te confirmera ta superbe origine."
À ce discours, Phaéton a tressailli de joie. Il se croit déjà transporté dans les cieux. Il traverse et les régions éthiopiennes qui lui sont soumises, et les Indes placées sous la zone brûlante; et bientôt il arrive à l'orient, au palais du Soleil.
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