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Trocadéro


Trocadéro

Exposition Universelle : 1937

Paris XVIème (France)

Métro : Trocadéro
Le Palais de Chaillot, oeuvre des architectes Azema, Carlu et Boileau, sera construit pour l'exposition internationale des arts et techniques de 1937. Il est formé de deux ailes en courbe qui descendent vers la Seine. Entre ces deux ailes l'esplanade des Droits de l'homme domine la vue sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars.
   Trocadéro : Visite virtuelle   4 sections et 21 éléments
Trocadéro : Sculpture française (4)


Les jardins (7)
Espaces verts - 1937
Les jardins, d'une superficie 93 930 mètres carrés, sont inclinés en pente douce en direction de la Seine.

Place des Droits de l'Homme (8)
1937
Baptisée place des Droits de l'Homme, la terrasse supérieure est bordée sur sa longueur de bassins et de statues en bronze doré représentant sept femmes et un homme.

Terrasse inférieure (4)
Troisième République - 1937
La double cascade d'escaliers, qui relie la terrasse à l'esplanade, est encadrée de chaque coté par une statue de Pomone (Robert Wlérick) et de Flore (Louis Lejeune).

Trocadéro : Description   
Le Palais
Les pouvoirs publics renonceront au projet de reconstruction complète du palais du Trocadéro imaginé par Auguste Perret, en raison des travaux nécessaires pour combler les anciennes carrières et du coût que cela représentait. L'architecte Jacques Carlu, assisté de Louis-Hyppolite Boileau et Léon Azéma, construiront alors les deux ailes latérales déployées en quart d'arc de cercle, en réutilisant l'ossature du palais du Trocadéro de 1878.

L'ancienne coupole laissera la place à un parvis qui prolongera l'axe formé par le Champ de Mars et le pont d'Iéna, d'une part, et la place du Trocadéro de l'autre. L'ancien bâtiment sera recouvert d'une façade néoclassique sobre et imposante, typique des années 1930. La décoration, confiée à 71 peintres et sculpteurs, fera appel à toutes les tendances de l'art de l'époque.

Les deux pavillons monumentaux de style néo-classique, au fronton desquels figurent des inscriptions de Paul Valéry, sont prolongés par deux ailes courbes de 195 mètres qui enserrent les jardins. L'ensemble du palais sera recouvert de calcaire doré de Massangis (Yonne).

Lors de l'Exposition Universelle de 1937, les pavillons des différents pays seront construits le long de la Seine dans le jardin actuel du Trocadéro. Le pavillon russe, symbolisé par l'Ouvrier et la Kolkhozienne, fera face au pavillon allemand, symbolisé par l'aigle germanique.

Baptisée place des Droits de l'Homme, la terrasse supérieure est bordée sur sa longueur de bassins et de statues en bronze doré représentant sept femmes et un homme. Celles-ci représentent la Jeunesse (Alexandre Descatoire), Flore (Marcel Gimond), Le Matin (Pryas), la Campagne (Paul Cornet), les Oiseaux (Lucien Brasseur), les Jardins (Robert Couturier), le Printemps (Paul Niclausse), les Fruits (Félix Desruelles).

Le palais couvre aujourd'hui 55.000 mètres carrés de musée. Celui de la Marine occupe l'aile sud, le Musée de l'Homme le pavillon sud. Le Musée des Monuments Français (fondé par Viollet-le-Duc et aujourd'hui fermé), du Cinéma et la Cinémathèque sont situés dans l'aile et le pavillon nord. Le théâtre de Chaillot, qui complète l'ensemble, offre des peintures murales des plus grands peintres français de la première moitié du siècle parmi lesquels Bonnard, Vuillard, Roussel.

La terrasse intermédiaire est ornée de deux groupes en bronze monumentaux. Celui de droite, réalisé par Henri Bouchard, représente Apollon Musagète et celui de gauche, oeuvre d'Albert Pommier, illustre Hercule domptant un bison. La double cascade d'escaliers, qui relie la terrasse à l'esplanade, est encadrée de chaque coté par une statue de Pomone (Robert Wlérick) et de Flore (Louis Lejeune).

La façade de la salle de spectacle, creusée sous le parvis, orne la partie centrale de cette terrasse inférieure. Ses neufs hautes baies rectangulaires sont surmontées de bas-reliefs (Emmanuel Auriscote, Henri Navarre, Claude Grangé , Firmin Michelet et Paul Belmondo) symbolisant la Poésie, la Musique et le Théâtre.

Les jardins


Les jardins, d'une superficie 93 930 mètres carrés, sont inclinés en pente douce en direction de la Seine. Ils ont été réaménagés par R. Lardat après l'Exposition Universelle de 1937. La partie centrale est formée d'une immense pelouse dominée par un terre-plein et traversée par un bassin. La partie supérieure accueille deux sculptures de pierre, l'Homme (Pierre Traverse) et la Femme (Daniel Bacqué, ainsi que deux groupes animaliers en bronze doré, Taureau et Daim (Paul Jouve) et Chevaux et Chien (Georges Guyot). Une batterie de jets d'eau puissants (5700 litres à la seconde) émerge du sommet du bassin. Le dispositif est complété par une double rangée de jets d'eaux alignée de chaque coté. La partie inférieure du bassin est encadrée par deux blocs sculptés en ronde-bosse représentant la Jeunesse (Pierre Poisson) et la Joie de Vivre (Léon Drivier).

Les parties latérales du jardin, très ombragées, sont plantées de nombreuses essences et d'arbres magnifiques (noyer du Caucase, noisetier centenaire, tulipier de Virginie, arbre aux pochettes).

L'aquarium souterrain de 2800 mètres carrés, construit à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1878 dans d'anciennes carrières, accueillait une collection de poissons des rivières de France. Il sera rénové et orné d'une rotonde en 1937 avant de fermer ses portes en 1985 en raison de sa vétusté. Sa remise en état, devant être confiée à des promoteurs privés, fait l'objet de nombreux litiges toujours en cours.

Le Musée de la Marine


Le musée de la Marine rassemble l'une des plus vieilles collections au monde. Colbert ordonnera, en 1678, aux intendants des arsenaux de réaliser des maquettes au 1/12 et au 1/20 des vaisseaux de chacun des cinq rangs ainsi que des machines d'arsenaux. Certaines seront envoyées à la cour, d'autres seront acquises par des particuliers, notamment Henri-Louis Duhamel du Monceau, inspecteur général de la Marine, qui en fera don à Louis XV en 1748. Les modèles, exposés au Louvre, serviront aux travaux pratiques des élèves de l'Ecole des ingénieurs-constructeurs créée en 1741. Cette collection servira de fonds au Musée créé par décret le 27 décembre 1827, sous Charles X.

La collection, composée de plus de 3000 maquettes, retrace l'histoire de la marine depuis le XVIIème siècle. Elle sera régulièrement enrichie de reliques d'épaves, figures de proue ou de poupe, instruments de navigation, uniformes, armes et canons et objets de la vie à bord ainsi que de nombreux tableaux parmi lesquels la série de treize ports français peinte par Joseph Vernet. Sur les vingt-quatre tableaux commandés en 1752, quinze seront effectivement réalisés.

La visite du musée, qui débute par une évocation des origines de la navigation, se déroule le long de deux galeries de 170 mètres. Elle présente les grands vaisseaux et les galères royales du XVIIème et du XVIIIème siècle, notamment la Dauphine, la Grande Réal, le Soleil Royal, le Louis XV. Les visiteurs aborderont ensuite l'espace consacré à la guerre d'Indépendance américaine puis les salles dédiées à la Révolution et à l'Empire.

Le musée de la Marine conserve de nombreuses maquettes de la flotte napoléonienne, marquée dans l'histoire par les défaites d'Aboukir et de Trafalgar. La marine de guerre française, construite pour envahir l'Angleterre, sera constituée, en 1814, de 73 vaisseaux en service et 31 en construction. Le musée expose certaines maquettes de la flottille de Boulogne parmi lesquelles, L'Océan, vaisseau de 118 canons, La Muiron, frégate de 44 canons, L'Achille, vaisseau de 74 canons construit à Rochefort en 1802, Le Friedland, vaisseau de deuxième rang de 80 canons construit à Anvers entre 1807 et 1810, Le Rivoli, vaisseau de 74 canons construit en 1812 à Venise...

Cette section présente le véritable Canot de l'Empereur de 17 mètres de longueur décoré par Van Petersen, construit en 1810 dans le temps record de 21 jours, sur les plans des ingénieurs Chapmamet et Guillemard. Napoléon et Marie-Louise emprunteront cette embarcation lors de la visite des bouches de l'Escaut et des travaux de défense du port d'Anvers, le 30 avril 1810. Réquisitionné par Louis XVIII, le canot sera transporté à Brest, puis modifié à l'occasion de la visite de Napoléon III et d'Eugénie dans cette ville en 1858.

La section consacrée à l'Empire expose également de petits modèles de vaisseaux confectionnés en bois, en os ou en paille par les marins français prisonniers des Anglais ainsi que les célèbres miniatures en ivoire de Dieppe. On pourra également admirer une maquette de La Belle Poule ainsi que l'aigle en bois doré ayant décoré la chapelle ardente de l'Empereur. L'histoire de la Marine du Second Empire débute par une série de tableaux peints par Morel-Fatio et Gudin.

La seconde galerie du musée est consacrée à l'histoire de la marine moderne. Les maquettes des frégates L'Isly (1849) et L'Audacieuse (1856) marquent la naissance de la marine à vapeur. Le Napoléon (1850), premier vaisseau de combat à hélice qui s'illustrera en Crimée et La Gloire (1859), première frégate cuirassée copiée ensuite par toutes les marines du monde, sont deux vaisseaux révolutionnaires pour leur époque. Ils seront conçus par l'ingénieur Dupuy de Lôme. La flotte française comprendra, en 1868, 300 bâtiments à vapeur et 41 en construction. La flotte marchande est évoquée par les compagnies maritimes des frères Pereire ou le canal de Suez réalisé grâce au cousin de l'Impératrice, Ferdinand de Lesseps, et inauguré en 1869.

Le musée de Marine abrite également un centre d'archives et de documentation, une bibliothèque et une iconothèque accessibles aux chercheurs.

Le Musée de l'Homme


Crée par Paul Rivet à l'occasion de l'Exposition Internationale de 1937, le Musée de l'Homme est l'héritier du Musée d'Ethnographie du Trocadéro fondé en 1978. Il occupe la majeure partie de l'aile Passy du Palais Chaillot et réunit les plus importantes collections françaises concernant la définition, la vie et l'histoire de l'Homme.

Les collections ethnographiques exceptionnelles, constituées dès le XVIème siècle à partir des Cabinets de Curiosités et du Cabinet Royal, s'enrichiront d'objets rapportés à l'occasion d'expéditions et missions scientifiques à travers le monde. Elles bénéficieront de dons et de dépôts de voyageurs et de collectionneurs privés.

Les collections d'Anthropologie et de Préhistoire, conservées dans les galeries du laboratoire de Paléontologie du Museum, place Valhubert, et dans le laboratoire d'Anthropologie de la rue Buffon, ont rejoint le Musée de l'Homme.
Trocadéro : Histoire   
La colline de Chaillot est habitée depuis l'époque gallo-romaine. L'ordre religieux des Minimes s'y installera à la fin du XVème siècle et y demeurera jusqu'à la Révolution.

Catherine de Médicis fera construire une maison de plaisance sur la colline de Chaillot au XVIème siècle. Celle-ci sera ensuite acquise par le maréchal de Bassompière, compagnon d'arme d'Henri IV. Richelieu enverra à la Bastille, en 1631, ce personnage trop beau, trop brillant, et trop ambitieux Le détenu y brûlera, selon certains, plus de 6000 lettres d'amour reçues au cours de sa vie de galant homme. La reine Henriette d'Angleterre acquiert la demeure pour y fonder le couvent des Visitandines en 1651. De nombreuses dames célèbres, volontairement ou forcées, viendront s'y retirer du monde. Marie Mancini, la nièce de Mazarin qui avait tenté de séduire Louis XIV, terminera ses jours à la Visitation. Massillon, Bossuet et Bourdaloue donneront plusieurs prêches. Le couvent sera détruit à la Révolution.

Napoléon Ier souhaitera construire à cet emplacement un palais grandiose dédié au roi de Rome, "cent fois plus beau que le Kremlin" et naturellement supérieur au château de Versailles. Il fera construire le Pont d'Iéna et confiera le projet grandiose aux architectes Charles Percier et Pierre Fontaine. Les travaux, commencés en 1811, seront abandonnés à la chute de l'Empire, après les adieux à Fontainebleau.

Blücher, à la tête des troupes d'occupation après la défaite de Waterloo, voudra détruire le pont d'Iéna qui évoquait la défaite prussienne. Louis XVIII menacera de faire porter son fauteuil sur le pont pour que ce dernier soit épargné.

Le nouveau roi organisera sur la colline de Chaillot, en 1826, une fête militaire commémorant la prise de la forteresse du Trocadéro en Andalousie à proximité de Cadix. L'expédition d'Espagne, conduite par le duc d'Angoulême en 1823 au nom de la Sainte-Alliance, permettra d'y rétablir la monarchie absolue.

On élèvera sur place un arc de triomphe provisoire et posera la première pierre d'une caserne militaire qui ne verra jamais le jour. L'obélisque qui devait surgir au centre de la colline ne dépassera pas le stade du projet. Les bonapartistes proposeront d'ériger en ces lieux le tombeau de l'Empereur, avant que les cendres ne trouvent leur place aux Invalides. Le terrain restera à l'état de friche jusqu'à l'Exposition Universelle de 1878. Gabriel Davioud, qui s'était illustré en dessinant la place Saint-Michel en 1867, et Jules Bourdais construiront sur ce terrain un palais mauresque néo-byzantin aux ailes déployées autour d'une rotonde centrale, piquée d'une paire de minarets. L'ensemble était inspiré de la Giralda de Séville.

Haussmann fera niveler le sommet de la colline en 1860. La place du Trocadéro, terrasse en belvédère donnant sur le Champ de Mars, sera achevée en 1867.
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