Il s'inscrira à l'École d'Arts de La Corogne à l'âge de onze ans, puis à l'École des Beaux Arts de Barcelone en 1895. Déçu par l'enseignement, Picasso abandonnera ses études trois années plus tard et entreprendra une carrière d'artiste indépendant. Il exposera ses toiles dans un café d'artistes de Barcelone, "Aux quatre chats", et côtoiera les principaux représentants de l'avant-garde espagnole. Le peintre subira les influences de Toulouse-Lautrec ainsi que Vincent Van Gogh et Gauguin au cours de cette période. Picasso exposera "La première Communion" à l'Exposition des Arts Décoratifs de Barcelone à l'âge de quinze ans. Il entreprendra son premier voyage à Paris en 1900, et présentera "Derniers instants" à l'Exposition Universelle. Il abandonnera son nom de Ruiz en 1901, pour adopter celui de sa mère : Picasso.
La période Bleue (1901-1904)
La notion de"période bleue" tire son nom de la couleur qui dominera dans les tableaux de l'artiste au cours de cette période emprunte d'angoisse et de nostalgie. Picasso, très marqué par le suicide de son ami Carlos Casagemas le 17 juin 1901, s'assagira et adoptera des thèmes tournés vers des préoccupations plus sociales et des modèles de conditions modestes. La période bleue culminera avec la composition intitulée "La Vie", en 1903.
La période Rose (1904-1906)
Installé avec de nombreux artistes de sa génération au Bateau-Lavoir en 1904, Picasso épousera Olga, une danseuse des Ballets Russes, en 1918. Il réalisera des décors et des costumes pour la compagnie. Le couple se séparera en 1935. Picasso abordera de nouveaux thèmes tout en mettant l'accent sur l'esthétique de la forme. Le personnage d'Arlequin, ainsi que les saltimbanques, s'imposeront dans l'oeuvre de l'artiste à partir de 1905. La couleur bleue laissera sa place à un gris rosé, doux et triste. Picasso fera la connaissance d'Henri Matisse et André Derain au Salon de l'automne 1905. Les fauves feront alors scandale avec leur première exposition commune. La première approche de l'art moderne découlera d'expériences sur la forme entreprises au cours de l'hiver 1905-1906. Picasso peindra une série de nus d'inspiration classique, aux formes généreuses, détachés de fonds rose vif lors d'un séjour à Gósol, en Catalogne, au cours de l'été 1906. Le "Portrait de Gertrude Stein" ou les "Deux Femmes nues enlacées peints" en 1906, déjà déformées, annonceront les "Demoiselles d'Avignon" de l'année suivante.
Le cubisme (1907-1915)
Ces "Demoiselles d'Avignon" marqueront l'entrée de Picasso dans l'art moderne. Celui-ci rejoindra Braque, son ami qui participera à la naissance du cubisme, au cours de l'été 1911 dans une communauté d'artistes dans le sud de la France. Les deux artistes développeront ensemble le cubisme synthétique à partir de 1912. Il introduiront différents matériaux dans leurs toiles (ficelle, tissu, bois, tôles découpées au chalumeau, papier, carton, morceaux de journaux, cartes à jouer, sables) parfois semées de lettres imprimées au pochoir ou rehaussées de peinture.
Le classicisme (1916-1924)
Pablo Picasso renoncera au cubisme en 1915, alors que les critiques et le public venaient de prendre conscience de l'importance du mouvement. Le peintre, qui s'embourgeoisera socialement, peindra des fresques pour la millionnaire chilienne Eugenia Errazuriz et rencontrera le poète Jean Cocteau avec lequel il travaillera. Le peintre épousera Olga Koklova (1891-1955), une danseuse des Ballets Russes, au cours de l'été 1918. Il la suivra durant ses tournées à Rome, Madrid, Barcelone et Londres, villes dans lesquelles il redécouvrira les maîtres de la tradition européenne qui inspireront son oeuvre.
La fin des années 20 jusqu'à sa mort
Présent à l'exposition surréaliste de 1925, soutenu par André Breton, Picasso ne sera qu'un compagnon de route du mouvement. Il se tournera vers la création plastique de 1925 à 1936. Marie-Thérèse Walter (1909-1977), rencontrée en 1927, deviendra sa compagne et son modèle attitré jusqu'à l'apparition de Dora Maar (1907-1997) dans la vie de l'artiste. Les prises de positions de Picasso hostiles à Franco, en 1937, le condamneront définitivement à l'exil. Le peintre, qui avait reçu commande d'une peinture pour décorer un pavillon de la République espagnole de l'Exposition internationale de 1937, peindra Guernica en réaction au bombardement meurtrier de la ville le 26 avril 1937. Il s'inscrira au parti communiste en 1944, qu'il quittera neuf années plus tard. Françoise Gilot (1921), devenue sa nouvelle femme, lui inspirera des oeuvres marquées par un retour aux sources méditerranéennes antiques. Pablo Picasso décédera d'une embolie pulmonaire à la suite d'une grippe le 8 avril 1973.
Picasso dans l'histoire
Injustement accusé d'avarice par certains critiques à partir des années 80, sans la moindre preuve si ce n'est d'avoir un train de vie relativement modeste par rapport à sa fortune, Picasso conservera toujours une certaine distance avec le monde qui l'entoure. Ses détracteurs oublieront un peu vite l'extrême pauvreté de l'artiste lors de son arrivée à Paris, traversant la capitale en tirant derrière lui la charrette qui contenait son matériel de peinture. Son séjour au Bateau-lavoir, bric à brac d'ateliers délabrés ne possédant qu'un seul point d'eau, sera l'un des moments les plus heureux de sa vie.
Picasso sera se montrer généreux lorsqu'il s'agira de soutenir les Républicains durant la guerre civile espagnole. Il éprouvera ensuite une certaine jouissance à vivre selon ses besoins, limités par un mode de vie essentiellement consacré à la création, en ayant les poches pleines. L'artiste sera se montrer discret dans l'aide qu'il apportera à quelques proches, s'assurant toujours du bon usage de ses interventions. Il témoignera du peu d'intérêt qu'il attachait à l'argent lorsqu'il divorcera d'Olga, en lui laissant la moitié de sa fortune, après avoir appris la naissance annoncée de Maya. L'intervention de Dora Mar dans la vie de l'artiste empêchera le mariage avec Marie-Thérèse.
La relation de Picasso avec les femmes sera plus ambiguë. Ses compagnes inspireront profondément son oeuvre dont elles constitueront l'épine dorsale. La relation avec ces muses sera essentiellement charnelle, jusqu'à l'apparition de Dora Mar. Françoise Gillot poursuivra le dialogue intellectuelle entrepris avec cette dernière. Elle sera l'un des témoins privilégiés du sens que Picasso donnera à ses oeuvres (environ 60.000 !), qui dépassent les frontières d'un contenu purement esthétique et témoignent d'un siècle de profonds bouleversements en Europe.
| Ami de André Derain, Baltasar Lobo, Wilhelm Albert Vladimir Apollinaris de Waz-Kostrowitcky (Guillaume Apollinaire), Henri-Émile-Benoît Matisse (Henri Matisse), Georges Braque, Balthasar Klossowski de Rola (Balthus), José Victoriano Carmelo Carlos González-Pérez González-Pérez (Juan Gris) et Gertrude Stein
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