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Jaipur
Jaipur


Guide de visite
Jaipur (Inde)

Jaipur (जयपुर, de jai, "victoire" et pur, "ville") est la capitale de l'État indien du Rajasthan. La situation de la ville, dans une cuvette protégée par la chaîne des Ârâvalli, lui permettait de se défendre assez aisément, la route de Delhi étant tenue par la forteresse d'Amber, à une dizaine de kilomètres. Jaipur se trouve à 430 m d'altitude et à 260 km de Delhi.
   Jaipur : Visite virtuelle   11 sections et 97 éléments
Jaipur : Architecture extérieure (1)


Porte Sanganeri
Shiv Pol

Cette porte monumentale ouvre sur le Johari Bazar, l'artère centrale de la ville dans l'axe nord-sud.
Jaipur : Châteaux et palais (6)


Fort d'Amber (10)

1592
Le nom d'Amber est mentionné pour la première fois par Ptolémée. Fondée par Raja Alan Singh, souverain de la tribu des Minas, Amber était déjà très florissante en 967.

Fort de Jaigarh (10)
Jaigarh Fort - Fort de la Victoire

entre le XIème et le XVème siècle
Le fort de Jaigarh, qui domine le fort d'Amber, se situe à environ 12 kilomètres de Jaipur.

Hawa Mahal (8)
हवा महल
Palais des Vents

1799
Hawa Mahal (हवा महल -"Palais des Vents" or "Palais de la Brise") est un palais construit en 1799 par le Maharaja Sawai Pratap Singh. Il est l'oeuvre de l'architecte Lal Chand Usta qui a doté l'édifice d'une façade en forme de couronne de Krishna, la divinité hindoue.

Jal Mahal
1799
Le Jal Mahal ("Palais de l'Eau") est situé au milieu du lac Man Sagar, entre Jaipur et Amber. L'ensemble a été agrandi et réaménagé au XVIIIème siècle par le Maharaja Jai Singh II.

Palais de Jaipur (17)
City Palace of Jaipur
entre 1732 et 1890
Le Palais (City Palace) de Jaipur, situé dans la capitale du Rajasthan, est un vaste ensemble qui comprend plusieurs palais et édifices, jardins et cours, notamment le Chandra Mahal et le Mubarak Mahal. Les maharajas de Jaipur, seigneurs rajpoutes du clan Kachwaha, y ont établi leur cour.

Rambagh Palace (21)

entre 1900 et 1951
Le Rambagh Palace a été construit en 1835, dans des dimensions modestes, pour héberger la proche servante de la reine, Kesar Badaran, la nurse du prince Ram Singh II.
Jaipur : Guide (1)


Guide, plan et vue satellite de Jaipur (7)


Sachez que Jaipur n'est pas une destination "incontournable". Les tours opérateurs la vendent comme des petits pains, par ce que les noms de "Jaipur" et "Rajasthan" font rêver, et que c'est proche de Delhi et d'Agra.
Jaipur : Lieu(x) (1)


Observatoire astronomique de Jantar Mantar (17)

entre 1727 et 1734
Le Jantar Mantar de Jaipur est un site d'observation astronomique construit au début du XVIIIe siècle. Il a été classé au Patrimoine de l'Humanité par l'Unesco en 2010.
Jaipur : Marché(s) (1)


Johari Bazar (7)

A Johari Bazaar (bijoux et saris), les vitrines proprettes des joailliers, d'où fusent d'âpres discussions entre acheteurs et commerçants, côtoient les arrière-boutiques sombres des grossistes en pierres précieuses.
Jaipur : Musée(s) (1)


Albert Hall Museum Jaipur
entre 1876 et 1885
Les salles vieillottes de ce musée exposent des collections d'objets traditionnels du Rajasthan et ses minutieux tapis persans. L'architecture grandiloquente de l'Albert Hall vaut à elle seule le détour : un mélange de style indo-musulman teinté d'une touche victorienne, conformément à son homonyme de Londres.
Jaipur : Guide de visite   
Sachez que Jaipur n'est pas une destination "incontournable". Les tours opérateurs la vendent comme des petits pains, par ce que les noms de "Jaipur" et "Rajasthan" font rêver, et que c'est proche de Delhi et d'Agra. De ce fait, la plupart des touristes se ruent sur le Rajasthan après avoir visiter le Taj Mahal. Une erreur selon nous. Notre périple "idéal" comprend Delhi, Agra et Fatehpur Sikri, Gwalior, Orchha, Khajuraho, Bénarès (Vanarasi) ... et Katmandou si le calendrier le permet. Agra, Gwalior et Orchha sont desservies par le même train, très confortable, qui part de Delhi. Les gares se succèdent.
* Avant de choisir un train, assurez-vous que celui-ci dispose d'une 1ère classe, au pire d'une deuxième, surtout pour les trains de nuit. Evitez les couchettes supérieures, surtout les plus hautes, vous risqueriez de passez la nuit le nez collé à un ventilateur crasseux.
* Les meilleurs trains sont pris d'assaut, notamment par les tours opérateurs. Pensez à réserver quelques jours à l'avance. Munissez-vous de votre passeport et d'un stylo-bille. Il faut à chaque fois remplir un dossier complet pour acheter un billet de train ! Si la gare dispose d'un bureau ou d'un guichet réservé aux étrangers, c'est là qu'il faut aller.
* En arrivant, allez directement au bureau officiel des taxis et auto-rickshaws, ne traitez jamais directement avec un chauffeur. Si vous avez réservé un hôtel, un chauffeur vous attendra très certainement à l'arrivée. Pensez-y au moment de la réservation.
* Les voyages en trains sont particulièrement éprouvants en Inde. Pensez à l'avion pour les longues distances. Il existe plusieurs compagnies "low-cost" qui pratiquent des prix très compétitifs. Si le train est complet, prenez l'avion.
* La nourriture dans les trains est particulièrement infecte, et celle proposée sur les quais vous enverra directement à l'hôpital. Emportez des biscuits et des boissons avec vous.
* Jaipur n'est pas une ville dans laquelle on trouve un bon hôtel "au flair". Ce n'est pas l'abondance de l'offre qui est en cause, mais la qualité et la propreté. En général, on ne passe pas plus de 2 ou 3 nuits sur place. La ville est poussiéreuse, stressante et peu accueillante. On sature assez vite, surtout si l'on a eu droit à la même ambiance à Delhi et Agra auparavant. Une règle d'or : ne jamais demander à un taxi de vous trouver un hôtel !
* En fonction de son budget, on fixera quelques critères simples pour savoir où l'on va dormir. Pour ce qui concerne les palaces (Rambagh ...), le plus simple est de réservé par internet (expedia ...).
Pour ce qui concerne les hôtels de catégorie moyenne, le mieux est de réservé directement sur le site de l'hôtel choisi, en imprimant l'opération. Il y a parfois de mauvaises surprises à l'arrivée (hôtel complet !).
Pour ce qui concerne les hôtels économiques, mieux vaut arriver le matin.
Dans tous les cas, choisissez un hôtel proche du centre historique de la ville, afin d'éviter le racket des auto-rickshaws qui attendent à l'entrée. De préférence, choisissez un hôtel avec un vrai restaurant, qui offre un petit déjeuner sérieux.
Jaipur : Description   
Patrimoine de la ville
La ville possède plusieurs monuments d'un intérêt historique et touristique certain :
* le Hawa Mahal ou palais des Vents,
* le Jantar Mantar (ou Yantra Mandir),
* le City Palace.

Jumelage
Jaipur est jumelée avec :
* Fremont (Californie) (États-Unis) depuis 1993
* Calgary (Canada) depuis 1973
* Lagos (Nigeria)
* Paris (France)

Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jaipur
Texte soumis à la licence GNU : http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html
Jaipur : Histoire   
Histoire de la ville
Contrairement à la plupart des peuplements humains du sous-continent indien, où le moindre village a souvent plus de 2 000 ans, elle est de fondation récente : c'est l'oeuvre du mahârâja Jai Singh II, un Râjpoute de la famille des Kachhwâhâ.

Le mahârâja fait appel au brahmane Bengalî Vidyadhar Bhattacharya pour concevoir la cité qui est fondée en 1727 et dont les travaux principaux - palais principaux, avenues et square central - dureront quatre ans. Située au pied des monts Ârâvalli, elle suit un plan en damier trois par trois et est entourée d'une muraille de 6 m de hauteur et de 4 m de large. L'entrée de la ville se fait par l'intermédiaire de huit portes. La Jaipur originelle comportait de larges avenues de 34 m de large, le reste des rues composant le quadrillage ayant au moins 4 m de largeur. Les boutiques connaissent aussi une taille standardisée, une rigueur étonnante dans le chaos baroque qui règne dans la plupart des villes du sous-continent.

À l'origine, la ville n'était pas du rose uniforme qu'on lui connaît actuellement, mais offrait une large palette, principalement du gris avec des rehauts de blanc. Cependant, en prévision de la visite du prince Albert, en 1876, elle fut peinte en rose dans sa totalité, le rose étant une couleur traditionnelle de bienvenue. Elle conserve cet usage depuis lors.

L'observatoire astronomique de Jaïpur a fait référence dans le monde entier depuis sa mise en service (1726) jusqu'aux débuts des temps modernes.

Histoire de la principauté
La principauté est créée en 1093 sous le nom de Dhundhar avec Amber pour capitale. Elle ne cessera d'exister qu'à l'indépendance de l'Inde en 1947. En 1900, sa superficie totale dépasse les 25 000 km2. Les mahârâjas de Jaipur appartiennent au clan Râjput Kachhwâhâ, qui revendique descendre de Ramâ, le roi d'Ayodhya.

La dynastie régnante de Jaipur fournit à l'Empire moghol certains de ses généraux les plus distingués. Parmi eux, on note le râja Man Singh I, qui combat à leur service en Kabul et en Orissa ; le râja Jai Singh I, plus connu sous son titre impérial de Mirza Râja Jai Singh I, et qui assiste Aurangzeb dans toutes ses guerres du Deccan, ainsi que le mahârâja Jai Singh II, ou Sawâî Jai Singh II, mathématicien et astronome célèbre et le fondateur de la ville de Jaipur où il déplace la capitale depuis Amber. En 1727, la ville de Jaipur (Jayapura) est fondée et l'État prend son nom.

Vers la fin du XVIIIe siècle, les Jats de Bhâratpur et le râja d'Âlwâr s'emparent chacun d'une partie de la principauté, qui connaît une période de troubles et de confusion suite à sa confrontation avec les Marathes, à ses conflits avec la principauté de Jodhpur et aux exactions d'Amîr Khân, l'aventurier afghan, et de ses dacoïts Pindarî. Par un traité de 1818, la principauté passe sous la protection des Britanniques en échange d'un tribut annuel. En 1835, l'administration britannique intervient pour mettre un terme aux troubles qui ont éclaté dans la ville.

Durant la révolte des Cipayes, le mahârâja apporte son soutien aux Britanniques et ses successeurs se maintinrent au pouvoir jusqu'en 1949.

Dirigeants : Râja, puis Mîrzâ Râja, puis Sawâî Mahârâja

* Râja
- 1093 - 1136 : Dulha Râo
- 1136 - ? : Kankal
- ? - ? : Maidal Râo
- ? - ? : Hunadeva
- ? - 1185 : Kantal I
- 1185 - 1191 : Pujanadeva
- 1191 - ? : Malesi
- ? - ? : Byala
- ? - ? : Deva
- ? - ? : Kilhan
- 1276 - 1317 : Kantal II
- 1317 - 1367 : Jansi
- 1367 - ? : Udayakarna
- ? - 1413 : Nara Singh
- ? - 1424 : Banbir Singh
- ? - 1453 : Udha Râo
- 1453 - 1502 : Chandrasena
- 1502 - 1527 : Prithvi Singh I
- 1527 - 1534 : Puran Mal
- 1534 - 1537 : Bhim Singh
- 1537 - 1548 : Ratan Singh
- 1548 - 1574 : Baharmalla (ou Bihârî Mal), dont la fille Mariam az-Zamânî épouse l'empereur moghol Akbar
- 1574 - 1589 : Bhagwan Dâs

* Mirza Râja
- 1589 - 1614 : Man Singh I
- 1614 - 1621 : Bhao Singh
- 1621 - 1667 : Jai Singh I
- 1667 - 1688 : Ram Singh I
- 1688 - 1699 : Bishan Singh

* Sawâi Mahârâja
- 1699 - 1743 : Jai Singh II
- 1743 - 1750 : Ishwari Singh
- 1750 - 1768 : Madho Singh I
- 1768 - 1778 : Prithvi Singh II
- 1778 - 1803 : Pratap Singh (1764-1803)
- 1803 - 1818 : Jagat Singh II (+1818)
- 1818 - 1819 : Mohan Singh, régent
- 1819 - 1835 : Jai Singh III (1819-1835)
- 1835 - 1880 : Ram Singh II (1835-1880)
- 1880 - 1922 : Madho Singh II (1861-1922)
- 1922 - 1949 : Man Singh II (1911-1970)

Hypothèse sur la rationalité du tracé
Pour expliquer la conception de la ville, les historiens ont coutume de partir des principes édictés dans les textes sacrés de l'architecture indienne, regroupés sous la dénomination de Vastu. Appliqué à Jaipur, il s'agirait d'un tracé fondé sur un plan à neuf cases, organisé autour du palais central, où la case nord-ouest empêchée par le relief des collines aurait été déplacée hors les neuf cases au sud-est.

Le Vastu fait écho aux notions fourre-tout de géobiologie, de développement durable et de haute qualité environnementale qui fleurissent aujourd'hui. De manière analogue, dans le populaire traité du Feng Shui en Chine, nous découvrons l'hypothèse de la circulation d'énergie à la surface du monde, des êtres et des choses. Si l'on en croit ce dernier, il serait possible de soumettre les constructions et les interventions sur le territoire à des effets bénéfiques, voire de corriger certaines influences néfastes. On dit aussi que, lors de la construction d'édifices romans et gothiques, nos anciens auraient appuyé leur tracé sur ces circulations d'énergie et que ce savoir se serait perdu lors de l'avènement de la culture classique à la Renaissance, l'objectivité cartésienne et le rationalisme finissant d'occulter la chose.

Le Vastu
C'est dans ce contexte qu'est réapparu en Inde, depuis les dernières décennies, un traité dit du Vastu Shastra dont il existe aujourd'hui de multiples éditions. Celui-ci est pris en compte non seulement par le grand public, mais aussi dans l'enseignement et dans la profession. Ainsi, sur d'anciennes maisons, fait-on réaliser des expertises pour vérifier qu'elles sont bien dans la norme. Mais surtout, on relit le texte original en fonction de la modernité du moment. C'est ainsi que l'on peut construire un hôtel, une zone industrielle, un immeuble de bureaux, une villa, en suivant les règles du Vastu. On y trouve même, désormais, des conseils pour le positionnement de la télévision, du téléphone, de l'ordinateur, comme pour les appareillages de cuisine et de salle de bains. Ce traité a de nos jours tellement d'influence que, lors d'une transaction immobilière, un terrain ou un bâtiment dont la disposition respecte le Vastu voit son prix augmenté.

L'importance de ce texte vient de son rapport avec une haute culture religieuse et mystique. La base du Vastu, écrite entre le IVe et le XIIe siècle, est constituée par trente-deux textes regroupant des principes aussi divers que les modes de construction, les qualités de l'architecte, le choix d'un terrain, le tracé d'une route, l'établissement des fondations, la conception et la construction des temples, des maisons et des palais. Le Mayamata ainsi que d'autres textes écrits pour la plupart en sanscrit ont été perdus ou détruits durant les invasions du XIIIe et du XVIe siècle. Ils furent redécouverts, loin des routes guerrières, dans l'état du Kerala, au cours des années 1930. Pour en saisir l'essence, il nous faut remonter aux origines de l'hindouisme, à un mythe ordonnant l'activité constructive.

Dans la triade des grands dieux, on trouve Brahma le créateur, Vishnu, le dieu qui préserve, et Shiva, le dieu destructeur. Après la création de l'univers, Brahma donna naissance à Vishwakarma et lui conféra le titre de "Divin Architecte". Il lui donna pour mission la mise en ordre du monde, l'élaboration du plan des pays, des villes, ainsi que la construction des palais et des temples destinés à abriter l'énergie des dieux sur terre. Tout ceci illustre le principe d'emboîtement d'échelles dans la conception hindouiste. Il est dit que Brahma transmit l'enseignement du Vastu Shastra au dieu Shiva, à qui il confia le soin d'instruire Vishwakarma. Pour ce faire, celui-ci reçut les sept outils nécessaires : un compas, une équerre, une règle de mesure, un fil à plomb, une corde, un marteau et pardessus tout l'oeil qui serait le premier outil de l'architecte, capable de remettre en question tout ce qui aurait été donné par les autres instruments.

Pour accomplir sa mission, Vishwakarma fait appel à ses quatre fils. Sthapati est l'aîné, expert en Vastu Shastra. Il possède la compréhension globale du projet d'architecture dans quatre grands domaines : l'examen du lieu, l'élaboration des plans, la construction et finalement l'ornementation. Étymologiquement, le sthapati est celui qui met en place. L'autre facette de l'architecte, le shilpi, étant le constructeur. Sthapati est lui-même aidé par ses trois frères : Shutraghin, expert en proportions, en mesures sacrées et en dessin ; Takshaka, sculpteur et charpentier ; enfin Vardhaki, qui préside à l'art de la peinture.

Une énergie surabondante conduit parfois les dieux à des actes incontrôlés. C'est l'une de ces aventures qui fonde les principes de composition des lieux d'habitation.

On dit que Brahma, qui ne pouvait résister au plaisir de la création, expérimenta un jour le modelage d'un humanoïde si monstrueux "que son ombre tombait sur la terre comme une seconde nuit". Brahma, satisfait de n'avoir rien perdu de ses pouvoirs, regardait sa création grandir. Afin de protéger la terre, Shiva entra en lutte avec ce démon, si bien que, de son front, perla une goutte de sueur qui humidifia la terre. Celle-ci fit germer et grandir une autre étrange créature : le Purusha. Esseulé, ce dernier errait en quête de nourriture et plus sa stature grandissait, plus sa faim devenait insatiable. Le Purusha en était arrivé à tout dévorer sur son passage, au point que les divinités commencèrent à s'inquiéter du devenir de la terre. Ils allèrent se plaindre à Brahma qui, conscient de sa responsabilité, réunit les gardiens des huit points cardinaux pour arrêter le monstre. Ils l'encerclèrent chacun dans sa direction, se jetèrent violemment sur lui et le plaquèrent au sol face contre terre. Sa tête au nord-est était maintenue par Shiva et au centre par le poids considérable de Brahma lui-même. Des dieux vinrent de partout prêter main-forte pour l'immobiliser. Le Purusha, rendu inoffensif, commença à gémir tristement en implorant leur grâce, arguant du fait qu'il était fils de dieu et que c'était sa condition qui l'obligeait à dévorer tout ce qu'il trouvait pour survivre. Brahma, reconnaissant sa sincérité, lui donna la possibilité de recevoir les offrandes de toutes les familles de la terre en échange de la protection des maisons. Sous chaque maison, il y a donc l'énergie du Purusha plaqué par les quarante-cinq dieux qui veillent à son maintien. Le Purusha devient l'âme de la maison.

Le Vastu est donc l'énergie vitale de la terre et de chaque objet qui s'y trouve, vas signifiant "vivre" ou "être". Le carré correspond à la forme parfaite exprimée par le Vastu Purusha : "En bâtissant, les hommes donnent une forme au monde, comme Brahma contraignit Purusha à prendre une forme géométrique".

De cette aventure, la maison sacrée tire donc ses caractéristiques principales. Elle est carrée (forme liée à Vishnu qui est un modèle d'équilibre), elle est "en place" et stable. En revanche, le cercle lui conférerait un mouvement sans fin et l'octogone (figure intermédiaire entre le cercle et le carré) renforcerait l'expansion et l'individualisme.

Le carré est divisé en neuf cases. Les huit comparses occupent les cases périphériques, décomposés en quarante protecteurs. Ceux-ci entourent Brahma, correspondant à la case centrale, centre vide et coeur symbolique de la maison qui distribue les pièces. Le carré est aussi divisé en deux par la diagonale avec d'un côté le soleil (Surya) et de l'autre la lune (Soma). Pour le choix du terrain, il faut favoriser ceux qui présentent une pente vers le nord-est. À Jaipur, c'est le cas du palais de Jai Singh et de la partie médiane de la ville attenante où les terrains reçoivent les énergies du soleil levant. Mais cette règle d'orientation pourra être adaptée selon la personnalité et l'astrologie du maître d'ouvrage.

Jaipur, une ville à six cases
Parmi les nombreux ouvrages qui forment le corpus infini du Vastu, le Manasara, écrit aux VIe et VIIe siècles, est le seul qui donne des indications sur les villes, ou plus exactement sur les villages. Si l'on en croit ce texte, une ville ne serait rien d'autre qu'un grand village dont les plus petits doivent adopter la forme d'un double carré, avec une dimension de 100 × 200 danda (183 × 366 m), et les plus grands une dimension de 7200 × 14400 danda (12.960 × 25.920 m). Rappelons que l'ancienne unité de mesure indienne, le danda, représente 1,83 m, soit 6 pieds, et que le Purusha sacré, quant à lui, équivaudrait à la hauteur d'un homme le bras levé, soit 2,26 m18. Huit types de villages sont donc listés dans le traité en fonction de leur forme générale, carrée, rectangulaire ou circulaire, ainsi que du tracé des voies. Mais il semblerait, si l'on en croit l'historien de Jaipur, qu'aucun village existant en Inde n'ait véritablement suivi ces indications.

Un des types de tracé contenus dans ce traité, le Prasara, serait le plus proche du plan de Jaipur. Il possède les caractéristiques suivantes :
- la ville est de plan carré ou rectangulaire, - une voie dite paishacha sépare les îlots périphériques du mur de fortification,
- la ville est divisée en quatre, neuf ou seize quartiers par des voies de grandes dimensions,
- les voies principales mesurent 12 m dans les grandes villes, 10 dans les petites, 8 dans les villes de marché,
- à l'intérieur des quartiers, les voies secondaires forment un quadrillage variant en fonction du statut social des habitants,
- les castes se répartissent avec au nord les brahmanes, à l'est les kshatrya, au sud les vaishya, à l'ouest les shudra.

La ville de Jaipur n'étant ni carrée, ni vraiment rectangulaire, aucune route n'en faisant le tour, le nombre de quartiers étant de six à l'origine, en comptant le palais, son tracé apparaît donc éloigné du plan à neuf cases préconisé par le traité, même si l'on retenait l'idée - peu vraisemblable - du "déplacement" de la case du nord-ouest bloquée par les montagnes à l'extrémité sud-est. Le tracé de Jaipur comporte donc de grandes parts d'ombre que les écrits contradictoires aux allures de légendes mythiques ne contribuent en rien à dissiper. Nous en sommes réduits à des hypothèses. Le programme de ville défini par Jai Singh II portait sur un tracé à partir et autour du Jai Niwas, avec l'établissement de carrefours commerciaux et de maisons mitoyennes. Il fut apparemment assisté dans cette tâche par un personnage de haut rang, le Bengali Vidyadhar Battacharya, à qui l'on donne parfois le rôle d'architecte ou du moins de responsable du suivi de réalisation. Dans les archives du palais, il est mentionné en 1729, comme ministre en chef, Desh ko Diwan, chargé du contrôle des autorisations de construire pour la ville, définissant les hauteurs possibles des constructions ainsi que leur aspect. Il est aussi responsable de la gestion du plan d'attribution des parcelles, certains terrains étant réservés à des temples ou à des personnages importants. C'est lui également qui aurait dessiné le plan pour la construction d'un canal et réalisé la construction de certains bâtiments publics. Le plus important est le Chandra Mahal, nouveau palais de Jaipur construit sur sept niveaux conçu vers 1735, ainsi que le palais de Nahargarh. Mais ces attributions en tant que créateur d'oeuvre architecturale ne sont véritablement confirmées par aucun texte.

Le palais-jardin du Jai Niwas comme base du tracé de la future ville Pour comprendre le tracé de la ville, il nous faut remonter au premier palais construit sur le site. Il semble que ce soit entre 1711 et 1713 que Jai Singh II donne des ordres pour la construction d'un palais de chasse dit Surya Mahal (Palais du Soleil) et d'un jardin, le Jai Niwas Bagh au bord d'un petit lac, dans la plaine au sud d'Amber.

Pour y arriver, on sort de la ville par la porte sud, dite Ghati Darwaza, juste après un col, et l'on se trouve alors sur l'ancienne route d'Ajmer qui descend tout droit dans un thalweg comme on peut encore l'observer aujourd'hui. Au bas de la descente, on trouve près de la zone de marécage le temple de Kanak Vrindavan auprès duquel on aménage vers 1707-1710 les jardins moghols dits Ghati Bagh où sera installée la statue de Govindevji provenant de la ville éponyme. C'est un point bas important, à 414 m, où s'accumulent les pluies de mousson, qui prendra le nom du Jal Mahal Talàv, palais que Jai Singh fit construire en 1734 en son centre. On observe non loin de là, sur les relevés de l'époque, des demeures suburbaines au milieu de jardins, protégées par des hauts murs, si bien que les qualités du site amèneront à imaginer un premier projet d'implantation de Jaipur sur ces terrains. Passé ces marais, la route ouvre sur une grande étendue bordée à l'est et à l'ouest par de hautes collines qui culminent à 620 m. C'est ici que se trouvaient quelques villages dont les traces perdureront dans le tissu de la cité ou à ses abords, comme Brahamipuri, Nahagarh, Talkatora, Santosh Sagar, Moti Katla, Galtaji et Kishan Pol. Tous ces noms font référence à des particularismes topographiques, à des puits ou des monuments existants, dont certains seront intégrés dans la ville au point de disparaître. En revanche, tous les temples subsisteront, car un temple en Inde ne peut être démoli et l'on y voit s'exprimer la ferveur populaire, aujourd'hui encore, au milieu des embouteillages de certains bazar. Vers le sud, la route remonte légèrement jusqu'à une ligne de cassure de terrain formant une légère crête qui traverse la plaine d'est en ouest, déli délimitant le bassin versant qui descend vers le nord jusqu'à la zone marécageuse. C'est là que Jai Singh implante le Jai Niwas, en raison de sa pente dirigée vers le nord et à cause de la présence d'eau et de végétation.

Le dessin daté de 1711-1713 nous montre donc le projet ou sa réalisation. Il s'agit d'une composition de jardin en charbagh formant un double carré de même type que le Shalimar Bagh de Lahore, commandé par Shah-Jahan en 1637 et que l'on retrouve, avec la même appellation, à Delhi et à Srinagar. On y observe, le long de l'axe principal, l'alternance de pavillons et de jardins. À Jaipur, un premier pavillon à trois travées ouvre sur un jardin de 210 m de côté, puis un deuxième pavillon à sept travées de 80 par 210 m27. Ce pavillon ouvre ensuite sur un second jardin au fond duquel est bâti le Badal Mahal (palais des nuages) qui présente cinq travées. Le bassin carré dit Talkatora finit la composition. Ce lac est situé dans un enclos entouré de hauts murs où Jai Singh enfermera tigres et crocodiles. De part et d'autre de la figure, on trouve de nombreux puits et un système d'adduction d'eau installé sur le long mur d'enceinte.

Une hiérarchie est établie entre les deux jardins carrés : celui au sud est choisi pour être le centre de la composition de toute la ville. Dans le même temps, il représente sans doute le centre vide correspondant à Brahma, ainsi que la fontaine centrale de la composition des jardins moghols. Mais nous ne savons pas à quel moment Jai Singh décide de faire du Jai Niwas le centre de la composition de sa nouvelle ville. Avant ou après la réalisation de ce jardin ?

Les instruments de mesure astronomique et le tracé de la ville La date de 1718 est inscrite sur le cadran solaire hémisphérique ou Nadivalaya Yantra, instrument astronomique de l'observatoire de Jai Singh II. La passion cartographique du maharaja, comme la présence de ces édifices d'observation dès cette date, nous amènent à penser que ces instruments ont servi au tracé de la ville, au moins pour déterminer avec précision l'axe du jardin du palais, le Jai Niwas, dans son positionnement par rapport au nord. Mais il est bien possible qu'ils aient joué un rôle plus important dans le tracé de la ville comme nous allons essayer de le montrer.

À Jaipur, si la distance zénithale d'un objet céleste est de plus de 27°, il se situe dans l'hémisphère sud et si elle est en dessous de 27°, il se situe dans l'hémisphère nord. Le Brihat Samrat Yantra, gigantesque cadran solaire équatorial, fait un angle de 27° et mesure près de 27 m de haut. La précision de ce cadran solaire, à deux secondes près, permet de tracer la direction du nord de manière presque parfaite au regard de nos instruments actuels. Elle permet également le positionnement précis des axes de la ville par rapport au nord avec un angle de 13,5°, soit la moitié de la valeur de la latitude. Les avantages de ce positionnement, relevés par quelques chercheurs, tiendraient dans l'évitement du soleil rasant dans l'axe des voies le matin et le soir, tout en permettant l'arrivée du soleil du matin en hiver et en évitant celui du soir l'été. Elle correspondrait aussi au désir d'orienter les rues suivant les vents dominants. Le Jai Niwas a-t-il, lui aussi, été positionné grâce à de tels instruments ? La ville a-t-elle été pensée dans le même temps que le palais ? Le temple de Ganesh, que Jai Singh fait construire sur l'axe principal de la ville au sommet d'une colline au nord de la composition, permet-il de sacraliser un point de visée haut ? Autant de questions que l'on doit se poser pour comprendre le tracé de la ville. En ce qui concerne le tracé de l'axe est-ouest, en partant du centre du jardin du Jai Niwas sur l'axe perpendiculaire, on trouve à l'ouest le temple Balanandji Ka Math (ou Surani Pur) situé en limite de la ville, dans le quartier de Purani Basti, sur une hauteur importante permettant des vues lointaines. Contrairement au reste de la ville, ce temple n'est pas pivoté de 13,5°, mais il est orienté plein est. Parallèlement à cette direction, en s'appuyant sur la légère ligne de crête transversale du site, fut tracé le deuxième axe est-ouest de la ville, aboutissant à l'est à un autre point de visée marqué, à une certaine distance de la ville, par le Surya Mandir, le temple du soleil. Celui-ci fut construit vers 1720 à mi-hauteur de la colline. La terrasse de ce temple se trouve exactement dans l'axe de la ligne de crête où s'installe la voie joignant la porte de Galta Darwaza à l'est jusqu'à celle de Chand Pol à l'ouest. Il est intéressant de relever que la porte de Suraj Pol se situait au XVIIIe siècle sur la partie de rempart située au droit du Ram Ganj Chaupar et donc que le quartier de Topkhana Hazuri était hors les murs à cette époque. Il est même possible que ce quartier n'ait pas existé au départ, au moment du tracé initial de la ville. On trouve en effet à cet emplacement, sur le plan de 1775, un quartier hors les murs du nom de Mohand Bari.

Entre l'est et l'ouest de la ville, la distance d'une porte à l'autre est d'environ un kosha. À l'échelle territoriale, le kosha fait 2000 danda, équivalant à 3660 m. L'avenue implantée suivant cet axe est prévue pour être le grand bazar qui traverse toute la cité. La croisée de cette voie principale avec l'axe du palais, devant la Tripolia Gate, correspond au point le plus haut de la ville, à 445 m. De là, on descend de tous cotés : vers Chand Pol à 440 m, vers Suraj Pol à 438 m, au nord vers la dépression du Talkatora à 425 m, ou au sud vers ce qui deviendra Man Pol à 440 m. La ligne de crête naturelle sur laquelle s'implante cette grande avenue a sans doute été redressée et remblayée pour constituer une voie rectiligne. Pour décider de l'emplacement des limites nord et sud de la ville, nous faisons l'hypothèse que c'est la direction du Brihat Samrat Yantra, dans l'observatoire de Jai Singh, qui a permis de compléter le tracé régulateur. On constate en effet qu'en prolongeant son axe vers le sud, on trouve la Shiva Pol (Sanganeri Gate) à son intersection avec l'axe de Jahori bazar. Dans l'autre sens, vers le nord, à son intersection avec l'axe du palais, on trouve le point médian de la rive sud du lac de Talkatora. Cela permet ainsi de positionner les axes principaux ainsi que les limites de la ville. Tout porte donc à croire que le tracé de Jaipur fut contrôlé de deux manières. D'une part depuis une série de points hauts spécifiques, Ganesh Mandir au nord, Surya Mandir à l'est, Balanandji Mandir à l'ouest ; d'autre part, depuis le centre, grâce au Brihat Samrat Yantra. L'ensemble définit une ville à six "cases", donc à six compartiments carrés, compte non tenu de la subdivision par une avenue de la case centrale face au palais.

Les autres systèmes de tracé
Dans tous les domaines, en ce qui concerne les jardins, l'architecture ou l'ensemble des arts, Jai Singh élabore un syncrétisme entre des références indiennes et mogholes. Cela s'explique autant par la culture de ses ancêtres que par un choix politique.

Un plan schématique daté du milieu du XVIIe siècle, conservé à Jaipur, montre un mode de tracé de ville où, en partant du centre de la composition dit "Sri avanti/praram" (lieu de départ), on s'appuie sur une série de carrés emboîtés en rotation de 45° les uns par rapport aux autres, donc en croissance de racine de 2. Ce système d'emboîtement se retrouve décrit dans le Mayamata. Certains textes suggèrent que si le centre est occupé par le palais d'un roi, son importance se mesure par le nombre d'enclos concentriques qui le séparent de l'extérieur et donc par le nombre de portes à passer pour arriver jusqu'aux parties les plus privées du palais.

À Jaipur, si l'on fait "tourner" à 45° les carrés inscrits en partant de la fontaine du jardin sud du Jai Niwas, centre de la composition, on obtient d'abord le tracé intérieur du jardin, puis la limite du jardin lui-même, puis la limite du quartier du palais et enfin le positionnement des façades côté palais des bazar (en bleu sur le plan). Les façades extérieures des bazar dessinent un second carré (en rouge sur le plan) qui donne, par une rotation, la médiane des chowkri (les quartiers occupant toute une case du tracé) marquée par une voie sur Purani Basti et Topkhanadesh. Par une nouvelle rotation des carrés rouges et bleus, on obtient le positionnement des portes sur le rempart, à l'intérieur pour Chand Pol et Suraj Pol, à l'extérieur pour les portes Sanganeri et Amber. Au nord, l'intersection de la pointe du carré avec l'axe de la ville correspond au temple de Ganesh.

Ce mode de composition, fondé sur l'utilisation de la diagonale de carré, est typique de la civilisation moghole, repérable notamment dans les jardins et les tombeaux. On peut citer par exemple celui d'Humayun à Delhi ou celui d'Akbar à Sikandra. Chez les Moghols, on retrouve ce type de tracé à toutes les échelles, depuis le détail d'ornementation jusqu'à la ville.

À Jaipur, en prenant pour centre la croisée des axes nord-sud et est-ouest, la ville vient s'inscrire dans un rectangle 3/2 formé par les six cases carrées. Au nord, le rectangle vient s'appuyer sur le grand lac de Jai Sawai Sagar. Ce rectangle se décompose selon les possibilités géométriques des diagonales qui donnent autant de points d'accroche pour le tracé des voies, le positionnement des portes ou celui de points remarquables.

(source : http://www.aarp.fr/post/2009/05/jaipur)
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