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Histoire d'Alexandre de Quinte-Curce - Livre IX

Ce livre commence par la conquète de l'Inde et s'achève par le retour d'Alexandre dans le pays des Arabites, des Cédrosiens et des Indiens.

   Article   

Tandis que ces choses se passaient dans l'Inde, les soldats grecs que le roi avait distribués en colonies autour de Bactres, à la suite d'une querelle survenue entre eux, s'étaient mis en révolte. C'était moins toutefois par animosité contre Alexandre, que par crainte des supplices. En effet, ayant fait périr quelques-uns de leurs compatriotes, ceux qui étaient les plus forts commencèrent à prendre confiance dans leurs armes; et, s'étant rendus maîtres de la citadelle de Bactres, qui leur parut être gardée plus négligemment que de coutume, ils avaient entraîné les Barbares eux-mêmes dans leur défection. Leur chef était Athénodore, qui même avait pris le titre de roi, moins par ambition que par le désir de retourner dans sa patrie, avec ceux qui reconnaissaient son autorité. Un certain Biton, Grec comme lui, mais que la jalousie faisait son ennemi, conspira sa perte, et, l'ayant invité à un repas, l'y fit assassiner par Boxus, Bactrien de nation. Le lendemain, Biton rassemble les soldats, et parvient à persuader au plus grand nombre qu'Athénodore a le premier cherché à le perdre; mais les autres soupçonnent sa trahison, et peu à peu ce soupçon gagne presque tous les esprits. Les Grecs prennent les armes, décidés à tuer Biton, si l'occasion s'en présente; mais la voix des chefs calma la colère de la multitude. Arraché, contre toute espérance, au danger qui le menaçait, Biton ne tarda pas à méditer la perte de ceux à qui il devait son salut : sa perfidie fut découverte, et on l'arrêta, ainsi que Boxus. Boxus fut condamné à mourir sur-le-champ; on voulut aggraver le supplice de Biton par les tortures. Déjà il commençait à les subir, lorsque les soldats grecs, sans que l'on en sache la cause, courent aux armes, agités d'une sorte de transport frénétique. En entendant ce bruit, les hommes chargés de torturer Biton l'abandonnèrent; ils craignaient que la multitude, avec ses cris tumultueux, ne vînt s'opposer à l'exécution. Biton, nu comme il l'était, va se présenter aux Grecs : l'aspect déplorable de ce malheureux destiné au supplice, fit dans les esprits une soudaine révolution, et ils le remirent en liberté. Sauvé ainsi pour la seconde fois du supplice, il partit avec ceux qui abandonnèrent les colonies que le roi leur avait assignées pour séjour, et retourna dans sa patrie. Tels furent les événements qui se passèrent aux environs de Bactres et sur la frontière de la Scythie.

Cependant, cent députés des deux nations dont nous avons parlé plus haut, étaient venus trouver le roi. Montés tous sur des chars, ils se faisaient remarquer par leur haute taille, leur bonne mine, et l'éclat de leurs habits brodés d'or et enrichis de pourpre. Ils venaient lui annoncer qu'ils se remettaient sous son obéissance, avec leurs villes et tout leur territoire; que pour la première fois ils faisaient l'abandon de leur liberté inviolable pendant des siècles, et la confiaient à sa loyauté et à sa puissance : c'étaient les dieux, et non pas la crainte, qui leur conseillaient la soumission, puisque aussi bien ils avaient encore toutes leurs forces au moment où ils acceptaient le joug. Le roi, après avoir tenu conseil, accepta leur soumission, en leur imposant le même tribut que ces peuples payaient aux Arachosiens; il leur demanda, en outre, deux mille cinq cents cavaliers; et les Barbares acquittèrent ponctuellement toutes ces charges. Ayant ensuite invité à sa table les députés de ces nations et leurs petits rois, il ordonna que l'on préparât un festin magnifique. Cent lits d'or étaient placés à peu de distance les uns des autres; autour de ces lits étaient tendues des tapisseries resplendissantes d'or et de pourpre : tout ce que le vieux luxe des Perses ou le nouveau génie des Macédoniens avaient inventé dans l'art de la corruption, fut étalé à ce festin, comme pour donner le spectacle des vices réunis des deux nations.

Parmi les convives étaient l'Athénien Dioxippe, athlète fameux, connu et aimé du roi à cause de sa force extraordinaire. Des envieux et des méchants l'accusaient, moitié sérieusement, moitié par plaisanterie, de suivre l'armée comme un animal inutile, que la graisse surchargeait, et dont l'unique soin, pendant qu'on livrait bataille, était de se frotter d'huile et de préparer son estomac à la bonne chère. Le Macédonien Horratas, échauffé par le vin, se mit à lui adresser à table ces mêmes reproches, et le défia, s'il avait du coeur, de se mesurer le lendemain avec lui, l'épée à la main. Le roi, ajoutait-il, serait enfin juge de la témérité de l'un ou de la lâcheté de l'autre. Dioxippe, tout en accueillant avec mépris ce trait de fanfaronnade militaire, accepta le défi. Le lendemain, Alexandre leur voyant plus d'ardeur encore à réclamer le combat, sans que rien pût les en détourner, leur permit de vider leur différend. Ce spectacle avait rassemblé une foule considérable de soldats, et parmi eux les Grecs, tous favorables à Dioxippe. Le Macédonien s'était revêtu d'une armure complète : il portait de la main gauche un bouclier d'airain et une pique, de celles qu'on appelle sarisses; de la main droite, un javelot, et au côté une épée, comme s'il eût eu à combattre à la fois plusieurs ennemis. Dioxippe, luisant d'huile, et une couronne sur la tête, tenait de la main gauche un manteau d'un rouge éclatant, de la droite un gros bâton noueux. Cette circonstance même avait jeté tous les esprits dans l'attente. En voyant un homme nu affronter un ennemi armé, on ne trouvait pas que ce fût de la témérité, mais de la folie. Aussi le Macédonien, se croyant sûr de le tuer de loin, lui lança son javelot : Dioxippe l'évita par un léger mouvement de corps; puis, sans laisser le temps à son adversaire de faire passer sa pique de la main gauche dans la droite, il s'élança vers lui, et d'un coup de bâton la lui brisa en deux. Ayant ainsi perdu ses deux armes, le Macédonien se mettait en devoir de tirer son épée, quand Dioxippe le saisit, le serre entre ses bras, et, lui faisant perdre terre, le renverse à ses pieds : il lui arrache alors son épée, lui met le pied sur la gorge, et, brandissant son bâton, il allait en écraser la tête du vaincu, si le roi ne l'en eût empêché.

L'issue de ce combat déplut aux Macédoniens et mécontenta Alexandre lui-même, surtout parce que les Barbares y avaient assisté : il craignait que la valeur si renommée des Macédoniens ne fût plus pour eux qu'un objet de risée. Les oreilles du roi en devinrent plus facilement ouvertes aux imputations de la haine. Peu de jours après, dans un festin, une coupe d'or fut enlevée à dessein, et les serviteurs du roi, comme s'ils eussent perdu ce qui avait été détourné parleurs mains, vinrent l'en informer. L'innocent qu'on fait rougir a souvent moins d'assurance que le coupable même : Dioxippe ne put supporter les regards de l'assemblée qui le désignaient comme le voleur; et, quittant la table, il écrivit une lettre pour être remise au roi, et se tua d'un coup d'épée. Le roi fut sensible à sa mort, qui lui parut un témoignage d'indignation, et non de remords, surtout lorsque la fausseté de l'accusation fut démontrée par l'excessive joie de ses envieux.

Les amis d'Alexandre le prient d'avoir soin de son salut et du salut de tousAlexandre arrive chez les Prestes, après avoir subjugué les nations riveraines de l'Indus. Ptolémée est guéri d'une blessure empoisonnée par le secours d'une herbe

   Sommaire   

1. Alexandre passe dans l'Inde, après avoir vaincu Porus et assujetti à son empire
2. Alexandre exhorte ses soldats fatigués avant d'attaquer les Gangarides et les Prasiens
3. Côènos répond à Alexandre au nom de tous les soldats, et meurt quelque temps après de maladie
4. Alexandre, devenu maître des Sibes et de quelques autres peuples, entre dans le pays des Sudraques et des Malliens sans se soucier des prédictions du devin Démophon
5. Alexandre blessé dans la ville des Subraques, est découvert presque mort et abandonné
6. Les amis d'Alexandre le prient d'avoir soin de son salut et du salut de tous
7. Alexandre donne un festin aux ambassadeurs des Indiens, au cours duquel Horratas et Dioxippe se battent enfin en duel avec des armes dissemblables
8. Alexandre arrive chez les Prestes, après avoir subjugué les nations riveraines de l'Indus. Ptolémée est guéri d'une blessure empoisonnée par le secours d'une herbe
9. Alexandre, qui souhaite voir l'Océan, contente enfin son désir
10. Alexandre revient de l'Océan dans le pays des Arabites, des Cédrosiens et des Indiens, où son armée combat contre la famine et la peste ...




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