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| Le Classicisme HELP!!!!!! Auteur : ZuZu - Date de création : 21 février 2005 à 40:00

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 | | ZuZu

 Statut : Internaute Membre depuis 2646 jours
 Modifié le 21 Fev 2005 à 17:00
| Bonjour ,je ne sais pas si je suis sur le bon forum mais quelqu'un pourra peut-être m'aider... Je suis en seconde et je dois constituer un dossier sur un mouvment culturel; il s'agit donc du classicisme Je suis désespérément à la recherche des contextes historique, scientifique et économique ainsi que des procédés communs aux auteurs qui s'inscirvent ds le mouvement... Si vous pouviez m'aider ce serait génial!! a défaut de pouvoir répondre précisément à mes questions pourriez vous m'éclairer quant aux sources que je pourrais utilisées, sachant que je fouille le Quid, google et mon manuel sous toutes les coutures ... Merci à l'avance ZuZu Répondre au message |

| ZuZu

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 Modifié le 21 Fev 2005 à 17:00
| Bonjour ,je ne sais pas si je suis sur le bon forum mais quelqu'un pourra peut-être m'aider... Je suis en seconde et je dois constituer un dossier sur un mouvment culturel; il s'agit donc du classicisme Je suis désespérément à la recherche des contextes historique, scientifique et économique ainsi que des procédés communs aux auteurs qui s'inscirvent ds le mouvement... Si vous pouviez m'aider ce serait génial!! a défaut de pouvoir répondre précisément à mes questions pourriez vous m'éclairer quant aux sources que je pourrais utilisées, sachant que je fouille le Quid, google et mon manuel sous toutes les coutures ... Merci à l'avance ZuZu Répondre au message |

| ZuZu

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 Modifié le 21 Fev 2005 à 17:00
| Bonjour ,je ne sais pas si je suis sur le bon forum mais quelqu'un pourra peut-être m'aider... Je suis en seconde et je dois constituer un dossier sur un mouvment culturel; il s'agit donc du classicisme Je suis désespérément à la recherche des contextes historique, scientifique et économique ainsi que des procédés communs aux auteurs qui s'inscirvent ds le mouvement... Si vous pouviez m'aider ce serait génial!! a défaut de pouvoir répondre précisément à mes questions pourriez vous m'éclairer quant aux sources que je pourrais utilisées, sachant que je fouille le Quid, google et mon manuel sous toutes les coutures ... Merci à l'avance ZuZu Répondre au message |

| ZuZu

 Statut : Internaute Membre depuis 2646 jours
 Modifié le 21 Fev 2005 à 17:00
| Bonjour ,je ne sais pas si je suis sur le bon forum mais quelqu'un pourra peut-être m'aider... Je suis en seconde et je dois constituer un dossier sur un mouvment culturel; il s'agit donc du classicisme Je suis désespérément à la recherche des contextes historique, scientifique et économique ainsi que des procédés communs aux auteurs qui s'inscirvent ds le mouvement... Si vous pouviez m'aider ce serait génial!! a défaut de pouvoir répondre précisément à mes questions pourriez vous m'éclairer quant aux sources que je pourrais utilisées, sachant que je fouille le Quid, google et mon manuel sous toutes les coutures ... Merci à l'avance ZuZu Répondre au message |

| Coypel

 Statut : Internaute Membre depuis 2670 jours
 Posté le 16 Mar 2005 à 05:00
| En réponse à ZuZu (msg du 21 Fev 2005 à 18:17 : Voir le message)Bonjour, le classicisme est une notion qui culturellement est surtout française, et s'affirme au XVIIe siècle, en littérature, dans les arts visuels (peinture, sculpture,architecture, arts décoratifs). Ce concept est souvent opposé à "baroque"; mais au delà de l'oposition, bien des questions demeurent: par ex. le Versailles de Louis XIV est tout à la fois classique et baroque, affirmant ordre et fantaisie, mesure et démesure. Le classicisme est-il un moment d'équilibre dans l'évolution d'un art, d'une école artistique, ou bien y a-t-il divers classicismes, divers moments du classicisme: L’homme est histoire ; cela est vrai de l’art : sa vie est une évolution créatrice ; elle est comme la réalité en général une création d’imprévisibles nouveautés. Peut-on essayer de trouver la loi qui commande l’évolution de l’art. Notons que le modèle implicite ou explicite de ces schémas est généralement issu monde biologique. Charles Lalo a formulé la loi des trois états esthétiques : 1° Âge archaïque et pré-classique (rudesse, vigueur, puissance) 2° Âge classique (équilibre, mesure, perfection) 3° Âge post-classique (baroque ou romantique, sensibilité, sensualité, spiritualité exacerbée) Exemple : Art grec : a) art archaïque. b) art classique (Phidias) c) art hellénistique ; ou la peinture italienne : a) les Primitifs (Giotto) b) les classiques de la Haute-Renaissance (Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange) c) maniérisme et baroque. Ces trois âges correspondent à la jeunesse, à la maturité et au déclin. Ce modèle peut sembler bien arbitraire. De toute façon il est difficile de parler de progrès en art ; la science progresse par accumulation de progrès et de réussites. L’art apporte des visions nouvelles qui sont souvent en réactions les unes avec les autres : il y a une sorte de dialectique de l’art ; cf. fauvisme et cubisme contre l’impressionnisme. Il y a aussi des constantes que l’on peut retrouver à travers l’histoire : l’opposition de l’apollinien et du dionysiaque Définition selon Henri Focillon: « Il [le classicisme] est stabilité, sécurité, après l’inquiétude expérimentale. Il confère, si l’on peut dire, leur solidité aux aspects mouvants de la recherche (et par là même, dans un certain sens, il est renoncement). Ainsi la vie perpétuelle des styles atteint et rejoint le style comme valeur universelle, c’est-à-dire un ordre qui vaut pour toujours et qui, par delà les courbes du temps, établit ce que nous appelions la ligne des hauteurs. Mais il n’est pas le résultat d’un conformisme, puisqu’il sort, au contraire, d’une dernière expérience, dont il conserve l’audace, la qualité forte et jaillissante. Combien l’on souhaiterait rajeunir ce vieux mot, usé à force d’avoir servi à des justifications illégitimes, ou même insensées ! Brève minute de pleine possession des formes, il se présente, non comme une lente et monotone application des « règles », mais comme un bonheur rapide, comme l’akmê des Grecs : le fléau de la balance n’oscille plus que faiblement. Ce que j’attends, ce n’est pas de la voir bientôt de nouveau pencher, encore moins le moment de la fixité absolue, mais, dans le miracle de cette immobilité hésitante, le tremblement léger, imperceptible, qui m’indique qu’elle vit.»1 HENRI FOCILLON, La vie des formes, édition électronique réalisée par Les Classiques des sciences sociales. Répondre au message |

| Coypel

 Statut : Internaute Membre depuis 2670 jours
 Posté le 16 Mar 2005 à 05:00
| En réponse à ZuZu (msg du 21 Fev 2005 à 18:17 : Voir le message)Bonjour, le classicisme est une notion qui culturellement est surtout française, et s'affirme au XVIIe siècle, en littérature, dans les arts visuels (peinture, sculpture,architecture, arts décoratifs). Ce concept est souvent opposé à "baroque"; mais au delà de l'oposition, bien des questions demeurent: par ex. le Versailles de Louis XIV est tout à la fois classique et baroque, affirmant ordre et fantaisie, mesure et démesure. Le classicisme est-il un moment d'équilibre dans l'évolution d'un art, d'une école artistique, ou bien y a-t-il divers classicismes, divers moments du classicisme: L’homme est histoire ; cela est vrai de l’art : sa vie est une évolution créatrice ; elle est comme la réalité en général une création d’imprévisibles nouveautés. Peut-on essayer de trouver la loi qui commande l’évolution de l’art. Notons que le modèle implicite ou explicite de ces schémas est généralement issu monde biologique. Charles Lalo a formulé la loi des trois états esthétiques : 1° Âge archaïque et pré-classique (rudesse, vigueur, puissance) 2° Âge classique (équilibre, mesure, perfection) 3° Âge post-classique (baroque ou romantique, sensibilité, sensualité, spiritualité exacerbée) Exemple : Art grec : a) art archaïque. b) art classique (Phidias) c) art hellénistique ; ou la peinture italienne : a) les Primitifs (Giotto) b) les classiques de la Haute-Renaissance (Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange) c) maniérisme et baroque. Ces trois âges correspondent à la jeunesse, à la maturité et au déclin. Ce modèle peut sembler bien arbitraire. De toute façon il est difficile de parler de progrès en art ; la science progresse par accumulation de progrès et de réussites. L’art apporte des visions nouvelles qui sont souvent en réactions les unes avec les autres : il y a une sorte de dialectique de l’art ; cf. fauvisme et cubisme contre l’impressionnisme. Il y a aussi des constantes que l’on peut retrouver à travers l’histoire : l’opposition de l’apollinien et du dionysiaque Définition selon Henri Focillon: « Il [le classicisme] est stabilité, sécurité, après l’inquiétude expérimentale. Il confère, si l’on peut dire, leur solidité aux aspects mouvants de la recherche (et par là même, dans un certain sens, il est renoncement). Ainsi la vie perpétuelle des styles atteint et rejoint le style comme valeur universelle, c’est-à-dire un ordre qui vaut pour toujours et qui, par delà les courbes du temps, établit ce que nous appelions la ligne des hauteurs. Mais il n’est pas le résultat d’un conformisme, puisqu’il sort, au contraire, d’une dernière expérience, dont il conserve l’audace, la qualité forte et jaillissante. Combien l’on souhaiterait rajeunir ce vieux mot, usé à force d’avoir servi à des justifications illégitimes, ou même insensées ! Brève minute de pleine possession des formes, il se présente, non comme une lente et monotone application des « règles », mais comme un bonheur rapide, comme l’akmê des Grecs : le fléau de la balance n’oscille plus que faiblement. Ce que j’attends, ce n’est pas de la voir bientôt de nouveau pencher, encore moins le moment de la fixité absolue, mais, dans le miracle de cette immobilité hésitante, le tremblement léger, imperceptible, qui m’indique qu’elle vit.»1 HENRI FOCILLON, La vie des formes, édition électronique réalisée par Les Classiques des sciences sociales. Répondre au message |

| Coypel

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 Posté le 16 Mar 2005 à 05:00
| En réponse à ZuZu (msg du 21 Fev 2005 à 18:17 : Voir le message)Bonjour, le classicisme est une notion qui culturellement est surtout française, et s'affirme au XVIIe siècle, en littérature, dans les arts visuels (peinture, sculpture,architecture, arts décoratifs). Ce concept est souvent opposé à "baroque"; mais au delà de l'oposition, bien des questions demeurent: par ex. le Versailles de Louis XIV est tout à la fois classique et baroque, affirmant ordre et fantaisie, mesure et démesure. Le classicisme est-il un moment d'équilibre dans l'évolution d'un art, d'une école artistique, ou bien y a-t-il divers classicismes, divers moments du classicisme: L’homme est histoire ; cela est vrai de l’art : sa vie est une évolution créatrice ; elle est comme la réalité en général une création d’imprévisibles nouveautés. Peut-on essayer de trouver la loi qui commande l’évolution de l’art. Notons que le modèle implicite ou explicite de ces schémas est généralement issu monde biologique. Charles Lalo a formulé la loi des trois états esthétiques : 1° Âge archaïque et pré-classique (rudesse, vigueur, puissance) 2° Âge classique (équilibre, mesure, perfection) 3° Âge post-classique (baroque ou romantique, sensibilité, sensualité, spiritualité exacerbée) Exemple : Art grec : a) art archaïque. b) art classique (Phidias) c) art hellénistique ; ou la peinture italienne : a) les Primitifs (Giotto) b) les classiques de la Haute-Renaissance (Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange) c) maniérisme et baroque. Ces trois âges correspondent à la jeunesse, à la maturité et au déclin. Ce modèle peut sembler bien arbitraire. De toute façon il est difficile de parler de progrès en art ; la science progresse par accumulation de progrès et de réussites. L’art apporte des visions nouvelles qui sont souvent en réactions les unes avec les autres : il y a une sorte de dialectique de l’art ; cf. fauvisme et cubisme contre l’impressionnisme. Il y a aussi des constantes que l’on peut retrouver à travers l’histoire : l’opposition de l’apollinien et du dionysiaque Définition selon Henri Focillon: « Il [le classicisme] est stabilité, sécurité, après l’inquiétude expérimentale. Il confère, si l’on peut dire, leur solidité aux aspects mouvants de la recherche (et par là même, dans un certain sens, il est renoncement). Ainsi la vie perpétuelle des styles atteint et rejoint le style comme valeur universelle, c’est-à-dire un ordre qui vaut pour toujours et qui, par delà les courbes du temps, établit ce que nous appelions la ligne des hauteurs. Mais il n’est pas le résultat d’un conformisme, puisqu’il sort, au contraire, d’une dernière expérience, dont il conserve l’audace, la qualité forte et jaillissante. Combien l’on souhaiterait rajeunir ce vieux mot, usé à force d’avoir servi à des justifications illégitimes, ou même insensées ! Brève minute de pleine possession des formes, il se présente, non comme une lente et monotone application des « règles », mais comme un bonheur rapide, comme l’akmê des Grecs : le fléau de la balance n’oscille plus que faiblement. Ce que j’attends, ce n’est pas de la voir bientôt de nouveau pencher, encore moins le moment de la fixité absolue, mais, dans le miracle de cette immobilité hésitante, le tremblement léger, imperceptible, qui m’indique qu’elle vit.»1 HENRI FOCILLON, La vie des formes, édition électronique réalisée par Les Classiques des sciences sociales. Répondre au message |

| Coypel

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 Posté le 16 Mar 2005 à 05:00
| En réponse à ZuZu (msg du 21 Fev 2005 à 18:17 : Voir le message)Bonjour, le classicisme est une notion qui culturellement est surtout française, et s'affirme au XVIIe siècle, en littérature, dans les arts visuels (peinture, sculpture,architecture, arts décoratifs). Ce concept est souvent opposé à "baroque"; mais au delà de l'oposition, bien des questions demeurent: par ex. le Versailles de Louis XIV est tout à la fois classique et baroque, affirmant ordre et fantaisie, mesure et démesure. Le classicisme est-il un moment d'équilibre dans l'évolution d'un art, d'une école artistique, ou bien y a-t-il divers classicismes, divers moments du classicisme: L’homme est histoire ; cela est vrai de l’art : sa vie est une évolution créatrice ; elle est comme la réalité en général une création d’imprévisibles nouveautés. Peut-on essayer de trouver la loi qui commande l’évolution de l’art. Notons que le modèle implicite ou explicite de ces schémas est généralement issu monde biologique. Charles Lalo a formulé la loi des trois états esthétiques : 1° Âge archaïque et pré-classique (rudesse, vigueur, puissance) 2° Âge classique (équilibre, mesure, perfection) 3° Âge post-classique (baroque ou romantique, sensibilité, sensualité, spiritualité exacerbée) Exemple : Art grec : a) art archaïque. b) art classique (Phidias) c) art hellénistique ; ou la peinture italienne : a) les Primitifs (Giotto) b) les classiques de la Haute-Renaissance (Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange) c) maniérisme et baroque. Ces trois âges correspondent à la jeunesse, à la maturité et au déclin. Ce modèle peut sembler bien arbitraire. De toute façon il est difficile de parler de progrès en art ; la science progresse par accumulation de progrès et de réussites. L’art apporte des visions nouvelles qui sont souvent en réactions les unes avec les autres : il y a une sorte de dialectique de l’art ; cf. fauvisme et cubisme contre l’impressionnisme. Il y a aussi des constantes que l’on peut retrouver à travers l’histoire : l’opposition de l’apollinien et du dionysiaque Définition selon Henri Focillon: « Il [le classicisme] est stabilité, sécurité, après l’inquiétude expérimentale. Il confère, si l’on peut dire, leur solidité aux aspects mouvants de la recherche (et par là même, dans un certain sens, il est renoncement). Ainsi la vie perpétuelle des styles atteint et rejoint le style comme valeur universelle, c’est-à-dire un ordre qui vaut pour toujours et qui, par delà les courbes du temps, établit ce que nous appelions la ligne des hauteurs. Mais il n’est pas le résultat d’un conformisme, puisqu’il sort, au contraire, d’une dernière expérience, dont il conserve l’audace, la qualité forte et jaillissante. Combien l’on souhaiterait rajeunir ce vieux mot, usé à force d’avoir servi à des justifications illégitimes, ou même insensées ! Brève minute de pleine possession des formes, il se présente, non comme une lente et monotone application des « règles », mais comme un bonheur rapide, comme l’akmê des Grecs : le fléau de la balance n’oscille plus que faiblement. Ce que j’attends, ce n’est pas de la voir bientôt de nouveau pencher, encore moins le moment de la fixité absolue, mais, dans le miracle de cette immobilité hésitante, le tremblement léger, imperceptible, qui m’indique qu’elle vit.»1 HENRI FOCILLON, La vie des formes, édition électronique réalisée par Les Classiques des sciences sociales. Répondre au message |

| Coypel

 Statut : Internaute Membre depuis 2670 jours
 Posté le 16 Mar 2005 à 11:00
| En réponse à ZuZu (msg du 21 Fev 2005 à 18:17 : Voir le message)Le classicisme en musique, en se souvenant que ce que nous appelons habituellement "musique classique" couvre une très longue période, et des des pratiques fort diverses: du Moyen Âge à la musique savante du XXe siècle, avec des pratiques et des créations d'une prodigieuses diversités: Pour Wilhem Furtwaengler, qui fut avant Von Karajan le chef d'orchestre de la Philharmonique de Berlin, la musique classique (par opposition à la musique contemporaine) est une musique organique. «Dans la musique des grands maîtres classiques nous dit-il, les nerfs, les sens, l'âme, la raison ont parts égales. Le détail y émane de l'ensemble - tout semble inventé d'une pièce. Malgré la plénitude de chaque instant, la musique, la cohérence du tout - la grande architecture musicale - n'y est jamais perdue de vue. C'est justement à cause de cela que chaque détail paraît si naturel, si organique. A l'époque classique, les impulsions n'étaient pas moins vitales, inconscientes et élémentaires que dans la musique plus récente; mais il est vrai que la musique classique n'est jamais toute de nerfs, de sensualité, de sentiment; c'est au cours du XIXe siècle que l'évolution de l'art a abouti au déchaînement d'impulsions de plus en plus saccadées - impulsions en apparence (mais en apparence seulement) plus spontanées que celles que reflète la musique classique. La musique en devint, non pas, comme on l'a prétendu, plus instinctive, mais plus primaire». Furtwängler parle de cohérence. Lorsqu'effectivement on écoute un concerto de Mozart, quelle que soit la couleur des mouvements, allegro, andante ou presto*, à aucun moment éprouve-t-on le sentiment d'une discontinuité. Au point que le sentiment d'être enveloppé pourrait être une approche de la musique des maîtres classiques par rapport à celle des compositeurs contemporains. La musique de Schönberg ne nous enveloppe pas; elle nous développe pour ainsi dire. Elle nous oblige à sortir de nous-mêmes et à tendre vers l'extérieur nos facultés de compréhension. Nous n'éprouvons pas le sentiment d'entendre quelque chose d'organique, mais d'organisé. Dans la ligne historique, le classicisme vient après le baroque et il couvre la période de 1750 à 1827 environ, c'est-à-dire de la mort de Bach à la mort de Beethoven. L'expression musique classique recouvre beaucoup de choses. Dans son acception la plus courante, elle désigne la musique que l'on oppose à la musique populaire sous toutes ses formes. Elle englobe donc la musique dite baroque et la musique romantique. Elle désigne aussi la perfection d'une forme: on dit un classique du jazz ou de la chanson. Mais au sens strict, celui qui nous intéresse, la musique classique se démarque des autres dénominations de la musique. Et comme nous l'avons montré pour le romantisme, elle a des caractéristiques nettement définies: «un art épris de grandeur (qui ne doit rien à la démesure), d'équilibre (entre raison et passion, volonté et destinée, individu et société), d'universalité (s'il va prendre ses sujets dans la mythologie ou l'Antiquité, c'est pour peindre l'éternel coeur humain), d'unité (point de mélange des genres), de clarté et de simplicité (il s'adresse à tous et fait sa joie du parler et de l'art populaires), de nature (soucieux de vérité, son horreur de l'artificiel va jusqu'au refus de paraître en tant qu'art)». Dans leur approche maladroite du classicisme, certains auteurs l'ont présenté comme un carcan rigide dans lequel le créateur devait enserrer son oeuvre à force d'efforts prodigieux. Pierre Fortassier croit au contraire que «loin de se préoccuper uniquement de l'application de règles, comme on l'a trop dit, (l'art classique) ne songe qu'au moyen - qui est un secret - de plaire et de toucher. *** «Je définis un “classique” en littérature, en musique, en arts, dans la discussion philosophique comme une forme signifiante qui nous “lit”. Il nous lit plus que nous le lisons, l'écoutons, le percevons.» Georges Steiner, Errata, récit d'une pensée. Enjeux "J'appelle classique ce qui est sain et romantique ce qui est malade" (Goethe) Essentiel Claude Lévi-Strauss, philosophe et anthropologue, voit l'apparition des formes musicales classiques à partir du XVIIe siècle comme le nouveau chemin emprunté par les grands mythes propres à l'humanité avec la disparition des formes anciennes par lesquelles ils s'exprimaient. «Il y a une période de la civilisation occidentale où la pensée mythique s'affaiblit et disparaît au profit d'une part de la réflexion scientifique, et de l'autre au profit de l'expression romanesque. Cette scission s'effectue au XVIIe siècle. Or, dans le même temps, on assiste à un phénomène que je crois en intime relation avec l'autre: la naissance de ce que l'on appelle la grande forme musicale qui, me semble-t-il, récupère les structures de la pensée mythique. Des modes de pensée tombés en désuétude pour ce qui touche à l'expression du réel, toujours présents dans l'inconscient, cherchent un nouvel emploi. Ils n'articulent plus des sens, mais des sons. Et de leur ancien usage, il résulte que les sons ainsi articulés acquièrent pour nous un sens».1 Ces nouvelles structures de la pensée mythique s'appellent: musique baroque, classique et romantique. Et chacune d'elles a été illustrée par un créateur de génie: Bach, Mozart et Beethoven. 1-Didier Éribon, De près et de loin, Claude Lévi-Strauss, Éditions Odile Jacob, Paris, 1988.p. 243 Répondre au message |

| Coypel

 Statut : Internaute Membre depuis 2670 jours
 Posté le 16 Mar 2005 à 11:00
| En réponse à ZuZu (msg du 21 Fev 2005 à 18:17 : Voir le message)Le classicisme en musique, en se souvenant que ce que nous appelons habituellement "musique classique" couvre une très longue période, et des des pratiques fort diverses: du Moyen Âge à la musique savante du XXe siècle, avec des pratiques et des créations d'une prodigieuses diversités: Pour Wilhem Furtwaengler, qui fut avant Von Karajan le chef d'orchestre de la Philharmonique de Berlin, la musique classique (par opposition à la musique contemporaine) est une musique organique. «Dans la musique des grands maîtres classiques nous dit-il, les nerfs, les sens, l'âme, la raison ont parts égales. Le détail y émane de l'ensemble - tout semble inventé d'une pièce. Malgré la plénitude de chaque instant, la musique, la cohérence du tout - la grande architecture musicale - n'y est jamais perdue de vue. C'est justement à cause de cela que chaque détail paraît si naturel, si organique. A l'époque classique, les impulsions n'étaient pas moins vitales, inconscientes et élémentaires que dans la musique plus récente; mais il est vrai que la musique classique n'est jamais toute de nerfs, de sensualité, de sentiment; c'est au cours du XIXe siècle que l'évolution de l'art a abouti au déchaînement d'impulsions de plus en plus saccadées - impulsions en apparence (mais en apparence seulement) plus spontanées que celles que reflète la musique classique. La musique en devint, non pas, comme on l'a prétendu, plus instinctive, mais plus primaire». Furtwängler parle de cohérence. Lorsqu'effectivement on écoute un concerto de Mozart, quelle que soit la couleur des mouvements, allegro, andante ou presto*, à aucun moment éprouve-t-on le sentiment d'une discontinuité. Au point que le sentiment d'être enveloppé pourrait être une approche de la musique des maîtres classiques par rapport à celle des compositeurs contemporains. La musique de Schönberg ne nous enveloppe pas; elle nous développe pour ainsi dire. Elle nous oblige à sortir de nous-mêmes et à tendre vers l'extérieur nos facultés de compréhension. Nous n'éprouvons pas le sentiment d'entendre quelque chose d'organique, mais d'organisé. Dans la ligne historique, le classicisme vient après le baroque et il couvre la période de 1750 à 1827 environ, c'est-à-dire de la mort de Bach à la mort de Beethoven. L'expression musique classique recouvre beaucoup de choses. Dans son acception la plus courante, elle désigne la musique que l'on oppose à la musique populaire sous toutes ses formes. Elle englobe donc la musique dite baroque et la musique romantique. Elle désigne aussi la perfection d'une forme: on dit un classique du jazz ou de la chanson. Mais au sens strict, celui qui nous intéresse, la musique classique se démarque des autres dénominations de la musique. Et comme nous l'avons montré pour le romantisme, elle a des caractéristiques nettement définies: «un art épris de grandeur (qui ne doit rien à la démesure), d'équilibre (entre raison et passion, volonté et destinée, individu et société), d'universalité (s'il va prendre ses sujets dans la mythologie ou l'Antiquité, c'est pour peindre l'éternel coeur humain), d'unité (point de mélange des genres), de clarté et de simplicité (il s'adresse à tous et fait sa joie du parler et de l'art populaires), de nature (soucieux de vérité, son horreur de l'artificiel va jusqu'au refus de paraître en tant qu'art)». Dans leur approche maladroite du classicisme, certains auteurs l'ont présenté comme un carcan rigide dans lequel le créateur devait enserrer son oeuvre à force d'efforts prodigieux. Pierre Fortassier croit au contraire que «loin de se préoccuper uniquement de l'application de règles, comme on l'a trop dit, (l'art classique) ne songe qu'au moyen - qui est un secret - de plaire et de toucher. *** «Je définis un “classique” en littérature, en musique, en arts, dans la discussion philosophique comme une forme signifiante qui nous “lit”. Il nous lit plus que nous le lisons, l'écoutons, le percevons.» Georges Steiner, Errata, récit d'une pensée. Enjeux "J'appelle classique ce qui est sain et romantique ce qui est malade" (Goethe) Essentiel Claude Lévi-Strauss, philosophe et anthropologue, voit l'apparition des formes musicales classiques à partir du XVIIe siècle comme le nouveau chemin emprunté par les grands mythes propres à l'humanité avec la disparition des formes anciennes par lesquelles ils s'exprimaient. «Il y a une période de la civilisation occidentale où la pensée mythique s'affaiblit et disparaît au profit d'une part de la réflexion scientifique, et de l'autre au profit de l'expression romanesque. Cette scission s'effectue au XVIIe siècle. Or, dans le même temps, on assiste à un phénomène que je crois en intime relation avec l'autre: la naissance de ce que l'on appelle la grande forme musicale qui, me semble-t-il, récupère les structures de la pensée mythique. Des modes de pensée tombés en désuétude pour ce qui touche à l'expression du réel, toujours présents dans l'inconscient, cherchent un nouvel emploi. Ils n'articulent plus des sens, mais des sons. Et de leur ancien usage, il résulte que les sons ainsi articulés acquièrent pour nous un sens».1 Ces nouvelles structures de la pensée mythique s'appellent: musique baroque, classique et romantique. Et chacune d'elles a été illustrée par un créateur de génie: Bach, Mozart et Beethoven. 1-Didier Éribon, De près et de loin, Claude Lévi-Strauss, Éditions Odile Jacob, Paris, 1988.p. 243 Répondre au message |

| Coypel

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 Posté le 16 Mar 2005 à 11:00
| En réponse à ZuZu (msg du 21 Fev 2005 à 18:17 : Voir le message)Le classicisme en musique, en se souvenant que ce que nous appelons habituellement "musique classique" couvre une très longue période, et des des pratiques fort diverses: du Moyen Âge à la musique savante du XXe siècle, avec des pratiques et des créations d'une prodigieuses diversités: Pour Wilhem Furtwaengler, qui fut avant Von Karajan le chef d'orchestre de la Philharmonique de Berlin, la musique classique (par opposition à la musique contemporaine) est une musique organique. «Dans la musique des grands maîtres classiques nous dit-il, les nerfs, les sens, l'âme, la raison ont parts égales. Le détail y émane de l'ensemble - tout semble inventé d'une pièce. Malgré la plénitude de chaque instant, la musique, la cohérence du tout - la grande architecture musicale - n'y est jamais perdue de vue. C'est justement à cause de cela que chaque détail paraît si naturel, si organique. A l'époque classique, les impulsions n'étaient pas moins vitales, inconscientes et élémentaires que dans la musique plus récente; mais il est vrai que la musique classique n'est jamais toute de nerfs, de sensualité, de sentiment; c'est au cours du XIXe siècle que l'évolution de l'art a abouti au déchaînement d'impulsions de plus en plus saccadées - impulsions en apparence (mais en apparence seulement) plus spontanées que celles que reflète la musique classique. La musique en devint, non pas, comme on l'a prétendu, plus instinctive, mais plus primaire». Furtwängler parle de cohérence. Lorsqu'effectivement on écoute un concerto de Mozart, quelle que soit la couleur des mouvements, allegro, andante ou presto*, à aucun moment éprouve-t-on le sentiment d'une discontinuité. Au point que le sentiment d'être enveloppé pourrait être une approche de la musique des maîtres classiques par rapport à celle des compositeurs contemporains. La musique de Schönberg ne nous enveloppe pas; elle nous développe pour ainsi dire. Elle nous oblige à sortir de nous-mêmes et à tendre vers l'extérieur nos facultés de compréhension. Nous n'éprouvons pas le sentiment d'entendre quelque chose d'organique, mais d'organisé. Dans la ligne historique, le classicisme vient après le baroque et il couvre la période de 1750 à 1827 environ, c'est-à-dire de la mort de Bach à la mort de Beethoven. L'expression musique classique recouvre beaucoup de choses. Dans son acception la plus courante, elle désigne la musique que l'on oppose à la musique populaire sous toutes ses formes. Elle englobe donc la musique dite baroque et la musique romantique. Elle désigne aussi la perfection d'une forme: on dit un classique du jazz ou de la chanson. Mais au sens strict, celui qui nous intéresse, la musique classique se démarque des autres dénominations de la musique. Et comme nous l'avons montré pour le romantisme, elle a des caractéristiques nettement définies: «un art épris de grandeur (qui ne doit rien à la démesure), d'équilibre (entre raison et passion, volonté et destinée, individu et société), d'universalité (s'il va prendre ses sujets dans la mythologie ou l'Antiquité, c'est pour peindre l'éternel coeur humain), d'unité (point de mélange des genres), de clarté et de simplicité (il s'adresse à tous et fait sa joie du parler et de l'art populaires), de nature (soucieux de vérité, son horreur de l'artificiel va jusqu'au refus de paraître en tant qu'art)». Dans leur approche maladroite du classicisme, certains auteurs l'ont présenté comme un carcan rigide dans lequel le créateur devait enserrer son oeuvre à force d'efforts prodigieux. Pierre Fortassier croit au contraire que «loin de se préoccuper uniquement de l'application de règles, comme on l'a trop dit, (l'art classique) ne songe qu'au moyen - qui est un secret - de plaire et de toucher. *** «Je définis un “classique” en littérature, en musique, en arts, dans la discussion philosophique comme une forme signifiante qui nous “lit”. Il nous lit plus que nous le lisons, l'écoutons, le percevons.» Georges Steiner, Errata, récit d'une pensée. Enjeux "J'appelle classique ce qui est sain et romantique ce qui est malade" (Goethe) Essentiel Claude Lévi-Strauss, philosophe et anthropologue, voit l'apparition des formes musicales classiques à partir du XVIIe siècle comme le nouveau chemin emprunté par les grands mythes propres à l'humanité avec la disparition des formes anciennes par lesquelles ils s'exprimaient. «Il y a une période de la civilisation occidentale où la pensée mythique s'affaiblit et disparaît au profit d'une part de la réflexion scientifique, et de l'autre au profit de l'expression romanesque. Cette scission s'effectue au XVIIe siècle. Or, dans le même temps, on assiste à un phénomène que je crois en intime relation avec l'autre: la naissance de ce que l'on appelle la grande forme musicale qui, me semble-t-il, récupère les structures de la pensée mythique. Des modes de pensée tombés en désuétude pour ce qui touche à l'expression du réel, toujours présents dans l'inconscient, cherchent un nouvel emploi. Ils n'articulent plus des sens, mais des sons. Et de leur ancien usage, il résulte que les sons ainsi articulés acquièrent pour nous un sens».1 Ces nouvelles structures de la pensée mythique s'appellent: musique baroque, classique et romantique. Et chacune d'elles a été illustrée par un créateur de génie: Bach, Mozart et Beethoven. 1-Didier Éribon, De près et de loin, Claude Lévi-Strauss, Éditions Odile Jacob, Paris, 1988.p. 243 Répondre au message |

| Coypel

 Statut : Internaute Membre depuis 2670 jours
 Posté le 16 Mar 2005 à 11:00
| En réponse à ZuZu (msg du 21 Fev 2005 à 18:17 : Voir le message)Le classicisme en musique, en se souvenant que ce que nous appelons habituellement "musique classique" couvre une très longue période, et des des pratiques fort diverses: du Moyen Âge à la musique savante du XXe siècle, avec des pratiques et des créations d'une prodigieuses diversités: Pour Wilhem Furtwaengler, qui fut avant Von Karajan le chef d'orchestre de la Philharmonique de Berlin, la musique classique (par opposition à la musique contemporaine) est une musique organique. «Dans la musique des grands maîtres classiques nous dit-il, les nerfs, les sens, l'âme, la raison ont parts égales. Le détail y émane de l'ensemble - tout semble inventé d'une pièce. Malgré la plénitude de chaque instant, la musique, la cohérence du tout - la grande architecture musicale - n'y est jamais perdue de vue. C'est justement à cause de cela que chaque détail paraît si naturel, si organique. A l'époque classique, les impulsions n'étaient pas moins vitales, inconscientes et élémentaires que dans la musique plus récente; mais il est vrai que la musique classique n'est jamais toute de nerfs, de sensualité, de sentiment; c'est au cours du XIXe siècle que l'évolution de l'art a abouti au déchaînement d'impulsions de plus en plus saccadées - impulsions en apparence (mais en apparence seulement) plus spontanées que celles que reflète la musique classique. La musique en devint, non pas, comme on l'a prétendu, plus instinctive, mais plus primaire». Furtwängler parle de cohérence. Lorsqu'effectivement on écoute un concerto de Mozart, quelle que soit la couleur des mouvements, allegro, andante ou presto*, à aucun moment éprouve-t-on le sentiment d'une discontinuité. Au point que le sentiment d'être enveloppé pourrait être une approche de la musique des maîtres classiques par rapport à celle des compositeurs contemporains. La musique de Schönberg ne nous enveloppe pas; elle nous développe pour ainsi dire. Elle nous oblige à sortir de nous-mêmes et à tendre vers l'extérieur nos facultés de compréhension. Nous n'éprouvons pas le sentiment d'entendre quelque chose d'organique, mais d'organisé. Dans la ligne historique, le classicisme vient après le baroque et il couvre la période de 1750 à 1827 environ, c'est-à-dire de la mort de Bach à la mort de Beethoven. L'expression musique classique recouvre beaucoup de choses. Dans son acception la plus courante, elle désigne la musique que l'on oppose à la musique populaire sous toutes ses formes. Elle englobe donc la musique dite baroque et la musique romantique. Elle désigne aussi la perfection d'une forme: on dit un classique du jazz ou de la chanson. Mais au sens strict, celui qui nous intéresse, la musique classique se démarque des autres dénominations de la musique. Et comme nous l'avons montré pour le romantisme, elle a des caractéristiques nettement définies: «un art épris de grandeur (qui ne doit rien à la démesure), d'équilibre (entre raison et passion, volonté et destinée, individu et société), d'universalité (s'il va prendre ses sujets dans la mythologie ou l'Antiquité, c'est pour peindre l'éternel coeur humain), d'unité (point de mélange des genres), de clarté et de simplicité (il s'adresse à tous et fait sa joie du parler et de l'art populaires), de nature (soucieux de vérité, son horreur de l'artificiel va jusqu'au refus de paraître en tant qu'art)». Dans leur approche maladroite du classicisme, certains auteurs l'ont présenté comme un carcan rigide dans lequel le créateur devait enserrer son oeuvre à force d'efforts prodigieux. Pierre Fortassier croit au contraire que «loin de se préoccuper uniquement de l'application de règles, comme on l'a trop dit, (l'art classique) ne songe qu'au moyen - qui est un secret - de plaire et de toucher. *** «Je définis un “classique” en littérature, en musique, en arts, dans la discussion philosophique comme une forme signifiante qui nous “lit”. Il nous lit plus que nous le lisons, l'écoutons, le percevons.» Georges Steiner, Errata, récit d'une pensée. Enjeux "J'appelle classique ce qui est sain et romantique ce qui est malade" (Goethe) Essentiel Claude Lévi-Strauss, philosophe et anthropologue, voit l'apparition des formes musicales classiques à partir du XVIIe siècle comme le nouveau chemin emprunté par les grands mythes propres à l'humanité avec la disparition des formes anciennes par lesquelles ils s'exprimaient. «Il y a une période de la civilisation occidentale où la pensée mythique s'affaiblit et disparaît au profit d'une part de la réflexion scientifique, et de l'autre au profit de l'expression romanesque. Cette scission s'effectue au XVIIe siècle. Or, dans le même temps, on assiste à un phénomène que je crois en intime relation avec l'autre: la naissance de ce que l'on appelle la grande forme musicale qui, me semble-t-il, récupère les structures de la pensée mythique. Des modes de pensée tombés en désuétude pour ce qui touche à l'expression du réel, toujours présents dans l'inconscient, cherchent un nouvel emploi. Ils n'articulent plus des sens, mais des sons. Et de leur ancien usage, il résulte que les sons ainsi articulés acquièrent pour nous un sens».1 Ces nouvelles structures de la pensée mythique s'appellent: musique baroque, classique et romantique. Et chacune d'elles a été illustrée par un créateur de génie: Bach, Mozart et Beethoven. 1-Didier Éribon, De près et de loin, Claude Lévi-Strauss, Éditions Odile Jacob, Paris, 1988.p. 243 Répondre au message |

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| titi2229

 Statut : Internaute Membre depuis 2085 jours
 Posté le 5 Sept 2006 à 12:00
| bonjour pouvez-vous m'aider j'ai cherhé la définition de classicisme mais je ne trouve pas quand le nom a-t-il été donné au mouvement littéraire Répondre au message |

| titi2229

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 Posté le 5 Sept 2006 à 12:00
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