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Xanthos


Xanthos

Inscription au Patrimoine Mondial par l'Unesco : 1988

Xanthos (Turquie)
Xanthos Ruins - Kinik - Antalya
Tél : 0242 2385688-89
Fax :0242 2385687
Information : info@antalyamuzesi.gov.tr
   Xanthos : Visite virtuelle   12 sections et 3 éléments
Xanthos : Architecture extérieure (3)




Xanthos : Monument(s) et édifice(s) public(s) (9)



Pilier inscrit
approx. entre 425 et 400 avant J.C.

Monument des Harpyies (3)

Ce monument, qui domine le théâtre romain et l'Acropole lycienne, est sculpté dans le célèbre calcaire gris-bleu de Xanthos. Seule la frise, transportée au British Museum en 1842, est en marbre. L'Angleterre fera parvenir, en 1957, un moulage qui remplace aujourd'hui l'original.

Sarcophage monté sur pilier

Situé juste à côté du Pilier des Harpyes, ce monument sera négligé au cours des recherches entreprises en 1951-1952, du fait qu'il ne possédait ni reliefs, ni inscriptions. Les deux monuments apparaîtront à l'issue des travaux de débroussaillement effectués en 1951.

Sarcophage de Payava
approx. entre 370 et 350 avant J.C.
Charles Fellows s'écrira, en découvrant cette oeuvre réalisée dans le calcaire de la région : "c'est la plus belle des tombes". On la baptisera dans un premier temps "Tombe au cheval" puis "Tombe au chariot ailé". Les reliefs seront sciés et emportés au British Museum.

Pilier de l'Acropole

Le pilier le plus harmonieux de Xanthos est celui qui se dresse au sommet d'un rocher légèrement incliné. Il domine la vallée du Xanthe qui s'étend jusqu'à la plaine puis la mer. A l'emplacement de ce pilier, se trouvent des tombes à façade et plus bas des sarcophages, l'un deux est connu sous le nom de sarcophage de Payava.



Xanthos : Horaires   
- d'avril à octobre : 09:00/19:00
- de novembre à mars : 08:30/17:00
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Tarifs :
Accès aux ruines : 3 TL

Xanthos : Description   
Le site de Xanthos est particulièrement riche en tombes d'un caractère exceptionnel. On y trouve des tombes rupestres de type lycien, dont les formes géométriques imitent des constructions en bois dans lesquelles les Lyciens de l'Antiquité habitaient. Plusieurs sarcophages monumentaux sont également taillés dans la pierre en forme d'édifices indépendants en bois, mais surmontés d'un couvercle de forme ogivale particulière à la Lycie. Certains de ces sarcophages présentent des bas-reliefs illustrant des scènes de chasse et de guerre (sarcophage de Payava, sarcophage des danseuses).

Les monuments les plus remarquables sont les six piliers funéraires (dont cinq encore debout), autre spécialité lycienne (entre les VIème et IVème siècles avant Jésus-Christ) probablement réservée aux souverains locaux, dont Xanthos présente La chambre funéraire, parfois ornée de bas-reliefs, s'y trouvait exhaussée au sommet de monolithes d'une hauteur atteignant les six mètres.
Xanthos : Histoire   
Xanthos se situe dans la zone délimitée par la rivière Esen sur la route qui mène à la région historique de la Lycie, à soixante-quatre kilomètres de Fethiye. C'est la ville la plus remarquable de cette région. Elle domine une vallée qui s'étend jusqu'à la mer. Les fouilles des sites de Xanthos et du Létôon, découverts en 1838, seront entreprises à partir de 1950.

La cité de Xanthos s'est construite sur une colline basse mais escarpée, dominant le fleuve Xanthe ("l'acropole lycienne"), et une colline plus haute et plus étendue ("l'acropole romaine") qui s'étend au nord et au nord-est. Une assez grande superficie sera également occupée par la ville au pied de cette dernière, vers le sud-est. L'ensemble est en légère surélévation par rapport à l'estuaire du Xanthe qui sépare la cité du rivage de la Méditerranée, distant de sept kilomètres (probablement plus proche dans l'Antiquité).

Les Lyciens, de souche anatolienne, parlaient et écrivaient une langue encore mystérieuse apparentée au groupe louwite - le lycien - dont on retrouvera de nombreux textes. Situés à mi-chemin entre l'Orient (Empire perse) et l'Occident grec, ils subiront les influences de leurs voisins et produiront un art d'une grande originalité dont on trouve sur place de nombreux témoignages (sculptures, tombes). Certains monuments de la ville antique, qui couvre une large superficie, sont encore partiellement debout : rempart, théâtre, tombeaux, mais aussi vestiges de plusieurs églises chrétiennes.

Les textes d'Homère racontent que Sarpédon, le héros de la mythologie lycienne, allié de Priam, abandonnera sa femme, son fils et un immense trésor à l'emplacement actuel de la rivière Xanthe pour participer à la guerre de Troie où il sera tué par Patrocle. Ils permettent de penser qu'un peuple ancien se serait installé à cet emplacement.

La légende de Bellérophon évoque également la région. Il devra quitter Ephyra et se faire purifier par le roi Proetos à Argos. La femme du souverain Sthénébée (nommée Antia par Homère dans "L'Iliade"), amoureuse de lui, l'accusera de viol après avoir été repoussée. Proetos, ne pouvant tuer son hôte, l'enverra en Lycie à la cour de son beau-père, le roi Iobatès, avec une lettre cachetée. Le "Seigneur de la vaste Lycie le recevra aux bords du Xanthe" et le poète se borne à nous dire que les "Lyciens lui taillèrent un domaine supérieur à tous les autres, aussi propre aux vergers qu'aux terres à blé". Le père de Sthénébée n'ouvrira le pli que dix jours l'arrivée de Bellérophon et lira le message qui demandait de le tuer. Iobatès ordonnera au jeune homme de tuer la monstrueuse Chimère qui ravageait la Lycie en pensant ne pas le revoir ...

Les plus anciennes découvertes de l'Acropole, de rares fragments géométriques de poteries, remontent à la fin du VIIIème siècle avant Jésus-Christ. Les objets en céramique n'apparaîtront en quantité qu'un siècle plus tard. C'est pour cette raison que l'on estime que les premiers habitants de l'Acropole, attirés par l'existence du fleuve et la protection naturelle du site, s'installeront à cette époque.

Xanthos restera indépendante jusqu'en 545 avant Jésus-Christ. Cyrus, après avoir détruit Sardes une année plus tôt, enverra son commandant en chef Harpagos en Lycie afin soumettre toute l'Anatolie. Hérodote rapporte qu'Harpagos aurait envoyé son armée dans la plaine du Xanthe. Les troupes lyciennes de Xanthos, inférieures en nombre, rassembleront à l'intérieur de la forteresse leurs femmes, enfants, esclaves et toutes leurs possessions, et y mettront le feu. Ils affronteront alors les Perses et seront exterminés sans merci. Sans doute du fait de la migration saisonnière, environ quatre-vingt familles seront toutefois épargnées. Les plus anciens vestiges de cette période datent de 540 avant Jésus-Christ, et les plus récents datent du premier quart du Vème siècle avant Jésus-Christ.

La plupart des céramiques de la période pré-attique seront découvertes enterrées au pied d'un mur datant de la deuxième période de la domination perse. Une partie de ces céramiques à figurines noires, mélangées à des céramiques locales ou de Grèce orientale, prouvent qu'une invasion s'est poursuivie depuis la période archaïque jusqu'à la période classique.

Les relations commerciales et culturelles avec Athènes s'intensifieront. La surface de l'Acropole de Xanthos était jonchée de céramiques attiques des années 525 à 470 avant Jésus-Christ. Lyciens sont demeurés longtemps dans l'Union Attique-Delos. Les premiers monuments funéraires de Xanthos datent de cette période. Il est aisé de reconnaître l'influence perse dans le style architectural de ces oeuvres. Le style grossier de la construction se heurte à l'élégance grecque de l'apparence.

Un incendie, évoqué par Hérodote, semble avoir ravagé les constructions au sud-est de l'Acropole entre 475 et 470 avant Jésus-Christ. Ces dates correspondent approximativement aux attaques de Cimon sur les côtes sur d'Asie Mineure. La stratégie d'Athènes était d'étendre ses invasions jusqu'à la rivière Eurymédon.

L'incendie marquera le début d'une troisième époque dans l'histoire de cité. Les premiers travaux de reconstruction concerneront les remparts autour de l'Acropole, puis cette dernière sur la base des plans originaux. Alexandre le Grand et surtout Ptolémée en 309 avant Jésus-Christ marqueront de leurs empreintes une nouvelle époque de Xanthos.

Un petit sanctuaire consacré aux dieux égyptiens sera érigé au cours du IIIème siècle avant Jésus-Christ. On y a découvrira un relief en marbre orné des silhouettes d'Isis et de Sérapis et découvert par Fellows dans l'enceinte de l'est, de petits fragments de céramiques, des morceaux de vasques en terre cuite montées sur colonne, ainsi que des fragments de vases et de figurines dans la "favissa" de l'époque byzantine.

Une superficie importante sera délimitée par un nouveau rempart protégeant la totalité du périmètre urbain. Les tombes se trouvent dans la ville ; les techniques de construction sont en partie grecques mais surtout anatoliennes (maisons en bois surélevées sur socle de pierre servant de magasin) et spécifiquement lyciennes (piliers funéraires, architectures de pierre imitant le bois).

On est très mal renseigné sur la période hellénistique, au cours de laquelle la ville ne semble pas avoir connu d'évolution importante.

Brutus s'emparera de Xanthos en 42 avant Jésus-Christ. L'Acropole sera alors complètement détruite. A en croire Philon, les habitants de Xanthos répéteront le geste de leurs ancêtres du VIème siècle avant Jésus-Christ et préféré brûleront leurs parents, femmes, enfants et biens avant d'être massacrés. Appien, dans une description plus détaillée de l'événement, raconte que Brutus tentera d'épargner le sanctuaire et les autres monuments de l'Acropole. Ces bâtiments seront détruits par les byzantins lors de la fortification de la muraille du sud.

L'empereur romain Marc Antoine participera à la restauration de la ville en 41 avant Jésus-Christ. Un arc de triomphe sera construit à l'époque de Vespasien et un riche Romain, du nom de Licinius Langus financera la construction de bains.

La ville se dotera de grands axes sous le Bas-Empire (dont, semble-t-il, au moins une rue à colonnade), de trois places entièrement bordées de portiques à colonnades corinthiennes et pourvues d'entrées monumentales. Une modification du théâtre lui permettra d'accueillir des combats d'animaux. Xanthos sera alors fortement marquée par la civilisation romaine.

La période paléochrétienne/protobyzantine (Vème-VIème siècles) engendrera le dernier développement important de la ville. Plusieurs maisons de luxe avec cour péristyle, thermes privés, décors de mosaïques historiées et de placages de marbre (acropole lycienne), seront alors construites, ainsi que des églises dont deux au moins sont très grandes. L'une, au sommet de l'acropole, à atrium mais sans narthex était probablement une église de pèlerinage. L'autre, dans le centre de la ville, était peut-être la cathédrale épiscopale. De grandes dimensions, munie d'un atrium et d'un narthex, complétée par un baptistère tétraconque, elle offrait notamment un grand luxe de décor au sol (opus sectile, mosaïques). Des restaurations, effectuées à la suite d'un séisme peu de temps après sa construction, ont vu l'opus sectile remplacé par des mosaïques

La cité sera progressivement abandonnée du fait de la fréquence des séismes et des incursions de la flotte arabe. Elle connaîtra une timide et brève renaissance au XIème-XIIème siècles (reconstruction partielle des églises). Les fouilles récentes identifieront une réoccupation superficielle du site à l'époque moderne (à partir du XVIIIème siècle ?) caractérisée par des enclos et des traces de constructions très médiocres réalisées avec les blocs pris aux ruines antiques. Les vestiges d'un petit nombre de maisons plus récentes conservent encore le souvenir des derniers villageois que rencontra Charles Fellows lorsqu'il découvrit Xanthos en 1838.
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