S'enregistrer
Devenir membre

Envoyer la page
Accéder aux forums
 
English
France > Paris Vème > Panthéon
Panthéon


Panthéon
Paris Vème (France)
Place du Panthéon 75005
Métro : Cardinal Lemoine, Luxembourg, Saint-Michel, Saint-Michel Notre-Dame
Tél : 01 44 32 18 00
Le projet de Soufflot visait à l'origine, et selon ses propres termes, à "réunir la légèreté de l'architecture gothique avec la magnificence de l'architecture grecque." L'architecte s'inspirera Panthéon de Rome, dans la conception du dôme, des trente deux colonnes et du fronton triangulaire, le premier du genre à Paris.
   Panthéon : Visite virtuelle   3 sections et 12 éléments
Panthéon : Architecture extérieure (1)


Panthéon : Monument(s) et édifice(s) public(s) (2)



Panthéon : Horaires   
10h00 à 18h00,

Tarifs :
Tarif normal : 7.00 euros
Tarif réduit : 4.50 euros
Gratuit pour les moins de 18 ans

Panthéon : Description   
Le monument actuel est assez éloigné du projet d'origine. Les tours ont été rasées, les frontons refaits, les fenêtres, qui à l'origine allégeaient la grande surface des murs, seront obstruées par la Constituante. La mode post-révolutionnaire donnera au monument un aspect patriotique qui n'était pas dans l'esprit de son concepteur. David d'Angers est l'auteur du bas-relief du fronton : la Patrie, entre la Liberté et l'Histoire, distribue des couronnes aux grands hommes. L'inscription en lettres d'or "Aux grands hommes la Patrie reconnaissante" date de 1837. Des sculptures de marbre figurant le Baptême de Clovis, Attila et sainte Geneviève encadrent la porte centrale. Le Panthéon avait été conçu primitivement en fonction du tombeau de sainte Geneviève, situé au centre du monument, sous la grande coupole. Celle-ci repose sur des colonnes et comporte deux calottes, dont la première fut décorée par le peintre Gros, sur commande de Napoléon en 1811. Le célèbre pendule de Foucault, une boule de laiton de 28 kg, est suspendu sous la seconde calotte par un câble d'acier de 67 mètres. Cet instrument prouve la rotation de la terre et sa sphéricité.

L'entrée du Panthéon se situe derrière le monument. Soufflot a réalisé cet exploit de donner à l'intérieur une légèreté et une luminosité qui contrastent avec l'aspect colossal de l'ensemble.

L'organisation des longues galeries latérales autour des nefs, l'espacement entre les colonnes, dont la verticalité oriente le regard vers les sculptures et les peintures des voûtes, la hauteur de la grande coupole confèrent au Panthéon sa transparence et sa grâce.

En supprimant les fenêtres, la Révolution renforcera l'aspect austère de l'édifice et perturbera sa ventilation. La montée du degré d'humidité sera, deux siècles plus tard, à l'origine d'importantes fissures provoquées par l'érosion des structures métalliques. Les nouveaux espaces, livrés aux artistes du XIXème siècle (parmi lesquels Puvis de Chavannes, Cabanel, Delaunay, Paul-Joseph Blanc, Lenepveu...) donneront naissance à l'un des plus grands ensembles décoratifs de la capitale. Les sculptures commémoratives, postérieures à 1920, ne sont pas d'un intérêt artistique majeur.

La crypte est implantée sous toute la surface du Panthéon. Elle est constituée de plusieurs galeries, séparées par des piliers doriques. Devant l'entrée, une urne déposée le 11 novembre 1920 renferme le coeur de Gambetta.

A droite, le tombeau de Rousseau, dont une gravure évoque l'influence de sa pensée après sa mort, fait face à celui de Voltaire. Les deux phares de la pensée française du XVIIIème siècle, ennemis de leur vivant, sont ainsi réconciliés dans la mort. Dans les galeries suivantes, on verra notamment les tombes de Jean Moulin, Victor Hugo, Emile Zola, Louis Braille, Victor Schoelcher (à qui on doit l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848), René Cassin, auteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme, Jean Monnet.

La dernière galerie contient les tombes des 41 dignitaires du premier Empire : généraux, hommes d'Etat, cardinaux, savants (comme le grand mathématicien Lagrange) et explorateurs (comme Bougainville).
Panthéon : Histoire   
Le Panthéon surplombe la montagne Sainte-Geneviève, au coeur du cinquième arrondissement de Paris. Cette "montagne" tient son nom de l'héroïne légendaire qui sauvera Paris des invasions barbares du Vème siècle, et qui y sera inhumée en 500. Une abbaye sera construite en 508, sous le règne de Clovis, qui renfermera la dépouille de la sainte, avant de recevoir celle de Clovis lui-même. Tout d'abord dédiée à saint Pierre et à saint Paul, cette abbaye prendra le nom de sainte Geneviève au XIIème siècle.

L'histoire du Panthéon se rapproche de celle de la Madeleine. Tous deux seront commandés par Louis XV. La Madeleine, conçue sans croix à l'origine, est devenue propriété de l'église, alors que le Panthéon, sensé perpétuer le nom de sainte Geneviève, construit sur le modèle d'une croix grecque et pourvu d'un dôme d'apparence chrétienne, est devenu un temple laïque.

Atteint d'une grave maladie à Metz, en 1744, Louis XV fera le voeu, s'il guérit, d'ériger une immense église en lieu et place de l'abbaye Sainte-Geneviève, alors en ruine. La guérison venue, il tiendra parole et assignera à l'architecte Soufflot la tâche de dessiner les plans du monument. Grand admirateur de l'architecture gréco-romaine, celui-ci imaginera un gigantesque édifice, bâti sur un plan de croix grecque de 110 mètres de long, 84 mètres de large et 83 mètres de haut. A l'époque, le projet paraît tellement insensé que beaucoup, à la cour et dans les salons de la capitale, mettront en doute les capacités de Soufflot et prédiront l'effondrement du monument. Louis XV confirmera sa confiance en l'architecte et posera la première pierre en 1764, au cours d'une grande cérémonie.

Les travaux seront ralentis du fait de difficultés financières. Pour trouver les fonds nécessaires, le gouvernement aura recours à plusieurs loteries. Des mouvements de terrain, qui provoqueront des crevasses et des lézardes dans les fondations durant les travaux, alimenteront le flot de sarcasmes des ennemis de Soufflot. L'architecte décédera en 1780. Son plus brillant élève, Rondelet, achèvera les travaux en 1789.

En avril 1791, la Constituante ordonnera la fermeture de l'église et chargera Antoine Quatremère de Quincy de modifier la structure de l'édifice, à peine achevé, pour en faire un temple destiné à recevoir «les cendres des grands hommes de l'époque de la liberté française.» L'église deviendra ainsi le Panthéon, demeure des dieux dans la mythologie grecque. Les dépouilles de Mirabeau, Voltaire, Le Peletier de Saint-Fargeau, Joseph Bara, Rousseau et Marat seront les premières admises.

En 1806, le Panthéon, comme toutes les églises de France fermées sous la révolution, sera rendu au culte retrouvera son nom d'origine d'église Sainte-Geneviève. Rebaptisé Panthéon en 1830, l'édifice retrouvera sa vocation de temple laïque et patriotique. Quartier général aux insurgés de la Commune en 1871, au cours de laquelle Millière sera fusillé sur les marches, l'édifice sera définitivement transformé en monument républicain en 1885, lors des funérailles de Victor Hugo.
Panthéon