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Santorin


Santorin
Thira - Théra
Ile de Santorin (Théra) (Grèce)

Santorin (en grec Σαντορίνη) ou Thira (Θήρα) est un petit archipel d'îles volcaniques situé dans la mer Égée à 75 km au sud-est de la Grèce continentale, Santorin est aussi connue sous le nom de son île principale, Théra.
   Santorin : Visite virtuelle   2 sections et 12 éléments
Santorin : Architecture extérieure (1)


Théra (9)

1810
Le paysage - le ciel bleu azur, les petites maisons blanches alignées au sommet et le long de la falaise, les arbres fruitiers, les églises roses et blanches qui rappellent certaines pâtisseries, font de Santorin l'un des endroits les plus photographiés au monde.
Santorin : Guide (1)


Guide, plan et vue aérienne de Santorin (3)

Si la majorité des îles des Cyclades offrent plus au moins le même paysage, avec leurs roches nues et leurs criques, Santorin ne ressemble à aucune autre. Les villages sont construits au sommet d'une falaise de 300 mètres qui constituée par la paroi du cratère d'un volcan.
Site en relation :
LindosMyconos

Santorin : Guide de visite   
Le printemps (avril-juin) et l'automne (septembre-octobre) sont les meilleurs moments pour visiter Santorin. L'été (juin-août) est chaud et sec, alors que les mois d'hiver (novembre-mars) sont humides et froids.
Santorin : Description   
Thirassía, la seconde île habitée, est située en face de celle-ci. La partie volcanique active est formée par l'île de Néa Kaméni, au centre de la caldera envahie par la mer.

C'est le membre le plus méridional du groupe des îles Cyclades, ayant une superficie de 76 km² et une population estimée à 10 700 habitants en 2001. Les habitants de Santorin sont de nationalités diverses-albanais, grecs, bulgares, allemands etc., la majorité des autochtones ayant émigré vers la Grèce continentale en raison de la dernière éruption volcanique et la misère qui s'en suit. Une communauté internationale s'est formée au cours des 20 dernières années et l'anglais tend à s'imposer comme langue parlée au même rang que le grec.

Il constitue le centre volcanique le plus actif de l'arc égéen. Le nom Santorin lui fut donné par les Vénitiens au XIIIème siècle en référence à Sainte Irène, la Aghia Irini que les marins étrangers appelaient "Santa Irini". Cette appellation fut conservée et évolua en "Santo Rini" puis Santorini". Auparavant on le nommait Strongylé (La Ronde), Kallisti (la très belle) puis Théra (Thira), en raison de Théra, fils d'Antesionas, héros thébain et petit-fils de Kadmos.

Tourisme
Des navettes permettent de visiter le plus grand cône volcanique de Néa Kaméni au centre de l'archipel, dont le sol est entièrement fait de scories noires. En raison d'accidents, la plus petite île d'où jaillissent les sources chaudes d'eau et de vapeurs sulfureuses est maintenant régulièrement fermée aux touristes. Le volcan est sous surveillance permanente, et une activité sismique régulière perceptible sur l'île principale signale souvent les mouvements magmatiques ou l'effondrement de galeries et fissures où se mêlent les infiltrations d'eau marine.

En dépit du danger permanent du volcan, la vie est douce et paisible à Santorin. Le climat méditerranéen est doux toute l'année, même en été grâce aux brises marines. L'anse volcanique au centre des îles offre un ancrage de protection naturelle contre la houle des bateaux de plaisance durant les rares tempêtes.

Haut lieu de tourisme en Grèce, le groupe d'îles est accessible en bateau par ligne régulière, et est accosté par de nombreux yachts de luxe ; on y accède en entrant dans l'anse volcanique pour accoster au pied des falaises. Une piste d'aviation construite à l'est de l'île permet aussi aux petits porteurs de s'y poser.

Le petit port central ne permet pas le débarquement aisé de véhicules, et l'accès à la ville principale se fait par un chemin très escarpé taillé sur la falaise, à pied ou à dos d'un des nombreux ânes. Les principaux moyens de locomotion sont les cyclomoteurs, et un service de car reliant rapidement les différents villages à la ville principale de Thira sur la plus grande île.

Au sommet de la falaise abrupte, la ville de Thira, aux ruelles étroites et aux maisons épais murs blancs se pare de portes et volets bleus. Une petite plage de pierres rouges au pied des falaises permet la baignade dans les eaux profondes et froides du cratère.

Divers
L'eau douce est précieuse sur ces îles quasi-désertiques, qui n'ont que très peu de réserves (et aucune source naturelle). Jusqu'au XIXème siècle, les habitants récupéraient dans des citernes l'eau de pluie tombée sur les toits. Aujourd'hui, une usine de désalinisation d'eau de mer produit l'essentiel de l'eau courante dans les maisons, bien que celle-ci soit non potable. De nombreuses piscines ont été construites suite au développement touristique.

La pauvreté du sol recouvert d'une épaisse couche de cendres, et son acidité ne permet que quelques cultures d'une variété spécifique et très ancienne de vigne, l'Assyrtiko, au rendement très faible (10 à 20% du rendement de la vigne française ou californienne) mais naturellement très résistante au phylloxéra. Poussant à même le sol sans aucun tuteur, les pieds sont plus espacés que partout ailleurs à cause de la sécheresse du sol (leur principale source en eau est celle de la rosée et la brume marine). Les branches sont seulement disposées en anneau spiralé, et les grappes pendent au centre à l'abri du vent. Elle donne un vin recherché très sec, à l'acidité prononcée (liée à la nature du sol) comparable au Visanto et aux arômes citronnés.

L'exploitation de la mine de pierre ponce qui était auparavant exportée, a été suspendue en 1986 pour préserver les sols et l'environnement naturel fragile de l'île.
Santorin : Histoire   
Platon et le mythe de l'Atlantide
Platon, au IVème siècle avant Jésus-Christ, raconte, dans "Critias et la Timée" :
- "Or dans cette île, l'Atlantide, s'était constituée un empire vaste et merveilleux que gouvernait des rois dont le pouvoir s'étendait non seulement sur cette île toute entière, mais aussi sur beaucoup d'autres îles et sur les parties du continent. En outre, de ce côté-ci du détroit, ils régnaient encore sur la Libye jusqu'à l'Égypte et sur l'Europe jusqu'à la Thyrrénie.

Mais dans ce temps qui suivit, se produisirent de violents tremblements de terre et des déluges. En l'espace d'un seul jour et d'une seule nuit funestes, toute votre armée fut engloutie d'un seul coup sous la terre, et l'île Atlantide s'enfonça pareillement sous la mer. De là vient, que de nos jours, là-bas, la mer reste impraticable et inexplorable, encombrée qu'elle est par la boue que, juste sous la surface de l'eau, l'île a déposé en s'abîmant".

A la lecture de ce texte et des découvertes archéologiques réalisées sur l'île de Théra, de nombreux savants, archéologues, hellénistes et volcanologues pensent que l'Atlantide correspondrait à la civilisation minoenne, à la fin de l'âge du Bronze. Sa disparition serait due à l'explosion du Santorin vers 1650/1598 avant Jésus-Christ. Cet âge a été estimé en fonction :
- d'un fort niveau acide retrouvé dans les glaces lors d'un forage au Groenland,
- de la radiochronologie du C14 a partir d'un bois carbonisé,
- d'un "traumatisme" visible sur les cernes de certains arbres fossiles et dont l'âge est donné par dendrochronologie.

Akrotiri, une ville antique ensevelie
On doit la découverte des premiers vestiges d'Akrotiri, "la Pompéï de l'âge du Bronze" dans l'île de Théra à l'ouverture d'une carrière à l'occasion des travaux du canal de Suez, en 1860. En effet, les pierres ponces de l'île avaient été choisies par les ingénieurs de Ferdinand de Lesseps pour réaliser les parois du canal. Différentes poteries furent alors exhumées au fur et à mesure de la progression de l'exploitation. Ce n'est qu'en 1967 que débutèrent les fouilles systématiques du site sous la direction du Service Archéologique d'Athènes et d'un archéologue grec Spyridon Marinatos.

Il fallut alors dégager, sur plusieurs mètres d'épaisseur, le manteau blanc de pierre ponce résultat de l'éruption du Santorin vers 1645 ± 20 ans av. J.-C. Les travaux mirent à jour toute une cité antique datant de l'âge du bronze avec ses immeubles de 2 ou 3 étages, ses rues, ses magasins, ses fresques et de nombreux objets.

L'éruption minoenne
Vers 1650/1598 avant Jésus-Christ, après quelques prémices ayant fait fuir les habitants de l'île, le volcan Santorin explose et disparaît en grande partie à la suite de trois ou quatre grandes phases éruptives. Cette éruption projeta des pierres ponces et des cendres sur environ 60 m d'épaisseur autour du volcan et jusqu'à 900 km au sud. Le volume de ponces qui fut éjecté lors de cette explosion est estimé à 30 km3 . Ce volume est en accord avec l'effondrement de 300 m de la partie centrale du Santorin. L'éruption de type plinienne (en référence à Pline le Jeune qui décrivit dans deux lettres fameuses l'éruption du Vésuve, en 79 apr. J.-C.) créa un panache de cendres qui monta à près de 30 km d'altitude dans la zone de la stratosphère. Cet effondrement créa une caldeira (non donné pour désigner un immense cratère d'effondrement) et qui explique la disposition circulaire (anneau incomplet de 8 km de diamètre et de 85 km2) des îles de Théra et de Thérasia en forme de croissant et l'ilôt Aspronisi qui sont les vestiges de l'île avant cette éruption. Cette explosion et l'effondrement du volcan provoquèrent un gigantesque raz-de-marée qui ravagea l'ensemble des côtes de la Méditerranée causant certainement de nombreux dégâts aux cités installées sur les bords de la mer Méditerranée. Les cités toutes proches de la civilisation Minoenne en Crète furent certainement affectées par ce raz de marée. Ce raz-de-marée fut semblable à celui qui se produisit en 1883 au Krakatau, en Indonésie, et responsable de la mort de 30 000 personnes.

Certains phénomènes étonnants relatés dans la bible comme : l'ouverture de la mer Rouge puis l'engloutissement de l'armée du Pharaon et certaines des plaies d'Égypte (obscurcissement du ciel, famine) seraient à mettre en relation avec cette éruption.

Le Santorin avait déjà manifesté ce type d'activité cataclysmale, puisque depuis 400.000 ans les volcanologues ont recensés 12 éruptions majeures.

Santorin toujours actif
Depuis son éruption cataclysmale vers 1490 ± 50 ans av. J.-C. le volcan Santorin n'a cessé de fonctionner avec de nombreuses éruptions. Après une période de repos supérieure à 1 400 ans, de nouvelles éruptions phréatiques et phréatomagmatiques se sont produites, donnant naissance à des petites îles, qui ont successivement émergé au centre de la caldeira et qui se sont parfois rattachées, telles Paléa Kameni (60 hectares et 98,5 m de hauteur) et Néa Kameni (340 hectares et 127 m de hauteur).
- 197 avant Jésus-Christ : L'activité après l'éruption cataclysmale à l'origine du mythe de l'Atlantide se manifeste a nouveau plus de 1400 ans plus tard. Strabon, le père des géographes, nous a décrit cette éruption « Pendant quatre jours, la mer fut couverte de flammes. Des rochers ardents jaillissaient. Comme autant de parties d'un corps organisé, ils vinrent s'arranger les uns à côtés des autres et prirent la forme d'une île ». Un édifice, nommé Hiéra, sortit des eaux, au centre de la caldeira.
- 46-47 après Jésus-Christ : Un autre édifice apparaît à l'origine des débuts de formation de Paléa Kameni.
- 726. Toujours sur le site de Paléa Kameni, ce fut la plus grosse éruption des temps historiques avec l'émission de ponces. Cette éruption eut un impact sur l'activité sociale et économique de la mer Égée. Cette éruption fut interprétée comme un signe de Dieu vis-à-vis de l'action des iconoclastes.
- 1570-1573. Un dôme d'environ 400 m de diamètre sort de la mer, au centre de la caldeira.
- 1707-1711. C'est l'apparition de Néa Kameni

Les dernières manifestations éruptives remontent à 1866-1870, 1925-1928, 1939-1941 et 1950 et se déroulèrent toutes à Néa Kameni. Actuellement, il y a des fumerolles à environ 100 °C et des sources chaudes en mer (but de promenade pour les petits navires). Cette région également très secouée par les séismes correspond selon la tectonique des plaques à la zone d'affrontement entre l'Afrique et l'Europe. La plaque africaine plonge sous la plaque européenne dans un mouvement de subduction à l'origine de séismes et de volcanisme.

D'autres îles grecques comme Lesbos, Kos, ou Nysiros sont aussi des volcans actifs mêmes s'ils sont aujourd'hui en sommeil. Il existe également des volcans sous-marins qui parfois comme le haut fond volcanique de Kolumbos, à 7,5 km au N.E. de l'île, entra en éruption en 1649-1650. Ses gaz toxiques ont fait 50 morts.

Période classique, Moyen-âge et domination ottomane
L'île fut colonisée à l'époque archaïque par les Doriens (site de Théra antique). Elle fit brièvement partie de la ligue de Délos, puis fut sous la domination des rois Ptolémées d'Égypte, des Romains et de l'Empire byzantin.

De 1204 à 1579, Santorin est sous domination vénitienne.

L'occupation par les Turcs jusqu'en 1821 est paisible et permet la prospérité de l'île. En 1707, le volcan a réémergé depuis plusieurs fissures au centre du cratère effondré, formant l'actuel centre d'activité de l'île centrale de Nea Kameni.

Par le traité de Londres (1840), l'île est définitivement annexée au nouvel État indépendant grec.
Santorin : Plus de photos   
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