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Monuments historiques de l'ancienne Nara


Monuments historiques de l'ancienne Nara

Inscription au Patrimoine Mondial par l'Unesco : 1998

Nara (Japon)

   Monuments historiques de l'ancienne Nara : Visite virtuelle   2 sections et 7 éléments
Monuments historiques de l'ancienne Nara : Architecture extérieure (1)


Todai-ji (6)
Todaiji

entre 745 et 1709
Monuments historiques de l'ancienne Nara : Parc(s) et jardin(s) (1)


Parc de Nara (1)

Le parc de Nara, d'une superfice de 525 hectares, se trouve à quelques minutes de marche de la gare et des hôtels du centre ville. Il abrite près de 1.200 daims (shika), considérés comme des messagers des dieux.
Monuments historiques de l'ancienne Nara : Description   
La majorité des temples de Nara représentent un style architectural bouddhiste, importé au VIIIème siècle de la péninsule coréenne et de la Chine continentale, qui connaîtra un développement unique au Japon. Ces édifices témoignent aussi bien de la haute valeur culturelle et artistique de l'architecture en bois caractérisant le Japon du VIIIème siècle, que des échanges culturels entre la Corée et la Chine. Sachant que, dans ces pays, la quasi-totalité des bâtiments en bois de cette époque ont disparu, les édifices de Nara sont considérés comme des vestiges uniques de l'histoire de l'art et de l'architecture. Ces édifices exerceront une influence profonde sur l'architecture ultérieure du même type. Ainsi, la reconstruction de Tôdai-ji au cours de la période Kamakura (1192- 1333) donnera naissance à un nouveau style architectural en intégrant certains détails du daibutsuyô (style du Grand Bouddha) dans le style classique japonais Wayô.

Les monuments inscrits au Patrimoine de l'Humanité (Unesco) sont les plus typiques de l'ancienne capitale japonaise de Heijô-kyô, parmi lesquels le palais de Nara revêt une valeur historique spéciale. Comparé au Heian-kyû, palais impérial de Kyoto, en activité du IXe au XIème siècle, le palais de Nara ne couvre qu'une période très limitée de 74 années (710-784). De plus, à partir du Moyen Age, la ville de Nara se développera progressivement à l'est de l'ancienne capitale impériale, loin du site du palais du VIIIème siècle. Pour cette raison, et contrairement au palais de Kyoto, le site du palais de Nara ne sera soumis à aucun développement urbain et restera en l'état après son abandon. Les édifices étant des constructions en bois, la plupart des structures apparentes ont disparu, laissant comme seules traces visibles les modifications apportées à la topographie. Cependant, une grande partie des éléments souterrains sont toujours intacts. L'abondante collection de vestiges de matériaux enfouis tels que céramiques, tuiles de toiture et jusqu'à des registres sur tablettes de bois, fournit des informations sur les coutumes, l'économie et la culture du VIIIème siècle, augmentant ainsi la valeur historique et archéologique du site, déjà importante.

Les édifices de Nara constituent un ensemble architectural restituant avec éclat la position dominante des sanctuaires bouddhistes et shintoïstes au cours d'une période importante de l'histoire sociale et politique du Japon, alors qu'un tout nouveau système de codes légal et pénal d'influence bouddhiste, le Ritsuryô, est en cours d'élaboration. En outre, ces bâtiments sont extrêmement précieux pour l'étude des formes anciennes de l'architecture sacrée japonaise.

Les édifices sont autant d'extraordinaires manifestations d'une utilisation de l'espace religieux propre au shintoïsme et au bouddhisme du Japon ancien. Parmi les éléments naturels de l'environnement de ces constructions humaines, les secteurs boisés situés derrière le sanctuaire de Kasuga-Taisha, longtemps considérés comme des lieux sacrés, constituent des exemples exceptionnels de paysages culturels associés à la religion spécifiquement japonaise qu'est le shintoïsme. De plus, ces sites sont toujours des lieux de traditions vivantes : en effet, des rites et cérémonies importants, tant shintoïstes que bouddhistes, continuent d'y être célébrés.
Monuments historiques de l'ancienne Nara : Histoire   
L'impératrice Gemmei déplacera la capitale du Japon de Fujiwara à Nara en 710, qui prospèrera alors en tant que centre politique, économique et culturel du pays pendant les 74 années suivantes (période de Nara). Le site de Heijô-kyô fera l'objet d'un choix rigoureusement conforme aux principes de la géomancie chinoise régissant l'emplacement de tout palais impérial. Le plan d'une grande cité est élaboré à partir d'exemples chinois tels que Chang'an, avec des palais, des temples bouddhistes, des sanctuaires shintoïstes, des édifices publics, des maisons et des routes agencés selon un quadrillage orthogonal. L'ensemble couvrira 2.500 hectares, pour une population estimée à 100.000 habitants environ.

Le palais proprement dit, implanté à l'extrémité nord de l'avenue centrale, occupera 120 hectares. Il englobera les bâtiments officiels, sièges des cérémonies politiques et religieuses, notamment le Daigokuden (salle d'audience impériale) et le Chôdô-in (salle d'apparat) ainsi que la résidence impériale (Dairi) associée aux différents ensembles affectés entre autres à des fonctions administratives.

Cette période verra l'élaboration, à partir de Nagaoka, d'une politique impériale intégrée visant à la promotion du Bouddhisme. L'empereur Shômu ordonnera ainsi la construction de temples et de couvents dans toutes les provinces et, en 745, fera bâtir le Tôdai-ji en tant que temple provincial central du Japon.

En 784, la capitale sera transférée à Nagoya pendant seulement neuf années, avant d'être déplacée à Kyoto (Heian) jusqu'en 1184. Le site abandonné de la capitale de Nara fera place aux rizières, mais la plupart des temples et autres lieux de culte seront préservés, grâce à l'importance qu'ils conservent et à la protection impériale. Une nouvelle ville se développera aux alentours, qui prendra le nom de Nanto (Capitale du Sud). Le secteur des temples entourant Tôdai-ji, Kôfuku-ji, Gangô-ji et Kasuga-Taisha se distinguera par sa prospérité et constituera la base du développement que connaîtra la ville moderne de Nara au XVIème siècle.

Le Tôdai-ji et le Kôfuku-ji, totalement détruits par le feu en 1180 au cours d'une période de luttes intestines, seront reconstruits peu après, au début du shôgunat de Kamakura (1185). Le Kôfuku-ji adoptera alors le style traditionnel japonais wayô, alors que le Tôdai-ji sera rebâti dans le style daibutsuyô (Grand Bouddha) introduit par la dynastie chinoise des Sung.

Les temples de Nara perdent leur prestige au cours de la période Muromachi (1333-1572) et subissent de graves incendies : ainsi, pour le seul Tôdai-ji, le Tôtô (pagode est), le Kôdô (salle de conférence), le Sôbô (habitat des prêtres), le Kondô (salle du Grand Bouddha), le Chûmon (porte centrale) et le Kairô (cloître) sont tous détruits lors de différentes périodes de troubles. Certains bâtiments seront reconstruits au début de la période Edo (1615-1867), avec la participation du shôgun. Bien qu'il n'occupe plus que les deux tiers de sa surface au sol originelle, le Kondô reste la plus grande structure en bois existante au monde.

Description

Heijô-kyô (la capitale de Nara) se trouve dans un bassin ouvert au sud et limité par des montagnes basses au nord, à l'est et à l'ouest. Les monuments inscrits au Patrimoine de l'Humanité comprennent des groupes d'édifices et des sites situés sur huit emplacements distincts : cinq temples bouddhistes, un temple shintoïste, une forêt et un site archéologique.

Les temples bouddhistes

- Le Tôdai-ji est un groupe d'édifices. Le Kondô (salle du Grand Bouddha), qui abrite la représentation assise du Vairocana (grand) Bouddha, doit sa forme actuelle à une grande entreprise de restauration achevée en 1709. Il s'agit d'une structure de bois monumentale à sept travées (qui en comptait onze à l'origine). La statue de bronze atteint une hauteur de presque 15 mètres. Les autres éléments ayant survécu aux incendies successifs sont la Nandaimon et la Tedaimon (portes sud et ouest), le Hokkedô (deux édifices antérieurs fusionnés afin de créer la salle du Bouddha), le Shôsô-in Shôsô (vaste salle d'archives en rondins de bois consacrée aux documents et trésors, surélevée sur de hauts piliers), le Kaisandô (salle du fondateur associant des éléments wayô et daibutsuyô), le Hombô-Kyôko (dépôt des sûtra, également construit en rondins de bois et surélevé sur des piliers) ainsi que le Shurô (clocher dont la forme actuelle date de la reconstruction du XIIIème siècle).

- Le Kôfuku-ji, construit en premier lieu à Fujiwara, sera rebâti lors du transfert de la capitale à Nara, en 710. Temple du très influent clan Fujiwara, il bénéficiera d'une protection et de travaux d'embellissement particuliers jusqu'à la période Edo. Au début de la période Meiji, il connaîtra un déclin brutal après la promulgation du décret de séparation du shintoïsme et du bouddhisme et ne sera sauvé que de justesse. Ses principaux éléments sont le Hokuendô (salle octogonale nord, qui apporte le premier indice de l'introduction du style daibutsuyô), le Sanjunôtô (pagode à trois niveaux de la fin du XIIème siècle), le Tôkondô (salle est principale, structure à sept travées et toit à arêtier reconstruite au XVème siècle en style purement wayô) et le Gôjunotô (pagode à cinq niveaux), dont les 50 mètres de hauteur en font la deuxième plus haute pagode du Japon et un symbole important de Nara.

- Erigé au VIème siècle par le puissant feudataire Soga-no-Umako et connu à l'origine sous le nom de "Asukadera", le Gangô-ji est le premier temple bouddhiste du Japon. Transféré d'Asuka en 718 lors de l'établissement de la capitale à Nara, il est en grande partie détruit par l'incendie de 1451 ; les quelques éléments épargnés donnent une idée de son imposant aspect d'origine. Le Zenshitsu et le Hondô constituaient au départ un long édifice unique, connu sous le nom de "Sôbô" et affecté à la résidence des prêtres.

- Le Zenshitsu comprend quatre des douze éléments d'origine du Sôbô, alors que le Hondô (salle principale) n'est autre que sa salle du Bouddha, remodelée de manière à constituer une salle externe consacrée aux prières des dévots bouddhistes. Eclectiques, les deux bâtiments intègrent des éléments de style daibutsuyô et wayô. A la suite de son transfert de Fujiwara à Nara, le Yakushi-ji fera également l'objet d'un important agrandissement. Sa longue histoire sera ponctuée de nombreux désastres.

- Le Tôtô (pagode est), qui a remarquablement bien traversé toutes ces vicissitudes, conserve sa forme originelle, datant du VIIIème siècle ; ses toitures intermédiaires donnent l'impression qu'il compte six niveaux, alors qu'il n'en comporte que trois. - Le Tôindô (salle du Bouddha) doit sa forme actuelle à une reconstruction de la fin du XIIIème siècle, bien que son orientation sud ait été abandonnée en 1733 au profit de l'ouest. Ses planchers en bois et son plafond sont typiques de l'architecture de la période Kamakura.

- A l'origine, le Tôshôdai-ji est l'oeuvre de Jian Zhen (Ganjin) qui, en 759, le destinera aux étudiants des préceptes bouddhistes. Il se distingue par le peu de dommages subis, que ce soit par les incendies ou par toute autre forme de catastrophe. Ses principaux éléments sont le Kondô (salle principale, seul témoignage subsistant d'une construction de la période Nara et très importante pour l'étude de l'architecture des temples japonais), le Kôdô (salle de conférence, à l'origine salle d'apparat du palais de Nara et seul spécimen subsistant de l'architecture du palais), le Kôrô (archivage des sûtra, dans le style éclectique de la période Kamakura) ainsi que le Hôzô et le Kyôzô (deux entrepôts en rondins de bois de la période Nara).

Le Kasuga-Taisha

Bien que la légende place la fondation du Kasuga-Taisha (grand sanctuaire de Kasuga) en 768, ses origines remontent certainement au début de la période Nara. Il se trouve au pied de deux monts sacrés, le Kasugayama et le Mikasayama, longtemps révérés comme lieux élus par les dieux pour descendre sur terre. A la fin de la période Heian, il sera uni au Kôfuku-ji afin de s'inscrire dans l'opinion prévalante selon laquelle les Kami (divinités shintoïstes) et le Bouddha ne font qu'un.

La détérioration comme la destruction donneront lieu à de nombreuses restaurations et reconstructions des édifices du Kasuga-Taisha. Ainsi, jusqu'en 1863 et conformément au principe du Shikinen-zôtai, le Honden (sanctuaire principal) sera détruit et reconstruit tous les vingt ans exactement selon le même plan, quel que soit son état.

Les bâtiments, qui se trouvent tous dans l'enceinte du sanctuaire, sont couverts des traditionnelles toitures en bardeaux d'écorce de cyprès, afin d'être en harmonie avec leur environnement naturel. Le Honsha Honden est constitué de quatre sanctuaires principaux distincts, dans le style de prédilection de l'architecture shintoïste, le Kasuga-zukuri, dont on pense que l'origine remonte à la période Nara. Les toitures sont à pignon, l'entrée principale en auvent se trouvant côté pignon. Les nombreux autres édifices contenus dans l'enceinte sacrée sont tous de style semblable.

Forêt primitive de Kasugayama

L'environnement naturel fait partie intégrante de tout sanctuaire shintoïste. Pour le Kasuga-Taisha, il s'agit de la forêt sacrée de Kasugayama, où la chasse et l'abattage d'arbre sont interdits depuis l'an 841. La seule intervention humaine est limitée aux chemins forestiers empruntés par les fidèles et les pèlerins.

Site du palais de Nara

Ce vaste ensemble de 1,3 kilomètre d'est en ouest et de 1 kilomètre du nord au sud intègre tous les éléments nécessaires aux impératifs officiels et privés de la famille impériale, dont le Daigokuden (salle d'audience impériale), le Chôdô-in (salles d'apparat), le Dairi (résidence impériale), des bureaux, des ateliers, des magasins, des écuries, etc.

L'ensemble était ceint de remparts de terre (Tsujiogaki) de près de 5 mètres de hauteur et percés de douze portes. La porte Suzaku, entrée principale pratiquée dans le milieu du mur sud, donnait accès au Daigokuden et au Chôdô-in, édifices les plus importants de l'ensemble impérial, affectés aux cérémonies et banquets politiques. Les bâtiments de ces ensembles étaient agencés selon un plan symétrique, sur un axe central nord-sud. Juché sur un podium, chaque édifice comportait un toit de tuiles et des piliers laqués vermillon, dans le style de la dynastie chinoise des Tang, contemporaine de cette époque.

Légèrement à l'est, le Chôdô-in Est, autre salle d'apparat, se tenait au nord du Dairi. Là, les édifices avaient adopté le style japonais traditionnel : toiture en bardeaux d'écorce de cyprès et piliers de soutènement bruts, directement fichés en terre.

Des fouilles archéologiques ont mis au jour les éléments de l'un des jardins qui agrémentaient l'ensemble. En son centre se trouvait un bassin peu profond, au fond pavé de pierres et encerclé de pavillons depuis lesquels on pouvait contempler la beauté du jardin.

Protection

En vertu de la loi de 1950 pour la protection des biens culturels, les 78 édifices de Nara sont classés Trésors nationaux (26) ou Biens culturels importants (52). Les zones où ils se trouvent sont également classées Sites historiques ou Sites de grande beauté. La forêt primitive de Kasugayama est clasée en tant que Monument naturel spécial et celui du site du palais de Nara comme Site historique spécial.

Gestion

Les édifices de Nara appartiennent à différents propriétaires. Les lieux de culte bouddhistes et shintoïstes sont la propriété de leurs communautés religieuses respectives. Certaines parties du Tôdai-ji sont la propriétaire de la forêt primitive de Kasugayama et d'une partie du Kôfuku-ji), d'autres appartiennent au Bureau de la Maison impériale. Le Bureau des affaires culturelles est le propriétaire officiel du site du palais de Nara. La responsabilité de la gestion, de l'entretien et de l'ouverture au public des édifices classés incombe à leurs propriétaires.

Authenticité

Le degré d'authenticité des édifices du lieu est élevé. Les principes de conservation japonais garantissent que le remplacement des éléments architecturaux endommagés ou détériorés respecte les matériaux et techniques utilisés par leurs bâtisseurs originels.

Le site du palais de Nara a fait l'objet de certaines reconstructions in situ. La continuité de l'architecture traditionnelle du Japon ainsi que la quantité importante de données retrouvées lors de fouilles archéologiques garantissent un degré d'authenticité élevé des édifices reconstruits, tant dans la conception que dans les matériaux utilisés. Il en va de même pour les jardins reconstitués. La seule reconstruction susceptible d'être sujette à controverse est celle de la Suzaku (porte sud). Les détails de construction et de décoration dépendent en grande partie des découvertes archéologiques et des structures de la même période subsistant ailleurs.

Conservation

Le respect de la tradition et des lieux sacrés a conduit les administrations impériales et militaires (le shôgunat) à créer des instances de maintenance et de restauration. La loi de 1897 sur la préservation des temples et lieux de cultes anciens, en vertu de laquelle des architectes et des conservateurs ont été nommés dans la préfecture de Nara, marque le début de la conservation moderne. La forêt primitive de Kasugayama a fait l'objet d'une reforestation, rendue nécessaire par les dégâts provoqués par un typhon en 1961 et un incendie en 1978.
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