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Il passera sa petite enfance loin de son père, roi de Hollande et marié par raison Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine, qu'il négligera pour des raisons sentimentales et de santé. Certains prétendront que Louis-Napoléon n'était pas le fils de son père. Victor Hugo verra en lui "l'enfant du hasard dont le nom est un vol et la naissance un faux". Le roi Louis se retirera en Allemagne puis en Suisse, après son abdication du trône de Hollande en 1810.
Hortense se réfugiera auprès de sa mère, à la chute de l'Empire, au château de Navarre dans l'Eure puis à Malmaison. Elle séduira le tsar Alexandre Ier qui lui accordera une pension et le titre de duchesse de Saint-Leu. Louis engagera un procès contre sa femme, en janvier 1815, afin de reprendre la garde de son fils aîné.
Louis-Napoléon rencontrera son oncle Napoléon Ier durant la période des Cent-Jours. Son père Louis obtiendra la garde de son fils aîné après Waterloo. Hortense, chassée de France après la loi du 1er janvier 1816 bannissant tous les Bonaparte du territoire français, achètera le château d'Arenenberg qui domine le lac de Constance en 1817. L'éducation de Louis-Napoléon sera confiée à Philippe Le Bas, fils du conventionnel ami de Robespierre, qui lui imposera un régime austère et l'enverra au gymnasium d'Augsbourg. Hortense congédiera Le Bas en 1827. Le jeune prince, qui participera aux insurrections italiennes de 1830-1831, y perdra son frère aîné et gardera des séquelles des privations subies au cours de sa fuite devant les troupes autrichiennes. Louis-Napoléon partira avec sa mère en Angleterre en 1831. Il y retournera à plusieurs reprises, de 1838 à 1840 et de 1846 à 1848 avant d'y mourir en exil.
Le décès de son frère aîné, suivi de celle du duc de Reichstadt (l'Aiglon) en 1832, en fera l'héritier de la dynastie de Napoléon. Surestimant le courant bonapartiste, le prince participera à une tentative de coup d'Etat en octobre 1836 à Strasbourg. Il sera exilé aux Etats-Unis par le gouvernement de Louis-Philippe.
La mort de sa mère lui fournira l'argent nécessaire à la publication de son manifeste en 1839. La brochure, vendue à 500 000 exemplaires, sera traduite dans toutes les langues de l'Europe. Le prince mettra à profit l'impopularité croissante de la Monarchie de Juillet pour tenter un deuxième coup d'Etat en 1840. L'échec de cette affaire de Boulogne lui vaudra une condamnation à la réclusion perpétuelle dans la forteresse de Ham. Il y restera six années au cours desquelles il s'efforcera de présenter le bonapartisme comme le système "naturel" de la France. Persuadé de remporter les élections, il prônera le suffrage universel comme seul moyen de redonner ses droits au pays. Sa brochure "l'Extinction du paupérisme", publiée en 1840, lui apportera le soutien des socialistes modérés.
Louis-Napoléon s'évadera de Ham en 1846 et s'installera à Londres. Il reviendra à Paris lors de la révolution de février, afin d'obtenir la levée de sa proscription et de sa famille. Sur la demande pressante de Lamartine, chef du gouvernement provisoire de la République, il regagnera Londres le 2 mars. Certains anciens complices du prince libérés par la révolution, notamment Persigny, formeront un comité napoléonien, embryon du futur parti bonapartiste élyséen. Louis-Napoléon, qui ne sera pas candidat aux élections à l'Assemblée constituante en avril, obtiendra 4% des inscrits en Charente-Inférieure. Napoléon (Jérôme) Bonaparte, Pierre Bonaparte et Lucien Murat seront élus au cours de ce scrutin.
Le prince se présentera aux élections partielles du 4 juin, qui succéderont aux émeutes parisiennes du 15 mai en raison de l'aggravation de la crise économique et sociale. Louis-Napoléon sera triomphalement élu dans les départements de la Seine, la Corse, la Charente Inférieure et l'Yonne. Son élection sera validée le 13 juin par l'Assemblée.
Louis-Napoléon, qui renoncera à siéger le 16, sera ainsi épargné par les évènements de juin. Il se représentera aux élections partielles des 17 et 18 septembre dans huit circonscriptions. Il sera réélu dans les quatre départements qu'il avait remportés en juin, ainsi qu'en Moselle. Il frôlera le succès dans l'Orne et obtiendra une honorable seconde place dans le Nord. Le prince s'installera à l'hôtel du Rhin, place Vendôme, le 24 septembre. L'Assemblée décidera de l'élection du président de la République au suffrage universel. Le 9 octobre, le républicain Thouret déposa un amendement interdisant la candidature aux membres des familles ayant régné sur la France. Cet amendement sera retiré et la loi d'exil des Bonaparte de 1832 sera définitivement abrogée.
Le prince annoncera sa candidature le 26 octobre. Il obtiendra le soutien de la plupart des notables du parti de l'Ordre : Odilon Barrot, Molé et surtout Thiers persuadé qu'il avait affaire "à un crétin que l'on mènera". Le prince prendra position pour l'amnistie des condamnés politiques, l'allègement des impôts, de la conscription, les grands travaux pour lutter contre le chômage, la création d'institutions de prévoyance sociale, des modifications de la législation industrielle. Il obtiendra 74 % des suffrages exprimés (55 % des inscrits) lors de l'élection du 10 décembre, contre 19,5 % à Cavaignac et 5 % à Ledru-Rollin. Il ne sera devancé que dans quatre départements de Bretagne et de Provence en raison du refus de ralliement des légitimistes.
Un quart de son électorat proviendra de l'extrême gauche. Louis-Napoléon obtiendra la majorité dans les départements "rouges" du Limousin, du Périgord, du Centre, du Dauphiné et, à un moindre degré, en Bourgogne, dans le Lyonnais et à Paris. Le bonapartisme s'implantera également dans des zones jadis rebelles comme la Normandie, la Picardie occidentale, les marges armoricaines et l'Est aquitain. De nombreux paysans verront en lui le candidat des bleus contre les blancs et les rouges.
Louis-Napoléon prêtera serment à la Constitution le 20 décembre 1848, sans approuver la durée trop courte du mandat présidentiel et son non renouvellement, ainsi que le strict régime de séparation des pouvoirs. La première partie du mandat sera assez terne. Louis-Napoléon, contesté par le parti républicain, confiera le gouvernement aux notables du parti de l'Ordre, notamment à Odilon Barrot. Les partisans du prince n'obtiendront que peu de places sur les listes du parti de l'Ordre aux élections législatives de mai 1849.
Louis-Napoléon prendra l'initiative d'ordonner aux troupes françaises du corps expéditionnaire envoyé à Rome, de répondre à l'accrochage du 30 avril avec les soldats de la République romaine. Par une lettre publique au colonel Ney en poste à Rome, il condamnera la politique réactionnaire de l'administration pontificale. Le ministère Barrot, en difficulté, se désolidarisera du président et Falloux démissionnera, entraînant la défection des catholiques. Louis-Napoléon en profitera pour congédier Barrot et nommer un ministère extraparlementaire sans président du Conseil. Grâce à son demi-frère Morny, qui formera le parti élyséen, le prince nommera un gouvernement comprenant des personnages comme Rouher, Parieu et Fould. Il revendiquera sa responsabilité personnelle dans la conduite des affaires, tout en manifestant sa volonté de gouverner avec le concours de l'Assemblée. Cette dernière ne réagira pas.
La majorité conservatrice tentera en vain, à la faveur de la mort de Louis-Philippe le 26 août 1850, d'opérer la réconciliation enter légitimistes et orléanistes. Certains orléanistes songeront à la candidature du prince de Joinville à la présidence de la République, en prélude à une régence de la duchesse d'Orléans. Le parti élyséen de Morny récupérera alors d'anciens membres du parti de l'Ordre et de légitimistes déçus.
Louis-Napoléon multipliera les revues militaires à l'automne. Elles se transformeront en manifestations bonapartistes malgré les ordres de Changarnier, commandant de la division de Paris et de la Garde nationale, de pousser des cris sous les armes. Le général Neumayer, qui tentera de sévir contre les soldats qui n'avaient pas respecté les consignes de silence à la revue de Satory, le 10 octobre, sera destitué par le président. Ce dernier destituera également Changarnier le 9 janvier 1851, qui menaçait de faire appel à la force armée à la demande du président de l'Assemblée. Cette dernière votera une simple motion de blâme contre le ministère, le 18 janvier. Louis-Napoléon pourra ainsi entreprendre, au printemps 1851, la procédure légale de révision constitutionnelle. Malgré le soutien du peuple et l'appui d'un groupe favorable à l'Assemblée, cette révision ne réunira que la majorité absolue et non celle des trois quarts qui s'imposait pour être adoptée.
Le matin du mardi 2 décembre 1851, jour anniversaire du sacre de Napoléon Ier en 1804 et de la victoire d'Austerlitz en 1805, les Parisiens découvriront sur les murs de la ville deux proclamations, adressées à la population et à l'armée. Le président de la IIème République, Louis-Napoléon Bonaparte, y annoncera la dissolution de l'Assemblée législative, qui refuse de modifier la Constitution de 1848 et l'empêche de solliciter un nouveau mandat présidentiel en 1852 . Il invitera le peuple de France à lui donner mandat pour rédiger une nouvelle Constitution, lui permettant de se maintenir à la tête de l'Etat avec des pouvoirs accrus.
Le "oui" obtiendra 76 % des inscrits lors du plébiscite des 21 et 22 décembre 1851, le "non" 6 %.
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Marié à Eugenia María de Montijo de Guzmán, comtesse de Teba (Impératrice Eugénie) en 1853
| Relations |  |  |
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Le Sentier
Période de
Metropolitan Museum of Art
Modèle
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La Collection Campana Napoléon III se portera acquéreur de la collection romaine d'objets antiques et modernes constituée par Giampietro Campana di Cavelli dès 1829.
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