Garofalo se forma sur les exemples de Panetti, Boccaccino et Lorenzo Costa, desquels il tira son classicisme mesuré et ses compositions ouvertes sur de grands paysages en toile de fond. La décoration de la salle du Trésor du palais Costabili à Ferrare révèle un naturalisme maniéré, avec des éléments de la vie contemporaine et un illusionnisme dérivé de Mantegna. Il apprit très jeune les suggestions de Giorgione pour les couleurs et les paysages ("Nativité" du Musée de Strasbourg et de la Pinacothèque de Ferrare -1515).
Il fut ensuite attiré par les inventions de Raphaël ("Madone au baldaquin", Londres, National Gallery - "Massacre des innocents", 1519, Ferrare, Pinacothèque). Sa veine éclectique s'enrichit au fur et à mesure des expériences de Titien et de Dosso Dossi, restant toutefois lié à la simplicité des thèmes et de la composition de tradition ferraraise dans les nombreux petits tableaux de dévotion et en particulier dans les retables ("Vierge au pilastre", 1523, Ferrare, Pinacoteca ; "Vierge en majesté avec les saints", Ferrare, cathédrale).
Garofalo privilégie les compositions équilibrées, d'un classicisme transparent et empreint d'émotion, traversées par une lumière naturelle qui confère aux personnages une humanité sobre et sentimentale plus rigoureuse que celle des Vénitiens, et qui devient plus pondérée et solennelle après sa rencontre avec Raphaël, lorsque les éléments prennent une dimension plus oratoire et monumentale comme dans le grand retable de Ferrare. Des grammaires plus fortes viennent se greffer sur les atmosphères lombardes héritées de Boccaccino, qui fut le maître de toute la génération de Tissi ; dans un parfait équilibre de contrepoids et d'émotions, surtout dans les retables qui étaient devenus les principaux textes communicatifs de la société de cette époque, on peut appréhender ce modèle de religiosité projeté dans le quotidien qui fait de Garofalo l'interprète le plus illustre de la manière classique de Ferrare.
| Ami de Raffaello Santi (Raphaël)
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