
|  | Hersilie séparant Romulus et Rémus Le combat des Romains et des Sabins Elément 5 sur 17
Peinture italienne Peinture (Thème historique)
Dimensions : 2,53 m x 2,67 m Matériaux : Peinture à l'huile sur toile
Date : 1645
Région en relation : Bologne (Italie)
Acquisition : Saisie révolutionnaire (1794)
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| Description |  |  |
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Le sujet, raconté notamment par Plutarque et Tite-Live, se rapporte à un épisode de l'histoire de Rome postérieur à l'enlèvement des Sabines par les Romains.
Plutarque rapporte ainsi les évènements, dans la Vie de Romulus :
"Les Sabins, qui ne connaissaient pas le terrain, allaient donner dans cette fondrière, lorsqu'un heureux hasard les en préserva. Un de leurs officiers, nommé Curtius, fier de son courage et de sa réputation, s'était avancé loin du corps de l'armée ; son cheval tomba dans le bourbier et s'y enfonça. Curtius fit tout son possible pour l'en retirer ; mais voyant ses efforts inutiles, il y laissa son cheval et se sauva. L'endroit s'appelle encore aujourd'hui, de son nom, le lac Curtius. Les Sabins, ayant évité ce danger, engagèrent le combat, qui fut sanglant et longtemps douteux ; il périt beaucoup de monde dans les deux partis, entre autres Hostilius, mari d'Hersilie, et, à ce qu'on croit, aïeul de Tullus Hostilius, qui fut roi de Rome après Numa. Il y eut en peu de jours plusieurs combats ; mais le dernier fut le plus mémorable de tous. Romulus, blessé à la tête d'un coup de pierre qui manqua de le renverser, et hors d'état de tenir tête à l'ennemi, quitta le champ de bataille. Il se fut à peine retiré, que les Romains plièrent, et furent repoussés jusqu'au mont Palatin. Romulus, ayant pansé sa blessure, voulait reprendre ses armes pour arrêter les fuyards, et leur criait de toute sa force de tenir ferme et de combattre ; mais voyant que la fuite était générale, et que personne ne sait faire face à l'ennemi, il lève les mains au ciel, et conjure Jupiter d'arrêter ses troupes, et de sauver les Romains sur le penchant de leur ruine. Il avait à peine fini sa prière, qu'un grand nombre de fuyards eurent honte d'abandonner ainsi leur roi ; et, par un changement subit, le courage prenant en eux la place de la frayeur, ils s'arrêtèrent à l'endroit où est maintenant le temple de Jupiter Stator, c'est-à-dire qui arrête. Là ils se rallient, et repoussent les Sabins jusqu'au lieu où sont maintenant le palais appelé Regia et le temple de Vesta".
Tite-Live évoque l'intervention d'Hersilie en faveur de la paix dans les termes suivants (Histoire de Rome - Livre I - Les guerres qui s'ensuivent directement, surtout celle des Sabins) :
Tandis que les Romains sont à ces solennités religieuses, les Antemnates saisissent l'occasion, et envahissent leurs frontières abandonnées. Une légion romaine s'y porte aussitôt, et surprend l'ennemi dispersé dans la campagne. À la première attaque, au premier cri de guerre, les Antemnates sont mis en fuite, leur ville prise. Alors Hersilie, femme de Romulus, obsédée par les supplications de ses compagnes enlevées, profite de l'enivrement d'une double victoire pour supplier le vainqueur de faire grâce à leurs parents et de les recevoir dans la ville naissante : c'est le moyen, suivant elle, d'en accroître la puissance par la concorde. Elle l'obtient sans peine. Il marche ensuite contre les Crustuminiens qui venaient l'attaquer; mais ceux-ci, déjà découragés par les revers de leurs alliés, font encore moins de résistance. On envoya des colonies chez les uns et chez les autres. Il se présenta plus de monde pour Crustuminum, à cause de la fertilité du pays; tandis que de fréquentes émigrations, de la part surtout des familles appartenant aux femmes enlevées, venaient de ces lieux mêmes grossir la population romaine. La dernière guerre fut celle des Sabins; ce fut aussi la plus sérieuse : car ce peuple agit sans précipitation ni colère; ses menaces ne précédèrent point l'agression; mais sa prudence ne rejeta point les conseils de la ruse. Spurius Tarpéius commandait dans la citadelle de Rome. Sa fille, gagnée par l'or de Tatius, promet de livrer la citadelle aux Sabins. Elle en était sortie par hasard, allant puiser de l'eau pour les sacrifices. À peine introduits, les Sabins l'écrasent sous leurs armes, et la tuent, soit pour faire croire que la force seule les avait rendus maîtres de ce poste, soit pour prouver que nul n'est tenu à la fidélité envers un traître. On ajoute que les Sabins, qui portaient au bras gauche des bracelets d'or d'un poids considérable et des anneaux enrichis de pierres précieuses, étaient convenus de donner, pour prix de la trahison, les objets qu'ils avaient à la main gauche. De là, ces boucliers qui, au lieu d'anneaux d'or, payèrent la jeune fille, et qui l'ensevelirent sous leur masse. Selon d'autres, en demandant aux Sabins les ornements de leurs mains gauches, Tarpéia entendait effectivement parler de leurs armes; mais les Sabins, soupçonnant un piège, l'écrasèrent sous le prix même de sa trahison.
Ce tableau appartient à une série commandée en 1643 par Louis Phélypeaux, seigneur de la Vrillière, pour la galerie dorée de son hôtel, actuelle banque de France. L'ensemble comprenait les oeuvres suivantes :
- L'enlèvement d'Hélène par Guido Reni (Louvre)
- Romulus et Remus recueillis par Faustulus par Pierre de Cortone (Louvre)
- Les Romains et les Sabins par Guerchin (Louvre)
- Camille livre le maître d'école de Faléries à ses écoliers par Poussin (Louvre)
- La mort de Cléopâtre par Turchi (Louvre)
- César et Cléopâtre par Pierre de Cortone (musée de Lyon)
- Auguste et la sibylle par Pierre de Cortone (musée de Nancy)
- La paix d'Auguste par Carlo Maratta (musée de Lille)
- Caton d'Utique par Guerchin (musée de Marseille)
- Coriolan fléchi par les prières de sa mère par Guerchin (musée de Caen).
Il existe de nombreux dessins préparatoires conservés au musée des Offices de Florence, au British Museum de Londres, à la Royal Library de Windsor Castle de Londres.
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