Marsyas, un satyre phrygien, découvrira la flûte. Il deviendra si habile qu'il défiera Apollon lors d'un concours dont le prix consistait à infliger au vaincu la sanction choisie par le vainqueur. Les Muses, désignées comme juges, ne pourront départager les rivaux. Apollon, qui pouvait jouer de la lyre à l'envers, demandera à Marsyas d'en faire autant.
Ce dernier devra accepter sa défaite. Apollon l'écorchera vivant et le suspendra à un pin. Son sang, ou les larmes versées par les Nymphes et les Satyres, donneront naissance au fleuve Marsyas. Apollon jettera la flûte de son adversaire dans le Méandre. Elle sera retrouvée à Sicyon et dédiée au dieu par Saccadas, un berger ou un musicien. Les Romains attribueront au nom de Marsyas, la liberté des communautés citadines romaines et la juridiction qui la garantissait.
Métamorphoses d'Ovide - Marsyas (VI, 382-400)
Après qu'on eut raconté la triste aventure des pâtres de Lycie, on se rappela celle du Satyre si cruellement puni par le fils de Latone, vainqueur au combat de la flûte inventée par Minerve : "Pourquoi me déchires-tu ? s'écriait Marsyas. Ah ! je me repens de mon audace. Fallait-il qu'une flûte me coûtât si cher" ! Cependant tous ses membres sont dépouillés de la peau qui les couvre. Son corps n'est qu'une plaie. Son sang coule de toutes parts. Ses nerfs sont découverts. On voit le mouvement de ses veines; on voit ses entrailles palpitantes, et l'oeil peut compter ses fibres transparentes.
[392] Les dieux des forêts, les Faunes champêtres, les Satyres ses frères, Olympus, son disciple célèbre, les Nymphes, et tous les bergers de ces contrées, donnent des pleurs à son malheureux sort. La terre s'abreuve de tant de larmes; elle les rassemble, et les faisant couler sur son sein, elle en forme un nouveau fleuve, qui, sous le nom de Marsyas, roule les eaux les plus limpides de la Phrygie, et va, par une pente rapide, se perdre dans la mer.
| Tué par Apollon En relation avec Les Satyres et Publius Ovidius Naso (Ovide)
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