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Histoire Romaine de Tite Live - Livre IV : Les événements des années 445 à 434 avant Jésus-Christ

Guerres contre Fidènes et contre les Étrusques - Instabilité politique - Guerres contre les Volsques et les Èques

   Article   


Échec devant Carventum - Prise de la citadelle de Verrugo
IV, 55
1 - Comme il n'y avait point d'opérations consulaires, les tribuns n'avaient pas moyen d'obtenir, en les contrariant, ce qu'ils demandaient : une circonstance vint merveilleusement les servir. On annonça que les Volsques et les Èques, ayant franchi leurs frontières, pillaient le territoire des Latins et des Herniques.
2 - Un sénatus-consulte autorise les consuls à faire une levée pour les combattre : aussitôt les tribuns s'opposent énergiquement, joyeux pour eux et pour le peuple de la fortune qui se présente.
3 - Ils étaient trois, tous d'une ardeur infatigable et déjà haut placés parmi les plébéiens. Deux prennent à partie et corps à corps les deux consuls, et les surveillent sans relâche : l'autre se charge de contenir ou d'exciter, par des harangues, le peuple.
4 - Ainsi, ni les consuls ne pouvaient obtenir les levées qu'ils demandaient, ni les tribuns leurs comices. Enfin, la fortune ayant incliné vers la cause du peuple, des courriers apportent la nouvelle que la citadelle de Carventum, au moment où les soldats de la garnison avaient quitté la place pour piller, a été surprise et forcée par les Èques, les gardiens, peu nombreux, mis à mort, et les autres massacrés, soit en revenant pour la défendre, soit dans la campagne où ils erraient dispersés.
5 - Ce désastre, funeste à la cité, donna de nouvelles forces à l'opposition des tribuns. Vainement on les sollicite de renoncer enfin à mettre des obstacles à la guerre, ils bravent opiniâtrement et les orages qui menacent la patrie et la haine qui les menace eux-mêmes, et parviennent à emporter un sénatus-consulte pour une élection de tribuns militaires,
6 - avec cette clause cependant qu'on n'admettrait point un tribun du peuple de l'année, et que nul ne serait réélu tribun du peuple pour l'année suivante :
7 - le sénat avait en vue, sans nul doute, les Icilius qu'on soupçonnait de vouloir arriver au consulat par les menées d'un tribunat séditieux. Alors on procéda aux levées, et l'on fit les préparatifs de guerre avec le concours de tous les ordres.
8 - Les consuls partirent-ils tous deux pour la citadelle de Carventum, ou en resta-t-il un pour tenir les comices, c'est un point sur lequel les divers auteurs ne sont pas d'accord; mais un fait certain et sur lequel il n'y a qu'une version, c'est qu'après plusieurs assauts contre la citadelle de Carventum, qui n'eurent point de succès, l'armée se retira, reprit Verrugo sur les Volsques, et fit des dévastations et des pillages sans nombre tant sur les Èques que sur les terres des Volsques.

Élection des tribuns militaires
IV, 56
1 - À Rome, le peuple eut l'avantage dans le choix des comices; mais, quant au résultat des comices, l'avantage demeura aux patriciens.
2 - En effet, contre l'attente générale, on nomma pour tribuns militaires, avec puissance de consuls, trois patriciens, Gaius Julius Iulus, Publius Cornélius Cossus, Gaius Servilius Ahala.
3 - Les patriciens usèrent, dit-on, d'une ruse que les Icilius eux-mêmes leur reprochèrent à cette époque : ce fut de confondre les plus dignes citoyens au milieu d'une tourbe de candidats indignes, qui, pour la plupart, portaient de telles marques de souillures, que le peuple s'éloigna par dégoût des plébéiens.
4 - Peu après, le bruit courut que les Volsques et les Èques, enhardis par la prise de la citadelle de Carventum, ou irrités de la perte de la garnison de Verrugo, s'étaient levés pour la guerre avec toutes leurs forces :
5 - les Antiates étaient à la tête du mouvement; leurs députés s'étaient répandus chez les deux peuples, leur reprochant la lâcheté avec laquelle, l'année précédente, cachés dans leurs murailles, ils avaient laissé les Romains promener la dévastation dans leurs plaines, et écraser la garnison de Verrugo.
6 - "Maintenant, disaient-ils, ce ne sont plus seulement des armées, ce sont des colonies qu'on envoie sur vos frontières; ce n'est plus seulement pour eux-mêmes que les Romains recherchent vos dépouilles, ils ont pris Férentinum pour en faire hommage aux Herniques."
7 - Ces paroles enflammaient les esprits, et partout, sur le passage des députés, une foule de jeunes gens s'enrôlaient. Bientôt la jeunesse de toutes ces nations, rassemblée à Antium, y plaça là son camp et attendit l'ennemi.
8 - Dès qu'on apprit à Rome cette nouvelle, plus effrayante que le danger lui-même, le sénat s'empressa de recourir à une mesure qui était sa dernière ressource dans les situations critiques : il ordonna la nomination d'un dictateur.
9 - Il paraît que cette décision affligea vivement Julius et Cornélius, et qu'elle fut cause de violents débats.
10 - Les principaux patriciens, après s'être plaints amèrement, mais sans succès, de la résistance des tribuns militaires à l'autorité du sénat, finirent par en référer aux tribuns du peuple, leur rappelant que, dans une occasion semblable, ils avaient su, par leurs efforts, faire plier même des consuls.
11 - Les tribuns du peuple, ravis de la mésintelligence des patriciens, répondaient "Qu'il n'y avait aucun secours à espérer d'êtres qui ne comptaient ni pour des citoyens, ni même pour des hommes;
12 - que si on voulait les admettre au partage des honneurs et leur donner place dans la république, alors ils aviseraient aux moyens de maintenir les sénatus-consultes contre des magistrats indociles;
13 - en attendant, les patriciens, qui n'avaient jamais été retenus par le respect des lois et des magistratures, n'avaient qu'à faire, eux aussi, de la puissance tribunitienne."

Nomination d'un dictateur - Guerre contre les Volsques
IV, 57
1 - Ces débats, si peu convenables en ce temps surtout où l'on avait sur les bras une si lourde guerre, occupaient tous les esprits.
2 - Lorsque enfin Julius et Cornélius se furent longtemps et tour à tour appliqués à prouver "Qu'ils avaient eux-mêmes la capacité suffisante pour conduire cette guerre, et qu'il n'était pas juste de leur enlever un honneur qu'ils tenaient du peuple;"
3 - Ahala Servilius, tribun militaire, dit "Que s'il avait si longtemps gardé le silence, ce n'était pas qu'il n'eût une opinion bien arrêtée
et quel bon citoyen pourrait séparer son intérêt de l'intérêt public ? -; mais il s'était flatté que ses collègues céderaient de plein gré à l'autorité du sénat, plutôt que de laisser invoquer contre eux la puissance tribunitienne.
4 - Alors encore, si l'affaire ne pressait, il leur donnerait volontiers le temps de revenir d'une détermination si obstinée; mais comme les exigences de la guerre n'attendent pas les résolutions des hommes, il aime mieux servir la république que de plaire à ses collègues :
5 - si le sénat est toujours de même avis, il nommera un dictateur la nuit prochaine; et si quelqu'un s'oppose au sénatus-consulte, pour lui, il se soumettra au voeu du sénat."
6 - Après avoir obtenu, par sa fermeté, les éloges bien mérités et la reconnaissance de tous, ayant nommé dictateur Publius Cornélius, il fut par lui choisi pour maître de la cavalerie, et son exemple, joint à celui de ses collègues, montra bien que les suffrages et les honneurs arrivent souvent de préférence à ceux qui ne les recherchent point.
7 - La guerre n'eut rien de remarquable; dans un seul combat, et qui ne coûta aucune peine, l'ennemi fut exterminé à Antium. L'armée victorieuse ravagea le territoire volsque. Un château, près du lac Fucin, fut emporté de force, et l'on y fit trois mille prisonniers; le reste des Volsques se réfugièrent dans leurs murs, sans défendre la campagne.
8 - Le dictateur, après avoir terminé cette guerre où il n'avait eu qu'à ne pas manquer à la fortune, revint dans la ville, plus grand de bonheur que de gloire, et abdiqua sa magistrature.
9 - Les tribuns des soldats, sans parler d'ouvrir des comices consulaires
par dépit, ce me semble, du choix d'un dictateur -, annoncèrent des comices pour une élection de tribuns militaires.
10 - Les patriciens, se voyant ainsi trahis par les leurs, en furent vivement alarmés.
11 - En conséquence, après avoir, comme l'année précédente, dégoûté le peuple de tous les plébéiens, même des plus dignes, en mettant en avant les plus indignes candidats avec les principaux patriciens, ceux qui avaient le plus d'illustration et d'influence, s'assurèrent des suffrages, et obtinrent toutes les places; pas un plébéien ne put se faire jour.
12 - On créa quatre patriciens, qui tous avaient déjà rempli ces fonctions : Lucius Furius Médullinus, Gaius Valérius Potitus, Numérius Fabius Vibulanus, Gaius Servilius Ahala. Celui-ci fut réélu et continué dans cette dignité, tant à cause de ses autres mérites, que grâce à la faveur qu'il avait récemment acquise par sa seule modération.

Expiration de la trève avec les Véiens - La garnison de Verrugo est massacrée
IV, 58
1 - Cette année, le délai de la trêve des Véiens étant expiré, on envoya des députés et des féciaux pour commencer les réclamations. Au moment où ils arrivaient à la frontière, ils rencontrèrent une députation de Véiens,
2 - qui leur demanda de ne pas aller à Véies avant qu'elle-même se fût fait présenter au sénat romain. Elle obtint du sénat, en considération des dissensions intestines qui travaillaient les Véiens, qu'on suspendrait contre eux toute répétition : tant il s'en fallut qu'on cherchât à tirer profit du malheur des autres.
3 - Il nous vint des Volsques un nouvel échec; ils détruisirent la garnison de Verrugo. C'est alors qu'on put voir de quelle importance est un seul moment. Les soldats assiégés ayant imploré du secours, on eût pu, par une marche rapide, les sauver; mais l'armée envoyée pour les soutenir n'arriva qu'après leur massacre, pour exterminer l'ennemi qui s'était dispersé pour piller.
4 - C'était le sénat, plutôt que les tribuns, qui avait causé ce retard : on avait annoncé que la garnison se défendait avec la dernière vigueur, et le sénat ne songea point assez que nul courage ne peut aller au-delà des forces humaines.
5 - Toutefois ces valeureux soldats, soit de leur vivant. soit après leur mort, ne périrent pas sans vengeance.
6 - L'année suivante, sous Publius et Gnaeus Cornélius Cossus, Gnaeus Fabius Ambustus, Lucius Valérius Potitus, tribuns militaires avec puissance de consuls, une insolente réponse du sénat de Véies faillit amener la guerre contre les Véiens.
7 - Comme nos députés étaient allés réclamer, il leur fit répondre que s'ils ne s'éloignaient pas promptement de la ville et des frontières, on leur donnerait ce que le Lar Tolumnius avait déjà donné.
8 - Les sénateurs indignés décrétèrent que les tribuns des soldats proposeraient, sans délai, à l'approbation du peuple une déclaration de guerre contre les Véiens.
9 - À cette proposition, la jeunesse murmure : "On n'avait pas encore mis les Volsques hors de combat; récemment encore, deux garnisons avaient été massacrées, et ce n'était pas sans danger que l'on conservait ces postes.
10 - Il n'y avait pas d'année où il ne fallût se mettre en campagne; et, comme si on était en peine de travaux, on préparait une nouvelle guerre avec une nation voisine, la plus puissante de toutes, et qui soulèverait l'Étrurie entière."
11 - Ainsi de lui-même se récriait le peuple et ses tribuns venaient encore l'exciter : "La plus dure des guerres, disaient-ils hautement, est la guerre des patriciens contre le peuple :
12 - ils l'accablent à plaisir, l'épuisent de service, le donnent à tuer à l'ennemi; ils l'écartent, le relèguent loin de la ville, de peur qu'à Rome le loisir ne l'amène à se rappeler les mots de liberté et de colonies, et qu'il ne s'avise de redemander encore les biens usurpés et le libre suffrage aux élections."
13 - Puis, pressant la main des vétérans, ils comptaient les années de service de chacun, et ses blessures, et ses cicatrices. "Y a-t-il en tout ce corps une seule place intacte pour de nouvelles blessures ? Y reste t-il un peu de sang qui se puisse donner pour la république ?"
14 - Lorsque, à force de répéter de pareils discours, et dans les conversations, et dans les assemblées, ils eurent détourné le peuple de toute idée de guerre, on remit à un autre temps la proposition de la loi, qui, exposée à tant de prévention, eût été évidemment repoussée.

Prise d'Anxur par les légions de Gnaeus Fabius
IV, 59
1 - En attendant, on jugea à propos d'envoyer des tribuns militaires avec une armée sur le territoire volsque. Gnaeus Cornélius fut laissé seul à Rome.
2 - Les trois tribuns, après avoir reconnu que les Volsques n'avaient placé de camp nulle part et ne livreraient point bataille, se divisèrent en trois corps, pour mieux ravager le pays.
3 - Valérius se dirigea vers Antium, Cornélius vers Écétra, et partout sur leur passage ils dévastèrent au loin les habitations et les campagnes pour occuper les Volsques par cette diversion : pendant ce temps, Fabius, sans s'arrêter au pillage, avait marché sur Anxur, but principal de cette expédition.
4 - Anxur était ce qu'est aujourd'hui Terracine : une ville qui s'abaisse en pente jusque dans des marais; ce fut de ce côté que Fabius présenta l'attaque.
5 - Quatre cohortes, conduites par Gaius Servilius Ahala, tournèrent la place, prirent une colline qui la dominait, et, de ce poste élevé, qui n'était point gardé, se précipitèrent dans la ville, en tumulte et en poussant de grands cris.
6 - À ce bruit, ceux qui défendaient contre Fabius la partie basse de la ville furent frappés de stupeur; on put approcher les échelles, la place se remplit d'ennemis, et il y eut longtemps un affreux carnage de fuyards et de combattants, d'hommes armés ou sans armes.
7 - Force était donc aux vaincus de combattre, puisqu'ils n'avaient rien à espérer de leur soumission; mais il fut tout à coup ordonné, par une proclamation, d'épargner ceux qui renonceraient à se défendre, et les armes tombèrent des mains de cette multitude de volontaires. On eut, vivants, deux mille cinq cents prisonniers.
8 - Quant au pillage de la ville, Fabius ne voulut pas l'accorder aux soldais, jusqu'à l'arrivée de ses collègues,
9 - disant que les deux autres armées avaient aussi aidé à la prise d'Anxur, puisqu'elles avaient empêché le reste des Volsques de secourir cette place.
10 - Ils arrivèrent bientôt, et cette ville, que son antique fortune avait faite si opulente, fut saccagée par les trois armées réunies. Cette libéralité des généraux commença à réconcilier le peuple avec les patriciens.
11 - À ce premier bienfait les chefs de l'état en ajoutèrent un autre qui vint fort à propos. Avant toute demande du peuple ou des tribuns, le sénat décréta que les soldats recevraient une solde prise sur le trésor public : jusque-là chacun avait fait la guerre à ses frais.

Le Sénat décide de verser une solde aux fantassins
IV, 60
1 - Jamais, dit-on, faveur ne fut accueillie du peuple avec autant de joie. Ils courent en foule au sénat, pressent à leur sortie les mains des sénateurs : c'est avec raison qu'on leur a donné le nom de Pères : ils protestent qu'après un tel bienfait il n'est personne qui épargne, pour une si généreuse patrie, ni son corps, ni son sang.
2 - On se réjouissait de penser que le patrimoine, du moins, reposerait en sûreté pendant que le corps travaillerait au service de la république; et ce qui redoublait l'enthousiasme et ajoutait un nouveau prix à la faveur, c'est qu'elle était volontaire, spontanée, c'est qu'elle n'avait été provoquée ni par les plaintes des tribuns, ni par un seul mot du peuple.
3 - Mais les tribuns du peuple demeuraient étrangers à cette commune joie qui rapprochait tous les ordres : "L'avenir, disaient-ils, montrera combien se trompent les sénateurs et la multitude qui voient là pour eux bonheur et prospérité; cette mesure, qui paraît si admirable, ne tiendra pas contre l'expérience.
4 - En effet, d'où pourra-t-on tirer cet argent, sinon du peuple et par un tribut ? C'est donc avec le bien des uns qu'on fait largesse aux autres. Au reste, malgré l'approbation générale, ceux qui ont achevé leur service ne souffriront pas que d'autres fassent la guerre avec plus d'avantage qu'ils ne l'ont faite eux-mêmes, et ceux qui ont payé leurs dépenses de leurs propres deniers ne paieront pas encore celle des autres."
5 - Ces paroles entraînèrent une partie du peuple. Enfin, la taxe, une fois imposée, les tribuns promirent publiquement leur appui à quiconque refuserait sa contribution pour la solde des troupes.
6 - Les patriciens défendirent avec persévérance l'oeuvre qu'ils avaient si bien commencée : ils furent les premiers à contribuer, et comme il n'y avait pas encore d'argent monnayé, plusieurs traînèrent au trésor, sur des chariots, de lourdes charges de cuivre, ce qui donnait un nouvel appareil à leur démarche.
7 - Quand le sénat eut ainsi contribué avec bonne foi, d'après ses revenus, les principaux plébéiens, amis des nobles, se mettent de concert à les imiter;
8 - et lorsque la multitude vit que les patriciens les applaudissaient et que la jeunesse militaire les approuvait comme bons citoyens, tout à coup, sans se soucier de l'appui des tribuns, elle s'offrit à l'envi à acquitter sa part de la dette publique.
9 - La loi qui déclarait la guerre aux Véiens ayant passé, une armée, presque toute de volontaires, marcha sur Véies, conduite par les nouveaux tribuns militaires, qui avaient puissance de consuls.

Le siège de Véies - Combats contre les Volsques
IV, 61
-1 - Ces tribuns étaient Titus Quinctius Capitolinus, Quintus Quinctius Cincinnatus, Gaius Julius Iulus pour la seconde fois, Aulus Manlius, Lucius Furius Médullinus pour la troisième fois, Marcus Aemilius Mamercus.
2 - Ils commencèrent à assiéger Véies. Dès les premiers temps de ce siège, un conseil des peuples d'Étrurie se tint plusieurs fois dans le temple de Voltumna, sans pouvoir décider si la confédération prendrait fait et cause pour les Véiens, et enverrait à leur secours toutes ses forces.
3 - Ce siège se poursuivit, mais avec moins de vigueur, l'année suivante, en l'absence d'une partie des tribuns et de l'armée, appelés ailleurs contre les Volsques.
4 - Les tribuns militaires avec puissance de consuls furent, cette année, Gaius Valérius Potitus pour la troisième fois, Manius Sergius Fidénas, Publius Cornélius Maluginensis, Gnaeus Cornélius Cossus, Gaius Fabius Ambustus, Spurius Nautius Rutilus pour la seconde fois.
5 - On rencontra les Volsques entre Férentinum et Écétra; on leur livra bataille, et la fortune fut favorable aux Romains.
6 - Ensuite, les tribuns allèrent assiéger Arténa, ville des Volsques. Là, l'ennemi ayant tenté une sortie, il fut repoussé dans la ville, et en facilita ainsi l'entrée aux Romains qui s'y précipitèrent; ils se rendirent maîtres de tout, à l'exception de la citadelle, fortifiée par la nature, et où quelques soldats s'étaient renfermés.
7 - En dehors de la citadelle, un grand nombre de malheureux furent tués ou pris. On assiégea bientôt la citadelle même; mais il était impossible de l'emporter de force, la garnison suffisant à l'étendue de la place; et il n'y avait pas d'espoir de l'amener à se rendre, car on y avait transporté, avant la prise de la ville, tout le blé des greniers publics.
8 - Aussi les Romains, découragés, auraient-ils fini par se retirer, si la trahison d'un esclave ne leur eût livré la citadelle. Il introduisit, par un passage escarpé, des soldats qui massacrèrent les gardes; et aussitôt le reste de la garnison, épouvanté, se rendit.
9 - Après qu'on eut rasé la ville et la citadelle d'Arténa, les légions quittèrent le pays volsque, et toutes les forces de la république furent tournées contre Véies.
10 - Au traître on donna pour récompense, outre la liberté, les biens de deux familles : on l'appela Servius Romanus. Quelques auteurs pensent qu'Arténa appartenait aux Véiens, non aux Volsques :
11 - c'est une erreur qui tient à ce qu'il y eut une ville du même nom entre Caeré et Véies; mais elle fut détruite par les rois romains, et dépendait d'ailleurs des Caerites et non des Véiens. Il y avait une autre ville de ce nom, située dans le pays volsque, et c'est la même dont nous avons raconté la chute.

Instabilité politique - Guerres contre les Volsques et les Èques (434-404 avant Jésus-Christ) II

   Sommaire   

1. Guerres contre Fidènes et contre les Étrusques (445-434 avant Jésus-Christ)
2. Instabilité politique - Guerres contre les Volsques et les Èques (434-404 avant Jésus-Christ) I
3. Instabilité politique - Guerres contre les Volsques et les Èques (434-404 avant Jésus-Christ) II
4. Instabilité politique - Guerres contre les Volsques et les Èques (434-404 avant Jésus-Christ) III




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