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Katmandou


Katmandou
Katmandou (Népal)

Dans les années 1960, Katmandou était, avec Kuta (Indonésie) et Kaboul, l'un des "3 K", destinations des hippies sur les routes d'Asie. C'est la seule qui a conservé son charme et son intérêt, même si elle perdu en exotisme avec le développement du tourisme et d'un urbanisme sauvage. Kuta est devenue l'une des plages les plus fréquentées de Bali, et Kaboul connaît l'un des sort les plus tragiques de la planète depuis la chute de la royauté en 1974. Les étapes mythiques, comme Goa, ne valent plus que par leur patrimoine. La génération de Kérouac est à la retraite. Heureux ceux qui en ont profité.

Aujourd'hui, Katmandou est toujours l'une des plus belle capitale d'Asie. Si le Népal peut sembler loin et inaccessible à de nombreux touriste, il n'en est rien dans la réalité, notamment pour ceux ou celles qui s'apprêtent à visiter l'Inde. De nombreuses compagnies aériennes assurent des liaison entre Katmandou et plusieurs villes en Inde : Delhi (Spicejet, Indian, Jet Airways, JetLite, Kingfisher) - Varanasi (Kingfisher, Jet Airways), Calcutta, Bombay. Si vous disposez du temps suffisant (au moins 3 jours pour la Vallée de Katmandou) , il est judicieux d'inscrire la visite du Népal lors d'un voyage en Inde. La plupart des touristes se ruent sur le Rajasthan après avoir visiter le Taj Mahal. Une erreur selon nous. Notre périple idéal comprend Delhi, Agra et Fatehpur Sikri, Gwalior, Orchha, Khajuraho, Bénarès (Vanarasi) ... et Katmandou si le calendrier le permet. Les spécialistes de l'Inde vous le confirmeront, même si cela ne fait pas nécessairement les affaires des tours opérateurs.
   Katmandou : Visite virtuelle   22 sections et 4 éléments
Katmandou : Edifice(s) (3)




Katmandou : Guide (1)


Katmandou : Lieu(x) de culte (15)






Stupa de Bodhnath (2)
Boudhanath Stupa
XIVème siècle
Bodnath (également appelé Bouddhanath) est l'un des principaux sanctuaires bouddhistes de la vallée de Katmandou.



Temple d'Annapurna - Asan Tole

Le temple d'Annapurna, pour indiquer qu'elle est la déesse de la nourriture, fait précéder l'entrée de son sanctuaire de deux statues : un personnage squelettique, à l'évidence famélique et un enfant potelé, bien en chair et copieusement nourri.





Temple de Ram Chandra
XIXème siècle


Yatkha Bahal
entre le XIIème et le XIIIème siècle
Katmandou : Quartier(s) (1)


Katmandou : Rues, avenues ... (2)



Katmandou : Guide de visite   
L'essentiel de l'activité touristique du Népal est concentrée dans la vallée de Katmandou et dans la région de Pokhara.

Katmandou dispose du seul aéroport international du pays : le Tribhuvan International Airport (code AITA : KTM).

Nepal Airlines dessert les villes de Bangkok, Hong Kong, Dubai, Doha, Kualalumpur et Delhi. Plusieurs compagnies internationales assurent des liaisons entre Katmandou et les grandes capitales occidentales, du Moyen-Orient et d'Asie. La plupart des touristes qui visitent le Népal inscrivent cette destination en extension d'un voyage en Inde.

Plusieurs compagnies aériennes (Nepal Airlines, Yeti Airlines, Buddha Air) assurent des vols intérieurs en direction de Pokhara, Jomsom, Lukla et Bhâratpur. Certaines proposent le survol des sommets de l'Himalaya.

L'accès au Népal peut se faire par bus, soit par le sud en provenance l'Inde, soit par le nord via Lhassa au Tibet. Les liaisons sont cependant peu nombreuses. Routes et moyens de transport sont pour la plupart loin des critères occidentaux en terme de sécurité et de confort.

L'entrée au Népal nécessite un visa. Vous devez être en possession d'un passeport dont la validité doit être d'au moins 6 mois. Vous pouvez obtenir votre visa à l'ambassade du Népal, 45 bis rue des Acacias, 75017 Paris (01 46 22 48 67). Vous pouvez également obtenir votre visa à l'arrivée, à l'aéroport Tribhuvan de Katmandou, en vous munissant d'une photographie d'identité. Le visa touristique n'autorise pas à travailler, même bénévolement. Les visas touristiques peuvent être renouvelés sur place au Département de l'Immigration (rue de Bhrikuti Mandap) dans la limité d'un séjour maximum de 150 jours par année civile (1er janvier au 31 décembre).

Tous les postes frontières ne sont accessibles aux Européens. Les Français ne peuvent utiliser que huit postes frontières :
- aéroport Tribhuvan de Katmandou
- Kakarvita, à l'est du Népal, vers Dardjeling et le Bangladesh
- Birganj, au sud, route principale vers l'Inde.
- Kodari, au nord, vers le Tibet.
- Belahia, à l'ouest.
- Jamunaha, à l'ouest, près de Nepalganj.
- Mahana, à l'extrême ouest
- Gaddachauki, à l'extrême ouest.

Il est possible (vivement recommandé !) de visiter le Tibet à partir de Katmandou. Tout n'est question que de temps et d'argent. C'est très cher, et le passage par une agence est obligatoire. Le visa est collectif pour le groupe, aucune trace sur la passeport. Le voyage en véhicules 4*4 emprunte une route (piste par endroit) qui serpente au milieu des sommets de l'Himalaya, à une altitude d'environ 4000 mètres.
Katmandou : Description   
Incontournable
Les touristes qui atterrissent à Katmandou ont un programme de visites chargé, comprenant plusieurs sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco. Ils témoignent de la splendeur des anciens royaumes qui se sont partagés la vallée de Katmandou.

Deux mille sept cents temples et autres monuments sont rassemblés dans la vallée de Katmandou. Bois sculpté polychrome, brique rouge, toits de cuivre, ils sont souvent regroupés sur des espaces très exigus. Ce sont ces pagodes, stupas et vihara qui donnent le ton au paysage entier.

Les distances ne sont pas très éloignées. Il est facile d'organiser seul ses visites, sans passer par une agence. On négociera avec un chauffeur de taxi le déplacement pour les sites les plus éloignés.


73 Ko
La ville de Katmandou se visite à pied. La plupart des édifices, temples et monuments sont concentrés autour de la Durbar Square, non loin du quartier de Thamel qui regroupe l'essentiel des hôtels et restaurants de la capitale du Népal.


80 Ko
L'ancien palais Hanuman Dhoka qui borde la Durbar Square mélange différents styles d'architecture. Il renferme un musée dont les objets retracent la vie des souverains. Un peu plus loin, la maison de la Kumari mérite une visite.


97 Ko
En bordure de la ville, le temple de Pashupatinath livre une atmosphère et un décor qui rappellent les ghâts de Bénares (Varanasi), en plus intime. Vous assisterez sans doute à des crémations en bordure de la rivière sacrée Bagmati, notamment l'après-midi.


66 Ko
L'important stupa de Bodnath, du temple de Swayambhunath, est un des plus anciens et le plus saint des sites bouddhistes de Katmandou. Il est situé sur une colline à l'ouest de la ville. Bouddha est né à Lumbini, petit village du Népal, au VIème siècle avant Jésus-Christ. Alors que le bouddhisme a pratiquement disparu de l'Inde, qui fut son berceau, vers le Xème siècle (0,8 % de la population contre 79,8% pour l'hindouisme et 13,7% pour l'islam), il est encore très actif ici (400 temples), même si l'hindouisme gagne du terrain. Dans le bouddhisme des Newar, les moines se marient.


87 Ko
Impossible de quitter Katmandou sans avoir visiter Patan (Lalitpur), également inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco. Cet ancien royaume indépendant abrite une place royale (Durbar Square) et des édifices d'une grande beauté.


73 Ko
Que dire de Bhaktapur, fondée au XIIème siècle par le roi Ananda Deva Malla ? Sans doute le meilleur à programmer pour la fin du séjour. Initialement, la cité aurait été édifiée selon un plan en forme de conque, et sous le nom de Khwopa, pour devenir la capitale des râjas Malla qui succédèrent à la dynastie des Thâkurî. Le superlatif ne suffit plus. "Il y a quelque chose d'irréel dans les édifices dans lesquels on se trouve. On a l'impression de figurer sur la scène d'un théâtre, au milieu des décors. On s'attend à entendre un coup de sifflet et à voir surgir des machinistes qui soudainement enlèveront ces palais et ces temples fantastiques" (Alexandra David-Néel, Au coeur des Himalayas). Il est conseillé d'arriver le matin, avant les groupes de touristes.

Katmandou
Katmandou (ou Katmandhu, ou Katmandu) est parfois aussi appelée Kantipur ou Yen, notamment par les Newars. C'est la capitale politique et religieuse du Népal, dont elle est également la plus grande ville, ainsi qu le chef-lieu du district du même nom. Les premiers habitants de Katmandou étaient des Newars et parlaient le Nepâlbhâsa, qui est un langage très répandu parmi les différentes communautés ethniques résidant à Katmandou. La ville s'élève à 1 350 m d'altitude, au confluent de deux rivières, la Bagmati et la Bishnumati. Elle est encerclée par des montagnes de taille moyenne dans les contreforts de l'Himalaya, ce qui explique qu'on parle de la vallée de Katmandou, (administrativement connue sous le nom de zone de la Bagmati, "Bagmati anchal"), qui comprend aussi Patan et Bhaktapur et est peuplée d'environ 1,5 million d'habitants. Elle ne possède ni réseau souterrain de canalisations ni alimentation en eau suffisante. Aujourd'hui, du fait du contexte politique, l'environnement n'est pas la priorité des Népalais, ce qui en fait une des villes les plus polluées d'Asie.

Selon les chroniques locales, la ville de Katmandou aurait été fondée au Xème siècle par le roi Gunakamadeva. La structure actuelle de la ville remonte au XVIème siècle.

Géographie
La vallée de Katmandou est composée de trois villes principales, Katmandou elle-même, Patan et Bhaktapur. Patan et Katmandou se hissent l'une sur l'autre, uniquement séparées par la rivière Bagmati, tandis que Bhaktapur s'élève plus près des contreforts à l'est.

Katmandou elle-même est le lieu de résidence de la plupart des bureaux gouvernementaux, des ambassades, des maisons de corporation et du palais. Le Palais du Roi, un large bâtiment nouvellement rose, s'élève à la droite de Thamel, le sanctuaire touristique du pays. Thamel est constitué de deux rues parallèles juste à l'ouest du palais. C'est l'emplacement de différentes résidences, appartenant à différentes célébrités. Le palais est à la tête de Durbar Marg, une rue remplie de magasins divers et variés.

La plupart des rues de Katmandou ont des noms provenant du nepâlbhâsa, affirmant son appartenance à la riche culture newari et à l'héritage qui en est resté.

La "vieille ville" est remarquable pour ses nombreux temples et palais bouddhistes et hindous, dont la plupart remontent au XVIIème siècle. Beaucoup de ces monuments ont été endommagés par des séismes et par la pollution. Cette vallée abrite des sites appartenant au patrimoine mondial de l'UNESCO, composés de sept différentes zones : le centre des trois villes principales, Katmandou Hanuman Dhoka, Patan et Bhaktapur, les deux plus importants stûpas bouddhistes, Swayambhunath et Boudhanath et deux fameux tombeaux hindous, le temple Pashupatinath et Changu Narayan. Depuis 2003, l'Unesco attire l'attention sur les "dangers" de perte d'authenticité et de la valeur universelle exceptionnelle du site classé.

From Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Katmandou
Text is available under the terms of the GNU Free Documentation License
http://en.wikipedia.org/wiki/Wikipedia:Text_of_the_GNU_Free_Documentation_License
Katmandou : Histoire   
La vallée de Katmandou a peut-être été habitée dès 900 avant Jésus-Christ, mais les plus vieux objets trouvés à ce jour dans la vallée datent d'une centaine d'année avant Jésus-Christ La plus ancienne inscription connue est datée de 185 avant Jésus-Christ. Le plus vieux bâtiment daté avec certitude au creux de cette vallée date de presque mille ans. On dit qu'au VIème siècle avant Jésus-Christ, le Bouddha et ses disciples auraient passé du temps dans la région de ce qui est aujourd'hui Patan, bien qu'il n'y ait aucune preuve de cela. Quatre stûpas autour de la ville de Patan auraient été érigés par Charumati, fille d'Ashoka le Grand, roi Maurya, au IIIème siècle avant Jésus-Christ, d'après l'ancienne histoire présente dans la vallée. Comme avec les légendes de la venue du Bouddha, il n'y a aucune preuve affirmant la visite d'Ashoka, mais les stupas datent probablement de ce siècle.

Les Kirats sont les premiers souverains connus de la vallée de Katmandou. Les vestiges de leur palais seraient à Patan, près de Hiranyavarna Mahavihara (appelé "Patukodon"). La dynastie Licchavi, dont les plus anciennes inscriptions datent d'avant l'an 464, fut la suivante à régner dans la vallée. Elle avait des liens étroits la dynastie Gupta d'Inde.

Aux premiers siècles de notre ère, le bouddhisme puis l'hindouisme, venus de l'Inde, sont largement répandus au Népal. L'aménagement architectural et urbain ne sera jamais dissocié du domaine religieux.

Sous la dynastie des Malla, l'architecture népalaise affirme son originalité au XIe siècle. Elle se développe dans la vallée de Katmandou depuis Bhatgaon, Patan et la ville de Katmandou.

Au début du XIVe siècle, Bhatgaon et Patan sont les deux rivales d'un pays partagé; le Népal subit des invasions dont celle des musulmans venus du Bengale (1349).

Réunifié sous les Malla (1380-1395), le pays atteint son âge d'or autour du XVe siècle. Bhatgaon, Patan et Katmandou témoignent de cette brillante période.
Au début du XVIe siècle, les trois villes sont les capitales de trois royaumes qui se livrent des combats stériles. En 1768, les Rajputes, venus de Gurkha, conquièrent le pays qui retrouvera son indépendance en 1947.

Religion, urbanité, société
Petit pays asiatique enclavé entre les géants démographiques que sont la Chine et l'Inde, le Népal, longtemps fermé au monde extérieur et à ses formes de modernité, reste mal connu. Le pays peine à se défaire de perceptions faussées liées à une image "mythique", largement entretenue dans le cadre de l'ouverture au tourisme.

L'Everest, le Yéti ou les paradis artificiels et la douceur de vivre que venaient y quérir les hippies des années 1970 sont autant d'avatars de ces représentations qui ont longtemps masqué la réalité d'un pays en mutations. Néanmoins, à côté de ces poncifs conditionnant trop souvent l'appréhension du Népal par les Occidentaux, rappelons que la population népalaise est toujours très largement mue par une forte religiosité alimentée par des mythes qui, pour être ancestraux, n'en restent pas moins vivaces, au coeur de l'espace du quotidien.

Le Népal est aujourd'hui le dernier pays au monde officiellement hindou. En rappelant par ailleurs qu'il n'a jamais connu de période de colonisation.

Cependant, bien que religion officielle, l'hindouisme n'est nullement exclusif, le bouddhisme y est également très présent, que ce soit en termes de fidèles ou de marqueurs spatiaux . Cette présence bouddhiste historique a par ailleurs connu un regain avec l'arrivée massive d'exilés tibétains, par vagues, depuis la fin des années 1950. Le syncrétisme entre ces deux religions est même une donnée essentielle pour comprendre le rapport des Népalais au sacré.

Cité de Katmandou
Jusqu'au XVIIIème siècle, la ville de Katmandou se limitait au strict périmètre cerné par son ancienne muraille. Son site correspondait au nord de la confluence des deux rivières sacrées que sont la Bagmati et la Vishnoumati. L'implantation des grands palais Rana en périphérie de cet espace dès le milieu du XIXème siècle et surtout l'urbanisation galopante que connaît la capitale depuis 1951, date de l'ouverture du pays vers l'extérieur, relègue aujourd'hui ce périmètre initial à un simple quartier de la ville en termes d'emprise spatiale. On appellera ce périmètre initial la "cité" par souci de clarté et pour le distinguer de la ville dans son ensemble. Si la cité ne représente plus que 3% du territoire municipal aujourd'hui et si elle a perdu sa centralité géographique, elle n'a en rien perdu sa centralité sociale. De même, si l'ethnie newar qui occupa la vallée de manière quasi exclusive pendant des siècles se retrouve aujourd'hui minoritaire numériquement, elle reste une composante importante de la population de la ville, en termes symboliques notamment.

À l'origine de la ville : le mythe
Chercher à connaître l'histoire urbaine précise de Katmandou relève du défi, tant le mythique est intrinsèquement lié à l'historique proprement dit. Même l'histoire "officielle" du pays se fonde volontiers sur des chroniques royales issues de traditions orales, insistant sur la sacralité de la ville et du pouvoir royal qui y est associé. Notons en outre le manque cruel de données archéologiques.

D'après les chroniques, au Xème siècle, le roi Gunakamadeva dont la capitale était installée à Patan eut l'apparition en rêve de la déesse Mahâlakshmï qui lui ordonna de construire une ville en forme de sabre à la confluence de la Bagmati et de la Vishnumati, lieu d'une grande pureté, où résidait le dieu Kâmeshvara. Le roi s'exécuta et ainsi pris corps la grande cité de Kantipura qui devint un centre commerçant réputé. La chronique détaille ainsi avec grande précision la mise en forme de la topographie religieuse avec l'emplacement des statues sacrées, des sanctuaires et des temples comme autant de repères urbains.

Suite à une analyse cadastrale précise, on peut estimer probable un processus de synécisme (une association de villages) de différents villages à l'origine de Katmandou, anciennement Kantipura. La croissance de la ville s'explique avant tout par sa fonction de rupture de charge, à mi-chemin sur le parcours du commerce trans-himalayen, entre Patna - ville aux portes de l'Inde - et Lhassa. Le grand carrefour d'Asan Tole, encore qualifiable aujourd'hui de centre névralgique de la ville, correspondrait en fait au croisement de deux axes commerciaux majeurs.

Cependant, les récits mythiques toujours invoqués aujourd'hui nous enseignent que le fait urbain est considéré comme un fait royal. Morphologiquement, au coeur de ce dispositif idéal, se trouve le palais royal, puisque la ville s'est longtemps identifiée à son souverain censé n'être rien de moins que l'incarnation du dieu Vishnu sur terre.

Le centre de la cité n'est pas seulement le siège du pouvoir politique, il comporte également le sanctuaire d'une divinité tutélaire. Cette dualité temple-palais jouait un rôle central dans l'exercice concret du pouvoir tel que le décrivent les Chroniques de la période Malla, du XIIIème au XVIIIème. Le palais royal symbolise le centre du cosmos et doit idéalement se trouver au point d'intersection des principaux axes de la cité, ce qui est le cas du palais Hanuman Dhoka, ancien palais royal de la ville.

La ville est le lieu civilisé par excellence, c'est-à-dire le monde gouverné par les lois du dharma. D'où le symbole accompagnant les murailles d'origine avec huit accès disposés dans les huit directions de l'univers.

Dans ces représentations, c'est par la ville que l'homme civilise la nature primitive. La ville permet ainsi l'appropriation du territoire et sa sacralisation. L'organisation spatiale se veut avant tout reflet du macrocosme et tente de donner corps au divin par le respect de certains fondements urbanistiques.

Une morphologie urbaine reflet de l'ordre cosmique
À l'échelle de la ville, l'espace public central est donc Durbar Square, carrefour porteur de sens et associé à la présence du palais Hanuman Dhoka et de nombreux temples de taille particulièrement imposante.

Cependant, la force du sacré dans l'ordonnancement de l'espace n'est nullement limitée au centre-ville symbolique : il est présent de manière très fine dans la trame urbaine. D'autres échelles d'analyse s'imposent. Si labyrinthique que puisse paraître la cité au visiteur étranger, son agencement a ainsi été minutieusement pensé en adéquation avec divers préceptes. La largeur des rues répondait à un impératif religieux précis : permettre le passage du chariot d'honneur de la divinité Seto Matsyendranath, large de plus de trois mètres à la base, lors des processions.

Les rues népalaises de la cité ne portent par ailleurs aucun nom qui permettrait un repérage dans leur dédale. Cela tient au fait que les habitants utilisent une autre échelle pour se repérer et identifier leur paysage urbain, comme le "tole", correspondant à "l'îlot", associé à un temple de quartier où les citadins portent des offrandes quotidiennement. Chaque "îlot" est séparé des îlots voisins par les artères principales. Certes, il y a les temples monumentaux qui font la renommée internationale de Durbar Square, mais ce sont véritablement ces temples de taille plus modeste qui sont associés à la sociabilité urbaine de la cité dans un pays où la religion est inhérente à la vie quotidienne.

Il convient d'attacher une attention particulière à l'échelle d'analyse qui fait la spécificité des villes newars : la cour, dite "chwok". Seul un relevé cadastral précis peut révéler ce réseau de circulation intérieur aux quartiers. Nous sommes dans les lieux du voisinage et de l'interconnaissance. Les Temples que l'on y trouve quasi immanquablement sont donc de taille réduite, mais le support de ferventes dévotions. Les temples font partie intégrante des "marqueurs urbains" et ils sont des repères essentiels dans la ville, à toutes les échelles.

Sacralité de l'espace domestique
Dans la maison traditionnelle newar, rien n'y est neutre, chaque espace est qualifié, fait sens et renvoie aux multiples composantes de la nature et de la culture. La répartition des fonctions à l'intérieur des habitations, les orientations sur lesquelles se fondent maison, village, ville et territoire sont en relation directe avec l'axe des fleuves, le parcours du soleil, les clans et les castes, les professions et les fonctions, la hiérarchie sociale, les statuts et le sacré.

Chaque étage correspond en effet à un degré de pureté : plus on monte dans les étages et plus les pièces associées sont pures et donc privées. Suivant l'adage précédent, le rez-de-chaussée de la maison permet l'accueil d'étrangers - exception faite des plus basses castes et notamment des "intouchables". Il en va de même dans les étages, le premier permet l'accueil des membres de la famille et de personnes du même rang, mais avec une nuance entre l'arrière et l'avant de la maison : seul l'avant est réservé à la réception. Au dernier étage de la maison, se trouve donc l'espace le plus sacré et le moins accessible : la cuisine qui se doit d'être préservée de toute souillure et qui est seule investie par la famille ; c'est aussi dans cet espace que logent les divinités. Ce modèle pose problèmes lors des successions. En effet, les fils d'une famille newar se doivent de vivre dans la maison paternelle toute leur vie.

Les temporalités urbaines du sacré
Une observation des lieux à différentes dates du calendrier, ou même à différentes heures de la journée, permet de mettre à jour des rythmes urbains essentiels à l'appréhension de la nature des espaces sacrés de la ville.

À l'échelle de l'année, les lieux ne sont pas toujours investis par le même type de population. La fête de "Teej", qui a lieu en septembre, met à l'honneur les femmes dans leur sari rouge et or. Elles investissent alors les rues de manière exclusive, tout d'abord pour un festin qui s'achève le premier jour de la fête vers minuit, puis partent en processions dans les rues de la ville qui leur sont entièrement dédiées. On retrouve également une organisation très codifiée de l'espace lors la semaine de Dasain, en octobre, où la rue devient la scène de sacrifices animaliers sanglants en offrande à la déesse Durga. Chaque jour de cette semaine voit son lot de processions et de rituels, déroutants de précision dans la manière dont ils se doivent d'investir l'espace.

À l'échelle de la journée, la fonction des lieux et les acteurs qui y sont associés varie tout aussi considérablement. Classiquement, le temps de prière et de dévotion aux temples atteint son paroxysme le matin et le soir. Cependant, il n'y a aucune norme concernant le moment de la prière. L'hindouisme, comme le bouddhisme , intègre le religieux à tous les instants de la vie quotidienne.

Les citadins peuvent même créer leur propre espace sacré, le temps que leurs bâtonnés d'encens ne se consument sur le pas de leur boutique ou que leur autels votifs du jour ne soient ensuite démontés. Les lieux du sacré sont ainsi en partie réinventés chaque jour et tout espace peut devenir sacré pour un instant, grâce aux pratiques des citadins.

Espaces sacrés, espaces vécus
Au-delà de la symbolique cosmologique qu'ils représentent, les espaces sacrés sont avant tout des espaces particulièrement appropriés par la population citadine : ce sont des lieux de sociabilité, des espaces vécus au sens fort, dont les usages peuvent être détournés, comme en témoignent les exemples suivants. Le matin, les abords des temples sont investis majoritairement par les femmes venant prendre soin de leurs cheveux ou faire leur vaisselle grâce aux fontaines publiques souvent associées aux temples.

Une entrée brutale dans la modernité : des territoires du sacré à réinventer
Si le chariot de la divinité Seto Matsyendranath emprunte encore fièrement chaque année les artères de la cité, il n'est plus qu'anecdote d'un jour face au flot des motos et des voitures qui sillonnent continuellement Katmandou depuis quelques dizaines d'années, sans épargner la cité.

Les chiffres précis manquent pour mesurer l'ampleur nouvelle que prend le phénomène de motorisation dans la ville chaque année. On estime que l'augmentation atteint 250% pour les voitures et 350% pour les deux-roues entre 1990 et 1995. Cela permet de prendre conscience de l'extrême rapidité de la croissance du nombre de véhicules motorisés en ville. Cette irruption date des années 1970 et n'a depuis cessé sa courbe ascendante, entraînant des mutations urbaines qui ont littéralement changé le visage de Katmandou. Le véhicule est devenu l'incarnation de la modernité.

En opposition avec l'architecture newar de la cité, reposant sur des principes sacrés de verticalité, la ville ne cesse depuis lors de s'étendre à l'horizontale, suivant comme axes directeurs les routes et les chemins principaux.

En quelques décennies, la cité newar a perdu son statut de ville pour devenir un quartier dans une agglomération en expansion. La cité constitue alors un quartier dense et historique, qui n'a plus rien à voir avec le reste de l'agglomération, notamment d'un point de vue architectural. Les espaces publics en particulier deviennent anecdotiques et sont de moins en moins représentés dans le reste de la ville. Les rues sont investies d'une manière radicalement nouvelle, le carrefour d'Asan Tole est quant à lui synonyme d'inextricables bouchons quotidiens. Les concurrences entre les fonctions des espaces publics sont exacerbées : les marchés et les alentours des temples se partagent l'espace avec les taxis et autres véhicules toujours plus nombreux et polluants.

De nombreux marchands font maintenant le choix de vivre hors de la cité et de venir y travailler en moto ou en taxi chaque jour. Ainsi les premiers étages des maisons sont progressivement affectés au commerce, à l'égal du rez-de-chaussée. Les propriétaires n'hésitent pas à louer ces étages vacants à d'autres commerçants, souvent d'origine étrangère, comme en témoigne le nombre d'hindous et de personnes originaires du Cachemire. La sacralité originellement associée à ces lieux par le biais de l'échelle de pureté s'en trouve donc profondément affectée.

Ouverture au tourisme
Quoique les guides touristiques ne cessent de qualifier le quartier de la cité de Katmandou de "médiéval" ou "d'authentique", les rues actuelles n'ont plus rien d'originel. Le terme d'authentique n'a par ailleurs jamais eu de sens dans un pays carrefour d'influences variées comme le Népal. L'ouverture du pays en 1951 a notamment provoqué des mutations urbaines exceptionnelles par leur rapidité et par leur radicalité. Elle a fait entrer en scène de nouveaux acteurs dont le poids est devenu prégnant : les touristes ou visiteurs étrangers.

Outre la mise en place d'une économie touristique pourvoyeuse d'emplois, cette présence étrangère a eu pour conséquence de donner une vision nouvelle de leurs espaces sacrés aux Népalais. D'espaces vécus du quotidien, ils deviennent une ressource patrimoniale exploitable et économiquement rentable, l'une des premières ressources du pays avec l'aide internationale. Ainsi se justifie l'apparition de guichets aux entrées de Durbar Square avec une taxe à acquitter pour les étrangers non ressortissant des pays du South Asian Association for Regional Cooperation (SAARC). Le paiement de cette taxe est toutefois très théorique et la négligence des gardes affectés à cette tâche est légendaire. Pourtant, ces guichets sont la preuve que Durbar Square prend le statut officiel de ressource patrimoniale, entraînant à ce titre une mise en scène particulière. Ultime transformation : l'affectation nouvelle d'un temple aux seuls touristes, à côté des trois temples traditionnellement réservés aux hommes, aux femmes et aux journalistes népalais, le jour de l'Indra Jatra. Le pouvoir accepte donc que cette cérémonie lourde de sens puisse prendre un statut de pur divertissement folklorique.

Le concept de patrimoine est totalement étranger à la culture népalaise, ce qui peut aussi expliquer la négligence de la gestion de la ressource patrimoniale, qui tendrait davantage à répondre à des valeurs occidentales. Les citadins prennent cependant conscience que leurs coutumes religieuses peuvent devenir une manne financière. Les recettes à en tirer sont trop importantes pour qu'ils opposent de réelles réserves à les mettre en scène. Les premiers à en avoir saisi l'enjeu sont les sadhus, moines ascétiques ayant toujours vécu de mendicité auprès de la population, car leur statut monacal hindouiste leur interdit d'exercer un emploi. Ils se plient aujourd'hui volontiers aux rituels des clichés photographiques avec les étrangers pour quelques centaines de roupies, et pratiquent même pour certains une véritable forme de racolage auprès des passants, dans des accoutrements excessifs. Ultime paradoxe : plus la quête d'authenticité est grand de la part des étrangers, plus les espaces publics perdent en spontanéité et se folklorisent.

Le développement du tourisme au Népal
Le Népal est, jusqu'aux années 1960, un petit pays lointain et ignoré, sauf des quelques grands noms de l'alpinisme mondial. Le développement du tourisme fut donc au départ uniquement fondé sur la pratique de l'alpinisme dans le massif himalayen. Les années 1970 marquent un tournant avec l'arrivée radicalement novatrice des hippies. Population éphémère certes, mais qui marque les esprits et a des conséquences importantes sur la ville, même d'un point de vue purement spatial. En effet, délaissant les sommets, ces derniers mettent en avant une autre dimension du pays : sa dimension mystique et mythique. À ce titre, ils s'installent dans le quartier de "Freak Street" situé au sud du palais royal, au plus près du coeur religieux de la cité, emplacement symbolique et idéologique. Ils constituent alors la première expérience d'investissement d'un quartier ou du moins d'une rue de la capitale par une minorité occidentale. L'expérience est brève, mais dans sa continuité, et en contrepoint du tourisme de montagne, est né un tourisme urbain fondé sur la mise en scène et l'exploitation des monuments historiques avec, au premier chef, les temples d'architectures très variées. Cette évolution s'est traduite en 1979 par le classement au patrimoine mondial de l'Unesco de l'intégralité de la vallée de Katmandou, "pour ses temples, sanctuaires, bains et jardins sacrés", simultanément au classement du parc naturel national de Sagarmatha (Everest).

Le patrimoine culturel classé comprend sept ensembles de monuments et constructions, couvrant l'éventail complet des réalisations historiques et artistiques qui ont rendu la Vallée mondialement célèbre : les places Durbar de Hanuman Dhoka (Katmandou), Patan et Bhaktapour, les stûpas bouddhistes de Swayambhu et de Bauddhanath, et les temples hindous de Pashupati et de Changu Narayan.

Mais, en 2003, l'ensemble des sites de la Vallée avait dû être inscrit dans la Liste du patrimoine mondial en péril ... pour en être retiré en 2007 grâce aux efforts de protection réalisés par le Népal.
Katmandou