Le 5 février 1180, Philippe Auguste condamne les dirigeants de la communauté juive, tenus pour responsables des calamités publiques, à une amende de 15 000 marcs d'argent. Les Juifs seront chassés de Paris en 1182 et ne pourront revenir, à condition de payer de lourdes taxes, qu'en 1198.
Le roi épouse, en avril 1180, Isabelle de Hainaut qui lui apporte l'Artois en dot. Le roi doit affronter le comte de Flandre, oncle de sa femme, qui réunira grande coalition féodale. Le roi sortira vainqueur et obtiendra, au traité de Boves de 1185, le rattachement à la couronne des comtés d'Amiens, de Montdidier et les châtellenies de Roye et de Thourotte.
Le roi rachète la foire qui se trouvait près de la léproserie de Saint-Lazare en 1181. Il la transfère aux Champeaux, emplacement actuel des Halles. Les deux premiers nouveaux bâtiments entreront en service en 1183.
Philippe Auguste soutient les fils révoltés (Henri puis Geoffroi) contre leur père, Henri II Plantagenêt. Il prend possession d'une partie du Vermandois à l'issue d'une bataille à Issoudun. Il marie sa fille à Jean sans Terre, fils du roi d'Angleterre, après la signature du traité de Châteauroux en 1187. Le conflit ne prendra fin qu'après la défaite de Henri II à Azay-le-Rideau, le 4 juillet 1189.
Richard Coeur de Lion succède à son père et devient roi d'Angleterre le 6 juillet 1189. Il prend la croix et participe à la troisième Croisade en compagnie de Philippe Auguste et Frédéric Barberousse. L'entente sera loin d'être parfaite entre les souverains anglais et français. Philippe Auguste s'embarquera à Gênes et Richard à Marseille. Ce dernier part délivrer sa soeur Joan, veuve de roi de Sicile Guillaume II, retenue à Messine. Le partage du butin recueilli lui offrira un premier motif de dispute avec Philippe Auguste. Il s'empare de l'île de Chypre en 1191, qu'il revend aux Templiers, puis de Saint-Jean-d'Acre le 13 juillet 1191. Philippe Auguste, soi-disant malade, quitte la Terre Sainte et retourne en France. Richard, chef unique de la Croisade, remporte la victoire d'Arsuf sur Saladin le 7 septembre 1191. Il marche ensuite sur Jaffa et échoue, en décembre 1191, aux portes de Jérusalem. Il signe une trêve de trois ans avec son ennemi musulman. Les chrétiens obtiennent l'accès libre à la ville Sainte, qui restera sous administration arabe, après une seconde tentative de prise de contrôle de Jérusalem en été 1192.
Richard Coeur de Lion rentre en Europe pour déjouer les intrigues de Philippe Auguste, devenu l'allié de son frère Jean sans Terre. Il échoue sur les côtes dalmates en raison d'une tempête et tente de traverser sous un déguisement les lignes de son ennemi, le duc d'Autriche. Il sera fait prisonnier et livré à l'empereur Henri VI, en mars 1193. Ce dernier réclamera une importante rançon et un hommage en échange de sa libération. Libéré en mars 1194, Richard rentrera en Angleterre et remplacera l'impopulaire justicier Guillaume Longchamp par Gautier de Coutances. Il accordera son pardon à son frère Jean sans Terre puis débarquera en Normandie pour contrer les prétentions du roi de France sur ce territoire. Dieppe sera incendiée en novembre 1195 et le Berry sera ravagé en représailles par les routiers de Mercadier.
Richard fera construire Château-Gaillard et obtiendra une victoire éclatante sur les Français à Courcelles le 28 septembre 1198. Philippe Auguste signera la trêve de Vernon. Richard parti pour obtenir sa part d'un trésor par un châtelain de son vassal, le vicomte de Limoges, sera blessé par les tirs d'un carreau d'arbalète devant le château de Châlus le 6 avril 1199. Il meurt sans héririer.
Philippe Auguste ne reconnaîtra le titre de roi à Jean sans Terre, au traité du Goulet de 1200, que contre la cession d'une partie du Vexin normand, du pays d'Évreux et du Berry. Les fiefs de Jean sans Terre, qui ne répondra pas à une convocation devant la justice royale en 1202, seront confisqués. Philippe Auguste s'emparera ainsi de la Normandie, du Maine, de l'Anjou et du Poitou (1204-1208).
Philippe sort vainqueur d'une coalition lors de la bataille de Bouvines en 1214. Deux ans plus tard, le dauphin Louis VIII débarque en Angleterre, s'empare de Londres et est désigné roi d'Angleterre. Il rentre en France et Henri III se réapproprie le titre perdu l'année suivante. Le même prince royal Louis interviendra ensuite en Aquitaine, aux côtés de Simon de Montfort, contre le comte de Toulouse et les Albigeois.
Philippe Auguste n'aura de cesse de renforcer son pouvoir et accroître ses domaines. Il adoptera des méthodes nouvelles de gouvernement et instituera les baillis après avoir supprimé les offices féodaux de sénéchal et de chancelier. La cour se fixe à Paris où, à partir de 1194, sont conservées les archives royales. Les sessions, qui se spécialisent dans les affaires judiciaires et financières, donneront naissance plus tard au Parlement et à la Cour des Comptes.
Les impôts, encore peu nombreux (dîme saladine), complètent la collecte des revenus domaniaux. La vente de privilèges aux communes et aux métiers renforcera la trésorerie royale confiée aux Templiers. Ces ressources financeront les efforts de guerre, notamment la solde des mercenaires et la construction de châteaux (Dourdan, Issoudun, Gisors). Philippe Auguste financera également les remparts qui entoureront sa capitale et le pavage des rues.
Le roi, devenu veuf, épousera Isambour de Danemark en 1193. Il obtiendra l'annulation de ce mariage par une assemblée d'évêques et donnera deux fils à la princesse bavaroise Agnès de Méranie. Le pape, insensible au bon climat des relations entre le clergé et la monarchie en France, jettera l'interdit sur le royaume en 1200. La sanction ne sera levée qu'en 1213. Pour la première fois depuis l'avènement des Capétiens, le prince royal ne sera pas associé au trône. Il sera sacré après la mort de Philippe Auguste qui interviendra à Mantes en 1223, à l'issue de quarante-trois ans de règne.
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