Le pharaon Amenemhat associera son fils Sésostris Ier au trône en l'an 20 de son règne. Cette pratique nouvelle sera reprise par ses successeurs. Le dauphin jouera le rôle du bras séculier de son père qui lui confiera l'armée. Le pharaon mènera plusieurs expéditions en direction de la Nubie. Amenemhat Ier sera assassiné à la suite d'une conspiration ourdie par le harem. Sésostris Ier succèdera à son père. La transition s'opèrera de manière pacifique. Le nouveau souverain adoptera comme nom de couronnement Khéperka Rê Senousret et reconstruira le temple de Rê Atoum d'Héliopolis.
Se réclamant de la tradition héliopolitaine, Sésostris Ier régnera depuis la capitale du pays fondée par son père située proximité du village actuel de Licht. Cette cité, appelée "Amenemhat-Itj-Taouy" (Amenemhat (est) - Celui-qui-s'empare-des-Deux-Terres), puis "Itj-Taouy" ou "Itjou", abritera les pyramides d'Amenemhat Ier et de Sésostris Ier construites dans la plus pure tradition des tombes royales d'Ancien Empire.
L'ancienne capitale, Thèbes conservera son rôle d'important centre religieux. Sésostris Ier y fera construire la première structure monumentale du Temple d'Amon à Karnak qui abritera la célèbre Chapelle Blanche sur laquelle sera notée la liste complète des nomes d'Egypte.
Sésostris Ier achèvera la conquête de la Basse Nubie et installera une garnison à Bouhen, à hauteur de la Deuxième cataracte. Il contrôlera le pays de Koush situé entre la Deuxième à la Troisième Cataracte. Les mines d'or à l'Est de Coptos ainsi que les carrières de Ouadi Hammamat dans le désert oriental seront exploitées. Le contrôle des oasis du désert de Libye assurera la paix à l'Ouest du pays.
Le nom Sésostris signifie "l'homme de la déesse Ousert ". Il sera porté par trois pharaons de la XIIème dynastie et deux pharaons de la XIIIème dynastie.
Deux oeuvres majeures de la littérature égyptienne, l'Enseignement d'Amenemhat et la Biographie de Sinouhé, datent du règne de Sésostris Ier. Elles seront étudiées par plusieurs générations de scribes qui laisseront derrière eux de nombreuses copies, sur papyrus, tablettes de bois ou ostraca. Ces textes relatent des événements survenus au palais d'Itj-Taouy à la fin du règne d'Amenemhat Ier. Le second volume évoque notamment les conditions de la mort du roi Amenemhat en l'an 30 de son règne, alors que le fils royal Sésostris guerroyait dans le désert occidental.
Les monuments construits sous Sésostris Ier ne se limiteront pas aux édifices de Karnak et de Licht. Héliopolis conserve un obélisque érigé pour la fête Sed du roi, en l'an 31. Le Papyrus Berlin 3029, ou "Rouleau de Cuir de Berlin", situe le projet de construire un monument à Ra-Harakhty, dans le domaine d'Atoum, en l'an 3. De nombreuses stèles privées nous apprennent l'existence de travaux importants au Temple d'Osiris-Khentimentiou à Abydos. Le Temple de Min à Coptos livrera de nombreux reliefs, aujourd'hui conservés à Lyon et à Londres, notamment la scène de la course rituelle du roi lors de la fête Sed. Sésostris Ier édifiera un temple au dieu Montou à Tod, dont l'inscription dédicatoire date des dernières années de son règne. Un nouveau temple pour Satis, dont on conserve des fragments de l'inscription, ainsi qu'un sanctuaire dédié au noble Héqa-ib, seront construits dans l'île d'Eléphantine.
Les somptueuses tombes des nomarques d'Assiout (Djéfai-Hapy, n° 1), de Béni Hassan (Amény, n° 2) et de Qoubbet el-Haoua (Sarenpout Ier, n ° 36), ainsi que les stèles privées d'Abydos - d'un luxe inégalé durant tout le Moyen Empire - témoigneront de la prospérité du pays sous le règne de Sésostris Ier. Elles constituent, au travers des autobiographies, une source d'informations sur des événements importants de cette période. La stèle du vizir Mentouhotep, d'une taille impressionnante (190x150x43 cm), livrera une inscription sur les deux faces qui n'a pas encore fait l'objet d'une traduction intégrale. Les inscriptions de stèle abydénienne du général Nésou-Montou constituent également un témoignage du règne de Sésostris Ier qui n'a pas livré d'Annales à ce jour, contrairement à celui de son fils et successeur Amenemhat II dont on a découvert deux fragments à Memphis.
Les nombreuses stèles royales et inscriptions gravées, retrouvées dans le sud et à l'est du royaume, témoigneront de l'importante que Sésostris Ier accordera à l'empire égyptien de Nubie ainsi qu'aux carrières et mines du désert oriental. Plusieurs de ces inscriptions sont datées et s'associent parfois pour décrire la même action ou la biographie d'un dignitaire dont il ainsi possible de reconstituer de cursus.
La stèle érigée par le général Mentouhotep dans la forteresse de Bouhen, au retour d'une campagne en Haute-Nubie, constitue l'un des principaux documents retrouvés à l'extérieur de la vallée égyptienne du Nil. Elle comporte la première mention connue de Koush et présente les différentes régions conquises sous une forme dont s'inspireront les auteurs des listes géographiques du Nouvel Empire.
| Ayant sous ses ordres Hapidjéfaï, Méry, Hétépouy, Khéty et Hor Précède Nebkaou Rê (Amenemhat II) Suit Séhétepib Rê (Amenemhat I) |