| Château Saint-Pierre de Bodrum : Description |  |
Le nom du château Saint-Pierre (dérivé en latin de Petreum) sera rebaptisé Pedrum puis Bodrum par les Turcs. Selon certains spécialistes, le nom de la cité qui signifie "sous-sol" ou "cave", serait dû aux défenses souterraines du château. La forteresse et ses tours, transformées en garnison miliaire et prison par les Turcs, sont aujourd'hui aménagées en musées où sont exposés divers objets provenant d'épaves de navires coulés dans les baies voisines. Après la découverte des bateaux du cap Gelidonia et de Yas Ada, une équipe d'archéologues repèrera une épave vieille de 3.400 ans à Ulu Burun, à l'est de Kas. . Le site héberge le siège de l'Institut d'archéologie nautique. |
| Château Saint-Pierre de Bodrum : Histoire |  |
 |
Des marchands italiens d'Amalfi et de Salerne obtiendront du Calife d'Egypte, au milieu du XIème siècle, la concession d'un terrain pour construire une hostellerie et un hospice à Jérusalem. L'établissement sera géré par des Frères hospitaliers qui devront respecter les trois voeux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté.
La croisade des barons, dirigée par Godefroy de Bouillon, s'emparera de la ville sainte en 1099. Elle y fondera un royaume latin qui garantira l'accès au tombeau du Christ. Certains frères hospitaliers deviendront des "moines soldats" pour assurer la sécurité des pèlerins. L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui verra le jour en 1113, s'exilera à Saint-Jean-d'Acre après la chute de Jérusalem en 1187. Jean de Villiers, Grand Maître de l'Ordre, sera blessé durant la chute de Saint-Jean-d'Acre, en 1291. Il trouvera refuge et installera l'Ordre à Limassol (Chypre). Son neveu Foulques, qui lui succèdera, s'emparera de Rhodes le 15 août 1306. Hélion de Villeneuve sera élu Grand Maître de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1319.
Les chevaliers seront en majorité Français, comme le seront les Grands Maîtres. L'Ordre des Hospitaliers, riche d'importants privilèges et de nombreuses donations, s'organisera en huit régions, appelées "langues" : Provence, Auvergne, France, Angleterre, Italie, Aragon, Castille, Allemagne (comprenant aussi l'Europe centrale). Chaque "langue" hébergera de nombreux prieurés et commanderies qui assureront l'accueil des pèlerins et les soins aux malades.
La flotte des Hospitaliers, qui s'illustrera lors des batailles navales de Nègrepont et Methoni, contribuera à la prise de Smyrne (Izmir) et d'Halicarnasse (Bodrum). Les Turco-Mongols de Tamerlan reprendront Smyrne aux Croisés en 1422.
Le château Saint-Pierre sera érigé à partir de 1402, à l'emplacement d'une forteresse ottomane, elle-même édifiée sur l'acropole de la ville carienne d'Halicarnasse. Les bâtisseurs, qui travailleront pendant plus d'un siècle, utiliseront les grandes pierres verdâtres du mausolée d'Halicarnasse détruit par un séisme. Plusieurs tours seront ajoutées au cours de cette période.
Le Grand Maître des chevaliers de Rhodes élu en 1521, Philippe Villiers de l'Isle-Adam, enverra à Mesy (Bodrum) le commandant de la Tourette pour remettre en état les fortifications. Soliman le Magnifique, assiègera Rhodes en 1522, à la tête de 200.000 hommes. La ville capitulera cinq mois plus tard, à l'issue d'une résistance héroïque. Le sultan accordera la vie sauve aux défenseurs. Le Grand Maître et les 160 chevaliers survivants quitteront Rhodes le 1er janvier 1523. Bodrum tombera aux mains de Soliman quelques mois plus tard. L'Ordre trouvera refuge à Civitavecchia et à Viterbe, puis à Nice. Charles-Quint, qui leur cèdera les deux emplacements stratégiques de Malte et Tripoli, leur confiera le contrôle de la Méditerranée. L'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem deviendra celui des Chevaliers de Malte. Le Grand Maître Jean Parisot de La Valette fera construire la capitale qui porte son nom en 1565. Entouré de 592 chevaliers, 2 500 soldats et marins, 5 800 miliciens, il résistera pendant cinq mois à un siège de la flotte turque composée de 180 galères et de plus de 40 000 hommes et 50 canons. |