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Histoire de la Norvège
C'est à l'époque où la Scandinavie s'est dégagée de l'emprise de la grande calotte glaciaire que les premiers hommes sont apparus sur le sol norvégien, surgissant de l'ombre de la préhistoire.
Sommaire   

1. Premiers hommes
2. L'époque des Vikings (d'environ 800 à environ 1050)
3. L'unification de la Norvège
4. La conversion au christianisme
5. Le Moyen Age
6. L'union avec le Danemark
7. La sécession
8. 1814-1905
9. La Norvège après 1905
10. La Seconde Guerre mondiale
11. La Libération
12. La Norvège et l'Union européenne
Article   
1814-1905 La Seconde Guerre mondiale
De vifs débats eurent lieu sur la forme que devrait prendre le futur gouvernement. Un référendum permit de constater qu'une grande majorité de la population préférait une monarchie à une république. Le 18 novembre 1905, le Storting proclama le prince danois Charles roi de Norvège. Il prit le nom de Haakon VII, et fit son entrée dans la capitale de son nouveau royaume, le 25 novembre, accompagné de son épouse, la reine Maud, fille d'Edouard VII d'Angleterre, et du petit prince héritier Olav, qui devait un jour monter sur le trône sous le nom d'Olav V. Le monarque actuel, Harald V, est le fils du roi Olav V, décédé en 1991.

Après sa séparation d'avec la Suède, la Norvège connut une période d'expansion économique qui dura jusqu'à la Première Guerre mondiale, en 1914. Le PNB augmenta de 55%, ce qui représentait une augmentation annuelle moyenne de 4%. La population s'accrut et la situation de l'emploi s'améliora : c'était la seconde phase de la révolution industrielle, qui se caractérisa par l'exploitation d'une énergie hydro-électrique bon marché et par l'afflux de capitaux étrangers. Les premières industries électro-chimiques et électro-métallurgiques furent construites sur le sol norvégien, et de nouveaux produits firent leur apparition. De grandes entreprises naquirent, telle Norsk Hydro, et plusieurs centres industriels émergèrent.

Malgré cet essor économique, beaucoup de Norvégiens émigrèrent aux Etats-Unis au début du siècle.

Le mouvement travailliste existait déjà, avant même la dissolution de l'Union avec la Suède. Les premiers syndicats se constituèrent en 1872, et le Parti travailliste vit le jour en 1887. Le suffrage universel fut appliqué en 1898 et élargi aux femmes en 1913.

Le parti Travailliste obtint 4 sièges dès les élections de 1903. En 1912, il obtenait 26% des suffrages avec 23 élus. Il devenait le deuxième parti représenté au Storting après le parti de la gauche libérale. Les grèves et les lockouts de 1911 et 1912 le mirent à l'épreuve, et au cours des deux années qui suivirent, jusqu'à la Première Guerre mondiale, il se fortifia et se radicalisa.

Toutefois les deux premières années d'industrialisation n'entraînèrent pas de mutations sociales importantes. En 1910, le secteur agricole et forestier employait 42% de la population active. En 1920, il n'en employait que 37%, et aujourd'hui il n'en emploie plus que 6%. Après la dissolution de l'Union, la Norvège se vit dans l'obligation de créer un Ministère des Affaires étrangères, des représentations diplomatiques, et cela avec peu de moyens. La politique étrangère, telle qu'elle avait été définie par le gouvernement Michelsen en 1905, prévoyait que la Norvège s'abstienne de contracter des alliances avec des pays susceptibles de l'entraîner dans des conflits armés. La population apportait un soutien sans réserves à cette politique de neutralité. Cela n'empêcha pas la Norvège de participer activement à tous les efforts faits pour promouvoir des accords d'arbitrage internationaux.

La Norvège resta neutre pendant la Première Guerre mondiale, ce qui n'empêcha pas sa flotte marchande, victime des sous-marins et des mines, de subir de lourdes pertes. Environ deux mille marins y laissèrent leur vie. Mais la guerre engendra aussi des bénéfices financiers considérables, qui permirent de racheter d'importantes compagnies passées sous contrôle étranger (Borregaard, les mines de charbon de Spitsbergen au Spitzberg, etc...). Les accords conclus en 1920 après la guerre reconnurent la souveraineté de la Norvège sur le Spitzberg.

La gauche libérale perdit la majorité aux élections législatives de 1918. Jusqu'en 1945 aucun parti ne fut capable à lui seul d'emporter la majorité des sièges. Cela rendit les travaux parlementaires quelque peu difficiles. En 1928, le parti Travailliste réussit à former son premier gouvernement, mais, renversé par une majorité non-socialiste, il ne vécut que 19 jours.

Avant cet épisode il avait traversé une période agitée. De 1921 à 1923 il avait adhéré à l'Internationale communiste. Après avoir rompu, en partie à cause de son refus d'admettre le principe de la "dictature du prolétariat", le parti regagna du terrain aux élections.

La dépression économique, qui avait débuté dans les années 20, n'épargna pas la Norvège. La politique monétaire du gouvernement aggrava les difficultés : les transactions commerciales chutèrent, le transport maritime cessa, de nombreuses banques firent faillite. Le cours de la couronne commença à baisser et le manque de devises étrangères se fit durement sentir. Les revenus de l'Etat diminuèrent, et beaucoup de municipalités furent atteintes de plein fouet. Il fallut réduire les salaires, qui étaient élevés à la suite de la sentence arbitrale de 1920, ce qui provoqua de violentes protestations chez les ouvriers : à cette époque déjà, ils étaient fortement influencés par les idées révolutionnaires. Le chômage fut important jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale.

En 1932, l'économie se redressa, entraînant une spectaculaire amélioration de la balance des paiements. Entre 1935 et 1939, le revenu national augmenta de plus d' 1 milliard 400 millions de couronnes, somme considérable pour l'époque.

En 1920 la Norvège devenait membre de la Société des Nations, renonçant ainsi à sa politique d'isolement. La coopération entre pays nordiques, déjà amorcée pendant la guerre, se poursuivait au sein de cette institution. Ces pays apportaient leur soutien à toutes mesures de maintien de la paix, tout en évitant de participer à des sanctions militaires. Le Président du Storting, Carl Joachim Hambro, était Président de la Société des Nations quand la Seconde Guerre mondiale éclata.

A la fin des années trente, quand les prémices de la guerre se faisaient de plus en plus menaçantes, les problèmes de la Défense nationale furent le thème essentiel des débats politiques. Les socialistes, en partie soutenus par la gauche libérale, s'étaient jusqu'alors fermement opposés à tout octroi de crédits à l'armée. La méfiance des socialistes était partiellement due au fait que le Ministre de la Défense du début des années trente était Vidkun Quisling, (qui plus tard devint national-socialiste), et qu'il faisait partie du cabinet ministériel du gouvernement dirigé par les agrariens. En 1936, le Parti travailliste revenait former un gouvernement, avec le soutien de ces derniers. Johan Nygaardsvold devint Premier Ministre. Les crédits militaires furent votés, mais c'était trop tard pour renforcer réellement le pouvoir de l'armée. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata en 1939, la Norvège se proclama neutre une nouvelle fois.

1814-1905 La Seconde Guerre mondiale