Ses débuts en littérature seront laborieux. Il fournira à Lenormant d'Étiolles, mari de la Pompadour, des Parades dans le genre poissard (1757 - 1763) avant de donner Eugénie à la Comédie-Française, en 1767. Ce demi-échec précédera la publication d'un Essai sur le genre dramatique sérieux et des Deux Amis (1770) qui seront des échecs. Le Barbier de Séville, un opéra-comique, sera refusé alors par les Comédiens italiens. La pièce sera finalement jouée à la Comédie-Française en 1775. Elle sera ramenée de cinq à quatre actes dès la seconde représentation, avant de connaître le succès.
Beaumarchais, payé de manière très irrégulière, prendra la tête de la Société des auteurs dramatiques (1777 - 1780). La création de la Folle journée ou le Mariage de Figaro, reçue par les Comédiens-Français dès 1781, se heurtera à la censure et aux réticences de Louis XVI qui reprocheront le caractère subversif de la comédie. Beaumarchais multipliera les lectures privées et obtiendra la protection de la reine Marie-Antoinette. La pièce, créée le 27 avril 1784, remportera le plus grand triomphe de l'histoire de la Comédie-Française. L'institution donnera plus de cent représentations en quatre années.
Beaumarchais donnera le livret de l'opéra Tarare en 1787, dont la musique sera confiée à Salieri. Il sera ensuite impliqué de manière peu orthodoxe dans la construction d'une demeure luxueuse dans le quartier de la Bastille. Le dernier volet de la trilogie de Figaro, la Mère coupable, sera créé en 1792 au Théâtre du Marais, dont Beaumarchais est le directeur occulte. La pièce ne rencontrera de succès qu'après sa reprise au Théâtre Feydeau, en 1797, avec pour acteurs Louise Contat et Dazincourt libérés des geôles de la Terreur. Entretemps, Beaumarchais, confondu avec les aristocrates émigrés, sera emprisonné puis exilé. Il décédera, ruiné, en 1799.
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