English
Allemagne > Postdam > Palais de Sans-souci
Palais de Sans-souci


Palais de Sans-souci
Schloss Sanssouci

Inscription au Patrimoine Mondial par l'Unesco : 1990, 1999

Postdam (Allemagne)
Park Sanssouci 14469
Tél : +49 331 969 4102
Fax :+49 331 969 4107
Le palais de Sans-Souci (Schloss Sanssouci en allemand) est l'ancien palais d'été du roi de Prusse Frédéric le Grand. Il est situé dans le Brandebourg près de la ville de Potsdam, à vingt-six kilomètres au sud-ouest de Berlin.
   Palais de Sans-souci : Visite virtuelle   21 sections et 144 éléments
Palais de Sans-souci : Architecture extérieure (15)


Palais de Sans-souci (6)
Hohenzollern - entre 1745 et 1747
L'emplacement et la disposition de Sanssouci au dessus d'un coteau de vignes reflètent l'idéal pré-romantique d'harmonie entre l'homme et la nature dans un paysage ordonné par la main du jardinier.

Moulin à Vent
entre 1787 et 1791
Le moulin a été bâti en style hollandais de 1787 à 1791. Après sa destruction en 1945, il a été reconstruit en 1993 et équipé d'un nouveau broyeur.

Nouvelles Chambres (4)
Schloss Neue Kammern
entre 1745 et 1771
Erigées d'abord comme orangerie d'après des plans de Knobelsdorff en 1747, les Nouvelles Chambres furent transformées par Frédédric le Grand pour devenir une somptueuse résidence d'hôte.


Grotte de Neptune (2)
entre 1751 et 1757
Construit d'après les plans de Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff, le Grotte de Neptune est voisine de la porte de l'Obélisque du parc de Sans Souci. Comme toutes les fontaines du parc de Sans souci, elle n'entrera jamais en service en raison des problèmes techniques d'adduction d'eau.

Galerie de Peintures (27)
Bildergalerie
entre 1755 et 1764
Ce bâtiment de style baroque, situé au nord du Palais de Sanssouci, est considéré comme le premier musée d'Allemagne, puisqu'il fut érigé dès l'origine pour accueillir des peintures. Il abritait la collection de peintures achetées par Frédéric II. La salle, décorée dans un style rococo, renferme 124 oeuvres de peintres flamands, italiens et hollandais.

Maison de thé chinoise (10)
Chinesisches Haus
entre 1754 et 1757
Inspirée d'un pavillon du parc du château de Lunéville, la maison de thé a été conçue par Johann Gotfried Büring. Des petits cabinets s'ouvrent sur la salle ronde, décorée de peintures orientales. Les colonnes de l'édifice sont en forme de palmiers

Bains Romains (3)
Römische Bäder
entre 1829 et 1840
Sa fascination de l'Italie et sa passion pour l'architecture de l'Antiquité décidèrent le Dauphin Frédéric-Guillaume IV à confier à K. F. Schinkel et à son maître d'oeuvre de Postdam, L. Persius la réalisation de cet ensemble architectural assez pittoresque. Les agrandissements entrepris s'inspiraient d'esquisses conçues par le dauphin lui-même.

Temple de l'amitié (1)
Freundschaftstempel
entre 1768 et 1770
Le temple de l'amitié a été construit au sud de l'avenue principale en mémoire de la Margravine Wilhelmine de Bayreuth, soeur du roi.

Palais de Charlottenhof (1)
Schloss Charlottenhof
entre 1826 et 1829
Cette construction fut dessinée par l'architecte Karl Friedrich Schinkel, à la demande du prince héritier, le futur Frédéric-Guillaume IV. Le château de Charlottenhof fut érigé dans un style classique Italien au sud-ouest du parc. Schinkel orna de peintures murales l'intérieur de ce palais, s'inspirant pour cela des décorations des demeures de Pompéi.

Nouveau Palais (19)
Neues Palais
entre 1763 et 1769
Le Nouveau Palais est situé sur le côté ouest du parc royal de Sanssouci à Potsdam. Sa construction a commencé en 1763, après la fin de la guerre de Sept Ans, sous Frédéric le Grand, et s'est achevée en 1769. Il est considéré comme le dernier grand palais baroque prussien.

Palais de l'Orangerie (6)
Orangerieschloss
entre 1851 et 1864
Cette orangerie fut construite entre 1851 et 1860, d'après des plans dessinés par Frédéric-Guillaume IV lui-même. Il s'est inspiré, pour cette réalisation, des palais italiens de la Renaissance. Cette construction était destinée à accueillir les appartements du tsar Nicolas Ier et son épouse.

Belvédère sur le Klausberg
Belvedere auf dem Klausberg
entre 1770 et 1772
Georg Christian Unger dessinera ce belvédère d'après des dessins de l'archéologiste italien Francesco Bianchini publiés en 1783 dans son livre Del Palazzo de' Cesari. Bianchini avait tenté de reconstruire le Palais Impérial antique sur le Mont Palatin.

Maison du Dragon
Drachenhaus
entre 1770 et 1772
La Maison du Dragon est construite entre 1770 et 1772 dans le style des chinoiseries au nord du parc.

Eglise de la Paix (6)
Friedenskirche
entre 1845 et 1854
L'église de la Paix a été réalisée de 1845 à 1854, sur un modèle italien. Les dépouilles du roi Frédéric Guillaume IV et de la reine Elisabeth y reposent. Dans le mausolée sont inhumés l'empereur Frédéric III, l'impératrice Victoria et le roi Frédéric Guillaume Ier.
Palais de Sans-souci : Guide (1)


Guide, plan et vue aérienne (2)
Plan et vue aérienne du Palais de Sans-souci
2008
Le S-Bahn et le bus 695 sont vivement conseillés pour se rendre sur place. Les horaires de visite sont un peu compliqués. Ils dépendent des saisons. Il est interdit de photographier à l'intérieur des bâtiments.
Palais de Sans-souci : Parc(s) et jardin(s) (5)


Jardins en terrasse du Palais de Sans-souci (10)
1744
La vue panoramique sur les jardins de Sanssouci est le résultat du désir de Frédéric le Grand de créer un jardin en terrasse sur le flanc de la colline de Bornstedt précédemment déboisée par son père, le roi-sergent Frédéric-Guillaume Ier.



Jardin à la française (17)
entre 1745 et 1748
Au pied du coteau, à partir de 1745, un jardin à la française aux formes géométriques prend Versailles pour modèle. La Grande Fontaine y est construite en son centre en 1748.

Parc du Palais de Sans-souci (12)
approx. entre 1745 et 1775
Une fois les jardins en terrasse achevés, Frédéric tourne son attention sur le paysage environnant et entreprend ce qu'il a déjà fait à Rheinsberg
Palais de Sans-souci : Horaires   

Ouvert tous les jours sauf lundi
Nocturne dimanche
Le château de Sans-souci (Schloss Sansouci) + (49) 33 19 69 41 90
- du 1er avril au 31 octobre, de 9h à 17h, du mardi au dimanche
- du 1er novembre au 31 mars, de 9h à 16h, du mardi au dimanche
(visite avec guide uniquement)
,

Palais de Sans-souci : Guide de visite   
Horaires des autres lieux
La galerie de peinture (Bildergalerie)
- du 15 mai au 15 octobre, de 10h à 17h, du mardi au dimanche.
Les nouvelles chambres (Neue Kammern) + (49) 33 19 69 42 06
- du 1er avril au 14 mai, de 10h à 17, ouvert les samedis et dimanches seulement
- du 15 mai au 15 octobre, de 10h à 17h, du mardi au dimanche
(visite avec guide uniquement)
La nouvelle orangerie (Neue Orangerie) + (49) 33 19 69 42 80
- du 15 mai au 15 octobre, de 10h à 17h, du mardi au dimanche
(visite avec guide uniquement)
Terrasse panoramique
- du 1er avril au 14 mai, les samedis et dimanches de 10h à 17h
- du 15 mai au 15 octobre : du mardi au dimanche, de 10h à 17h
Le Nouveau Palais (Neues Palais) + (49) 33 19 69 42 55
- du 1er avril au 31 octobre, de 9h à 17h, tous les jours sauf le vendredi
- du 1er novembre au 31 mars, de 9h à 16h, tous les jours sauf le vendredi.
(visite avec guide uniquement)
Le château de Charlottenhof (Schloss Charlottenhof) + (49) 33 19 69 42 28
- du 15 mai au 15 octobre, de 10h à 17h, du mardi au dimanche
Les termes romains (Römische Bäder) + (49) 33 19 69 42 25
- du 1er mai au 31 octobre, de 10h à 17h, du mardi au dimanche
La maison de thé chinoise (Chinesisches Teehaus) + (49) 33 19 69 42 22
- du 15 mai au 15 octobre, de 10h à 17h du mardi au dimanche
Palais de Sans-souci : Description   
On range souvent Sanssouci parmi les principaux rivaux du château de Versailles, bien que le palais ait été réalisé dans un style rococo plus intimiste et soit par ailleurs nettement plus petit que son homologue français. Le palais de Frédéric est renommé pour les nombreux temples ou autres extravagances du parc de Sanssouci, attenant à l'édifice.

Réalisé par Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff entre 1745 et 1747, Sanssouci répondait au besoin qu'avait Frédéric d'une résidence privée où se détendre, loin des solennités de la cour berlinoise. Le "palais", pour cette raison, s'apparente en réalité davantage à une grosse villa, et son véritable équivalent en France est le château de Marly. Le bâtiment de dix pièces s'étend sur un seul niveau, au sommet d'une colline en terrasses et au centre du parc. Les goûts personnels du roi ont eu une telle influence sur la conception et la décoration du palais que l'on parle parfois de "rococo frédéricien". Frédéric lui-même considérait l'endroit si lié à sa propre personne qu'il le voyait comme "un lieu qui mourrait avec lui".

Au XIXème siècle, le palais devint la résidence du roi Frédéric-Guillaume IV. Ce dernier engagea l'architecte Ludwig Persius pour agrandir l'édifice, tandis que Ferdinand von Arnim fut chargé d'embellir les environs afin d'offrir un meilleur panorama depuis le palais. Après la Seconde Guerre mondiale, le palais devint une attraction touristique en République démocratique allemande. Le gouvernement est-allemand, sensible à la valeur historique du site, fit le choix de le garder en l'état et de l'entretenir. Suite à la réunification allemande, la dernière volonté de Frédéric le Grand put enfin être accomplie : son corps revint en ce lieu tant aimé et y trouva une nouvelle tombe. Sanssouci et ses vastes jardins furent inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1990. Les palais impériaux des alentours de Berlin sont aujourd'hui visités par plus de deux millions de personnes tous les ans.

La conception du château
L'emplacement et la disposition de Sanssouci au dessus d'un coteau de vignes reflètent l'idéal pré-romantique d'harmonie entre l'homme et la nature dans un paysage ordonné par la main du jardinier. La viticulture, très vite, passe au second plan et cède la place aux jardins d'agrément. La colline sur laquelle Frédéric décide d'implanter son vignoble en terrasse devient l'axe central de son domaine, couronné par un château relativement modeste - mein Weinberghäuschen ("mon petit cellier"), comme Frédéric se plaît à l'appeler. Bénéficiant d'une vue panoramique sur les alentours, le roi désire résider ici "sans souci" et s'y livrer à ses passions artistiques ou personnelles. Le palais est réservé au roi et à ses proches pendant les mois d'été, de fin avril à début octobre.

Vingt ans après l'achèvement de Sanssouci, Frédéric construit également le Nouveau Palais (Neues Palais) à l'ouest du parc. Cette construction plus ambitieuse est en contraste total avec le projet intime de Sanssouci, il s'agit alors de montrer au monde la puissance et la force de la Prusse dans le plus pur style baroque. Le dessein est d'affirmer que le pays conserve intactes ses ressources en dépit de la quasi défaite prussienne lors de guerre de Sept Ans. Frédéric le Grand ne cache pas ses intentions et parle même, au sujet de cette nouvelle construction, d'une "fanfaronnade".

Cette conception globale, fait comparer cet ensemble palatin au Château de Versailles, avec Sanssouci dans le rôle du Grand Trianon. Mais cette analogie s'arrête là. Contrairement aux Trianons, Sanssouci n'est pas conçu pour échapper aux pesanteurs du protocole et à l'omniprésence des courtisans puisqu'au moment de sa construction le "grand palais" n'existe tout simplement pas. Il est juste en revanche de concevoir ce palais comme une retraite dédiée aux menus plaisirs du souverain sans la lourdeur de l'étiquette royale et sans volonté d'apparat. Contrairement aux Trianons encore, Sanssouci est conçu comme un tout.

L'architecture
Sanssouci est petit, le corps de logis n'est qu'une enfilade de dix pièces sur un étage flanqué de deux ailes pour les communs. Le croquis de Frédéric II datant de 1745 (voir illustration ci dessus) montre que von Knobelsdorff en est plus l'exécutant que l'architecte à part entière.

Ce n'est pas une coïncidence si Frédéric choisit le style rococo pour l'architecture de Sanssouci. Ce style léger, presque éthéré, convient parfaitement au projet de palais d'été, de résidence campagnarde et de retraite que le souverain caresse. Le style rocaille (comme il est connu en France) ou rococo est apparu au début du XVIIIème siècle et joue pour l'art baroque le rôle que le maniérisme a joué pour l'art de la Renaissance : il abandonne le sévère pour le précieux, le grandiose pour l'intime, la rigueur esthétique pour la grâce artistique, il préfère le décor à la structure. Aux peintures mythologiques succèdent les "scènes galantes", aux épopées héroïques, les romans libertins. Voltaire résume for bien son temps en versifiant :
- Oh le bon temps que ce siècle de fer
- Où le superflu, chose très nécessaire,
- Réunit l'un et l'autre hémisphère.

Le bâtiment occupe tout la longueur de la terrasse supérieure. La monotonie de la façade est rompue par un pavillon central arrondi dont le dôme s'élève au dessus des toits. Sur le linteau, des lettres de bronze doré épellent le nom du palais. Les deux ailes des communs sont cachées côté jardin par des haies d'arbres qui se terminent chacun en une gloriette en treillis richement décorées d'ornements dorés.

La façade est ornée d'atlantes et de cariatides qui soutiennent le linteau, elle sont regroupées par paire entre les fenêtres. Exécutées en calcaire, ces sculptures des deux sexes représentent les Ménades (Bacchantes chez les Romains), les compagnes du dieu du vin dont les vignes en espalier, sur les terrasses en contrebas, lui sont redevables. Elles proviennent de l'atelier de Friedrich Christian Glume. qui a également réalisé les vasques sur la balustrade et les groupes de chérubins au niveau du dôme.

La façade nord contraste avec la légère exubérance de celle du sud. Une colonnade semi-circulaire formée de deux rangées de colonnes d'ordre corinthien étend ses bras depuis le bâtiment principal pour accueillir le visiteur et définir les limites de la cour d'honneur. Là encore, une balustrade décorée de vasques décore le corps de logis principal.

Les communs, de chaque coté de celui-ci servent à héberger la domesticité d'un monarque du XVIIIe siècle même lorsqu'il s'agit de l'accompagner dans sa "retraite". Du temps de Frédéric, ils étaient camouflés derrière des feuillages. À l'est, proches du roi, les quartiers d'habitation des secrétaires, jardiniers et serviteurs, à l'ouest la cuisine, les étables et la remise à carrosses.

Frédéric a habité Sanssouci tous les étés jusqu'à sa mort en 1786 à la suite de quoi le palais est entré en léthargie, inhabité et vide jusqu'au milieu du XIXème siècle. En 1840, 100 ans après l'accession au trône du Grand Frédéric, son petit-neveu Frédéric-Guillaume IV et sa femme déménagent dans l'aile destinée aux invités, conservant le mobilier existant et remplaçant les pièces manquantes par d'autres de l'époque de Frédéric. Ils désirent alors restaurer la chambre de Frédéric dans son état initial mais les documents authentiques et les plans manquent pour mener ce projet à bien.

Entre 1840 et 1842, Frédéric-Guillaume IV transforme le palais sans souci, sans protocole et ... sans femme de son grand-oncle. L'aile ouest des communs devient l'"aile des dames" et héberge les dames de compagnies de la reine de Prusse. Les chambres sont décorées de boiseries raffinées et de tapisseries précieuses. La restauration et la mise au goût du jour est indispensable car si Frédéric aimait la modestie sans la pompe royale, la fin de sa vie est marquée par un quasi-ascétisme et il ne permit aucune réparation de la façade de ce palais qu'il voyait disparaître avec lui. L'aile est des communs, elle aussi agrandie d'un étage, accueille les cuisines alors qu'à l'étage résident les domestiques.

Les appartements
L'architecture baroque transfère l'étage noble du premier étage vers le rez-de-chaussée. Dans le cas de Sanssouci et sur le choix de Frédéric, ce rez-de-chaussée est par ailleurs le seul étage du corps de logis (les communs, pour leur part, en comportent deux). Le plan intègre aussi l'innovation issue de France d'une double circulation, l'une, destinée aux maîtres, se présente typiquement sous la forme de belles pièces en enfilade donnant sur le parc, l'autre que le langage du temps appelle "dégagements", est destinée aux serviteurs et se trouve sur l'arrière du bâtiment. L'enfilade des pièces nobles permet au visiteur de percevoir d'un seul coup d'oeil l'étendue et la richesse des appartements et, par là-même, de son propriétaire. Les dégagements quant à eux permettent de se faire servir sans avoir à supporter la présence constante du personnel de maison.

Frédéric, outre le plan général, dessine lui-même ses desiderata pour la décoration intérieure et ses souhaits sont interprétés et réalisés par des artistes comme Johann August Nahl, les frères Hoppenhaupt, les frères Spindler et Johann Melchior Kambly dans le style rococo. Si Frédéric se soucie peu de l'étiquette et de la mode, il aime en revanche à s'entourer d'objets d'art et de peintures. Il arrange ses appartements privés en fonction de ses goûts et de ses besoins en ignorant le plus souvent les courants en vogue et les modes, c'est ainsi qu'on parle de rococo frédéricien pour décrire le style qui se développe alors en Prusse sous l'impulsion du roi.

Le palais est articulé selon le schéma classique "antichambre - chambre - appartements privés", schéma où les visiteurs peuvent pénétrer plus avant dans l'édifice, et sont accueillis, en fonction de leur rang. Deux pièces servent de "zone d'accueil", la salle de marbre et le vestibule, celui-ci servant d'antichambre à celle-là qui, sous son dôme elliptique, est la pièce principale du palais ; cinq pièces vers l'ouest sont réservées aux invités du roi alors que ses appartements sont disposés à l'est. Là encore, le tout s'articule sur une subtile gradation de l'espace public vers le privé : une salle d'audience (pour toute personne), une salle de musique (les courtisans et les amis), une salle de travail (les intimes et les ministres), une chambre à coucher (la reine et les intimes), un bibliothèque dont on imagine fort bien qu'elle jouait le rôle de "boudoir", cette délicieuse invention du XVIIIème siècle, où l'on se retire pour bouder et se reposer.

On pénètre dans le palais par le vestibule où l'ordre classique de la colonnade de la cour d'honneur à l'extérieur se poursuit à l'intérieur. Les murs sont soutenus par dix paires de colonnes corinthiennes en stuc blanc aux chapiteaux dorés. Le dessus-de-porte sont ornés de reliefs représentant le mythe de Bacchus et font écho au vignoble créé à l'extérieur. Ils sont l'oeuvre de Georg Franz Ebenhech. L'austère élégance est adoucie par un plafond peint par le Suédois Johann Harper représentant Flore et des génies jetant des fleurs depuis le ciel.

La Marmorsaal, ou salle de marbre est la principale pièce du palais. De forme elliptique, elle retient le même système architectonique de paires de colonnes corinthiennes en stuc blanc et aux chapiteaux dorés que dans le vestibule mais elles soutiennent ici un dôme surmonté d'une coupole. La décoration des murs et des sols est en marbre de Carrare et de Silésie. Deux niches font face au parc et abritent des statues d'Uranie et d'Apollon par le Français François Gaspard Balthazar Adam rendent hommage aux dieux des arts et à la muse de l'astronomie et placent l'iconographie de Sanssouci sous l'égide des arts et de la nature. Le dôme quant à lui est orné de trophées militaires - on est en Prusse - et de putti enjoués -on est au XVIIIème siècle.

La pièce adjacente sert de salle d'audience ou de salle à manger selon les besoins. Elle est décorée de peintures françaises du XVIIIème siècle avec des oeuvres de Jean-Baptiste Pater, Jean-François de Troy, Pierre-Jacques Cazes, Louis de Silvestre et Antoine Watteau. Les boiseries rocaille agrémentées d'amours, de guirlandes sont l'oeuvre du décorateur et sculpteur Johann Michael Hoppenhaupt, dans cette pièce comme ailleurs dans le palais où elles ont été conservées, Glume est l'auteur des dessus-de-porte sculptés représentant des livres et des fleurs.

La salle de musique est considérée comme un chef-d'oeuvre du rococo allemand. Des toiles d'Antoine Pesne sur le thème des Métamorphoses d'Ovide alternent avec de grands miroirs entre les boiseries à palmettes et rocailles.

La salle d'étude du roi et la chambre à coucher attenante ont été refaites par Frédéric-Guillaume von Erdmannsdorff, en 1786 après la mort de Frédéric, dans un style néo-classique qui contraste avec l'atmosphère rococo de l'enfilade qui y conduit. On peut cependant y admirer le bureau sur lequel Frédéric travailla et le fauteuil dans lequel il mourut et qui ont été rapportés ici au milieu du XIXème siècle en même temps que d'autres portraits et peintures qui faisaient l'agrément du roi.

La bibliothèque circulaire n'est accessible que par un petit couloir depuis la chambre à coucher. Le simple fait qu'elle n'est pas dans l'axe de l'enfilade suffirait à comprendre son caractère intime et privé. Les boiseries en bois de cèdre rehaussées de dorures rocailles lui donnent une atmosphère de recueillement et de paix. Elle contient environ deux mille volumes d'auteurs grecs et romains (principalement centrés sur l'historiographie et la littérature du XVIIIème siècle avec une emphase toute particulière sur l'oeuvre de Voltaire). Les reliures sont en maroquin rouge ou brun et richement dorées.

Au nord de cette enfilade, Frédéric a en quelque sorte "privatisé" le dégagement qui en toute logique aurait dû être réservé au service du monarque pour en faire une petite galerie de peinture et de sculpture privée. Cinq niches ornées de sculptures de déités gréco-romaines font face à cinq fenêtres et encadrent des oeuvres de Nicolas Lancret, Jean-Baptiste Pater et Antoine Watteau. Collectionneur infatigable et souverain soucieux du bien-public, Frédéric ouvrira à Sanssouci, dans un bâtiment séparé, une Galerie de peintures, l'une des toutes premières en Allemagne à être accessible au public.

À l'ouest de la salle de marbre se trouvent les chambres des invités, appartements où Frédéric reçoit ses intimes. Deux d'entre eux furent assez intimes ou célèbres pour laisser leur nom aux pièces dans lesquelles ils dormirent. Le "salon Rothenburg" était fréquemment habité par le comte Rothenburg jusqu'à la mort de ce dernier en 1751 et fait pendant à la bibliothèque royale à l'autre bout du palais. Il n'est pas certain que le célèbre philosophe des Lumières a effectivement dormi dans la "chambre de Voltaire", toujours est-il qu'on a ici l'une des plus délicieuses décorations rococo qui nous soient données de voir, avec ses murs laqués de jaune, ses guirlandes de fleurs et de fruits, ses oiseaux exotiques, perroquets ou aigrettes, ses singeries qui lui donnent un caractère amène et joyeux, voulu par Frédéric qui en dessina l'essentiel et réalisé par Johann Christian Hoppenhaupt entre 1752 et 1753.

Les jardins en terrasse
La vue panoramique sur les jardins de Sanssouci est le résultat du désir de Frédéric le Grand de créer un jardin en terrasse sur le flanc de la colline de Bornstedt précédemment déboisée par son père, le roi-sergent Frédéric-Guillaume Ier.

Le 10 août 1744, Frédéric ordonne que le coteau soit transformé en une vigne terrassée. Trois larges terrasses sont alors créées avec une forme d'arbalète convexe pour maximiser l'apport du soleil (voir plan). Des plants de vignes dont les cépages sont issus du Portugal, d'Italie, de France et du Neuruppin voisin y sont plantées sur treilles alors que des figuiers sont mis en terre dans les 168 niches protégées de parois vitrées pour bénéficier d'un effet de serre.

Les parterres des terrasses sont couverts de gazon cloutés d'ifs et gansés de buis noirs. Un escalier de 120 marches sépare les terrasses en deux parties symétriques et permettent d'accéder au parc depuis le palais.

Au pied du coteau, à partir de 1745, un jardin à la française aux formes géométriques prend Versailles pour modèle. La Grande Fontaine y est construite en son centre en 1748. Frédéric ne vit jamais de son vivant les eaux du jet s'élever dans l'air en dépit des efforts aussi constants qu'infructueux de ses ingénieurs en hydraulique. À partir de 1750, des statues de marbre sont placées autour du bassin de la fontaine. Là encore, la mythologie et Versailles servent d'inspiration : on reconnaîtra les figures de Vénus, Mercure, Apollon, Diane, Junon, Jupiter, Mars et Minerve, la représentation allégorique des quatre éléments, le feu, l'air, l'eau et la terre.

Vénus et Mercure sont l'oeuvre du sculpteur Jean-Baptiste Pigalle alors que deux groupes, la chasse et la pêche représentant allégoriquement l'air et l'eau, par Lambert Sigisbert Adam, sont un cadeau du propriétaire de Versailles, Louis XV à celui de Sanssouci.

Les autres statues, pour leur part, proviennent de l'atelier du frère cadet de Lambert Sigisbert Adam, François Gaspard Adam, célèbre et actif à Berlin. En 1764, le Rondeau français, comme on l'appelle dès lors, était achevé.

Non loin, on trouve la cuisine-jardin que Frédéric-Guillaume Ier avait installée quelque temps auparavant en 1715. Le roi-sergent avait ironiquement appelé ce simple jardin "mon Marly" en référence au jardin assez semblable de la résidence d'été de Louis XIV, Marly-le-Roi.

En établissant son projet de palais d'été, Frédéric II pris soin de joindre l'utile à l'agréable en liant le jardin ornemental et l'horticulture - c'est le dessein de Sanssouci que de prouver que l'art et la nature sont inséparables.

Le parc
Une fois les jardins en terrasse achevés, Frédéric tourne son attention sur le paysage environnant et entreprend ce qu'il a déjà fait à Rheinsberg, perpendiculairement à l'axe du palais de Sanssouci et des terrasses, il dessine une allée rectiligne qui s'étend sur 2,5 km de long, délimité à l'est par un obélisque érigé en 1748 et, à l'ouest, par le Nouveau Palais dont la construction est entreprise en 1763.

Le parc prolonge le thème horticole du jardin et se voit orné de trois mille arbres fruitiers dont des orangers, ananas, pêchers et autres bananiers sortis à la belle saison de l'Orangerie. La statuaire n'est pas en reste, qui célèbre Flore, Vertumne et Pomone.

Frédéric fait également construire plusieurs "folies", temples ou maisons d'agrément, en partie pour suppléer au manque d'espace à l'intérieur du palais et pour pouvoir loger d'autres visiteurs et courtisans, en partie en succombant à la mode du temps qui si elle se veut champêtre, l'est à nos yeux de manière un peu artificielle et totalement mondaine ...

Frédéric II investit a fonds perdus et en vain pour installer un système hydraulique pour alimenter les fontaines de Sanssouci et imiter (ou dépasser) les autres résidences royales d'Europe. Mais l'hydraulique n'en est alors qu'au stade de l'enfance et en dépit de réservoirs et de stations de pompage, les fontaines du parc sont restées silencieuses pour encore un siècle. C'est l'invention de la machine à vapeur qui a résolu le problème et alimenté les réservoirs et les fontaines.

À partir de 1842, la famille royale prussienne peut enfin admirer la Grande Fontaine, telle que l'avait voulu Frédéric, projetant ses eaux à 38 mètres de hauteur sous les gradins des terrasses viticoles. La station de pompage devient une "fabrique" exotique parmi d'autres dans le paysage du parc, déguisée en mosquée ottomane dont le minaret cache la cheminée.

Frédéric-Guillaume III et, plus tard, Frédéric-Guillaume IV étendent le parc avec l'aide de leurs architectes, Karl Friedrich Schinkel et Ludwig Persius qui y ajoutent le palais de Charlottenhof à l'emplacement d'une ancienne ferme et les bains romains. De larges prés créent des perspectives visuelles qui lient Charlottenhof au Nouveau Palais, elles sont l'oeuvre de Peter Joseph Lenné et intègrent les folies de Frédéric comme le temple de l'amitié qu'il dédie à sa soeur Wilhelmine, margravine de Bayrouth.

Sanssouci démocratique
Après la Première Guerre mondiale, au 1er avril 1927, l'ensemble de Sanssouci, du Nouveau Palais et des parc et jardin attenants passent sous l'administration du Verwaltung der Staatlichen Schlösser und Gärten (Administration des palais et jardins nationaux).

Quand les raids aériens sur Berlin commencent lors de la Seconde Guerre mondiale, les oeuvres d'art des anciens palais impériaux sont transférés en lieu sûr à Rheinsberg dans le Brandenbourg et Bernterode im Eichsfeld en Thuringe. En dépit de féroces combats à proximité, le palais de Sanssouci n'est pas abîmé à l'exception du Moulin à Vent, l'une des "fabriques" du parc de Frédéric II

Après-guerre, les objets entreposés à Rheinsberg sont pris comme butin par les Russes et emportés sur le territoire de l'URSS. Ils ne seront que partiellement rendus à la RDA en 1958. Ce que les Américains trouvent à Bernterode est emmené tout d'abord à Wiesbaden où se trouve le Central Art Collecting Point et de là, en 1957, au château de Charlottenburg à Berlin ouest.

Comparé à d'autres monuments (comme le palais des rois de Prusse et empereurs des Allemands au centre de Berlin détruit en 1950), Sanssouci s'est bien sorti des 50 années de régime communiste. C'est même le palais qui, en 1986, est choisi pour illustrer les billets de 5 DDM et c'est encore le gouvernement de la République démocratique allemande qui a entrepris de demander le classement de Sanssouci sur la Liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, ce qui est fait en 1990 avec la citation suivante :

"Les palais et parc de Sanssouci, souvent décrits comme le "Versailles prussien", sont une synthèse des mouvements artistiques et de l'art de cour au XVIIIème siècle dans différentes villes d'Europe. Cet ensemble est un exemple unique de l'intégration de l'architecture et du paysage dans le cadre intellectuel des idées monarchiques de l'État".

Suite à la réunification de l'Allemagne, la bibliothèque de Frédéric II est réintégrée au palais en 1992. Trente-six peintures le rejoignent également entre 1993 et 1995. C'est en 1995 également que voit le jour la Fondation pour les palais et jardins prussiens de Berlin-Brandenbourg dont l'objet est d'administrer et mettre en valeur le patrimoine des anciens palais et châteaux impériaux de la région de Berlin qui sont visités, chaque année, par plus de deux millions de touristes venus du monde entier.

Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_de_Sanssouci
Texte soumis à la licence GNU : http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html
Palais de Sans-souci : Plus de photos   
Palais de Sans-souci