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Elève de Léon Bonnat à l'Ecole de Beaux-Arts, il sera refusé au Salon de 1874. A la demande de Renoir, il participera à la deuxième exposition impressionniste de 1876 organisée dans les locaux du marchand Durand-Ruel rue Lepelletier, en qualité de peintre et collectionneur. Ses deux versions des Raboteurs de parquets seront alors remarquées. Le peintre s'illustrera ensuite dans des scènes de la vie ouvrière et vues de Paris.
Caillebotte fera don, dans son testament rédigé en 1876, de sa collection en ces termes :
"Je donne à l'Etat les tableaux que je possède ; seulement, comme je veux que ce don soit accepté et le soit de telle façon que les tableaux n'aillent ni dans un grenier ni dans un musée de province, mais bien au Luxembourg et plus tard au Louvre, il est nécessaire que s'écoule un certain temps avant l'exécution de cette clause jusqu'à ce que le public, je ne dis pas comprenne, mais admette cette peinture. Ce temps peut-être de vingt ans au plus. En attendant mon frère Martial, et à son défaut un autre de mes héritiers, les conservera. Je prie Renoir d'être mon exécuteur testamentaire ..."
Les académistes, conduits par Gérôme, tenteront d'empêcher l'entrée d'oeuvres impressionnistes constamment refusées au Salon dans le patrimoine artistique de la France.
Le Conseil d'Etat autorisera les Musées Nationaux, en 1896, à sélectionner les toiles dignes de figurer au musée du Luxembourg. Vingt sept tableaux seront refusés. Sept pastels de Degas, huit Monet, six Renoir, sept Pissarro, cinq Sisley, deux Cézanne et deux Caillebotte - joints au legs par Martial Caillebotte après la mort de son frère - seront présentés dans une annexe du musée du Luxembourg en 1897. L'exposition suscitera de violents remous et provoquera un scandale politique à l'instigation de Gérôme et dix-sept de ses collègues, membres de l'Institut. Le Sénat sera ainsi saisi de l'affaire.
Zola, qui prendra le parti des Impressionnistes vilipendés par la critique et refusés par le jury du Salon, sera critique à l'égard de Caillebotte dont il dénoncera le réalisme photographique lors de la deuxième exposition impressionniste. Le peintre présentera les huit toiles suivantes : Raboteurs de parquet, Jeune Homme jouant au piano, Jeune Homme à sa fenêtre, Déjeuner, Après Déjeuner et deux Jardin. Zola commentera ainsi le talent de Caillebotte dans ses Lettres de Paris de juin 1876 :
"Caillebotte a exposé Les Raboteurs de parquet et Un jeune homme à sa fenêtre, d'un relief étonnant. Seulement c'est une peinture tout à fait anti-artistique, une peinture claire comme le verre, bourgeoise, à force d'exactitude. La photographie de la réalité, lorsqu'elle n'est pas rehaussée par l'empreinte originale du talent artistique, est une chose pitoyable".
Lors de la troisième exposition impressionniste de 1877, Caillebotte présentera les six toiles suivantes : Rue de Paris, temps de pluie , Le Pont de l'Europe , Portraits à la campagne, Portrait de Madame C ; Portrait et Peintres en bâtiments.
Zola écrira alors dans ses Notes Parisiennes - Une Exposition : Les Peintres impressionnistes 1877 :
"Enfin, je nommerai M. Caillebotte, un jeune peintre du plus beau courage et qui ne recule pas devant les sujets modernes grandeur nature. Sa Rue de Paris par un temps de pluie montre des passants, surtout un monsieur et une dame au premier plan qui sont d'une belle vérité. Lorsque son talent se sera un peu assoupli encore, M. Caillebotte sera certainement un des plus hardis du groupe".
Zola passera sous silence la présence de Caillebotte à la quatrième exposition impressionniste. Il reprendra sa plume en 1880 (Le naturalisme au Salon), année au cours de laquelle le peintre exposera son Autoportrait, Dans Un Café et Vue prise à travers un balcon.
"M. Caillebotte est un artiste très consciencieux, dont la facture est un peu sèche, mais qui a le courage des grands efforts et qui cherche avec la résolution la plus virile".
Le peintre, opposé à Degas, boycottera la sixième exposition. Il reviendra en force à la septième en présentant dix-sept toiles, malgré l'hostilité de Pissarro et grâce au soutien de Monet. Monet et Caillebotte ne participeront pas à la dernière exposition impressionniste de 1886.
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