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Guide de visite : Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
Naissance : Le Havre - 1901 / Décès : Paris, 1985
Jean Philippe Arthur Dubuffet est un peintre, sculpteur et plasticien français. Il est également le premier théoricien de l'Art Brut et l'auteur de vigoureuses critiques de la culture dominante notamment dans son essai Asphyxiante culture.

Biographie   
Biographie
Dubuffet naît au Havre, fils unique d'un important négociant en vins, Georges Dubuffet.

En 1918, il se rend à Paris en compagnie de son fidèle ami Georges Limbour et suit les cours de l'Académie Julian qu'il quitte après seulement six mois. Pendant six ans, il va chercher sa voie en indépendant. Il se lie entre autre à un groupe d'artistes de Montmartre et en 1922, il rencontre André Masson, puis Raoul Dufy, Juan Gris et enfin Fernand Léger avec qui il se lie.

En 1924, doutant de son art, Dubuffet cesse de peindre et s'embarque pour l'Amérique du Sud où il effectue différents petits emplois sur des chantiers et pour une entreprise de chauffage.

En 1925, il décide de revenir en France pour s'occuper de l'entreprise familiale dont il devient négociant pendant huit ans. En 1927, il se marie à Paulette Bret dont il aura une fille deux ans plus tard, et part s'installer à Paris en 1929. En 1933, Dubuffet se remet à la peinture et à diverses activités artistiques, ce qui l'amènera à divorcer. Il épouse alors en 1937 Émilie Carlu dite "Lili". Son négoce, puis la guerre, auront raison de son activité plastique jusqu'en 1942, où il peut enfin se plonger totalement dans la création.

En 1944 a lieu sa première exposition personnelle à la Galerie René Drouin. En 1945, il mentionne pour la première fois le terme d'Art brut, et rencontre son galeriste new-yorkais Pierre Matisse. En 1947, Michel Tapié devient son marchand et une première exposition d'Art brut est organisée, sous l'appellation de "Foyer de l'Art Brut". 1948 : Il fait une importante exposition personnelle à New York et se rapproche des surréalistes par le biais d'André Breton, avec qui il entame des échanges passionnés au sujet de l'Art brut.

À partir de 1949, Dubuffet connaît un certain succès en Amérique avec un article de Clement Greenberg et la rencontre du peintre et collectionneur Alfonso Ossorio. Il se rend même aux États-Unis en 1951, où il rencontre Jackson Pollock, Marcel Duchamp et Yves Tanguy. Cette même année parait le livre de Michel Tapié "un art autre", où Dubuffet côtoie entres autres Pollock, et qui lance la notion d' "art informel".

En 1955, il s'installe à Vence, d'où il fera l'aller-retour avec Paris les années suivantes. Une rétrospective est organisée à l'ICA de Londres. La cote de Dubuffet grimpe, les collectionneurs se multiplient.

En 1960, après une deuxième rétrospective à New York, Dubuffet décide de rompre avec Pierre Matisse, et Daniel Cordier devient son seul marchand pour Paris et New York. Il achète un appartement pour constituer son secrétariat personnel. Il adhère au Collège de Pataphysique et entame des expériences musicales en collaboration avec Asger Jorn du groupe CoBrA. Une grande rétrospective au musée des Arts Décoratifs est organisée.

En 1962, Dubuffet aménage une maison et un atelier au Touquet près d'Étaples et entame son cycle le plus célèbre, qu'il développera durant douze ans, "l'Hourloupe". Le Museum of Modern Art de New York lui consacre une grande rétrospective.

En 1967, il cesse totalement de pratiquer la peinture pour se consacrer à des expériences en volumes. Il fait une série de donations : au Musée des Arts Décoratifs, à l'Art Institute de Chicago, au MoMA de New York et au Stedelijk Museum d'Amsterdam.

En 1971, Dubuffet décide de créer une fondation pour réunir un ensemble significatif de ses oeuvres. La Ville de Lausanne signe l'accord de donation de la Collection de l'Art Brut en lui offrant un lieu d'exposition permanent. La maison de Vence est vendue.

1973 : Grande rétrospective au musée Guggenheim de New York. En 1974, Dubuffet reprend le dessin et la peinture et met un terme à l'Hourloupe. La Fondation Dubuffet est reconnue établissement d'utilité publique. Dubuffet lui lègue ses archives et un échantillon important de sa production.

En 1984, la série des "Mires" est présentée au pavillon français de la Biennale de Venise. Mme Dubuffet meurt à l'âge de 103 ans. Le 12 mai 1985, Jean Dubuffet meurt à Paris. Une rétrospective est organisée à la Fondation Maeght. La série des "Non-Lieux" est présentée au Centre Pompidou.

L'oeuvre
L'oeuvre de Dubuffet est constituée de milliers de peintures, dessins, sculptures qui s'étendent de 1942 à sa mort en 1985, soit sur une période de 43 ans. Prolifique et protéiforme, elle comprend de nombreuses périodes et styles différents, allant de la plus pure abstraction "matiérique" à des scènes pittoresques ressemblant aux dessins d'enfants, en passant par des collages de toutes sortes.

La fascination de Dubuffet pour la production picturale des malades mentaux, des prisonniers et des enfants l'amènera à développer un art dégagé de la sécheresse des codes bourgeois et de l'intellectualisme. Son travail et ses analyses se réclament souvent d'un art primitif, populaire ou enfantin : "Je suis un peintre du dimanche pour qui tous les jours sont des dimanche", déclarait-il.

De nombreuses oeuvres de Dubuffet utilisent des techniques mixtes de peinture à l'huile épaissie avec des matériaux comme le sable, le goudron et la paille, donnant à ses pièces une surface exceptionnellement texturisée et une consistance rugueuse.

Dès 1971, il fait des séries de dessins au stylo, de manière un peu automatique, débutant ainsi le cycle de l'Hourloupe, se caractérisant par des aplats rouges, bleus, blancs et noirs. Le nom est le titre d'un livre contenant des dessins au crayon à bille. Avec l'Hourloupe, il prend le contre-pied de ses oeuvres antérieures, faisant disparaître toute texture pour une quadrichromie largement cloisonnée, avec hachures et aplats, qu'il décline en tableaux, sculptures et vastes installations.

Dubuffet et l'Art Brut
Dubuffet a inventé le terme Art Brut (dont il a quasiment "déposé" le brevet) pour désigner l'art produit par des non-professionnels travaillant en dehors des normes esthétiques convenues, restés à l'écart du milieu artistique, ou ayant subi une rupture sociale et psychologique suffisamment forte pour qu'ils se retrouvent totalement isolés et se mettent à créer.

L'histoire de l'Art Brut est intimement liée à la vie de Dubuffet, et c'est avant tout l'histoire d'un collectionneur et d'un amateur passionné.

Cette histoire commence en 1923, lorsque Dubuffet découvre les cahiers illustrés de Clémentine Ripoche, visionnaire démente qui dessine et interprète la configuration des nuages, et que peu de temps après, Paul Budry, son colocataire, lui offre le désormais célèbre "Bildnerei der Geisteskranken" (Expressions de la folie) d'Hans Prinzhorn, paru l'année précédente à Berlin, et qui porte un intérêt esthétique à la production des oeuvres de "fous".

La vie reprend ses droits, puis, en 1945, tout s'accélère, et Dubuffet, dégagé de ses obligations mais avec quelques sous en poche, peut alors se lancer pleinement dans la prospection et l'achat d'oeuvres de créateurs "vierges". Accompagné de Jean Paulhan et de Le Corbusier, il se rend d'abord en Suisse sur l'invitation de Paul Budry, à l'hôpital psychiatrique de la Waldau de Berne. Il y découvre les travaux d'Adolf Wölfli et Heinrich-Anton Müller, rencontre Walter Morgenthaler (le biographe et psychiatre de Wölfli). À Lausanne, ce sont les travaux de Louis Soutter et Marguerite Burnat-Provins qui l'enthousiasment. Dans une lettre à René Auberjonois, Dubuffet emploie pour la première fois le terme d'art brut. Il se rend à l'asile de Rodez rencontrer le Dr Ferdière, psychiatre d'Antonin Artaud, qui montre à Dubuffet des oeuvres de Guillaume Pujolle et Auguste Forestier, puis il retourne en Suisse visiter le "petit musée de la folie" du Dr Ladame.

En 1946, c'est la découverte d'Aloïse par le biais de Jacqueline Porret-Forel (biographe et docteur d'Aloïse) qui est alors à Paris, puis de Joseph Crépin lors de sa 2e exposition à la Galerie Lefranc. Dubuffet entre également en relation épistolaire avec Gaston Chaissac (dont Jean Paulhan lui a montré quelques lettres). Les deux hommes se rencontrent l'année suivante lors de l'exposition Chaissac à la galerie L'Arc-en-Ciel, dont Dubuffet écrit la préface ; la première exposition du Foyer de l'Art brut se déroule dans les sous-sols de la Galerie Drouin (Michel Tapié en assure la permanence). C'est l'occasion de la rencontre avec André Breton, qui achète des oeuvres de Crépin. Rencontre extrêmement fructueuse puisque Breton deviendra membre actif de la Compagnie de l'Art brut, et fera découvrir à Dubuffet des artistes tels que Augustin Lesage, Maisonneuve, Hector Hyppolite ou encore les dessins de Scottie Wilson.

En 1948, le Foyer de l'Art Brut déménage dans un pavillon prêté par les éditions Gallimard et devient la Compagnie de l'Art brut, association loi de 1901, dont les fondateurs sont Dubuffet, André Breton, Charles Ratton, Michel Tapié, Jean Paulhan et Henri-Pierre Roché. On compte parmi les adhérents des personnalités telles que Michaux, Malraux ou Levi-Strauss. Une exposition de Gironella est organisée, puis d'Aloïse, à qui Dubuffet va rendre visite en Suisse. Ce dernier va voir ensuite Chaissac chez lui, puis publie "l'art des fous, la clé des champs" dans le N°6 des Cahiers la Pléiade.

En 1949, une grande exposition collective est organisée à la galerie Drouin (avec 200 oeuvres et 63 auteurs), et Dubuffet signe "L'art brut préféré aux arts culturels". Découverte des mies de pain du Prisonnier de Bâle et exposition Wölfli.

À partir de 1951, le vent tourne vers les États-Unis, où Dubuffet se rend souvent, a de nombreuses connaissances et jouit d'une bonne reconnaissance. De plus, les mauvais comptes de la Compagnie de l'Art brut précipitent le départ des collections pour les États-Unis (qui ne seront définitivement installées qu'en 1953), chez l'ami de Dubuffet Alfonso Ossorio, dans son ranch de Long Island. La Compagnie est dissoute, André Breton démissionne. On recense alors 1 200 oeuvres d'environ cent auteurs. Dubuffet tient une conférence à la faculté des lettres de Lille, "Honneur aux valeurs sauvages", et fait publier "Hippobosque au bocage" de Gaston Chaissac, aux éditions Gallimard. Après les collections en Amérique, il s'ensuit une période un peu plus calme, ponctuée ici et là par quelques découvertes et expositions avec la complicité d'Alphonse Chave.

Jusqu'en 1962, où les collections reviennent à Paris dans un immeuble de trois étages acheté rue de Sèvres, destinées à devenir centre d'étude et musée privé. La Compagnie de l'Art brut est reconstituée, Slavko Kopac en est nommé conservateur. Dans l'année qui suit, mille nouvelles pièces de 70 auteurs seront acquises. 390 dessins du Facteur Lonné seront achetés d'un coup, ainsi que la première toile d'Augustin Lesage. Et dès 1964 paraissent les deux premiers fascicules de la Compagnie : dans le premier on trouve le prisonnier de Bâle, Clément, le Facteur Lonné et Palanc ; le deuxième est quant à lui entièrement dédié au texte de Morgenthaler sur Adolf Wölfli. Ces publications se poursuivront de manière irrégulière jusqu'à nos jours, où vient de paraître le fascicule N°22.

En 1967, se tient l'une des plus importantes expositions d'art brut, au Musée des Arts décoratifs. On peut y voir une sélection de 700 oeuvres de 75 auteurs (sur les quelques 5 000 oeuvres que la Compagnie possède alors). Dubuffet en signe la préface, "Place à l'incivisme", et on dénombre pas moins de 20 000 visiteurs.

1971 est une date charnière pour les collections d'art brut. Dubuffet ayant décidé d'en faire don (ce qui amènera la dissolution définitive de la Compagnie de l'art brut), c'est finalement la ville de Lausanne qui promet d'aménager un lieu pour y accueillir les oeuvres, revenant donc vers le pays où tout a commencé. Le Château de Beaulieu, hôtel particulier du XVIIIème siècle, sera ce lieu où seront finalement transférées les oeuvres en 1975 et inaugurées le 26 février 1976 (et où elles sont toujours, sous l'appellation de Collection de l'art brut). Michel Thévoz en sera le fidèle conservateur du début jusqu'en 2001. C'est en 1971 également qu'est rédigé un catalogue exhaustif de la collection, recensant 4 104 oeuvres de 135 auteurs d'art brut "pur", que Dubuffet doit distinguer pour des raisons éthiques et idéologiques d'une collection "annexe" (dite "Neuve Invention" en 1982) où les auteurs se rapprochent d'une démarche professionnelle, et où on recense alors 2 000 autres oeuvres. Et déjà, un rejeton voit le jour à travers la personne d'Alain Bourbonnais, architecte, créateur et surtout collectionneur passionné qui, sur les conseils de Dubuffet qu'il rencontre, crée sa collection d'Art "Hors les normes" et l'installe dans l'Atelier Jacob, rue Jacob, et qui deviendra La Fabuloserie.

Échappant à Dubuffet, son gardien et son théoricien, l'art brut commence alors sa "vie publique" et la formidable aventure qui l'amènera jusqu'à nous, à travers deux expositions majeures : Les Singuliers de l'art en 1978, immense succès populaire, au Musée national d'Art moderne de la Ville de Paris (dont les commissaires sont Suzanne Pagé, Alain Bourbonnais, Michel Ragon et Michel Thévoz) ; et Outsiders en 1979 à Londres, menée par Roger Cardinal, qui fera le pont avec l'Amérique et par là avec le Marché de l'Art ...

Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Dubuffet
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Réalisation(s)   
Centre Pompidou
Artiste
Dhôtel nuancé d'abricot
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1947)
Pierre Matisse, portrait obscur
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1947)
Le Jardin d'Hiver
Sculpture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(de 1968 à 1970)
La barbe d'Ormuzd
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1959)
Jazz band
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1945)
Paysage vineux
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1944)
Campagne heureuse
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1944)
Rue passagère
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1961)
Le Boqueteau
Sculpture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1969)

Chicago
Artiste
Monument à la Bête Debout
Sculpture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1984)

Jardin des Tuileries
Artiste
Bal costumé
Sculpture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1973)

Metropolitan Museum of Art
Artiste
Jean Paulhan
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1946)
Une vue de Paris avec des piétons furtifs
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1944)

Musée d'Art Moderne de New York
Artiste
Joë Bousquet au lit
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1947)
L'âme du sous-sol
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1959)
Le Magicien
Sculpture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1954)

Musée d'Art Moderne de San Francisco (SFMoMA )
Artiste
Visage scarifié
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1952)

National Museum of Western Art (NMWA) - Tokyo
Artiste
Vache avec jolie queue
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1954)
Corps de Dame - "L'hirsute"
Peinture
Jean Philippe Arthur Dubuffet (Jean Dubuffet)
(1950)
Lieu(x) en relation