Les nâgas, animaux privilégiés de la mythologie indienne en tant que "gardien des trésors de la terre" seront rapidement intégrés dans la religion bouddhique. Les nagaraja, ou rois des serpents, auront pour mission, comme les lions, d'être les gardiens protecteurs des temples. Il serviront également d'ornementation, pour symboliser le passage d'un lieu à un autre.
Le nâga sera souvent une stylisation du cobra, dotée de plusieurs têtes disposées en éventail, toujours en nombre impair. Originaire d'Inde et très représenté dans l'art, il est le symbole de l'eau dans la légende à l'origine du peuple khmer. Le nâga balustrade est une création locale de grande importance. Le corps posé sur le sol à la fin du IXème siècle, notamment à Bakong, sera ensuite surélevé sur des dés. La tête, très massive puis simplement diadémée, sera de plus en plus largement crêtées, soit de tresses flammées comme à Angkor Vat ou Prah Palilay, soit d'une auréole ornementale continu comme à Beng Méaléa. Le col nu adopte une courbe parfaite durant la première moitié du XIIème siècle
Peu après - par exemple à Bantéay Samré - le nâga sera craché par une sorte de dragon (bordures des frontons). Une tête de Kâla apparaîtra sur la nuque et un petit garuda sur la crête axiale. Dans le style du Bayon, ce dernier élément deviendra dévorant, le nâga se sera presque plus qu'un accessoire, chevauché par un garuda énorme : même supérieurement exécuté comme à la terrasse du Srah Srang, le motif deviendra lourd.
Aux portes d'Angkor Thom et de Prah Khan, le nâga porté par les devas et les asuras n'offre aucune particularité nouvelle. Sur certains ponts d'anciennes chaussées khmères, probablement d'époque tardive, les têtes du nâga surmontent une image du Bouddha. Les deux nâgas aux queues enroulées de Néak Péan, dépouillés de toute ornementation, s'apparentent par leur nudité même au nâga Mucilinda, abritant de ses têtes éployées la méditation du Bouddha.
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