Les récits anciens d'origine celtique constituent un ensemble d'épisodes fragmentaires, inachevés et souvent contradictoires, d'époques et de langues différentes.
Chrétien de Troyes, dans son Perceval, représentera le Graal sous la forme d'un simple récipient sans en décrire le contenu. L'un de ses successeurs évoquera un calice contenant le sang du Christ. La version cistercienne du XIIIème siècle parlera de l'écuelle dans laquelle Jésus mangera au cours de la Cène. Wolfram von Eschenbach, auteur du Parzival au XIIIème siècle, retiendra une pierre tombée du ciel sur laquelle une hostie sera déposée de vendredi de chaque semaine. Le héros fera l'objet d'autant de digressions. Il s'agira de Perceval (Perlesvaux, Parzival, Peredur) pour les uns, de Galaad, fils de Lancelot, pour les autres.
Arthur est un chef de Clan (Dux Bellorum) ayant réellement existé au milieu du VIème siècle. Il séjournera dans les comtés de Cornwall (Tintagel), du Devon, du Somerset (Glastonbury et Avalon), en passant par Caerlion sur Wysg (Sud du Pays de Galles) et Carlisle (Carduel), au pays des Bretons du Nord. Ses faits d'armes permettront de repousser les Saxons qui devront attendre un siècle de plus avant d'occuper une partie importante de l'île. La légende en fera un héros. Merlin, vivra à la fin du VIème siècle. Ce petit chef de tribu de la forêt de Kelyddon (Caledonia, Ecosse) perdra la tête au cours d'une bataille. Il se réfugiera dans une forêt pour y exercer ses dons de voyance. L'association romanesque d'Arthur et de Merlin correspondra à l'alliance du roi et du druide qui fonde la société celtique. D'autres héros rejoindront tardivement Arthur et Merlin. La version cistercienne de la légende intégrera, au XIIIème siècle, le personnage d'origine armoricaine Lancelot du Lac.
Les Annales de Cambrie du Xème siècle fourniront quelques détails sur la victoire d'Arthur au Mont-Badon (516) et la bataille de Camlann (537) où il affrontera Medrawt (Mordret). L'Historia Brittonum du Xème siècle, attribuée à Nennius, prendra la forme d'un roman à forte connotation mythologique. Kulhwch et Olwen, un manuscrit du XIIème basé sur la transcription d'un original du VIIème ou IXème siècle, constitue le premier récit connu. Cette oeuvre galloise représente Arthur, entouré de compagnons doués de pouvoirs magiques, accomplissant des exploits qui s'inscrivent dans la tradition de la mythologie celtique la plus ancienne. Cette oeuvre serait une tentative de synthèse des traditions orales des territoires tardivement conquis par les Saxons.
L'Europe continentale ne découvrira la tradition arthurienne qu'au XIIème siècle. Les sculptures de la cathédrale de Modène en Italie (vers l'an 1100), qui portent les noms de protagonistes, relateront l'enlèvement de la femme d'Arthur par un mystérieux Roi de l'Autre Monde (le Chevalier de la Charette dans le roman de Chrétien de Troyes). Geoffroy de Monmouth, clerc gallois familier du monastère de Glastonburry, écrira la Vita Merlini et l' Historia Regum Britanniae, vers 1135. Ce dernier texte sera traduit en gallois (Brut y Breninhed), puis adapté en français sous le nom de Roman de Brut, en 1155, par Robert Wace. Brut est le diminutif de Brutus, descendant d'Enée et ancêtre mythique des Bretons. Erec et Enide, rédigé par le juif champenois converti Chrétien de Troyes vers 1160, intégrera une légende nettement armoricaine à l'ensemble arthurien. Il localisera, dans le Chevalier au Lion de 1180, la légende insulaire dans la forêt de Brocéliande, puis inaugurera le thème du Graal dans Perceval, en 1190. Cette oeuvre inachevée sera poursuivie par trois auteurs différents. Wolfram von Eschenbach, au début du XIIIème siècle, adaptera le roman de Chrétien dans son Parzival. Il y ajoutera des éléments ésotériques, essentiellement d'origine orientale.
Robert de Boron, franc-comtois lié au Plantagenêt et à Glastonburry, rédigera un Merlin en vers. La grande fresque du XIIIème siècle, attribuée à Gautier Map, constituera la version "cistercienne" de la légende qui relatera la Quête du Saint-Graal et la Mort d'Arthur. La légende de la table Ronde donnera ensuite naissance à de très nombreuses versions, souvent fragmentaires, rédigées en de très nombreuses langues. Sir Thomas Malory tentera, au XVème siècle, de synthétiser l'épopée du Graal et de la Table Ronde.
| En relation avec Chrétien de Troyes, Merlin l'Enchanteur, Lancelot du Lac et Perceval
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