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Histoire d'Alexandre de Quinte-Curce - Livre IX

Ce livre commence par la conquète de l'Inde et s'achève par le retour d'Alexandre dans le pays des Arabites, des Cédrosiens et des Indiens.

   Article   

Obligé de s'y arrêter plus longtemps qu'il ne comptait, parce que les guides, gardés trop négligemment, avaient pris la fuite, il en envoya chercher d'autres : on n'en trouva pas. Mais tel était son opiniâtre désir de visiter l'Océan et de toucher aux bornes du monde, que, sans un seul homme qui eût l'expérience du pays, il ne craignit point de confier sa tête et les jours de tant de braves guerriers à la merci d'un fleuve inconnu. Ils voguaient donc dans l'entière ignorance des lieux par où ils passaient : à quelle distance étaient-ils de la mer, quels peuples habitaient ces contrées, jusqu'à quel point le fleuve était-il tranquille à son embouchure, et d'une navigation praticable pour leurs longs bâtiments? Sur tout cela leurs lumières se bornaient à de vagues et aveugles conjectures. Leur unique consolation, au milieu de cette course aventureuse, était le bonheur qui les avait toujours accompagnés. Ils avaient déjà fait quatre cents stades, lorsque les pilotes annoncent au roi qu'ils reconnaissent l'air de la mer, et qu'il leur semble que l'Océan doit être à peu de distance. Transporté de joie, il exhorte les matelots à faire force de rames : "Ils touchaient, leur dit-il, à ce terme de leurs travaux qu'appelaient tous leurs voeux. Déjà rien ne manquait plus à leur gloire, et leur courage n'avait plus devant lui d'obstacles : sans qu'ils eussent désormais de combats à livrer, ni de sang à répandre, ils allaient prendre possession du monde. La nature elle-même ne pouvait s'avancer plus loin; tout à l'heure ils verraient des choses inconnues à tous, hormis aux immortels." Cependant il jeta quelques hommes à terre, pour ramasser les paysans qu'ils trouveraient épars dans la campagne, espérant en tirer de plus sûrs renseignements. Après avoir fouillé toutes les cabanes, on en découvrit à la fin plusieurs qui s'étaient cachés. Comme on leur demandait à quelle distance on était de la mer, ils répondirent que la mer ne leur était pas même connue de nom; que, seulement, on pouvait, en trois jours, arriver dans un endroit où l'eau douce perdait son goût pour devenir amère. On comprit que c'était la mer, que désignaient ainsi des hommes à qui la nature de cet élément était inconnue. Les matelots se mirent donc à ramer avec une joyeuse ardeur, et chacune des journées suivantes, à mesure qu'approchait le terme de leurs espérances, leur enthousiasme redoublait. Le troisième jour, la mer commençait à se mêler au fleuve; la marée, peu sensible encore, confondait la diversité de leurs eaux. Ils abordèrent alors à une autre île, située au milieu du fleuve, en avançant toutefois plus lentement, à cause du flux qui faisait reculer le courant; puis, ils se répandirent de côté et d'autre, pour chercher des provisions, n'ayant, dans leur ignorance, aucun soupçon de l'événement qui les attendait.

Il était environ trois heures, lorsque l'Océan, obéissant à son mouvement périodique, commença à monter en soulevant ses vagues, et à pousser le fleuve en arrière. Le cours des eaux fut d'abord arrêté; mais, chassées ensuite avec une violence toujours croissante, elles refluèrent sur elles-mêmes, plus impétueusement qu'un torrent n'est emporté par la pente rapide de son lit. Ce phénomène était inconnu à la multitude, et elle croyait y voir des prodiges et des signes de la colère des dieux. Cependant la mer s'enflait de plus en plus, et couvrait les plaines, naguère à sec, d'une vaste inondation. Déjà même les navires avaient été soulevés par les flots, et toute la flotte dispersée, lorsque ceux qui étaient descendus à terre accoururent de toutes parts pour se rembarquer, tremblants et consternés de ce malheur imprévu. Mais, dans le désordre, la hâte même est une cause de retard : les uns tâchaient d'amener les bâtiments avec des crocs; d'autres, pour s'asseoir, empêchaient le service des rames; quelques-uns, trop pressés de gagner le large, et n'ayant pas attendu ceux qui devaient les seconder, ne faisaient avancer qu'à grand-peine les navires, chancelants et rebelles à la manoeuvre; pendant qu'au contraire d'autres bâtiments n'avaient pu recevoir la foule qui s'y précipitait en désordre : et ainsi le trop et le trop peu de monde étaient une cause égale de retard. Ici l'on criait d'attendre, là de marcher; et, parmi ces voix discordantes, qui exprimaient des voeux tout contraires, il n'était pas plus possible de voir que d'entendre. Les pilotes même n'étaient d'aucun secours; le tumulte empêchait d'ouïr leur voix; le désordre et la frayeur, d'exécuter leurs commandements. Aussi vit-on bientôt les navires s'entrechoquer, les rames s'emporter les unes les autres, et vaisseaux contre vaisseaux se presser et se poursuivre. On eût dit que ce n'était pas là une seule flotte, mais deux armées navales qui se livraient bataille. Les proues heurtaient les poupes : on était poussé par derrière, après avoir chassé ceux qui étaient devant, et la colère finissait par porter les querelles jusqu'aux coups. Déjà la mer avait inondé toutes les campagnes voisines du fleuve; quelques collines seules s'élevaient au-dessus des flots, comme autant de petites îles : ce fut là que, dans leur effroi, la plupart des Macédoniens, quittant leurs vaisseaux, se réfugièrent à la nage. De leur flotte dispersée une partie voguait en plein canal, à l'endroit où le sol abaissé formait des vallées; l'autre était échouée, suivant les inégalités du terrain qu'avaient couvert les eaux, lorsque soudain une frayeur nouvelle, et plus grande que la première, vint s'emparer des esprits. La mer commença à descendre, et ses eaux, regagnant à grands pas le sein de l'Océan, laissèrent à découvert les terres que, peu auparavant, elle avait submergées à une telle profondeur. Alors les navires, se trouvant à sec, sont renversés les uns sur la proue; les autres sur les flancs. Les campagnes étaient jonchées de bagages, d'armes, de planches détachées et de débris de rames. Le soldat n'osait ni descendre à terre, ni rester à bord, craignant à chaque instant de pires accidents que ceux qu'il avait subis. À peine pouvaient-ils en croire leurs yeux sur ce qu'ils éprouvaient : des naufrages sur la terre, et la mer au milieu d'un fleuve! Et ce n'était pas encore là le terme de leurs maux : ne sachant pas que l'Océan ramènerait bientôt la marée qui remettrait à flot leurs navires, ils avaient en perspective la faim et les plus cruelles extrémités; de plus, des monstres terribles, déposés par les flots, erraient autour d'eux.

Déjà la nuit approchait, et le roi lui-même, n'ayant plus d'espoir de salut, était accablé par le chagrin. Son invincible coeur ne succomba pas cependant au poids de tant de soucis; toute la nuit il se tint aux aguets, et il envoya vers l'embouchure du fleuve des cavaliers pour prendre les devants, aussitôt qu'ils verraient la mer s'élever de nouveau. II fit aussi radouber les vaisseaux qui avaient souffert, relever ceux que les flots avaient renversés, et commanda qu'on se tint prêt et attentif au moment où la mer recommencerait à inonder les terres. Toute la nuit s'était ainsi passée à veiller et à donner des ordres, quand on vit tout d'un coup revenir les cavaliers à bride abattue et la marée sur leurs pas. S'élançant d'abord avec lenteur, elle commença à relever les bâtiments; bientôt, inondant toute la campagne, elle mit la flotte en mouvement. La rive du fleuve et les bords de la mer retentirent alors des acclamations des soldats et des matelots, qui; sauvés contre leur attente, faisaient éclater les transports d'une joie immodérée. "D'où la mer avait-elle pu revenir tout d'un coup si grande? où s'était-elle retirée la veille? quelle était la nature de cet élément, tantôt désordonné, tantôt soumis à la marche du temps?" Telles étaient les questions qu'ils faisaient dans leur étonnement. Le roi, présumant, d'après ce qui était arrivé, que le retour du phénomène devait avoir lieu après le lever du soleil, voulut prévenir la marée, et, au milieu de la nuit, descendit le fleuve avec un petit nombre de bâtiments. En ayant dépassé l'embouchure, il s'avança de quatre cents stades dans la mer, heureux d'être enfin arrivé au terme de ses voeux : il offrit ensuite un sacrifice aux dieux de la mer et de ces contrées, et rejoignit sa flotte.

Alexandre arrive chez les Prestes, après avoir subjugué les nations riveraines de l'Indus. Ptolémée est guéri d'une blessure empoisonnée par le secours d'une herbeAlexandre revient de l'Océan dans le pays des Arabites, des Cédrosiens et des Indiens, où son armée combat contre la famine et la peste ...

   Sommaire   

1. Alexandre passe dans l'Inde, après avoir vaincu Porus et assujetti à son empire
2. Alexandre exhorte ses soldats fatigués avant d'attaquer les Gangarides et les Prasiens
3. Côènos répond à Alexandre au nom de tous les soldats, et meurt quelque temps après de maladie
4. Alexandre, devenu maître des Sibes et de quelques autres peuples, entre dans le pays des Sudraques et des Malliens sans se soucier des prédictions du devin Démophon
5. Alexandre blessé dans la ville des Subraques, est découvert presque mort et abandonné
6. Les amis d'Alexandre le prient d'avoir soin de son salut et du salut de tous
7. Alexandre donne un festin aux ambassadeurs des Indiens, au cours duquel Horratas et Dioxippe se battent enfin en duel avec des armes dissemblables
8. Alexandre arrive chez les Prestes, après avoir subjugué les nations riveraines de l'Indus. Ptolémée est guéri d'une blessure empoisonnée par le secours d'une herbe
9. Alexandre, qui souhaite voir l'Océan, contente enfin son désir
10. Alexandre revient de l'Océan dans le pays des Arabites, des Cédrosiens et des Indiens, où son armée combat contre la famine et la peste ...




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