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Goa et les églises de Old Goa


Goa et les églises de Old Goa

Inscription au Patrimoine Mondial par l'Unesco : 1986

Goa (Inde)

Goa n'est plus depuis longtemps le "paradis" des hippies des années 60 et 70, ceux qui rêvaient de changer le monde une guitare à la main, des fleurs dans les cheveux. A cette époque, les Etats-Unis envoyait ses fils dans le bourbier du Vietnam, les laboratoires pharmaceutiques lançait la pilule contraceptive, et le voyage initiatique Kaboul Kathmandou Kuta imposait presque nécessairement une escale à Goa.

Ceux qui rêvent de plages paradisiaques seront déçus par Goa. Ceux qui veulent faire une pause au cours d'un long séjour en Inde trouveront ici un endroit pour se reposer, loin de la crasse des autres villes du pays.

Goa vaut surtout par le patrimoine laissé par les colons Portugais qui ont occupé le territoire entre 1510 et 1961. Difficile de ne pas faire le parallèle avec Macao, occupée par les Portugais à partir de 1553, et Salvador de Bahia, première capitale du Brésil de 1548 à 1763.

Peu d'édifices civils à Goa, presque uniquement des églises, dont celles de Old Goa (classées au patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO en 1986) qui témoignent d'une période glorieuse marquée par la terrible barbarie de l'Inquisition.
   Goa et les églises de Old Goa : Visite virtuelle   11 sections et 68 éléments
Goa et les églises de Old Goa : Eglise(s) (5)


Basilique de Bom Jesus (8)
Basílica do Bom Jesus
Old Goa
entre 1594 et 1605
La basilique du Bon Jésus (en portugais Basílica do Bom Jesus) est une église baroque sise à Velha Goa, l'ancienne capitale de l'Inde portugaise. Construite en 1594 à 1605, elle abrite le monument surmonté de la châsse contenant le corps de saint François-Xavier. La basilique est un très important lieu de pèlerinage en Inde.

Cathédrale Sainte-Catherine (20)
Sé Cathedra
Old Goa
entre 1534 et 1619
La cathédrale Sainte-Catherine de Goa (ou simplement Sé Cathedral) est l'église cathédrale de l'archidiocèse catholique de Goa, sur la côte ouest de l'Inde.

Chapelle Sainte Catherine (1)
Old Goa
entre 1510 et 1552
La chapelle Sainte-Catherine est située à l'ouest de l'église Saint-François d'Assise.

Eglise Saint-Gaétan (7)
Old Goa
entre 1655 et 1661
La très belle église de Saint-Gaétan est située dans le prolongement de la cathédrale, sur la même route. Elle est faite de latérite enduite de chaux.

Eglise-couvent de Saint-François-d'Assise (6)
Old Goa
entre 1521 et 1661
L'église-couvent de Saint-François d'Assise, construite en 1521 sur les bases d'une mosquée existante, fut dédiée au Saint-Esprit à l'origine. Reconstruite en 1661 en conservant de l'édifice d'origine son portail manuélien, l'église actuelle est de style toscan à l'extérieur et de style corinthien à l'intérieur. C'est le style "baroque goanais".
Goa et les églises de Old Goa : Guide (2)



Guide, plan et vue satellite de Goa (2)
Goa

Goa attire environ 2.5 millions de visiteurs par an, dont 400.000 sont étrangers. La population de 1.4 millions d'habitants compte environ 1/4 de Chrétiens et 2/3 d'Hindous.
Goa et les églises de Old Goa : Lieu(x) (2)


Plage de Calangute (9)
Calangute

Aujourd'hui considérée comme la reine des plages de Goa. Saturée de touristes indiens durant la saison, mais déserte à l'aube et au coucher du soleil.

Plage d'Anjuna (2)
Anjunta

A proximité de l'ancien fort de Chapora, Anjuna était la plage la plus fréquentée par les hippies dans les années 1960 et 1970. Elle a perdu de son attractivité au profit de Calangute. Les nostalgiques du passé (ils ne sont plus très nombreux) séjournent encore à Anjuna.
Goa et les églises de Old Goa : Lieu(x) de culte (1)


Eglises et temples de Goa (4)
Goa

Les hindous, qui représentent aujourd'hui les 2/3 de la population, érigent des temples dans les villes et à la campagne. Ce qui frappent le touriste qui circule à Goa, c'est le nombre impressionnant d'églises, de toute taille, souvent parfaitement entretenues.
Goa et les églises de Old Goa : Marché(s) (1)


Marché d'Anjuna
Anjuna Flea Market
Anjunta

La plage est toujours célèbre pour son "marché aux puces" du mercredi. Large choix, et prix très élevés pour la région. Tout est question de négociation.
En relation avec : Afonso de Albuquerque
Goa et les églises de Old Goa : Guide de visite   
Goa attire environ 2.5 millions de visiteurs par an, dont 400.000 sont étrangers. La population de 1.4 millions d'habitants compte environ 1/4 de Chrétiens et 2/3 d'Hindous. Beaucoup de Portugais ont quitté le territoire après l'annexion forcée de Goa par l'Inde en 1961. Nombre d'entre eux ont émigré vers les anciennes colonies portugaises d'Afrique (Mozambique et Angola), sont revenus au Portugal, ou ont élu domicile en Australie ou au Canada. Ceux qui sont restés, et leur descendance, donnent toujours une coloration lusitanienne à Goa. Le konkani est la langue la plus communément parlée. Les écoles privées enseignent essentiellement en anglais.

Arriver à Goa
On peut arriver par avion, par train ou par bus. Nombreux sont ceux qui viennent de Bombay, mais aussi de Mangalore ou Bangalore. Le voyage par route à partir de Bombay permet d'admirer les paysages de la région de Konkan.

Distances avec les principales villes :
* Mangalore (305 km)
* Bangalore (592 km)
* Delhi (1912 km)
* Hyderabad (747 km)
* Mumbai (593 km)
* Mysore (643 km)
* Pune (450 km)

Par bus
La plupart des voyages en bus se font à partir de Bombay ou Pune. Le voyage de nuit par bus entre Bombay et Goa peut être une alternative intéressante au voyage en train ou en avion. La plupart des cars qui assurent la liaison sont récents (Volvo), et certains proposent des couchettes.

Par train
Indian Railways assurent des liaisons directes entre Goa et les villes de Delhi, Mumbai, Ahmedabad, Mangalore, Kochi, Kolkata, Thiruvanantapuram, Bangalore, Chennai et Hyderabad. Les gares sont celles de Madgaon, au sud de Goa, et de Thivim. Le train est la solution la plus économique pour de déplacer en Inde, et souvent la plus lente et la plus pénible. Il est prudent de réserver à l'avance si l'on souhaite prendre des trains "performants" (Konkan Kanya, Nethravati Express ...), ils sont souvent complets. Les trains pour Bombay et parfois d'autres destinations disposent d'un quota réservé aux touristes étrangers. Impossible d'y avoir accès en passant par une agence, il faut se déplacer en personne (avec son passeport). Si vous désirez acheter votre billet en ligne, il est possible de payer depuis janvier 2010 avec une carte de paiement étrangère. Vous devez opter pour l'option de paiement "AXIS".

Par avion
L'aéroport de Dabolim se trouve à Vasco. La plupart des vols internationaux atterrissent à Bombay. Quelques-uns arrivent à Goa directement, la plupart du temps des charters ou des liaisons avec des villes du golfe persique. Plusieurs compagnies intérieures ( Kingfisher, Spicejet, Jet Airways, Indian Airlines, Air Deccan, Indigo, GoAir , Paramount Airways, MDLR Airways) assurent des liaisons quotidiennes avec Goa, à partir de Bangalore, Delhi, Hyderabad, Mumbai, Pune, Chennai, Jaipur, Ahmedabad, Kozhikode (Calicut). Il y a une grande disparité de prix entre les vols low-cost et le vols commerciaux. Un service de taxi pré-payés à la sortie de l'aéroport évite les mauvaises surprises. Ne demandez jamais à votre chauffeur de vous suggérer un hôtel.

Se délacer dans Goa
Goa est une zone très étendue. Pour ceux que cela ne rebute pas, il est très vivement conseiller de louer une moto. Dans tous les cas, il est utile de disposer d'un plan une échelle fidèle à la réalité. Ne sortez jamais des grands axes routiers, la signalisation routière est très défaillante. Soyez prudents et ne roulez pas vite. Vous croiserez de nombreux enfants et animaux. Les routes sont par endroit très mal entretenues, et dotées de ralentisseurs non signalés. Si vous louez une moto, votre première préoccupation sera de faire le plein. Le prix de location varie avec la durée. Comptez environ Rs.450 par jour. Ne sortez pas de Goa si votre moto dispose de plaques jaunes, c'est passible d'une amende. Le port du casque est obligatoire.

Plusieurs services de bus assurent la liaison entre les différents points de Goa. C'est très économique.

Plusieurs compagnies de location de véhicules proposent des "jeeps" de marque Mahindra, Willys ou Maruti Gypy. Très sympa. Comptez environ Rs.1000/Rs.1200 par jour.

Les rickshaws ne sont pas très nombreux à Goa. Vous pouvez en louer un pour la journée. Evitez de vous faire déposer à un endroit sans avoir prévu le retour.

Plages de Goa
La capitale de Goa, Panjim, n'offre aucun intérêt touristique. La plupart des touristes choisissent un hôtel en bord de plage.

Anjuna Beach
A proximité de l'ancien fort de Chapora, Anjuna était la plage la plus fréquentée par les hippies dans les années 1960 et 1970. Elle a perdu de son attractivité au profit de Calangute. Les nostalgiques du passé (ils ne sont plus très nombreux) séjournent encore à Anjuna. La plage est toujours célèbre pour son "marché aux puces" du mercredi. Large choix, et prix très élevés pour la région. Tout est question de négociation.

Calangute Beach
Aujourd'hui considérée comme la reine des plages de Goa. Saturée de touristes indiens durant la saison, mais déserte à l'aube et au coucher du soleil. Une allée qui borde la plage, à partir de Beach Road, permet d'accéder à des guest-houses sous les cocotiers et des petits restaurants très sympatiques. Une option à privilégier pour ceux qui visitent Goa le jour, et cherchent la détente et le plaisir d'un bon repas le soir.

Arambol Beach
Plage un peu isolée au nord de Goa. Pas très bien dotée en infrastructure d'accueil. Il est agréable de s'y baigner.

Palolem Beach
Située à l'extrémité sud de Goa. On y mange bien. Parfois un peu trop de monde et prix en conséquence.

Baga Beach
Dans le prolongement de Calangute Beach. Tous les défauts de celle-ci, et aucun des avantages.

Vagator Beach
Petite plage à proximité de Calangute Beach.

Morjim Beach
Très fréquentée par les touristes russes. A fuir.

Colva Beach
Très bel endroit, un peu difficile d'accès, dans une zone ou les Catholiques sont encore majoritaires à Goa. L'accueil est de qualité, mais les prix ont une fâcheuse tendance à l'inflation.

Candolim et Sinquerim Beaches
Anciens villages de pêcheurs au nord de Goa, victimes comme tant d'autres du tourisme. Parfois saturées.
Goa et les églises de Old Goa : Description   
Goa est un état de l'Inde, situé sur la côte sud-ouest. La région constitua une partie des colonies portugaises d'Inde, formant avec Daman et Diu et Dadra et Nagar Haveli, l'État Portugais de l'Inde. La capitale régionale est Panaji, également appelé Panjim. Après 450 ans de présence portugaise, Goa a été reprise par les troupes indiennes sous Jawaharlal Nehru, le 19 décembre 1961. Séparée de Daman et Diu et de Dadra et Nagar Haveli qui sont restés territoires, Goa a acquis le statut d'État de l'Union le 30 mai 1987.

Géographie
L'État de Goa s'étend sur 3 702 km². La mer d'Arabie baigne la côte de l'État sur 101 km. Goa borde l'État du Maharashtra au Nord et l'État du Karnataka au Sud et à l'Est. Le Sonsogor est le point culminant avec une altitude de 1.167 m.

L'État est divisé en deux districts, Nord-Goa et Sud-Goa.

Églises et couvents de Goa
Les monuments de Goa ont exercé une influence importante sur le développement de l'architecture, de la sculpture et de la peinture au cours des XVIe et XVIIe siècles, en diffusant les styles artistiques manuélins, maniéristes et baroques dans tous les pays d'Asie où des missions catholiques s'étaient implantées. Ils témoignent ainsi du travail réalisé par les missionnaires en Asie.

L'explorateur portugais Alfonso de Albuquerque conquit Goa en 1510, et les Portugais conservèrent la région jusqu'en 1961. La colonie dont le centre est la vieille ville de Goa devint la capitale du vaste Empire portugais, en partageant les privilèges civiques dont jouissait Lisbonne. À partir de 1635, l'arrivée de vagues successives d'Européens porta au déclin inévitable de la ville.

En 1542, les jésuites, rivalisant en ardeur avec les croisés du Moyen Âge, arrivèrent dans la ville et François-Xavier, l'un des fondateurs de la Compagnie de Jésus, devint rapidement le saint patron de Goa. Les églises de la vieille ville visaient à pousser les populations locales à la conversion et à les impressionner par la supériorité de cette religion étrangère. Elles présentent donc une haute façade élancée et un intérieur magnifique : colonnes torses inspirées de celles du Bernin, frontons décorés, autels sculptés et dorés de manière exubérante, peintures murales et fresques vivement colorées.

La latérite locale a été utilisée pour la construction de ces églises, qui étaient enduites et revêtues d'un badigeon de chaux, tandis que les décors étaient quelquefois en basalte. La couleur blanche était si intimement liée aux églises que l'administration locale interdisait de peindre de cette couleur les maisons privées.

Des soixante églises inventoriées au XVIIIe siècle, avant l'abandon de la ville, sept exemples principaux se sont conservés. La cathédrale Sé avec son extérieur de style toscan, ses colonnes corinthiennes, sa plate-forme surélevée dont les marches mènent à l'entrée et sa voûte en berceau est un bon exemple d'architecture de la Renaissance. Les peintures de l'église ont été réalisées sur des tables de bois et fixées entre des panneaux portant des décors floraux. À l'exception de quelques statues en pierre, la plupart des statues des saints, de la Vierge Marie et de Jésus qui décoraient les autels étaient sculptées en bois, puis peintes.

La chapelle Sainte-Catherine remonte à 1510, l'église et le couvent Saint-François-d'Assise (le siège actuel du Musée archéologique) et l'église du Bom Jesus où se trouve la dépouille mortelle de saint François Xavier sont parmi les meilleurs exemples en termes de plan et de style. Parmi les édifices importants, il faut aussi mentionner Saint-Gaétan et son séminaire, Notre-Dame-du-Rosaire (l'une des plus anciennes églises de la ville) et la tour Saint-Augustin, qui est tout ce qui reste d'un couvent construit en 1572. L'église consacrée à saint Gaétan présente une façade décorée de pilastres ioniques, doriques et corinthiens.

D'autres monuments partiellement ou complètement en ruine aujourd'hui forment une réserve archéologique d'un immense intérêt.

Climat
Le climat est tropical : il fait chaud toute l'année à Goa, il n'y a pas de saison froide. Les températures les plus hautes sont relevées en mai (maximales entre 30 °C et 39 °C) couplées à une très forte humidité. La mousson s'abat entre juin et septembre. Les mois les plus agréables sont décembre et janvier avec des températures comprises entre 20°C et 30°C sur la côte.

Économie
Le tourisme est la principale source de revenus de Goa. Des touristes du monde entier viennent se prélasser sur les plages ensoleillées. Les Indiens séjournent également à Goa pour échapper aux chaleurs de l'été. L'industrie touristique est surtout présente le long de la côte, son importance est plus limitée à l'intérieur des terres.

Parmi les autres activités, on peut citer l'exploitation minière (fer, bauxite, manganèse...), la pêche, les conserveries et les distilleries d'alcool.

Le riz est la principale plante cultivée à Goa,. Viennent ensuite la noix de cajou et la noix de coco. L'agriculture, bien que sa part ait beaucoup diminué au cours des quarante dernières années, assure l'essentiel des emplois.

La pêche emploie 40.000 personnes.

Tourisme
Les portugais ont laissé derrière eux, comme à Macao, un patrimoine exceptionnel, en grande partie classé au Patrimoine de l'Humanité par l'Unesco. On visitera sans hésiter les nombreuses églises des XVIe et XVIIe siècles dans le Old Goa (Velha Goa). La cité était, sous le nom d'Ela, la capitale de la région sous le règne de Adil Shah. Elle faillit devenir la capitale du royaume de Bîjâpur, mais l'arrivée des Portugais en décida autrement. Ceux-ci en firent une ville magnifique qu'on surnomma "la Lisbonne de l'Orient". En 1759, le siège de la vice-royauté fut déplacé à Panaji. Après avoir perdu son statut de capitale en 1843, Old Goa déclina rapidement.

Aujourd'hui encore de nombreux catholiques viennent à Old Goa visiter la basilique du Bon Jésus où se trouve le corps du saint missionnaire François Xavier et la cathédrale Sainte-Catherine.

L'intérieur du pays offre des paysage des rizières, de forêts vierges et de cascades.

Le festival de la Full Moon Party sur les plages de Anjuna Beach et Vagator est un des plus importants rassemblement de culture et de musique trance, née dans cette région de l'Inde au cours des années 80.

Source Unesco et Wikipédia
Goa et les églises de Old Goa : Histoire   
Goa forme la première implantation coloniale portugaise en Inde. Conquête portugaise

Avec le démantèlement du royaume de Bahmanî, en 1482, Goa passa sous le contrôle de Yusuf Adil Shah, le roi de Bîjâpur, qui régnait lorsque les Portugais arrivèrent en Inde.

À l'époque, Goa était un important point d'embarquement des pèlerins indiens pour La Mecque, mais c'était surtout un port de commerce sans rival sur la côte occidentale, hormis Calicut. C'était en particulier un centre d'importation de chevaux arabes, en provenance d'Ormuz, marchandises vitales pour les royaumes du Dekkan en guerre perpétuelle. La place était facilement défendable par n'importe quelle puissance qui avait la maîtrise des mers, car les fleuves qui encerclent la région ne pouvaient être traversés à gué qu'en un seul point qui avait été infesté délibérément par des crocodiles.

Les Portugais attaquèrent le 10 février 1510 sous le commandement d'Afonso de Albuquerque. Un ascète hindou ayant prédit la chute de la ville et la garnison de mercenaires ottomans étant dépassée par le nombre, la ville se rendit sans combattre, et Albuquerque y entra en triomphe, acclamé par la population hindoue.

Trois mois plus tard, Yusuf Adil Shah arriva avec 60 000 hommes de troupe, força le passage à gué, et bloqua les Portugais dans leurs bateaux de mai à août, jusqu'à ce que la fin de la mousson leur permît de reprendre la mer. En novembre, Albuquerque revint avec des forces plus importantes et, après avoir réduit une résistance désespérée, reprit la ville, autorisa ses soldats à la piller pendant trois jours, et fit massacrer toute la population musulmane.

Organisation
Goa fut la première implantation portugaise en Asie. Albuquerque l'imagina comme une colonie et une base navale, à la différence des comptoirs fortifiés qui avaient été établis dans certains ports indiens. Il encouraga ses hommes à épouser des femmes indigènes, et à s'installer comme fermiers, commerçants ou artisans (200 mariages seront célébrés en 3 semaines). Ces hommes devinrent bientôt une caste de privilégiés, et la population eurasienne de Goa augmenta considérablement. Albuquerque et ses successeurs respectèrent les coutumes des trente communautés villageoises de l'île, interdisant seulement le rite de la satî. Un recueil de ces coutumes (Foral de usos e costumes) fut édité en 1526, et constitue un document historique de grande valeur.

Goa devint la capitale de tout l'empire portugais en Orient. Les mêmes privilèges civiques que Lisbonne lui furent accordés. Son Sénat ou chambre municipale était en communication directe avec le roi et payait un représentant spécial pour s'occuper de ses intérêts à la cour. En 1563, le gouverneur proposa même de faire de Goa le siège d'un parlement, auquel toutes les parties de l'orient portugais seraient représentées, ce à quoi le roi mit son veto.

En 1542, saint Francois Xavier (Francesco de Yasu Xavier) mentionnait la splendeur architecturale de la ville qui atteignit l'apogée de sa prospérité entre 1575 et 1625. La Goa Dourada, ou Goa Dorée, était alors la merveille des merveilles selon tous les voyageurs qui s'y rendirent, et un proverbe portugais disait : "Celui qui a vu que Goa n'a pas besoin de voir Lisbonne".

Des marchandises de tout l'Orient étaient disponibles dans le bazar de Goa, telles les perles et le corail de Bahreïn, la porcelaine et la soie de Chine, les drogues et les épices de l'archipel malais. Des esclaves étaient vendus aux enchères dans les rues principales.

Siège de la cour du vice-roi, mais aussi place militaire et religieuse importante, la vie sociale de Goa était très brillante. Cependant, au cours du XVIe siècle, le luxe et l'ostentation de toutes les classes sociales y étaient devenus outranciers. La quasi totalité des travaux manuels étaient le fait des esclaves et la société goanaise entra en décadence.

L'arrivée des Hollandais dans les eaux indiennes entraîna la ruine progressive de Goa. En 1603 et 1639, ces derniers firent le siège de la ville sans réussir à la prendre. En 1635, elle fut ravagée par une épidémie.

Le commerce fut graduellement monopolisé par les Jésuites. Thevenot en 1666, Baldaeus en 1672, Fryer en 1675 décrivent sa paupérisation et son déclin inéluctable. En 1683, la ville est sauvée in extremis d'une capture par les Marathes par l'arrivée opportune de l'armée moghole et en 1739, le territoire attaqué par le même ennemi n'est sauvé que par l'arrivée inattendue d'un nouveau vice-roi et de sa flotte. Ce péril était toujours imminent et ce jusqu'en 1759, quand une paix fut conclue avec le Marathes. Cette même année, la proposition, discutée depuis 1684, du déplacement du siège du gouvernement vers Panjim devient réalité. Entre 1695 et 1775, la population diminua de 20.000 à 1.600 habitants, et en 1835, Goa n'était plus habitée que par quelques prêtres, moines et nonnes.

Finalement, après 450 ans de présence portugaise, Goa est envahie par les troupes de Jawaharlal Nehru lors de l'Opération Vijay les 18 et 19 décembre 1961 et intégrée dans l'Union indienne.

Après l'annexion par l'Inde, Goa fut d'abord soumis à un gouvernement militaire pendant cinq mois ; puis l'ordre civil fut restauré et la région devint un territoire assujetti au gouvernement fédéral.

Le 19 décembre est célébré chaque année dans l'État de Goa comme Fête de la Libération.

L'Inquisition à Goa
L'Inquisition sera mise en place vers 1560. Les minutes de quelque 40.000 procès ont été répertoriées dans les archives de l'Inquisition. Les accusés de blasphème, impiété, sodomie, nécromancie et sorcellerie étaient torturés pour obtenir des aveux. La plupart en mourrait. Normalement réservée aux seuls catholiques, l'Inquisition sera étendue aux Hindous, car "leur comportement scandalisait les nouveaux convertis".

L'édit de 1542 donna au Vice-Roi la possibilité de détruire tous les temples hindous, afin d'y construire des églises. Diego Rodriguez, surnommé le "destructeur de temples" s'y employa avec une grande efficacité.

Le tribunal de l'Inquisition siégeait dans l'ancien palais du Sabayo, construit à proximité de la Cathédrale Sé. Les magistrats, en général au nombre de trois, dépendaient du saint-Office.

Les méthodes utilisées étaient particulièrement horribles. Les "confesseurs" utilisaient :
- La torture par la corde, qui consistait à attacher les bras de la victime dans le dos et à les accrocher à une poulie. La victime était hissée puis relâchée, sans qu'elle touche le sol, afin de provoquer la dislocation des bras.
- La torture par l'eau, qui consistait à faire boire de force une grande quantité d'eau à la victime allongée en travers sur une barre de fer.
- La torture par le feu, qui consistait à accrocher la victime, les pieds badigeonnés de graisse, au-dessus d'un feu.

Ceux qui survivaient subissaient des autodafés collectifs qui avaient lieu tous les deux ou trois ans. Les condamnés étaient marqués d'une croix rouge. Ils formaient une procession dans les rues de la ville, précédée par des moines franciscains portant l'étendard du Saint-Office et l'effigie de saint Pierre. Ils assistaient à une dernière messe solennelle dans la cathédrale Saint-François d'Assise, présidée par le vice-roi et les Inquisiteurs. Les accusés "repentis" étaient séparés de ceux qui devaient mourir. Ces derniers montaient au bucher le lendemain, au Campo de Sao Lazaro.

Il y eu 71 autodafés entre 1600 et 1773, au cours desquels 4.046 personnes furent condamnées à des peines diverses (3.034 hommes et 1.012 femmes). On dénombre 121 suppliciés sur le bûcher (105 hommes et 16 femmes), dont 54 brûlés vifs. Les 64 autres étaient déjà morts.

Le Roi Dom Juan I accepta de supprimer l'Inquisition en 1774, à la demande du Marquis de Pombal. La reine Donna Maria I la rétablit cinq ans plus tard. L'abolition définitive interviendra en 1812, lors de l'occupation de Goa par les Britanniques.

Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Goa
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