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Insecula > Clytie
Guide de visite : Clytie
Clytie
Fille de Océan
Soeur de Leucothoé


Une légende de la mythologie grecque raconte qu'Apollon, dieu du soleil, aura pour maîtresse Clytie, nymphe des eaux, ainsi que sa soeur, Leucothoé. Jalouse, Clytie dénoncera cette liaison à son père, Océan, qui enterrera vive sa fille cadette. Apollon, trahi, abandonnera Clytie qui se laissera dépérir. Touché par son désespoir, Apollon la métamorphosera en héliotrope (tournesol), car elle était toujours tournée vers le soleil.

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Biographie   
Métamorphoses d'Ovide - Livre IV, 190-270

Cythérée voulut tirer de son injure une vengeance mémorable. Phébus l'avait trahie dans ses amours secrets, Phébus sera trahi dans de semblables amours. Ô fils d'Hypérion, que te servent désormais ta beauté, ton éclat, ta lumière immortelle ? toi, dont les feux embrasent la nature, tu te sens brûler d'un feu nouveau ! toi, dont l'oeil doit embrasser le monde, tu ne vois plus que Leucothoé, et tu arrêtes sur une jeune mortelle les regards que tu dois à l'univers. Pour elle, tu parais plus matin à l'orient; pour elle, tu descends plus tard dans les ondes. Tu prolonges les jours de l'hiver pour la voir plus longtemps. Quelquefois même tes chagrins obscurcissent tes traits. Les sombres ennuis de ton coeur se communiquent à tes rayons. Ta lumière affaiblie épouvante les humains, et ce n'est point Phébé qui te couvre de son ombre, c'est l'amour seul qui produit ta pâleur. Tu n'aimes que Leucothoé. Ce n'est plus ni Clymène, ni Rhodos, ni la brillante mère de Circé, qui règnent sur ton coeur. En vain Clytie soupire encore pour toi. En vain, depuis longtemps profondément blessée, elle gémit implorant la fin de tes mépris. Leucothoé l'emporte, et tout le reste est oublié.

[209] La plus belle femme de l'Arabie, Eurynome, lui donna le jour. Elle grandit, et bientôt le temps développa ses charmes. Bientôt, par sa beauté, Leucothoé surpassa sa mère, comme sa mère surpassait les femmes de l'orient. Son père, Orchamus, qui régnait sur la Perse, était le septième descendant du vieux Bélus.

C'est sous l'axe de l'Hespérie que sont les pâturages des coursiers du Soleil; ils s'y nourrissent d'ambroisie. Ces sucs délicieux leur donnent de nouvelles forces, et les délassent des fatigues du jour. Tandis qu'ils se repaissent du céleste aliment, et que la nuit étend son voile sur l'univers, Phébus, prenant les traits d'Eurynome, se rend au palais de Leucothoé. Il la voit au milieu de douze esclaves, qui filaient à la clarté des flambeaux. Après lui avoir donné quelques baisers, comme une tendre mère en donne à sa fille chérie : "Je veux, dit-il, te parler en secret. Esclaves, éloignez-vous, et n'empêchez pas une mère de causer librement avec son enfant" ! Les esclaves obéissent. À peine le dieu est-il seul avec elle, et sans témoins : "Je suis, dit-il, celui qui mesure les jours, les saisons, et les ans; celui qui voit tout, et par qui l'on voit tout dans le monde. Je suis l'oeil de l'univers; je vous aime, gardez-vous d'en douter". Leucothoé pâlit, sa main tremblante laisse échapper et sa quenouille et ses fuseaux. Son timide embarras l'embellit encore. En ce moment, le dieu reprend sa forme immortelle. Leucothoé est effrayée de ce changement soudain; mais vaincue par l'éclat dont il brille, elle ne sait plus se défendre, et cède à son amant.

[234] Clytie aimait encore. Son amour s'irritait, aigri par le triomphe de sa rivale. Elle voulut le publier, elle osa le dénoncer à Orchamos. Ce père cruel et sans pitié fait saisir sa fille. En vain, tendant les bras vers l'astre du jour, elle s'écrie : "Il employa la violence, il triompha malgré moi" ! le barbare l'ensevelissant vivante dans la terre, d'un sable pesant fit couvrir son tombeau. Le Soleil, par la force de ses rayons, travaille à te dégager, à t'ouvrir un chemin à la lumière, à la vie. Mais, accablée sous le poids qui te couvre, nymphe infortunée, tu ne peux soulever ta tête, et déjà tu n'es plus.

Depuis la mort funeste de Phaéthon, le dieu dont la main guide les rapides coursiers du jour n'avait point éprouvé, dit-on, de douleur si profonde. Il essaie encore, en redoublant les traits de sa lumière, de ranimer ses membres glacés, d'y rappeler la chaleur et la vie. Mais le Destin jaloux s'oppose à tous ses efforts. Le dieu épanche alors sur le sable, et sur le corps de son amante, un nectar odorant; et, après de longs gémissements : "Du moins, dit-il, tu porteras ta tête vers le ciel" ! En ce même moment, le corps de la Nymphe s'amollit pénétré d'une essence divine, la terre en est parfumée. Un arbre dans son sein étend ses racines, perce la tombe, s'élève et distille l'encens.

[256] Quoique l'amour pût excuser Clytie; quoique le repentir de sa faute fût digne de pardon, le dieu du jour s'éloigna d'elle, et la laissa tout entière en proie aux fureurs de Vénus. Désespérée, fuyant les Nymphes ses compagnes, les cheveux épars sur son sein dépouillé, elle s'assied sur la terre; et le jour et la nuit elle y reste nue exposée aux injures de l'air. Déjà Phébus avait recommencé sa carrière : insensible à la faim, à la soif, Clytie n'avait nourri son jeûne que de pleurs et de rosée; toujours assise sur le même gazon, elle suivait dans son cours ce Soleil qu'elle adore; et ses regards étaient continuellement tournés vers lui. Enfin. ses pieds s'attachent à la terre. Son corps n'est plus qu'une longue tige sans couleur; mais elle semble encore chercher l'astre du jour, et vers lui incessamment elle incline son diadème d'or. Ce n'est plus qu'une fleur, mais pourtant c'est encore une amante.

En relation avec Publius Ovidius Naso (Ovide)
Filiation   
Maîtresse de Apollon

Elément(s) en relation   
Le Grand Trianon
Modèle
Clytie changée en tournesol
Peinture
Charles de la Fosse
(approx. de 1687 à 1688)
Clytie

Publius Ovidius Naso (Ovide)