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Volubilis


Volubilis

Inscription au Patrimoine Mondial par l'Unesco : 1997

Volubilis (Maroc)

Volubilis est une ville antique romaine située sur les bords de Oued Khoumane, rivière de la banlieue de Meknès (Maroc), non loin de la ville sainte de Moulay Idriss Zerhoun où repose Idrîs Ier.

Au temps de sa splendeur, la ville au­rait compté entre 10.000 et 20.000 habitants, pour moitié des esclaves, la plupart autochtones, les autres originaires de régions plus orientales, d'Asie Mineure, de Syrie ou de Palestine. Les Romains, eux, ne représentaient probablement qu'une poignée d'habitants, tous hauts fonctionnaires, mar­chands ou officiers installés là provisoirement. La cité tirait alors sa richesse de l'huile d'olives produite dans des huileries installées en son coeur.

Pas de monuments imposants à première vue. Les tremblements de terre et le pillage des pierres nobles au cours des siècles ne permettent que de distinguer l'emplacement des édifices de la cité. Les archéologues sont parvenus à reconstituer une façade de la basilique, quelques colonnes, très imparfaitement l'arc de Caracalla et la porte de Tanger. Nous sommes loin de la splendeur de villes antiques ayant conservé leurs amphithéâtres et leurs temples. Volubulis n'est pas Délos. Le principal intérêt de la visite réside dans la découverte des mosaïques posées au sol, qui témoignent à elles seules de la splendeur de certaines demeures. Le classement au Patrimoine de l'Humanité peut sembler excessif, mais puisqu'il en est ainsi, une visite s'impose.
   Volubilis : Visite virtuelle   21 sections et 19 éléments
Volubilis : Edifice(s) (17)


Aqueduc
approx. entre 80 et 100
L'aqueduc, construit vers la fin du Ier siècle après Jésus-Christ, captait les eaux d'une source située à environ un kilomètre de la cité. Il était enterré sur la plus grande partie de son parcours.

Arc de Caracalla
Période des Sévères - entre 216 et 217
Construit tardivement, l'arc de Caracalla ne se situe pas dans l'axe du Decumanus Maximus qui lui est antérieur. Sa conception reste cependant conforme à l'art triomphal romain du IIe siècle.

Basilique
vers 168
La basilique judiciaire s'étend sur environ 1000m². C'est le bâtiment le plus imposant de Volubilis. La façade occidentale s'ouvre sur le forum par huit baies surmontées d'un arc en plein cintre et séparées par des colonnes.

Boulangerie du Forum

Une boulangerie avec ses meules et pétrins encore en place est visible à l'ouest de la porte sud du forum.

Capitole (1)
219
Le capitole était un temple dédié au culte officiel. Il a été érigé par le gouverneur de la province en 219, d'après l'inscription dédicatoire qui y a été découverte.

Huilerie

L'huilerie restituée in situ à la forme d'un bâtiment de pierres au toit plat. La région de Volubilis semble avoir été la principale zone de production d'huile d'olive de la région. Les oliveraies couvraient, comme aujourd'hui, les versants des montagnes voisines.

Maison à l'Ephèbe

La maison à l'Ephèbe, qui tire son nom d'une statue qui y a été découverte, comporte plusieurs mosaïques intéressantes (faune marine, centaures, Bacchus...).


Maison au Cortège de Vénus (3)

Le quartier nord-est s'est développé dès le Ier siècle après l'annexion romaine. Ce vaste espace abrites des demeures des riches patriciens, telle la maison au Cortège de Vénus.

Maison au Desultor

La maison au Desultor abrite les seules mosaïques de Volubilis faisant référence à la vie quotidienne : un cavalier-acrobate y chevauche à l'envers sa monture, tandis qu'à proximité, on assiste à une scène de pêche, rehaussée de l'inscription "PISCAT" ("il pêche").

Maison aux Colonnes (2)

La maison aux Colonnes qui borde le Decumanus, est partiellement restaurée. Son entrée est particulièrement majestueuse.

Maison aux Travaux d'Hercule (8)

On accède à la maison aux Travaux d'Hercule par une porte donnant sur une rue perpendiculaire au Decumanus Maximus (un cardo). La mosaïque aux Travaux d'Hercule se trouve dans le prolongement de l'entrée.



Maison d'Orphée (2)

La maison d'Orphée semble s'être constituée par ajouts successifs. Elle occupe trois niveaux et comporte une huilerie et des thermes privés.

Thermes du Nord

Les thermes du Nord sont encadrés par deux fontaines publiques. L'une d'elles se trouve en bordure du Decumanus Maximus.

Tumulus

Le tertre de terre ne contient aucune tombe, mais plusieurs stèles funéraires puniques (écriture carthaginoise) ont été découvertes dans ce secteur, qui pourrait avoir été occupé par une nécropole à l'époque pré-romaine.
Volubilis : Guide (1)


Guide, plan et vue satellite de Volubilis (2)

Le site archéologique de Volubilis est situé à 31 km au nord de Meknès et 3 km de Moulay Idriss.
Volubilis : Rues, avenues ... (2)


Decumanus Maximus et porte dite de Tanger (1)

Le Decumanus Maximus est bordé de maisons à mosaïques. Sur la gauche, côté sud, se trouve la maison aux Néréides, avec son huilerie et son bassin mosaïqué. Sur la droite, la maison des Fauves ornée de lions, panthères et tigresses.

Forum de Volubilis

Le forum est une place dallée en équerre, bordée à l'est par la basilique. On y accédait par deux portes qui étaient fermées lorsque se tenait l'assemblée des citoyens.
Volubilis : Sculpture (1)


Phallus en pierre

Les phallus sculptés indiquaient à l'époque la direction du lupanar.
Site en relation :
Colisée et forums romains

Volubilis : Horaires   

en été
08h00 - 19h00
autres mois de l'année
08h00 - 18h30
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Volubilis : Guide de visite   
Le site archéologique de Volubilis est situé à 31 km au nord de Meknès et 3 km de Moulay Idriss. Il faut compter environ 2 heures pour effectuer la visite, qui commence par la porte Sud-Est, se prolonge par le forum et l'arc de Caracalla, et prend fin à la porte de Tanger. Il est conseillé d'arriver à l'ouverture afin d'éviter les cars qui déversent leurs flots de touristes.
Volubilis : Description   
Le nom de Volubilis du site serait dû à l'abondance de la plante. Le nom berbère de la ville est Walili, Oualili, ou Walila (arabe : walīlā وليلى) qui désigne la fleur de liseron. La ville vivait du commerce de l'huile d'olive. On retrouve dans les ruines de nombreux pressoirs à huile.

Monuments
Les vestiges les plus spectaculaires sont les très nombreuses mosaïques ornant le sol des riches demeures. Leur conservation pose toutefois problème. Auparavant protégées, elles sont désormais exposées au soleil, au vent et aux visiteurs.

En 1946, les fouilles ont permis de trouver des bustes de bronze dont l'un figure Caton d'Utique. Les zones fouillées représentent moins de la moitié du site.

L'activité antique de la cité est visible par le nombre élevé d'huileries et de boulangeries identifiées sur le site.

Quelques maisons permettent de bien percevoir le plan de ces grandes demeures romaines avec leur atrium et impluvium. On a retrouvé plusieurs établissements de bain : quatre d'époque romaine avec un hypocauste, et un hammam de la période arabe.
Volubilis : Histoire   
Le site de Volubilis a sans douté été occupé dès le néolithique. Les vestiges préhistoriques recueillis dans les débris de fouilles sont peu nombreux et d'origine incertaine.

La cité à longtemps été une bourgade dans une contrée peuplée de Maures (Berbères). La période ancienne a livré des inscriptions écrites en libyque, langue encore aujourd'hui indéchiffrable. On peut en voir au musée lapidaire de Volubilis.

Après les Phéniciens, les Carthaginois se sont installés le long des côtes marocaines. Dès le IIIème siècle avant notre ère, Volubilis avait partiellement adopté la langue et les institutions puniques. La cité est gérée par des suffètes, des magistrats suprêmes, comme à Carthage. Elle s'installe sur l'oppidum, formé des futurs quartiers du sud et du centre. Une enceinte en brique crue protège les maisons de même matière. Un tumulus est élevé à l'angle Nord-Est de l'enceinte. Avant la provincialisation de la Maurétanie Tingitane, Volublis est une cité adoptent plusieurs usages romains. Certains des magistrats sont appelés "édiles", de nombreux habitants ont déjà la citoyenneté romaine.

En 33 avant Jésus-Christ, Octave fait administrer le royaume maurétanien resté sans souverain et entreprend de fonder des colonies de vétérans dans le nord du Maroc. Il placera Juba II à la tête du royaume maurétanien, un Africain élévé à Rome. Volubilis a peut-être accueilli un temps l'une de ses résidences royales. La cité était alors protégée d'une enceinte de briques crues et dotée de plusieurs monuments religieux. L'influence carthaginoise était encore forte. La ville était dirigée par des sufètes (magistrats de Carthage), et le néo-punique était encore en usage dans les inscriptions. Juba II régna 48 ans (de -25 à 23), aidant les Romains à réprimer les révoltes numides. Son fils Ptolémée lui succéda avec le titre de "roi allié et ami de Rome", avant d'être assassiné en 40 par l'empereur Caligula.

L'empire romain annexe le royaume de Maurétanie Tingitane en 42 après Jésus-Christ. Volubilis participe aux cotés des Romains à l'anéantissement de la révolte menée par Aedemon, affranchi de Ptolémée. Trois légions romaines appuyées par des auxiliaires, soit une vingtaine de milliers d'hommes, seront mobilisées pour venir à bout de la résistance.

L'empereur Claude divisera l'ancien royaume de Maurétanie en deux : la partie occidentale deviendra la Maurétanie tingitane (du nom de Tingi, Tanger) et la partie orientale formera la Maurétanie césarienne, avec Caesarea comme capitale. Rome régnait désormais sans partage sur toute l'Afrique du Nord. Volubis sera récompensée pour sa loyauté et obtiendra le statut de municipe romain : tous les habitants libres de Volubilis seront des citoyens romains. La stèle dite du fils de Bostar, visible sur le forum, détaille le contenu de cette faveur impériale. Située aux limites sud de la province, Volubilis sera l'élément le plus avancé du dispositif de défense romain face aux tribus semi-nomades. Protégée par trois camps et un réseau de tours de guet, elle sera reliée par une piste à Tingi, porte d'entrée et capitale de la Tingitane. La ville connaîtra un nouvel essor lié à la mise en valeur de son arrière-pays. L'élite locale prendra le contrôle des nouvelles institutions copiées sur le modèle romain.

Un forum, quatre édifices thermaux publics et des maisons sont construits. Un aqueduc apporte l'eau des sources du Djébel jusqu'à deux fontaines publiques, aux thermes et aux maisons. Deux puits et une citerne complètent ce réseau. Les maisons se couvrent de toits à double pente en tuiles romaines. Un temple avec ses lieux d'offrandes et de sacrifices est construit sur les pentes du tumulus.

Le rempart percé de huit portes, chacune encadrée par deux tours, est édifié en 168/169. Plusieurs édifices publics sont construits ou agrandis. Des maisons richement décorées de mosaïques sont dotées de thermes privés. L'activité commerciale et artisanale est florissante. Un portique borde le Decumanus Maximus depuis la porte de Tanger jusqu'à l'Arc de Triomphe, dédié à Caracalla pour le remercier d'avoir accordé un dégrèvement fiscal, remise connue par l'édit de Banasa. La cité, qui héberge de très riches famille est à l'apogée de son histoire.

Vers 285, les fonctionnaires romains se replient sur Tanger à l'initiative de Dioclétien. Privés de ressources et livrés à eux-mêmes, les habitants abandonnent les parties hautes de la cité pour se rapprocher de la rivière. L'aqueduc n'est plus entretenu. Jusqu'au début du Ve siècle, la ville est habitée par une population romanisée mais majoritairement d'origine maure, qui adopte progressivement une nouvelle organisation.

L'invasion des Vandales, venus d'Espagne en 429, marqua la fin de la période romaine. Vers 600, l'habitat se replie progressivement sur la pente ouest, à l'intérieur d'une enceinte réduite. Les fortifications sont prolongées du côté de l'oued Khoumane. On construit les nouvelles maisons et le nouveau rempart avec des blocs prélevés sur les édifices des autres quartiers. Quelques inscriptions tardives laissent penser qu'une communauté chrétienne issue de l'Oranie voisine utilise encore le latin. Mais l'évolution de la ville reste difficile à cerner.

Les conquêtes arabes de la fin du VIIe siècle vont sceller le destin de la ville. A la suite du raid d'Oqba en 681, l'islam se répand dans tout le Maghreb. Les Abbassides vainqueurs des Ommeyades en Orient installent une garnison à Volubilis.

En 789, Idris, un descendant d'Ali, le gendre du Prophète, s'enfuit d'Orient pour échapper aux persécutions abbassides. Il s'installe à Volubilis, devenue Oualila en arabe. Les Aouraba, une tribu qui avait trouvé refuge dans la région, le proclament bientôt souverain. La cité et le monastère fortifié de Moulay Idris tout proche servent de base aux conquêtes du souverain, qui fonde ainsi la première dynastie de l'histoire du Maroc. Idris meurt en 791, peut-être empoisonné par un émissaire du Calife Haroun er Rachid. Son fils lui succède sous le nom d'Idris II et crée sa propre capitale à Fès en 808. C'est le début du déclin inexorable de Volubilis.

En 818, Volubilis accueille des Andalous chassés de Cordoue. Ceux-ci s'installent en bordure de l'Oued. La ville romaine sert de carrière pour les matériaux de construction. Les guides locaux racontent que le site n'a été complètement abandonné qu'après le séisme de 1755 à Lisbonne. Le site a été occupé de façon permanente jusqu'au XIIème siècle.

La cité a été partiellement fouillée depuis 1915, sous le protectorat par des archéologues français et marocains. Aujourd'hui, ce sont 40 hectares de vestiges qui s'étendent au milieu des oliveraies et des champs. Quelques monuments prestigieux ont été restaurés pendant le XXe siècle. La qualité de conservation remarquable des mosaïques et l'exceptionnelle préservation du site ont incité l'UNESCO à le classer au Patrimoine mondial de l'Humanité.
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