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Dalaï Lama

Le Dalaï Lama (tibétain : ཏ་ཱལའི་བླ་མ་, Wylie : tala'i blama) est reconnu par les Tibétains comme le plus haut chef spirituel du Tibet

   Article   

Il est devenu le chef temporel du gouvernement du Tibet depuis le XVIIème siècle jusqu'à la première moitié du XXème siècle, puis chef du gouvernement tibétain en exil encore à ce jour. Il est un moine de l'école Guélougpa (dite des "bonnets jaunes"), une des quatre écoles du bouddhisme tibétain, fondée par Tsongkhapa (1357-1419). Dalaï signifie "océan" en mongol, Gyatso (rgyam mtsho) en tibétain, océan de sagesse étant sous-entendu. Quant à Lama (bla ma), il signife Maître spirituel (guru en sanskrit).

Les Dalaï Lamas furent, avec les régents et le gouvernement tibétain, les principaux dirigeants politiques du régime théocratique tibétain de 1642, à la suite du règne des Phagmodrupas, une lignée Kagyupa, succédant au règne des Sakyapas remplaçant la Royauté du Tibet. Sous le 13e dalai lama, l'armée britannique envahit le Tibet entre 1904 et 1908, puis se retira. En 1913, le 13ème Dalaï Lama, Thubten Gyatso, édita une proclamation réaffirmant l'indépendance du Tibet qui fut peu soutenue par la communauté internationale. Le gouvernement du dalai lama au Tibet durera jusqu'à 1959, date à laquelle le 14ème Dalaï Lama Tenzin Gyatso sera contraint de s'exiler en Inde, après l'entrée au Tibet des troupes chinoises en 1949.

Sur un plan spirituel, les Dalaï Lamas sont considérés comme des émanations du bodhisattva de la compassion, Chenrezig en tibétain, Avalokiteshvara en sanskrit, Guanyin (觀(世)音 Guān (shì) yīn) en chinois. Les bodhisattvas sont des êtres éclairés qui ont choisi de renaître pour le bien de tous les êtres. Les Dalaï Lamas constituent une lignée de tulkus, maîtres réincarnés. Après le décès d'un Dalaï Lama, ses moines et maîtres spirituels, dont souvent le Panchen Lama, engagent une enquête pour rechercher sa réincarnation. Les oracles, dont l'oracle d'état du Tibet, Nechung, sont consultés. Les enfants candidats sont interrogés pour rechercher des signes tels que la reconnaissance des possessions du précédent Dalaï Lama. Le jeune tulku est alors amené à un monastère pour qu'il recoive les Enseignements bouddhistes. Le titre de cette lignée de tulkus fut donné par l'empereur mongol Altan Khan en référence au second nom, Gyatso, du 3e Dalaï lama, Sonam Gyatso. On dit que dès la seconde incarnation, l'enfant se souvenait de ses vies passées et des noms des dignitaires de l'entourage du 1er Dalaï lama, Gendun Gyatso.

Bien que le Dalaï Lama soit un moine de l'école des Gelugpas, il est reconnu par les principales écoles du bouddhisme tibétain, Kagyupa, Gelugpa, Nyingmapa, Sakyapa et Jonangpa comme chef spirituel, non seulement au Tibet mais aussi dans les pays ayant adoptés ces traditions. Par exemple, le 14ème Dalaï Lama a reconnu Jetsun Dhampa Khutukhtu comme Bogdo Gegen, c'est-à-dire chef du Bouddhisme en Mongolie, ainsi que chef des Jonangpa. Il a aussi reconnu Orgyen Trinley Dorje comme 17ème Karmapa, chef de l'école Karma-Kagyupa.

Liste des Dalaï Lama
- Gedun Drub, 1er Dalaï Lama, 1391-1474 དྒེ་འདུན་འགྲུབ་
- Gedun Gyatso, 2ème Dalaï Lama, 1475-1542 དགེ་འདུན་རྒྱ་མཚོ་
- Sonam Gyatso, 3ème Dalaï Lama, 1543-1588 བསོད་ནམས་རྒྱ་མཚོ་
- Yonten Gyatso, 4ème Dalaï Lama, 1589-1616 ཡོན་ཏན་རྒྱ་མཚོ་
- Lozang Gyatso, "Le Grand Cinquième" 1617-1682 ངག་དབང་བློ་བཟང་རྒྱ་མཚོ་
- Tsangyang Gyatso, 6ème Dalaï Lama, 1683-1706 ཚངས་དབྱངས་རྒྱ་མཚོ་
- Kelzang Gyatso, 7ème Dalaï Lama, 1708-1757 བསྐལ་བཟང་རྒྱ་མཚོ་
- Jamphel Gyatso, 8ème Dalaï Lama, 1758-1804 འཇམ་དཔལ་རྒྱ་མཚོ་
- Lungtok Gyatso, 9ème Dalaï Lama, 1806-1815 ལུང་རྟོགས་རྒྱ་མཚོ་
- Tsultrim Gyatso, 10ème Dalaï Lama, 1816-1837 ཚུལ་ཁྲིམས་རྒྱ་མཚོ་
- Khendrup Gyatso, 11ème Dalaï Lama, 1838-1856 མཁས་གྲུབ་རྒྱ་མཚོ་
- Trinley Gyatso, 12ème Dalaï Lama, 1856-1875 འཕྲིན་ལས་རྒྱ་མཚོ་
- Thubten Gyatso, 13ème Dalaï Lama, 1876-1933 ཐུབ་བསྟན་རྒྱ་མཚོ་
- Tenzin Gyatso, 14ème Dalaï Lama, 1935 - aujourd'hui བསྟན་འཛིན་རྒྱ་མཚོ་

Le Dalaï Lama actuel
En 1949, Mao Tsé Toung, à la tête du parti communiste chinois, arrive au pouvoir en Chine et, niant les revendications d'indépendance du Tibet, notamment affirmées en 1913, y envoie des troupes militaires en 1950, officiellement pour "libérer" le Tibet de la présence étrangère. C'est en 1950, à l'âge de 15 ans, que le Dalaï Lama devient chef d'État et du gouvernement tibétain. Il passe les neuf années qui suivent à la recherche d'une solution pacifique à la crise, avant d'être contraint de fuir en Inde, où il établit, à Dharamsala, un gouvernement tibétain en exil. Pendant la Révolution culturelle, la persécution de la population est à son comble. Comme dans toute la Chine à cette période, les monastères sont détruits, moines et nonnes emprisonnés et torturés. Aujourd'hui encore, non seulement les Tibétains sont sévèrement réprimés et empêchés de s'exprimer, mais en plus, ils subissent la très forte pression d'une politique de colonisation. Si rien ne change, la culture tibétaine risque de disparaître d'ici 15 ans comme l'affirme le Dalaï Lama. Depuis son exil en 1959, le Dalaï Lama est dénoncé systématiquement par le gouvernement chinois qui le qualifie d'indépendantiste. Malgrè cela, le Dalaï Lama persévère dans la voie de la non-violence et demande à la Chine de négocier pour aboutir à un compromis politique. Le 9 mars 1961, il lance un appel à l'Organisation des Nations unies en faveur d'une restauration de l'indépendance du Tibet. Puis, après l'ouverture de Deng Xiaoping qui déclara en 1979 qu'en dehors de l'indépendance tout était discutable, le Dalaï Lama ne demande plus qu'une autonomie réelle du Tibet au sein de la République populaire de Chine se basant sur la constitution chinoise. Si des discussions entre des émissaires du Dalaï Lama, Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen, avec des représentants du gouvernement chinois ont débuté en 2002, aucune négociation directe entre le Dalaï Lama, son gouvernement en exil et le gouvernement chinois n'a encore débuté.

Aujourd'hui en Chine, le culte bouddhiste tibétain de l'école Gelugpa est officiellement autorisé par le gouvernement central, même à Pékin dans le très ancien temple de Yonghe. Cependant, les moines tibétains sont contraints de dénoncer le Dalaï Lama. De nombreuses associations internationales dénoncent une répression de la religion au Tibet, comme l'illustre, par exemple, la détention en résidence surveillée du jeune Panchen Lama, Gedhun Choekyi Nyima, en 1995, la destruction en 2001 de l'institut bouddhiste de Serthar fondé par Khenpo Jigme Phuntsok mis en résidence surveillée et disparu dans des circonstances douteuses, ou encore la condamnation à une peine de prison à vie de Tenzin Delek Rinpoché en 2005. La plupart des grands maîtres du Bouddhisme tibétain ont été contraints de s'exiler, comme l'ont illustré la fuite de Rigdzin Namkha Gyatso Rinpoché en 1998 et celle à la veille de l'an 2000 du 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje.

Le gouvernement chinois a déclaré que le prochain Dalaï Lama naîtra en Chine et sera choisi par la Chine. Le Dalaï Lama a cependant affirmé qu'il ne renaîtrait pas en Chine, si la situation est la même qu'aujourd'hui, mais qu'il renaîtra dans un pays libre pour pouvoir poursuivre son oeuvre pour le Tibet, le Bouddhisme et l'humanité.

Le 14ème Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, a reçu le soutien de nombreuses personnalités et institutions de par le monde pour sa lutte non-violente pour la liberté du Tibet. Il a notamment reçu le Prix Nobel de la paix en 1989 et la Médaille d'or du Congrès des États-Unis le 17 octobre 2007.

Personnalité exceptionnelle, il a rassemblé les Tibétains en exil. Selon le 14ème Dalaï Lama, si le mouvement pour le Tibet a attiré un large soutien mondial, c'est en raison des principes universels que le peuple tibétain a incorporé dans sa lutte. Ces principes sont la non-violence, la démocratie, le dialogue, le compromis, le respect des préoccupations sincères des autres, et de notre environnement commun.

Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dala%C3%AF_lama
Texte soumis à la licence GNU : http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html





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