Dans la matinée du dernier jour, il avait présidé le Conseil des ministres. A huit heures du soir, je suis venu le voir. Il était à moitié dévêtu. On lui faisait des tractions rythmiques de la langue. Un prêtre récitait la prière des agonisants... ". Un député l'interrompt : "Saviez-vous que Mme Steinheil avait rendu visite à Félix Faure le même jour à 18h00 ?".
Le 31 mai 1908, la mère et l'époux de Marguerite Steinheil seront trouvés morts étouffés dans leur logis de l'impasse Ronsin, rue de Vaugirard. Cette dernière, baillonnée et ligotée à un lit, dira avoir été attachée par quatre personnes (trois hommes et une femme) en habits noirs. On imaginera qu'ils recherchaient des documents secrets ayant appartenu au président Faure, sans doute en rapport avec l'affaire Dreyfus.
Les services de police soupçonneront l'épouse mais, sans preuves tangibles, devront classer l'affaire. Madame Steinheil relancera l'enquête en glissant dans une poche de Rémy Couillard, son domestique, une perle qu'elle affirmera avoir été dérobée par ses quatre assaillants. Elle tentera ainsi de faire accuser Alexandre Wolff, le fils de sa gouvernante, qui produira un alibi.
Marguerite Steinheil sera emprisonnée à la prison de Saint-Lazare novembre 1908. L'opposition cherchera à faire de cette affaire un procès politique. Certains accuseront madame Steinheil d'avoir empoisonné Félix Faure, pour le compte d'un parti antisémite. Celle-ci sera acquitée le 14 novembre 1909, bien que le juge qualifiera son discours de "tissus de mensonges".
Marguerite Steinheil vivra ensuite à Londres sous le nom de madame de Serignac, rédigera ses mémoires en 1912 et, le 26 juin 1917, épousera Robert Brooke Campbell Scarlett, sixième Baron Abinger (mort en 1927). Elle décèdera le 18 juillet 1954, dans une maison de repos à Hove.
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