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Kyoto Kyoto (Japon)
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12 sections et 60 éléments en ligne

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Ancienne capitale, Kyoto a été construite en 794 de notre ère sur le modèle des vieilles capitales de Chine, elle s'appelait alors Heian-kyo. La construction au Japon de villes-capitales a commence au cours de la seconde moitie du VIIème siècle, en adaptant les caractéristiques de base du modèle chinois a l'esprit national du Japon, a son climat et a sa géologie. Heian-kyo est représentative des capitales de style chinois niponnisé.
Kyoto, qui fut la capitale impériale du Japon de sa construction jusqu'au milieu du XIXème siècle, a été durant cette période le foyer de la culture japonaise tout en enrichissant et absorbant de nombreux courants culturels. Il s'agit dune ville riche de bâtiments et de jardins historiques de toutes les époques. Cette multitude de biens cultures en font l'une des villes les plus intéressantes du Japon.
Presque tous les bâtiments historiques du Japon seront construits en bois. Bon nombre d'entre eux seront détruits par des incendies ou les guerres. Ces événements n'affecteront que marginalement les régions montagneuses environnantes. Les constructions et jardins réalisés depuis le Xème siècle dans ces zones seront ainsi préservés et intégrés dans leur environnement naturel, pour constituer le périmètre historique. Au centre de la ville, qui a été majoritairement modernisé, quelques habitations de la fin du XVIème siècle demeurent. Cette situation de survie contraste avec celle des villes construites en pierres ou en briques, comme en Europe, où les centres historiques ont survécus entourés par des constructions modernes.
Les activités culturelles traditionnelles tels les festivals, les cérémonies du thé et les arrangements floraux sont devenues très populaires dans la vie contemporaine des Japonais en raison de la signification qu'elles gardent dans la vie et le mode de pensée des Japonais. Elles sont, pour cette raison, des éléments vitaux de la culture de Kyoto. Kyoto, qui est devenue le centre de la culture japonaise autant matériellement que spirituellement, bénéficera tout au long de sa longue histoire de la protection que ses habitants ont accordée à ses trésors.
La longévité de la qualité culturelle de Kyoto, ininterrompue pendant des siècles, tient au fait que le Japon n'a jamais été envahi avant la Seconde Guerre mondiale, ni colonisé, ni dominé par un pouvoir étranger qui aurait pu dénaturer sa culture. Les bombardements subis par le Japon épargneront l'ancienne capitale nipponne. Bien qu'il existe d'autres villes historiques dans le monde où l'architecture en bois domine, Kyoto est la seule à être restée la capitale culturelle d'un pays pendant douze siècles.
Un grand nombre des bâtiments et jardins de Kyoto sont protégés au titre de biens culturels par le gouvernement local ou national. Aucune autre ville du Japon n'en recèle une telle quantité et une telle qualité. Les bâtiments inscrits au Patrimoine de l'Humanité de l'Unesco datent de la période comprise entre le Xème et le XIXème siècle. Ils ont été sélectionnés en raison de leur représentativité pour ce qui est de leur époque de création, mais aussi de leur importance historique si l'on considère leur situation à l'intérieur de la région de Kyoto. Ils sont également, dans leur ensemble, une bonne illustration de l'architecture et du paysagisme du pays.
Ville impériale de la fin du VIIIème siècle jusqu'au milieu du XIXème, avec les implications culturelles, économiques et politiques qui en résultent, Kyoto jouera le rôle de catalyseur pour le progrès de la culture japonaise a chaque époque de son histoire. Le style architectural wayo qui a sera à la base de l'architecture des temples japonais jusqu'au XIIème siècle et le style exubérant de la période Momoyama seront peaufines à Kyoto, pour être ensuite imités dans l'ensemble du Japon. Il en sera de même pour les jardins de style jodo ainsi que pour les paysages Karesunsui, esthétiques et dépouillés.
De nombreuses villes seront édifiées dans le pays à partir du XVIème siècle. Parmi lesquelles de nombreuses she-Kyoto (petites Kyoto) a l'image de la capitale, avec un noyau central et une zone périphérique. Il apparaît donc que les édifices inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial exerceront une grande influence sur l'architecture, les jardins et l'urbanisme des villes du Japon.
Ils apportent un témoignage sur l'organisation sociale au sein des cultures tant aristocratique que samouraï. Pendant une période marquée par de profondes et rapides transformations dues autant au remplacement général des structures en bois par des nouvelles constructions en acier et béton anti-feu qu'a la modernisation elle-même, ces exemples exceptionnels d'architecture en bois conserves dans leur environnement naturel témoignent de la grande culture traditionnelle menacée de disparition dans le Japon moderne.
Les biens inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial comportent trente-huit bâtiments désignés comme Trésors Nationaux et cent soixante désignés comme Biens Culturels Importants. Huit jardins bénéficient de l'appellation de Paysages d'une Particulière Beauté et quatre de Paysages d'une Grande Beauté. Ces appellations sont la plus haute reconnaissance de valeur attribuée à des biens culturels au Japon.
Chacun de ces bâtiments et jardins est représentatif du style de son époque. Ensemble, ils constituent un panorama complet de l'évolution de l'histoire de l'architecture et des jardins du Japon. Chaque bien compris comme un ensemble de bâtiments et de jardins, associés a la nature qui les entoure, présente les caractéristiques générales des ensembles de ce genre (temples, lieux de pèlerinage ou châteaux). Ces biens qui sont autant d'éléments d'un ensemble complet, témoignent d'une grande valeur stylistique et de leur période.
Seize des dix-sept biens inscrit sur la Liste du Patrimoine de l'Humanité ont fonction religieuse. Ils sont importants non seulement en tant que temples ou lieux de pèlerinages classiques situés dans leur environnement naturel, mais aussi pour comprendre la formation du shintoïsme et du bouddhisme au Japon, l'interaction des deux religions et les caractéristiques des lieux religieux du pays. Kyoto, a toujours été un grand centre religieux et un lieu de pèlerinage.
| Histoire |  |  |
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Le bouddhisme avait déjà été importe de Chine et la culture chinoise avait déjà exerce une profonde influence sur le Japon quand, en 794, après avoir été dix ans Nagaoka, la capitale sera transférée de Heijo-ko (Nara) à Kyoto sous le nom de Heian-kyo. Selon le plan de la ville, celle-ci mesurait 4,5 km d'est en ouest et 5.1 km du nord au sud. Elle ressemblait à des villes chinoises comme Chang-ban, capitale de la Chine des T'ang.
Pendant les quatre siècles de l'époque Heian (794-1192), le coeur de la société aristocratique formera la cour impériale. Pendant la plus grande partie de cette période, il sera interdit de construire des temples bouddhistes dans la ville, exception faite des temples impériaux de To-ji et de Sai-ji. Les biens de cette période inscrits au patrimoine de l'Humanité sont le Kamowakeikauchi-jinja (pèlerinage shinto), Kamomioya-jinja (pèlerinage shinto), Kyo-o-gokuhu-jji (To-ji : temple bouddhiste), Kiyomizu-dera (temple bouddhiste) et Enryaku-ji (temple bouddhiste). Les deux grands temples bouddhistes de Daigo-ji et Ninna-ji sont représentatifs de la première période Heian.
A la fin de la période Heian, la classe militaire samouraï deviendra de plus en plus puissante. Cette menace, associée au fait que, selon la doctrine bouddhiste, le monde entrerait, en 1052, dans la phase mappo (dernières années de la loi bouddhiste), conduira à un accroissement de la ferveur religieuse. Les temples bouddhistes de Byodo-in et Ujigami-jinja datent de cette période. Une guerre civile amènera au pouvoir un régime militaire samouraï à Kamakura (1185). La cour impériale restera cependant à Kyoto.
Le Sekisui-in à Kozan-ji est le meilleur exemple d'architecture résidentielle de la période de Kamakura qui prendra fin en 1332 avec l'arrivée du pouvoir shogunat de Muromachi. Cette période verra la construction de nombreux temples de la secte Rinzai-zen, dont Temyu-ji et les jardins Zen dont le Saiho-ji est un exemple caractéristique. Le shogunat Muromachi connaîtra son apogée à la fin du XIVème siècle, comme l'illustre la villa du shogun Ashikaga Yoshimitsu qui deviendra par la suite le temple bouddhiste Rokuon-ji. La villa d'un shogun ultérieur Ashikaga Yoshimasa, construite en dans style plus raffiné au milieu du Xème siècle, sera transformée également en temple : le Jisho-ji. Le tracé des jardins est épuré a l'extrême, comme le montre le jardin de la résidence du prêtre a Ryoan-ji.
Une bonne partie de Kyoto sera détruite pendant la guerre Onin (1467-1477) mais elle fut reconstruite par une nouvelle classe urbaine de marchands qui avait remplacé l'aristocratie qui avait fui pendant la guerre. Oda Nobunaga prendra le pouvoir in 1568, et après lui Toyotomi Hideyoshi qui unifiera le pays et fera construire un mur de 23 km autour de Kyoto. Le pouvoir central s'installera à Edo (Tokyo) au moment où apparaîtra le shogun Tokugawa Ieyasu. L'autorité de ce nouveau shogun se manifesta matériellement à Kyoto par la construction du solide château Nijo-jo au coeur de la ville. Au même moment, les défenses d'Hideyoshi seront anéanties. La stabilité politique de la période Momoyama (1573-1614) se manifestera par un renforcement de la confiance aussi bien chez les militaires que chez les marchands. Cela se traduira dans l'opulence et la vigueur de l'architecture. L'ensemble résidentiel de Sanpo-in, les jardins de Daigo-jo ainsi que les salles de prières et de réception du temple bouddhiste de Hongan-ji déplacés par Hideyoshi d'Osaka à Kyoto donnent une excellente image de la renaissance de la ville.
Au commencement de la longue période Edo (1615-1867) certains temples et lieux de culte de la période Heian comme Kiyomizudera et Ninna-ji seront restaurés en style traditionnel. C'est à cette époque que s'affirmera la suprématie de Kyoto en tant que centre de pèlerinage. Après le retour au pouvoir des Meiji, en 1868, la capitale et la cour impériale seront transférées de Kyoto à Tokyo. L'une des conséquences sera l'adoption d'une politique de modernisation qui fera de Kyoto une ville moderne mais qui, parallèlement, négligea le patrimoine culture1 de la ville. Cependant, le gouvernement national s'en inquiète et adoptera la première ordonnance pour la protection des antiquités en 1871. Elle fut remplacée par la loi pour la préservation des temples et lieux de pèlerinage anciens qui marqua le commencement des programmes de protection et de conservation du Japon moderne.
Certains temples et lieux de culte de la période Heian comme Kiyomizu-dera et Ninna-ji seront restaurés dans le respect de la tradition, au commencement de la longue période Edo (1615-1867). La suprématie de Kyoto en tant que centre de pèlerinage s'affirmera au cours de cette période. Après le retour au pouvoir des Meiji en 1868, la capitale et la cour impériale seront transférées de Kyoto à Tokyo. L'une des conséquences fut l'adoption d'une politique de modernisation qui fit de Kyoto une ville moderne mais qui, parallèlement, négligera le patrimoine culture1 de la ville. Cependant, le gouvernement national s'en inquiètera et adoptera la première ordonnance pour la protection des antiquités en 1871. Elle sera remplacée par la loi pour la préservation des temples et lieux de pèlerinage anciens qui marqua le commencement des programmes de protection et de conservation du Japon moderne.
Temples :
Kamowakeikazuchi-jinja (pèlerinage Kamigamo)
Bien que ce lieu de pèlerinage shinto ait existé dès le VIIème siècle, la plus grande partie de ce qui survit aujourd'hui date de la grande restauration de 1628 qui avait pour objectif de redonner a ce lieu son apparence de la période Heian. Les réparations seront entreprises au XVIIème siècle (une fois), au XVIIIème siècle (trois fois) et au XIXème siècle (trois fois). Le Honden et Gonden, qui seront classés Trésors Nationaux, seront reconstruits en 1863. Ils sont identiques en taille et en forme, trois travées de large et deux baies de profondeur ; ils sont entourés de toute part de vérandas et ont un toit en débord sur le devant (kohai) qui offre un lieu de culte à l'abri. En plus de ces Trésors Nationaux, 34 autres bâtiments de l'ensemble sont des Biens Culturels Importants. La zone concernée par la proposition d'inscription sur la Liste du Patrimoine mondial comprend également le mont Koyama situé derrière le lieu de culte et dont il est totalement indissociable.
Kamomioya-jinja (pèlerinage de Shimogamo)
Ce lieu de pèlerinage a reçu sa forme actuelle dans le VIIIIème siècle. Il sera reconstruit selon les stricts principes shintos environ tous les 20 ans entre 1036 et 1322. Il sera restaure de facon radicale en 1629 et retrouvera sa forme de la période Heian puis, au XVIIème siècle (une fois), au XVIIIème siècle (trois fois) et au XIXème siècle des réparations seront réalisées aux bâtiments principaux : le Higashi Honden et le Nishi Honden (tous deux Trésors Nationaux). La reconstruction de 1863 sera la dernière. Ces biens sont des exemples typiques du style
nagare tout comme ceux de Kamigamo. L'ensemble comporte 31 Biens Culturels Importants dont 27 datent de la reconstruction de 1629 et quatre de celle de 1863.
Kyo-o-gokoku-ji (To-ji)
Des deux temples impériaux, celui situe a l'est sera construit en 796 et deviendra un temple de la secte ésotérique bouddhiste Shingon en 823. Les bâtiments principaux sont le minami-daimon (Porte sud), le kondo (grande Salle), le kodo (salle de lecture), le jikido (réfectoire), le kita daimon (porte nord) tous alignés sur un axe nord-sud. Le gojunoto (pagode à cinq étages) est situé à l'est du chumon (Porte centrale détruite en 1486) et le kanjoin (salle de cérémonie de Kanjo) à l'ouest. Quatre bâtiments sont des Trésors Nationaux : le kondo, le gojunoto, le daishido (ancienne résidence de Kobodaishi, fondateur du temple Shingon) et le rengemon (Porte ouest.)
Kiyomizu-dera
Ce temple privé construit en 780 deviendra temple impérial en 805. Il sera reconstruit à neuf reprises à la suite d'incendies. A l'exception de l'umatodome (étables du XVème siècle), du niomon (porte de la fin du XVème siècle) et du shoro (beffroi de 1607), tous les bâtiments datent des années 1630. Ils comprennent le saimon (porte ouest), le sanjunoto (pagode à trois étages), le kyodo (salle Sutra), le tamurado (salle des Fondateurs), le asakurado (salle), le hondo (grande salle) et l'amidado (salle du Bouddha Amida) qui sont alignées d'ouest en est, puis le todorokimon (porte centrale), le jishu-jinja (lieu de culte Shinto), l'okumo-in (temple le plus au centre) et le shakado (salle du bouddha Shaka) construits au XVème siècle dans une disposition qu'il a toujours gardée. Depuis 1898, de nombreux projets de restauration seront menés à bien.
Le hondo (Trésor National) est construit à flan de montagne, de telle facon que sa façade et sa moitié antérieure repose sur une structure de hauts piliers en bois relies entre eux par des traverses. Le toit autoportant en croupe est en bardeaux d'écorce de cyprès. Dix-huit des autres bâtiments de l'ensemble sont considérés comme des Biens Culturels Importants.
Enryaku-ji
L'Enryaku-ji sera fondé en 788 par Saicho qui introduit la secte bouddhiste Tendai originaire de Chine au Japon. Depuis cette époque, ce lieu sera dès lors le premier centre de formation du bouddhisme japonais. Le temple a beaucoup souffert depuis sa construction, en particulier du feu. Le bâtiment principal est le konponchudo (Trésor National) construit en 887 et reconstruit six fois entre cette date et 1640. Très grand, il mesure 11 travées de large sur six travées de long. Il a un toit à pignons. Sa forme et ses proportions générales évoquent le style Heian mais la structure et les détails sont ceux de la période Edo. Sept autres bâtiments de l'ensemble sont considérés comme des Biens Culturels Importants.
Daigo-ji
Le daigo-ji comprend deux enceintes. Les travaux de construction débuteront par l'enceinte supérieure au sommet du mont Daigo, en 874. Ceux de l'enceinte inférieure au bas de la pente ouest en 904. Le gojunoto (pagode à cinq étages) sera achevée 952. Très endommagés durant les guerres civiles du XVème siècle Il sera progressivement restaure et reconstruit à partir de la fin du XVIème siècle. La reconstruction du gojunoto, plus vieux bâtiment de Kyoto ont beaucoup apporte quant aux techniques de construction en vigueur au Xème siècle. Six des bâtiments de l'ensemble sont des Trésors Nationaux, le yakushido (salle du Bouddha Yakushi), le kiyotakigu-haiden (salle de culte) dans l'enceinte supérieure, puis le gojunoto, le kondo (grande salle), l'omote-shoin (salle de réception) et le sanpoin-gammon (porte) dans l'enceinte inférieure. Le sanpoin teien (jardin) redessine par Toyotomi Hideyoshi en 1598 est un Paysage d'une particulière Beauté. Dix autres bâtiments de l'ensemble sont consédérés comme des Biens Culturels Importants.
Ninna-ji
L'empereur Uda, qui deviendra un prêtre bouddhiste après avoir renoncé au pouvoir, s'installera dans le Ninna-ji, achevé en 888. Le grand prêtre résident de ce temple, depuis cette époque jusqu'à la restauration Meiji, sera toujours un prince impérial. L'édifice, entièrement détruit au cours de la guerre Onin (1467-1477), sera rapidement restaure. Le bâtiment actuel date de 1641-1644. , Le kondo (grande Salle) et le Ninna-ji Goten (ensemble résidentiel) seront déplacés en dehors du palais impérial au moment de la reconstruction. Le kondo (Trésor National) dispose de sept travées de largeur et cinq de profondeur. Son style particulier est celui de l'époque Momoyama. Quatorze autres bâtiments de l'ensemble sont considérés comme des Biens Culturels Importants.
Byodo-in
Ce bâtiment sera à l'origine une villa aristocratique construite à Uji, lieu situé en périphérie de la capitale et renommé pour la beauté de ses paysages. Il sera transformé en temple en 1502. L'amidado (temple du Bouddha Amida), construit l'année suivante, est plus connu sous son le nom Ho-o-do (salle du Phoenix). Il sera le seul épargné par l'incendie de 1331. Les murs intérieurs de cet édifice élégant sont couverts de peintures et de bas-reliefs. Son jardin Paysage, d'une grande Beauté, représenterait le Saiko-Gokuraku-Jodo (Pure Terre de Paradis de I'Ouest). Il influencera de nombreux autres temples bouddhistes au Japon.
Ujigami-jinja
Cet ancien lieu de pèlerinage sera et consacre comme "Temple du Gardien" à l'issue de la construction du Byodo-in. Il comprend le honden (grand lieu saint) et le haiden (lieu de prière), deux édifices considérés comme des Trésors Nationaux. Le honden renferme trois sanctuaires dans une seule travée, alignés sous un toit unique. On suppose qu'il date du XIème siècle. Le style de l'haiden témoigne de I'architecture résidentielle du XIIIème siècle. La grande forêt à l'arrière est protége et inscrite à ce titre, sur la Liste du Patrimoine mondial.
Kozan-ji
Ce temple, fondé en 774, sera restauré et rebaptisé en 1206. Presque complètement détruit au cours des conflits des XIIème et XVIème siècles, il sera reconstruit en 1634 au cours de l'époque Edo. Le seul bâtiment épargné du XIIIème siècle, le sekisui-in (Trésor National) est construit dans le style architectural résidentiel avec un suguru-hafu, toit caractéristique de l'époque Kamakura. Il sera transféré à son emplacement actuel en 1889. Les deux pagodes de pierres hokyoin-to et nyohokyoto sont considérés comme des Biens Culturels Importants.
Saiho-ji
Sa construction originelle date de 731. Il survivra en devenant un temple Zen et sera rebaptisé en 1339. Un jardin et un étang seront aménagés dans la partie inférieure du site, tandis qu'un jardin sec occupe le versant de la colline. Les bâtiments du temple seront édifiés en périphéries de jardins. Les éléments fondamentaux de ces jardins, très endommagés au cours de la guerre civile de 1469, seront pour l'essentiel préservés. Recouverts de mousse, ils sont soigneusement entretenus et sont considérés comme parmi les plus beaux des jardins en ruines du Japon. Leur style, qui tend à intégrer les bâtiments et jardins dans une même unité, marque une étape dans l'évolution de la conception des jardins. Il exercera une profonde influence sur de nombreux jardins dessines postérieurement, tels que ceux de Rokuon-ji et Jishi-ji à Kyoto. Le Saiho-ji teien est classé Paysage d'une particulière Beauté et le Sonantei (maison de thé du XVIème siècle) est considéré comme Bien Culturel Important.
Tenryu-ji
Le Temyu-ji, palais construit en 1255 avec I'Arashiyama en toile de fond, deviendra un temple Zen en 1339. Ses principaux bâtiments sont disposes selon un axe unique avec un jardin a I'arrière, selon la configuration typique des temples Zen. Les structures bouddhistes disparaîtront au cours des siècles à la suite d'incendies consécutifs à des guerres civiles. Le Tenryu-ji Teien (jardin) dessiné par Muso Soseki a qui l'on doit également le jardin du Saiho-ji, reste un endroit magnifique classés Paysage d'une Grande Beauté. Son ensemble de pierres et le pont, qui mettent l'accent sur le panorama depuis le hojo (maison du prêtre), influencera l'art des jardins secs (le karesansui) après l'époque Muromachi.
Rokuon-ji (Kinkaku-ji)
Cette villa de campagne d'un courtisan aristocrate sera rachetée par le shogun Ashigaka Yoshimitsu après son abdication en 1397. Elle sera transformée en temple Zen par Muso Soseki après la mort de Yoshimitsu. Les jardins Rokuon-ji teien (Paysage d'une Particulière Beauté) seront dessines selon le modèle de ceux de Saiho-ji. Le Kinkaku (pavillon d'Or) sera construit sur la rive d'un étang. Son premier étage est de style aristocratique Shinden de l'époque Heian, le second étage est de style résidentiel intermédiaire et le troisième construit dans le style des temples Zen. La façade extérieure est recouverte de feuilles d'or. Classé Trésor National, l'édifice sera détruit par le feu. Reconstruit en 1955 et depuis il considéré comme un élément important du jardin.
Jisho-ji (Ginkakyu-ji)
Tout comme le Rokuon-ji, le Jisho-ji sera à l'origine la résidence de campagne d'un shogun - Ashikaga Yoshimasa - qui la fera construire en 1482 et lui donnera le nom de Higashiyama-dono. Elle sera transformée en temple après sa mort. Le Saiho-ji servira une nouvelle fois de modèle, avec des bâtiments tels le Kamnon-dan ou Ginkaku (Pavillon d'Argent) et le Jibuitsudo (pavillon abritant le bureau de Yoshimasa et l'autel bouddhiste) autour de l'étang. Les bâtiments, victimes des guerres du milieu du XVIème siècle, seront restaurés peu après. Le jardin, représentatif de la culture Higashiyama est classé Paysage d'une Particulière Beauté. Identique à celui dessiné en 1615 selon le style Chisenkaiyushiki (littéralement flânerie), il comprend un étang au centre bordé d'arbres et des pierres soigneusement choisis. Le Ginkaku, pavillon de deux étages et le Togudo construits respectivement en 1489 et 1485, sont classés Trésors Nationaux.
Ryoan-ji
Ryoan-ji sera édifié sur les terres de la villa d'un aristocrate de la cour pour servir de temple Zen. Le Hojo teien, jardin de pierres célèbre dans le monde entier, date du milieu du XVème siècle. Classé Paysage d'une Particulière Beauté, il forme un rectangle d'une superficie de 250 m2 ferme par un mur de terre sur trois axes. Il abrite quinze pierres disposées sur du gravier blanc en cinq groupes. C'est la quintessence du jardin paysage sec karesansui. Le Ryoan-ji teien (jardin) centré sur l'étang qui renferme les ruines de la première villa, est classé Paysage d'une Grande Beauté, tandis que le hondo (salle principale) est considéré comme Bien Culturel Important.
Hongan-ji
Le groupe Hongan-ji de la secte bouddhiste de Jodo-shinsu transférera son siège d'Osaka à Kyoto en 1591. La construction de l'ensemble du temple sera achevée en 1633 en dépit de difficultés occasionnées par le feu et les tremblements de terre. Des bâtiments résidentiels privés et la partie sud du théâtre nô seront construits au XVIIème siècle.
Des projets de reconstruction et de restauration seront entrepris a diverses reprises. L'ensemble a conserve les caractéristiques des jardins et des constructions de l'époque Momoyama. Un grand nombre de bâtiments sont classés Trésors Nationaux : le shoin (bâtiment de réception de réception des hôtes), les kuroshoin et denro (quartiers résidentiels du grand prêtre), le karamon (porte à six colonnes), le kita-nobutai (le plus vieux des théâtres nô du Japon), l'hiunkaku (pavillon a trois étages). Six autres bâtiments sont des classés Biens Culturels Importants dont le hondo (grande salle) et le daishido. Le daishido teien, jardin karesansui est considéré comme un Paysage d'une Particulière Beauté et le jardin tekisuien, qui fait face à l'hiunkaku, Paysage d'une grande Beauté.
Nijo-jo
Ce château sera construit en 1603 par le shogun Tokugawa Ieyasu pour protéger le palais impérial. Il en fera sa résidence lors de ses visites à Kyoto. Considérablement agrandi 1626, le château sera victime d'un manque d'entretien.
Certains éléments seront déplaces ou démolis, tandis qu'un incendie détruira le donjon principal en 1750 et le Honmaru Goten (palais) en 1788.
La propriété du château sera transférée au gouvernement national après la restauration Meiji en 1867, sous celle du gouvernement préfectoral de Kyoto en 1871. La Maison impériale le donnera à la ville de Kyoto en 1939.
Depuis lors, d'importants travaux de restauration seront entrepris. Le Nijo-jo est considéré comme un témoignage important de l'esprit de la culture Momoyama. Six des bâtiments du Ninomaru Goten (palais) épargnés par les incendies de 1788 sont classés Trésors Nationaux. Ce groupe est un chef d'oeuvre de l'architecture résidentielle shoin-zukuri, très appréciée les samouraïs. Il s'agit d'un ensemble de bâtiments accolés, disposés le long de l'étang du Ninomaru teien (jardin), classé Paysage d'une Particulière Beauté. Les 22 autres bâtiments construits dans l'enceinte du château sont considérés comme des Biens Culturels Importants.
Conservation
La majorité des bâtiments historiques de Kyoto inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial appartiennent à des communautés religieuses qui les utilisent encore de nos jours. Nijo-jo appartient à la ville de Kyoto et Jisho-ji appartient en partie au Ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche. Les dix-sept sites abritent 198 bâtiments classés Trésors Nationaux ou des Biens Culturels Importants. De même, 12 jardins sont classés Paysages d'une Particulière Beauté ou d'une Grande Beauté.
La plupart des édifices inscrits sur Liste du Patrimoine mondial, utilisés sans discontinuité comme lieux séculiers ou religieux depuis leur création, ont bénéficié d'un entretien régulier et de travaux de restauration et de reconstruction après les dégâts occasionnés par les guerres ou les catastrophes naturelles, prodigués par des organisations officielles mises en place par la cour impériale.
Au Moyen-Age, les shogunats, sanctuaires et les temples avaient tous leurs guildes d'artisans et de spécialistes en architecture. Les travaux entrepris sur les temples et les lieux de pèlerinage étaient supervisés par des représentants du shogun au cours de la période Edo. La restauration Meiji promulguera une loi, en 1897, pour la Préservation des Temples et Lieux de Pèlerinage, alors la modernisation rapide mettait en danger le patrimoine culturel du pays. L'approche japonaise en matière de restauration est très méticuleuse et repose sur une recherche scientifique scrupuleuse préalable.
Le respect rigoureux des formes, de la décoration et des matériaux d'origine qui prévaudra au Japon pendant plus d'un millénaire permet d'affirmer les biens visibles de nos jours sont, pour l'essentiel, conformes a ce qu'ils étaient au moment de leur création.
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