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France > Paris IVème > Notre-Dame de Paris
Notre-Dame de Paris


Notre-Dame de Paris
Ile de la Cité
Paris IVème (France)

Métro : Cité
Le plan général de Notre-Dame est simple et harmonieux, ce qu'expriment ses dimensions : 130 mètres de longueur, 48 mètres de largeur, 35 mètres de hauteur sous voûte, 69 mètres au sommet des tours.

La superficie de 5.500 m² permet d'accueillir 9.000 personnes. La façade, majestueuse et équilibrée, est un véritable livre de pierre qui raconte l'histoire sainte. Elle paraît avoir été conçue par un artiste unique tant son unité est évidente. Divisée en trois étages distincts, elle est encadrée par deux grandes tours quadrangulaires, hautes de 69 mètres. La tour de droite renferme "Emmanuel", le fameux bourdon de 13 tonnes, refondu au XVIIème siècle. Les trois portails sont inégaux. Celui du centre est plus haut et plus large que les autres. Celui de gauche est surmonté d'un gâble. L'art médiéval, à l'opposé de l'architecture contemporaine, aimait la dissymétrie qui atténue la monotonie des grandes surfaces.

Le Portail de la Vierge et antérieur à celui du Jugement dernier. La Vierge mère, qui orne le trumeau et foule au pied un serpent, est une statue moderne. Le tympan comprend trois niveaux. Celui du bas représente l'Arche d'Alliance entourée de statues de trois prophètes et trois ancêtres de la Vierge qui lui annoncent sa destinée. La partie centrale représente la Dormition de la Vierge, en présence du Christ et des Apôtres. La partie supérieure représente le Couronnement de la Vierge par un ange, tandis que Jésus lui tend un sceptre. Les voussures sont bordées de feuillages, de fleurs et de fruits. Les quatre cordons, orné d'anges, de patriarches, de rois et prophètes, évoquent la cour céleste. Les petits bas reliefs des faces latérales et des piédroits évoquent les travaux des mois et les signes du Zodiaque correspondants. Les ébrasements sont ornés de statues produites par l'atelier de Viollet-le-Duc parmi lesquelles figurent saint Denis soutenu par deux anges, saint Jean-Baptiste et saint Etienne.

Soufflot n'hésitera pas à entailler le tympan du portail du Jugement dernier et à supprimer le trumeau, en 1771, afin de permettre le passage du dais lors des cérémonies processionnelles. Viollet-le-Duc réparera l'outrage. Il reconstituera les deux linteaux inférieurs et dotera le nouveau trumeau d'une statue moderne de Jésus-Christ. La partie inférieure du tympan représente la Résurrection et la partie intermédiaire la Pesée des âmes. Les élus de dieux sont conduits au paradis par des anges, tandis que les autres sont accompagnés aux enfers par des démons. La pointe du tympan représente Jésus assis prononçant le verdict. La Vierge et saint Jean, à genoux, intercèdent en faveur des hommes. Les six cordons des voussures représentent la cour céleste. La partie inférieure gauche, celle du ciel, nous montre Abraham accueillant les âmes. Celle de droite, l'enfer, rassemble des démons inquiétants. Les piédroits, dus aux ateliers de Viollet-le-Duc, évoquent la parabole des Vierges sages (sous le paradis) et des Vierges folles (sous l'enfer). Les douze Apôtres qui ornent les ébrasements sont l'oeuvre de Viollet-le-Duc. Ils trônent sur des médaillons datant du XIIIème siècle et représentant les Vertus (rangée inférieure) et les Vices (rangée supérieure).

Le portail Sainte-Anne date d'environ 1220. Les deux registres supérieurs du tympan abritent des statues antérieures de soixante années, destinées à l'origine à un portail plus étroit. Il s'agit des plus anciennes statues de Notre-Dame. La partie inférieure du tympan est consacrée aux parents de la Vierge, sainte Anne et saint Joachim. Le linteau intermédiaire, du XIIème siècle, est consacré à la vie de la Vierge. La pointe du tympan renferme une Vierge trônant en majesté. Entourée de deux anges thuriféraires ainsi que d'un évêque (debout) et d'un roi mérovingien (agenouillé), elle présente l'Enfant Jésus selon la tradition romane. Les quatre cordons des voussures représentent une cour céleste composée d'anges, de rois et de patriarches. Le trumeau est orné d'une statue moderne de saint Marcel, évêque de Paris au Vème siècle, qui aurait délivré la ville d'un dragon. La crosse du prélat est enfoncée dans la gueule de l'animal monstrueux. Les ébrasements sont ornés de statues de rois, de reines et de saintes.

La Galerie des Rois abrite vingt-huit statues de souverains de Juda et d'Israël ayant régné avant Jésus-Christ. Les Communards, les prenant pour des membres de la royauté française, les détruiront en 1873. Viollet-le-Duc est l'auteur des copies en place aujourd'hui. La Rosace, qui occupe le centre de la façade et surmonte un groupe composé de la Vierge entourée de deux anges, mesure dix mètres de diamètre. Le talent des artisans ne se mesure pas uniquement à ce record longtemps inégalé. La qualité de la construction a permis à cet ensemble de traverser presque huit siècles sans dommage. La Grande Galerie, qui constitue le premier niveau de la visite des tours de Notre-Dame, réuni ces deux dernières. Elle offre une vue panoramique qui le parvis, le Seine et les quartiers environnants. On pourra admirer, en se rendant au sein de la tour Sud qui renferme le bourdon, la flèche de la cathédrale construite par Viollet-le-Duc qui a agrémenté les balustrades de la Galerie de Chimères.

Sur le côté Nord de la cathédrale, s'élève le splendide portail du Cloître (1250), oeuvre de Jean de Chelles. Un maximum de lumière entre par les croisillons. La grande rose, d'un diamètre de 13 m, est un peu plus large que la grande rose de la façade avec qui elle rivalise de beauté et d'équilibre. A ses côtés, la porte Rouge est l'oeuvre de Pierre de Montreuil. La Vierge y est couronnée par son fils, entre saint Louis et son épouse Marguerite de Provence. Les voussures supportent des scènes de la vie de saint Marcel. La flèche, haute de 96 m, prolonge le jeu des lignes verticales et donne à Notre-Dame son élan ascensionnel. Elle a été refaite en 1859 par Viollet-le-Duc, à l'imitation de l'ancienne, construite entre 1220 et 1230 et détruite à la Révolution. Elle est en chêne recouvert de plomb et pèse 750 tonnes. Viollet-le-Duc s'est lui-même représenté aux côtés des évangélistes en cuivre. Avec ses grands arcs-boutants richement parés, le chevet, dessiné par Jean Ravy, est la partie qui, semblable à l'arrière d'un vaisseau, vient épauler la cathédrale au point de la poussée des voûtes. Sur le flanc Sud, s'élève le magnifique portail Saint-Etienne, d'une sculpture exceptionnellement riche. Commencé vers 1258 par Jean de Chelles et achevé par Pierre de Montreuil, il raconte la vie et la lapidation d'Etienne (à qui était dédié le sanctuaire, antérieur à la cathédrale). Les statues de saint Etienne et de saint Marcel sont du XIXème siècle.

L'intérieur de Notre-Dame est l'expression de l'école française du XIIIème siècle (époque dite du gothique de transition). Tandis que toute la structure de la cathédrale repose sur l'extérieur, massif et robuste, l'intérieur, lui, reçoit un maximum d'espace et de lumière. La nef à cinq travées est pourvue d'ogives voûtées. Elle est la dernière de la série des grandes églises à tribunes françaises. Les tribunes de Notre-Dame peuvent recevoir 1500 personnes. Leurs rosaces ont reçu en 1965, en remplacement des vitraux ternes du siècle dernier, une garniture de vitraux non figuratifs conçus par Jacques Le Chevallier. Celui-ci s'est efforcé de retrouver les matières et les tons purs employés par l'art médiéval. Egalement intégré à la nef, l'orgue de Cliquot (1730) restauré en 1962, est le plus grand orgue de France (113 jeux).

Le choeur est fermé par une petite grille. Sa décoration a été refaite sous Louis XIV, de 1708 à 1725, en commémoration du voeu de Louis XIII. On admirera les boiseries exécutées par Louis Marteau et Jean Noël. La clôture du choeur a été commencée en 1300 par Pierre de Chelles, continuée par Jean Ravy en 1318 et achevée en 1351 par Jean Le Bouteiller. Certaines sculptures d'origine, relatives à la naissance et à la vie du Christ subsistent encore. Ce sont les plus anciennes de Notre-Dame. La sacristie qui ouvre la partie Sud du choeur ne fut construite qu'en 1848 par Lassus et Viollet-le-Duc. Il renferme le trésor de Notre-Dame : le reliquaire contenant le jonc de la Sainte Couronne d'épines, et d'autres reliques de la Passion achetées par saint Louis en 1238.

La visite des tours de Notre-Dame permet d'accéder à la Galerie des Chimères, puis au sommet de la tour Nord. La montée s'effectue à pied par la tour Sud. Les visiteurs peuvent visiter le célèbre bourdon. Autant prévenir que le temps d'attente peut être extrêmement long. Pour des raisons de sécurité, le débit maximum a été fixé à une vingtaine de personnes admises toutes les 10 minutes. Une file d'attente comportant 100 visiteurs suppose donc une attente d'environ 50 minutes ! Les tours sont théoriquement accessibles tous les jours, de 10h00 à 17h30 (dernière admission à 16h45). La visite est gratuite le premier dimanche de chaque mois.

Histoire
La cathédrale des cathédrales françaises, qui se dresse à la pointe Sud-est de l'île de la Cité, est la quintessence de l'art français du Moyen-Age.

Outre l'importance de Notre-Dame sur le plan architectural, ce monument n'a cessé d'inspirer poètes, artistes et musiciens, de François Villon à Victor Hugo et Paul Claudel. Le succès de la comédie musicale Notre-Dame de Paris, de Luc Plamandon et Richard Cocciante, prouve le caractère intemporel du monument. Il est indissociable de l'histoire religieuse, politique et artistique de notre pays.

A l'origine temple gallo-romain, puis basilique chrétienne et église romane, Notre-Dame occupe un espace voué au culte depuis vingt siècles. Le premier groupe épiscopal, construit à l'emplacement de Notre-Dame, est mentionné par Grégoire de Tours au VIème siècle. Il comprenait une église consacrée à saint Etienne, une deuxième église consacrée à Notre-Dame construite par Clovis après le guérison de son fils Childebert, et un baptistère dédié à saint Jean. Cet ensemble recouvrait des édifices païens dont on a retrouvé des pierres sculptées lors de l'aménagement du choeur par Robert de Cotte, au XVIIème siècle.

Maurice de Sully, fils d'une bûcheronne de Sully-sur-Loire devenu évêque de Paris en 1160, décidera de la construction de la cathédrale. Le monument devait bénéficier des découvertes récentes permettant de faire entrer davantage de lumière à l'intérieur des édifices. La nouvelle architecture ogivale, dénommée ensuite gothique (barbare), permettra de faire supporter les efforts sur les piliers et les contreforts. Les murs, ainsi soulagés, seront moins épais et percés de hautes et larges fenêtres. Notre-Dame, précédée par la basilique Saint-Denis et les cathédrales de Sens et de Laon, sera l'un des premiers grands édifices gothiques construits en France. Le caractère sombre de l'intérieur de la cathédrale s'explique par cette ancienneté.

Maurice de Sully fera raser l'église du VIème siècle dédiée à saint-Etienne, en préservant le portail d'Etienne de Garlande (portail Sainte-Anne de la façade occidentale). Le royaume de Louis VII connaissait alors une période d'essor exceptionnelle. La nouvelle cathédrale mobilisera 5.500 m² de surface au sol. Le tissu urbain sera profondément transformé. Le projet entraînera la destruction des tous les abords, à l'exception de l'enclos canonial et du baptistère. Un parvis sera aménagé par le déplacement, à l'Est, de la façade occidentale. La rue Neuve-Notre-Dame sera tracée afin de permettre le transport des matériaux sur le chantier.

Les travaux débuteront à partir du chevet. L'élévation intérieure s'étagera sur quatre niveaux, avec une file de roses au-dessus des galeries. Les tribunes seront ouvertes vers l'extérieur. Il n'existera aucun arc-boutants. Les travaux dureront près de deux siècles (de 1163 à 1351). L'architecte de génie à l'origine du projet demeure inconnu. Un nouvel architecte, désigné dans les années 1170, entreprendra l'ouverture des tribunes sur la nef par trois baies au lieu de deux. Le maître-autel sera consacré en 1182 par le cardinal légat. Un troisième architecte lancera, avant l'achèvement de la nef, la construction du massif occidental jusqu'au niveau de la galerie des Rois. Il réalisera également le parvis. La façade sera raccordée aux maçonneries de la nef, vers 1210-1220, par un quatrième architecte. Celui-ci modifiera le projet initial en remplaçant la formule de la colonne par une composition similaire à celle de la cathédrale de Chartres.

Le projet subira, au XIIIème siècle et au début du XIVème siècle, d'importantes modifications dans le style du gothique rayonnant qui permettront d'ouvrir la cathédrale à la lumière. Les fenêtres des parties hautes de la nef seront agrandies vers 1225-1230. Les transformations entraîneront la disparition du niveau des roses. La toiture des combles des tribunes sera remplacée par des terrasses et des arc-boutants qui permettront l'évacuation des eaux de pluie. La flèche sera érigée au centre du transept.

Jean de Chelles se verra confier la réalisation de nouvelles façades de chaque coté du transept et réalisera le coté Nord. Les fondations seront élargies, entre 1250 et 1258, afin de construire les chapelles. Pierre de Montreuil, célèbre bâtisseur et architecte de la Sainte-Chapelle à qui l'on doit l'agrandissement de Saint-Germain-des-Prés, lui succèdera en 1265. Il donnera naissance aux premières chapelles du choeur. Pierre de Chelles et Jean Ravy prendront le relais, de 1296 à 1325. Ils lanceront les grands arcs-boutants à simple volée au-dessus de l'abside et entreprendront la construction du jubé et de la clôture de pierre fermant le choeur. Jean le Bouteiller, neveu de Jean Ravy, achèvera les travaux en 1351. Ces bâtisseurs de génie, qui consacreront le meilleur de leur art à la création du monument, mobiliseront une armée de tailleurs de pierres, charpentiers, forgerons, sculpteurs et de verriers. La frise qui orne le déambulatoire date du milieu du XIVème siècle, période au cours de laquelle presque la moitié de la population française, soit environ dix millions de personnes, périra de la peste. Les couleurs des tableaux sculptés (la plupart sont l'oeuvre de jean Ravy) ont été rénovées pour le huitième centenaire de la cathédrale en 1963.

Bien avant son achèvement, Notre-Dame sera le théâtre d'événements religieux et politiques qui marqueront l'histoire de France. Saint Louis y déposera la Couronne d'Epines en 1239, avant la consécration de la Sainte-Chapelle. Philippe le Bel, opposé à Boniface VIII après la disparition violente des Templiers, réunira les premiers Etats généraux du Royaume à Notre-Dame en 1302, afin d'affirmer l'indépendance de la France à l'égard de la papauté. Cette dernière s'installera, à partir de 1305, à Avignon pour une durée de soixante-dix ans. Le jeune roi d'Angleterre, Henri VI, y sera couronné en 1430. Le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc s'ouvrira à Notre-Dame en 1455. Le très politique mariage de la catholique Marguerite de Valois et du huguenot Henri de Navarre sera célébré dans la cathédrale en 1572. Ce dernier devra rester à la porte au cours de la cérémonie : "Paris vaut bien une messe" dira-t-il à cette occasion ...

La cathédrale hébergera d'importantes corporations, notamment celle des orfèvres qui contribueront à l'enrichissement de son patrimoine. Ces derniers, qui possèdent une chapelle, fonderont la confrérie de sainte Anne et saint Marcel. Ils feront, à partir de 1549, un don à la Vierge le Ier mai de chaque année. Ils offriront un arbre vert, le "May flamboyant", puis un autel portatif fait de feuillages. Il faudra attendre l'année 1630 pour que le premier tableau soit offert. Cette tradition, qui se poursuivra jusqu'en 1707, permettra de réunir soixante-seize peintures commandées à des peintres de renom parmi lesquels Charles Le Brun, Sébastien Bourdon et Eustache Le Sueur. Chaque tableau, de 11 pieds de haut (environ 3.50 mètres) sur 8 pieds et 6 pouces de large (environ 2.75 mètres) prendra essentiellement pour thème la vie des Apôtres. Ils seront accrochés dans les chapelles latérales et dans la nef. La plupart de ces grands tableaux seront dispersés à la Révolution. Un certain nombre ont retrouvé leur emplacement d'origine, d'autres rejoindront le Musée du Louvre et certaines églises ou musées de province.

Bossuet prononcera ici, en 1687, l'un des plus beaux textes de la littérature française, l'oraison funèbre du prince de Condé. Notre-Dame souffrira de mauvais traitements à partir du XVIIème siècle que. Le goût croissant pour l'art gréco-romain et le mépris que l'on éprouvera pour le Moyen-Age, perçu comme une époque d'obscurantisme, en seront la cause. Louis XIII, qui ne parvenait pas à doter la France d'un dauphin, fera le voeu de placer la France sous la protection de la Vierge s'il parvenait à concevoir un fils. Louis XIII et Anne d'Autriche attendront vingt-trois ans de mariage avant de donner un héritier au trône. Ils attribueront le deuxième prénom de Dieudonné à l'enfant. Louis XIII qui décédera en 1643 alors que son fils n'a que quatre ans et demi, ne pourra élever un nouveau maître-autel à Notre-Dame et offrir au choeur un groupe sculpté représentant une pietà. Louis XIV réalisera le voeu de son père soixante années plus tard.

Le projet baroque de Robert de Cotte, préféré à Jules-Hardouin Mansart, entraînera la destruction du jubé et transformera le choeur gothique. Les ogives seront dissimulées par des arcades de marbre en plein cintre et piles massives seront recouvertes de pilastres. Guillaume Coustou et Antoine Coysevox sculpteront respectivement les statues de Louis XIII et de Louis XIV, de part et d'autre d'une Vierge de pitié réalisée par Nicolas Coustou. Les six anges de bronze qui entourent l'ensemble portent chacun un objet qui symbolise la Passion du Christ : une couronne d'épines, les clous de la crucifixion, l'éponge imbibée de vinaigre, l'inscription qui surmontait la croix, le roseau ayant frappé le Christ et enfin la lance ayant transpercé le coeur. Les stalles de Dugoulon et Charpentier, construites sur le pourtour du choeur, seront surmontées de huit peintures dont il ne subsiste plus que celle accrochée aujourd'hui dans la chapelle Saint-Guillaume. Le pavement en marbre polychrome perdra une partie de son intégrité lors des travaux entrepris par Viollet-le-Duc au XIXème siècle. Ce dernier, soucieux de rétablir la cohérence de la cathédrale, conservera les stalles mais remplacera les arcades par des chapiteaux et des ogives dans le style du XIIIème siècle.

Notre-Dame de Paris subira d'autres dégradations au XVIIIème siècle. Germain Soufflot détruira le trumeau ainsi que les deux linteaux inférieurs du Portail du Jugement dernier afin de permettre le passage du dais lors des cérémonies processionnelles. A la même époque, les anciens vitraux du choeur seront remplacés par du verre blanc. La Révolution entraînera la destruction des "gothiques simulacres", de la flèche, et enverra à la fonte les objets de bronze ou de métal précieux. Une partie de la statuaire, déposée par Alexandre Lenoir au Musée des Monuments français, échappera au vandalisme. Devenu temple de la Raison, Notre-Dame sera ensuite transformée en entrepôt.

Napoléon Ier, qui rendra au culte la cathédrale en 1802, y sera sacré empereur le 2 décembre 1804. L'édifice, pour la circonstance blanchi à la chaux, sera dissimulé sous les décors de style troubadour de Charles Percier et François-Léonard Fontaine. Les drapeaux d'Austerlitz, accrochés aux murs, masqueront le délabrement intérieur de la cathédrale.

Le gouvernement de Louis-Philippe, soumis à la pression du mouvement romantique incarné par le roman de Victor Hugo intitulé Notre Dame de Paris (1831), confiera en 1843 les travaux de réhabilitation de la cathédrale à Jean-Baptiste Lassus et Eugène Viollet-le-Duc, déjà associés pour la restauration de la Sainte-Chapelle. Le premier disparaîtra en 1857. Viollet-le-Duc assumera seul le chantier jusqu'à sa mort, en 1879. L'important programme entraînera la construction de la sacristie (qui abrite aujourd'hui le Trésor), sur le flanc sud, l'érection d'une nouvelle flèche à la croisée du transept, et l'apparition d'une nouvelle statuaire - pas toujours conforme au projet initial - à laquelle sera associé l'atelier de Victor Geoffroy-Dechaume.

Depuis 1992, les progrès de technologie permettent de redonner à la pierre extérieure de la Cathédrale noircie par les siècles, sa pureté et sa blancheur originales. Les analyses distingueront deux couches distinctes de pollution, une partie brune correspondant à la partie de la pierre exposée à l'air et aux rayons du soleil et une couche noire de surface constituée de gypse. La partie crasseuse, représentant un danger pour la pierre, sera éliminée. Les sculptures seront traitées par laser, micro gommage et compresses humides afin de pulvériser la poussière sans altérer la patine du temps. Les pierres trop abîmées seront remplacées à l'identique à partir de calcaire coquillé prélevé en région parisienne. Un réseau de fils électriques, invisibles du sol, entraînera le départ des pigeons.
   Notre-Dame de Paris : Visite virtuelle   44 sections et 151 éléments
Notre-Dame de Paris : Architecture extérieure (1)

Extérieur

Crypte du parvis (14)
Parvis

Musées - entre le IIIème et le XIXème siècle
La crypte archéologique du parvis de Notre-Dame rassemble les vestiges mis à jour en 1977, lors de la construction du parc de stationnement.
Notre-Dame de Paris : Eglise(s) (42)


Etage de la rose
Façade
entre 1190 et 1220
La Rosace, qui occupe le centre de la façade, est surmontée un groupe composé de la Vierge à l'Enfant entourée de deux anges. Elle mesure dix mètres de diamètre. Le talent des artisans ne se mesure pas uniquement à ce record longtemps inégalé. La qualité de la construction a permis à cet ensemble de traverser presque huit siècles sans dommage.

Façade (4)
Façade
Moyen-Age - entre 1190 et 1220
Le premier groupe épiscopal, construit à l'emplacement de Notre-Dame, est mentionné par Grégoire de Tours au VIème siècle.

Galerie des Rois
Façade
entre 1190 et 1220
La Galerie des Rois abrite vingt-huit statues de souverains de Juda et d'Israël ayant régné avant Jésus-Christ. Les Communards, les prenant pour des membres de la royauté française, les détruiront en 1873.

Grande galerie
Galerie des Chimères
Façade

entre 1190 et 1220
La Grande Galerie, qui constitue le premier niveau de la visite des tours de Notre-Dame, réuni ces deux dernières. Elle offre une vue panoramique qui le parvis, le Seine et les quartiers environnants.

Portail de la Vierge (6)
Façade
vers 1208
Le Portail de la Vierge et antérieur à celui du Jugement dernier. La Vierge mère, qui orne le trumeau et foule au pied un serpent, est une statue moderne.

Portail de Sainte-Anne (6)
Façade
vers 1220
Ce portail date d'environ 1220. Les deux registres supérieurs du tympan abritent des statues antérieures de soixante années, destinées à l'origine à un portail plus étroit.

Portail du Jugement dernier (6)
Façade
vers 1210
Soufflot n'hésitera pas à entailler le tympan du portail et à supprimer le trumeau, en 1771, afin de permettre le passage du dais lors des cérémonies processionnelles. Viollet-le-Duc réparera l'outrage.

Porte rouge (2)
Façade
entre 1250 et 1270
La petite Porte rouge, sans doute réalisée par Pierre de Montreuil, devait être réservée aux chanoines. Le tympan, orné du Couronnement de la Vierge, date de 1260 environ. Les voussures supportent des scènes de la vie de saint Marcel.

Tour Nord
Façade
approx. entre 1200 et 1210
La seconde tranche de travaux, entre 1180 et 1200, permettra la construction du transept et de trois travées ouest de la nef.

Tour Sud (2)
Façade
approx. entre 1190 et 1220
La seconde tranche de travaux, entre 1180 et 1200, permettra la construction du transept et de trois travées ouest de la nef.



Presbytère
Flanc Sud
XIXème siècle

Rosace Sud
Flanc Sud
entre 1250 et 1270

Flanc Nord (7)
Flanc Nord
entre 1163 et 1220

Porte du Cloître
Flanc Nord
entre 1250 et 1270

Rosace Nord
Flanc Nord
entre 1250 et 1270


Intérieur

Nef (7)
Nef

entre 1180 et 1220

Transept (8)
Transept

entre 1250 et 1270

Choeur (12)
Choeur

entre 1163 et 1220





















Notre-Dame de Paris : Panoramas (1)

Extérieur

Vues de la Grande galerie (12)
Façade


La visite des tours de Notre-Dame permet d'accéder à la Galerie des Chimères, puis au sommet de la tour Nord.
En relation avec : Sainte Vierge
Notre-Dame de Paris : Description   
Notre-Dame de Paris, pour les Parisiens Notre-Dame, est la cathédrale de l'archidiocèse catholique de Paris. Notre-Dame de Paris n'est pas la plus grande des cathédrales françaises, mais elle est indiscutablement l'une des plus remarquables qu'ait produites l'architecture gothique en France et en Europe. Elle fut lors de son achèvement la plus grande cathédrale d'Occident. Ce chef-d'oeuvre, l'un des symboles les plus connus de la capitale française, est situé à l'extrémité est de l'île de la Cité, centre historique de la ville, tout près des berges de la Seine. Sa façade occidentale domine le parvis Notre-Dame - place Jean-Paul II.

La construction s'étant étendue sur de nombreuses décennies (deux siècles) sur l'emplacement d'anciens temples païens, le style n'est pas d'une uniformité totale ; elle possède ainsi des caractères du gothique primitif (voûtes sexpartites de la nef) et du gothique rayonnant : on remarque particulièrement l'audace des arcs-boutants du choeur. Sa façade occidentale est un chef-d'oeuvre d'équilibre architectural.

Après la tourmente révolutionnaire, la cathédrale a subi de 1844 à 1864 une restauration importante et parfois controversée dirigée par l'architecte Viollet-le-Duc, qui y a incorporé des éléments et des motifs que le monument légué par le Moyen Âge n'avait jamais possédés.

Les deux rosaces qui ornent chacun des bras du transept, sont parmi les plus grandes d'Europe et mesurent chacune 13,1 mètres de diamètre.

Une plaque de bronze incrustée dans le sol sert de point zéro de toutes les distances des routes à partir de Paris.

Structure
Comme la plupart des cathédrales françaises, Notre-Dame de Paris a un plan en forme de croix latine.

La nef comporte dix travées, le choeur cinq. L'axe de celui-ci est légèrement dévié vers la gauche (nord) par rapport à l'axe de la nef. L'abside est semi-circulaire à cinq pans. La nef est flanquée de doubles collatéraux qui se prolongent par un double déambulatoire, le tout avec chapelle latérales (sauf sur les trois premières travées) et rayonnantes (soit 29 au total, comportant un total 37 travées quadrangulaires). La cathédrale pouvait contenir jusqu'à 9 000 personnes dont 1 500 dans les tribunes.

Principales dimensions
- longueur : 130 mètres
- largeur : 48 mètres
- hauteur des tours : 69 mètres
- hauteur de la flèche : 96 mètres
- largeur de la façade : 43,5 mètres
- hauteur de la façade sans les tours : 45 mètres
- longueur du choeur: 38 mètres
- largeur du choeur: 12 mètres
- longueur de la nef : 60 mètres
- largeur du vaisseau central de la nef : 12 mètres
- largeur de chacun des collatéraux : 5,9 mètres
- hauteur sous toit de la nef : 43 mètres
- hauteur sous voûte de la nef et du choeur : 33 mètres
- hauteur sous voûte des collatéraux extérieurs : 10,1 mètres
- hauteur sous voûte des collatéraux intérieurs : 10,5 mètres
- hauteur sous voûte des tribunes : 8 mètres
- profondeur (largeur) des tribunes : 5,9 mètres
- longueur du transept: 48 mètres
- largeur du transept : 14 mètres
- nombre de fenêtres : 113
- nombre de colonnes et piliers : 75
- superficie intérieure : 4 800 m²
- superficie totale : 5 500 m² (à comparer aux 7 700 m² d'Amiens)
- superficie des points d'appui : 816,4 m².
- diamètre des rosaces nord et sud : 13,10 mètres (contre 13,36 mètres pour la grande rosace de Notre-Dame de Chartres)
- diamètre de la rosace ouest : 9,70 mètres

Quoique construite après le choeur , la nef relève du premier style gothique, avec voûtes sexpartites, cependant sans alternance de piles fortes et de piles faibles comme on le voit à la cathédrale Saint-Étienne de Sens.

Le transept, bien identifiable de l'extérieur du monument, ne fait pas saillie par rapport aux collatéraux et aux chapelles latérales. Il n'a pas de collatéraux.

Hormis le transept, l'élévation intérieure est à trois niveaux, avec grandes arcades, tribunes et fenêtres hautes. Dans les deux premières travées des deux bras du transept, l'élévation est cependant à quatre niveaux. Au XIXème siècle, le restaurateur Viollet-le-Duc entreprit de "corriger" la dixième travée de la nef, en y recréant erronément les quatre niveaux tels qu'ils se présentaient avant les modifications apportées au plan initial, dans les années 1220. Depuis, certains spécialistes estiment que cette dixième travée est l'oeuvre de Viollet-le-Duc, affirmation peut-être exagérée, puisque seule la partie supérieure a été modifiée. Il n'empêche que cette modification intempestive, que personne ne lui demandait, justifie les dures critiques émises à son encontre.

Les façades nord et sud du transept s'ornent de magnifiques rosaces ornées de vitraux, parmi les plus grandes d'Europe (diamètre : 13,1 m).

Éléments architecturaux extérieurs

Le parvis
Le parvis est la grande zone ouverte se trouvant juste devant la façade ouest. Le mot parvis vient du latin paradisius, paradis. Lorsque la cathédrale fut construite, le parvis était assez étroit. La cathédrale était située parmi d'innombrables bâtiments en bois de petite taille, telle que des maisons, boutiques et auberges. Le parvis conserva des dimensions modestes jusqu'au XVIIIème siècle, époque à laquelle l'architecte Beaufrand l'agrandit. Il fut remodelé à plusieurs reprises par la suite, notamment depuis 1960.

Le kilomètre 0 des routes françaises se trouve sur le parvis, à quelques mètres à peine de l'entrée de la cathédrale.

Depuis le XIXème siècle, de nombreuses fouilles archéologiques ont été entreprises sous le parvis de Notre-Dame de Paris, dont deux campagnes plus importantes : la première eut lieu en 1847 et fut menée par Théodore Vacquer, la seconde plus récente de 1965 à 1967 fut dirigée par Michel Fleury. Ces fouilles ont permis de mettre au jour d'importants vestiges gallo-romains et du haut Moyen Âge, et notamment les fondations d'un grand édifice religieux de forme basilicale à cinq nefs. Ces vestiges seraient ceux de la basilique Saint-Étienne, construite au IVe ou au VIème siècle et qui constitue la cathédrale précédant l'édifice actuel de Notre-Dame. Une crypte a été aménagée afin de préserver l'ensemble de ces substructions et de les rendre accessibles au public : on l'appelle Crypte archéologique du parvis de Notre-Dame. Depuis l'été 2000, elle est gérée par le musée Carnavalet.

Les tours
Les deux tours de la façade occidentale ne sont pas exactement jumelles. La tour nord (gauche) est légèrement plus forte et plus large que la tour sud, ce qui se remarque facilement en observant l'ensemble depuis le centre du parvis. À cette différence correspond, au niveau de l'étage du balcon de la Vierge situé sur la façade, une largeur nettement plus importante du contrefort nord de la tour nord par rapport au contrefort sud de la tour sud.

Au fil des ans, il a été suggéré à plusieurs reprises que les plans originaux de Notre-Dame, que nous ne possédons plus, prévoyaient deux flèches qui s'élèveraient des tours. Les solides clochers auraient pu sans aucun doute supporter de telles structures. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils étaient censés être dotés de flèches. La cathédrale d'Amiens ainsi que d'autres cathédrales suivirent le modèle de Notre-Dame et ne possèdent pas non plus de flèches (il est vrai que la cathédrale de Reims aurait dû en posséder, selon les plans initiaux, mais elles ne furent jamais achevées. Quant à la cathédrale d'Amiens, les tours n'ayant qu'une profondeur de 6 mètres ne pouvaient supporter de telles structures). Pendant la restauration qui eut lieu entre 1844 et 1864, l'idée des flèches fut à nouveau suggérée. Le restaurateur Viollet-le-Duc, voulant faire échouer le projet, dessina un plan très précis de la cathédrale avec de telles flèches afin de montrer à la population le résultat peu esthétique auquel ce projet aboutirait. Certains experts ont affirmé depuis, sur la base de ses plans et de ses écrits, que Viollet-le-Duc était lui-même en faveur de ces flèches .

Entre les deux tours, à l'arrière de la galerie supérieure de la façade faite d'une colonnade, et à l'avant du pignon de la nef, il existe une sorte d'esplanade, toit plat qu'on appelle l'aire de plomb ou la cour des réservoirs. Des plaques de plomb la recouvrent, et des bassins y ont été aménagés qui contiennent de l'eau utilisable rapidement en cas d'incendie. En arrière de l'aire de plomb s'élève le grand pignon triangulaire qui termine à l'ouest le comble de la nef : sur sa pointe, un ange sonne la trompette.

À noter que les tours de la cathédrale sont accessibles au public et offrent une vue imprenable sur Paris . La tour nord abrite un escalier de 387 marches. Au premier étage, au niveau de la galerie des rois et de la rosace, se trouve une grande salle gothique comportant un comptoir d'approvisionnement pour touristes et visiteurs. On peut y voir en plus diverses statues originales de la cathédrale ainsi que des toiles de Guido Reni, Carle Van Loo, Étienne Jeaurat et Louis Carrache.

La façade ouest
La façade correspond en grande partie à la vision d'Eudes de Sully, évêque de Paris de 1197 à 1208. Sa construction dura un demi-siècle, de 1200 à 1250. Sa composition architecturale est une conception géométrique simple. Elle a une largeur de 43,5 mètres (135 pieds-du-roi) et une hauteur de 45 mètres (141 pieds), mis à part la hauteur des tours. Elle comporte, de bas en haut, l'étage des trois portails, la galerie des rois, puis un étage occupé au centre par la rosace ouest, avec des deux côtés sous les tours, des fenêtres géminées surmontées de petites rosaces sous un arc en tiers point, enfin un dernier étage de colonnades reliant les deux tours et qui se prolonge sur les quatre faces de ces dernières. Au dessus de l'ensemble, au nord et au sud, se trouvent les tours elle-mêmes, à toit plat.

La façade, à la fois rigoureuse et linéaire, met en valeur de façon étonnante le cercle du vitrail de la rosace inscrit au centre d'un carré de plus de 40 mètres de côté. De nombreux observateurs ont remarqué que l'effet général de cette dernière est semblable à celui d'une hostie.

Juste au niveau surplombant les trois portails, on observe la galerie des Rois de Juda (et non pas des rois de France). Ces reconstitutions sont l'oeuvre de Viollet-le-Duc (il s'y est d'ailleurs lui-même représenté) et les fragments originaux peuvent être observés au musée du Moyen Âge à l'hôtel de Cluny à Paris. La façade est soutenue à l'extérieur par quatre contreforts, deux pour chaque tour, encadrant les trois portails. Sur ces contreforts, des niches abritent quatre statues refaites au XIXème siècle par l'équipe de restaurateurs de Viollet-le-Duc. Il s'agit, de gauche à droite de saint Étienne, puis de deux allégories, l'Église à gauche, la Synagogue à droite et enfin (contrefort sud) d'un évêque, très vraisemblablement saint Denis.

Le portail du Jugement Dernier
Il s'agit du portail principal de la cathédrale. Son imagerie est saisissante. La remarquable sculpture du tympan date des années 1210. Elle représente d'une manière étendue les scènes du jugement dernier - lorsque, selon la tradition chrétienne, les morts ressuscitent et sont jugés par le Christ. Sur le linteau inférieur, on peut voir les morts sortir de leurs tombes. Ils sont réveillés par deux anges qui, de chaque côté, sonnent de la trompette. Parmi ces personnages, tous vêtus, on peut voir un pape, un roi, des femmes, des guerriers, et même un noir d'Afrique.

Au-dessus, l'archange saint Michel utilise une balance pour peser les péchés et les vertus. Deux démons essayent de faire pencher l'un des plateaux de leur côté. Les élus sont à gauche, tandis qu'à droite les damnés enchaînés sont menés en enfer, poussés par d'autres démons, laids, cornus et aux regards diaboliques. Les expressions de ces damnés sont rendues avec un rare talent : la terreur et le désespoir se lisent sur leur visage.

Sur le tympan supérieur, le Christ, le torse à moitié nu pour montrer ses plaies, préside cette cour divine. Deux anges, debout, à droite et à gauche, tiennent les instruments de la Passion. De chaque côté, la Vierge Marie et saint Jean sont placés à genoux et implorent la miséricorde du Christ.

Les claveaux inférieurs des voussures sont occupées, du côté des damnés par des scènes de l'enfer, et du côté des élus, par les patriarches, parmi lesquels on voit Abraham tenant des âmes dans un repli de son manteau. Il s'agit là d'une démonstration bien concrète de l'imagerie chrétienne développée au Moyen Âge par l'Église, qui influence alors grandement le peuple. Encore, à cette époque la scène était entièrement peinte et dorée.

Groupés au paradis sur les premières voussures, l'ensemble des anges qui regardent la scène du Jugement ont plutôt l'air curieux et étonnés de voir ce qui se passe. L'impression générale qui se dégage de l'imagerie est loin d'être pessimiste. L'enfer n'occupe qu'une très petite partie de l'ensemble et tout est fait pour souligner la miséricorde du Seigneur. La Vierge Marie et les saints du paradis, symbolisés par saint Jean, intercèdent pour nous, et l'image de Jésus, qui domine la scène montrant ses plaies, nous rappelle qu'il est venu sur terre en tant que Rédempteur, pour racheter nos péchés.

La scène du Jugement Dernier figure également sur de nombreuses autres cathédrales gothiques et notamment à la cathédrale de Chartres, ainsi qu'à celles d'Amiens, de Laon, de Bordeaux et de Reims.

Ce portail, dont la magnifique scène du Jugement qui le surmonte, connut d'importantes déprédations au cours de la seconde moitié du XVIIIème siècle.

En 1771, sur commande du clergé, Soufflot le mutila sérieusement, supprimant le trumeau et entaillant les deux linteaux en leur centre. Lors de la restauration du XIXème siècle, Viollet-le-Duc enleva les parties latérales restantes des linteaux et les déposa au musée. Puis il reconstitua de manière admirable l'ensemble du Jugement Dernier, y compris les parties manquantes, aidé en cela par des dessins effectués avant les transformations de Soufflot. Ainsi seule la partie supérieure de la scène date du XIIIème siècle, les deux parties inférieures étant modernes. Par contre les voussures entourant le tympan, et leurs sculptures sont d'époque, elles aussi.

Le trumeau fut également reconstitué par l'équipe de restaurateurs. La grande statue qui y figure, celle du "Beau Dieu" est l'oeuvre d'Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume d'après le dessin - maintes fois remanié - de Viollet-le-Duc. Il est placé sur un socle où sont sculptés les arts libéraux.

Quant aux douze grandes statues des Apôtres installées sur les deux piédroits du portail (2 x 6 statues), fracassées en 1793 par les révolutionnaires comme presque toutes les autres grandes statues de la cathédrale, elles sont également des reconstitutions du XIXème siècle, d'ailleurs admirablement refaites. On reconnaît successivement à gauche saint Barthélemy, saint Simon, saint Jacques le Mineur, saint André, saint Jean et saint Pierre. À droite : saint Paul, saint Jacques le Majeur, saint Thomas, saint Philippe, saint Jude et saint Matthieu.

Au piédroit gauche, du côté du Paradis, figurent les vierges sages, alors qu'au piédroit opposé, on peut voir les vierges folles. Les sculptures de ces vierges ont également été refaites au XIXème siècle.

Sous les grandes statues des piédroits on peut admirer deux bas-reliefs conçus sous forme de médaillons, l'un à gauche, l'autre à droite, superposant des représentations des Vertus et des Vices, et ce d'après des scènes de la vie, facilement compréhensibles par le peuple chrétien de l'époque. La Douceur par exemple utilise le symbole du mouton, la Force est représentée par une armure, la versatilité nous montre un moine jetant son froc aux orties, etc. Cette thématique est reprise dans la rosace ouest. Toutes ces scènes ont également près de huit siècles d'âge.

On serait incomplet en ne mentionnant pas le fait que ce portail est de loin l'endroit le plus populaire, le plus visité et le plus admiré de toute la cathédrale, ce dont témoignent les innombrables photographies qui en sont prises. Tout concourt en effet à attirer les foules, chrétiennes ou non, du monde entier : l'admirable équilibre et l'extrême lisibilité du sujet, au centre d'une façade perçue à juste titre comme de toute beauté. Ajoutons à cela l'incontestable réussite de la restauration du XIXème siècle qui fait qu'à part les spécialistes et les initiés, il est presque impossible de distinguer ce qui date du XIIIème siècle, de ce qui fut recréé à l'époque de Viollet-le-Duc et de son équipe, et qui, respectueux de l'esprit de l'époque, se fond presque parfaitement dans l'ensemble voulu au Moyen Âge.

Le portail de la Vierge
Ce portail est dédié à la Vierge Marie. Il est un peu plus ancien que le portail du Jugement Dernier et date des années 1210. Gravement endommagé en 1793 (les neuf grandes statues avaient été détruites), il a fait l'objet d'une remarquable restauration au XIXème siècle, grâce à une abondante documentation qui a servi de base à la restitution des statues.

Dans le mur de la façade, autour des arcs du tympan, on remarque une cannelure pointue. Les bâtisseurs voulaient que ce portail soit différent des autres en l'honneur de la Vierge, à laquelle la cathédrale est dédiée.

Le portail comporte deux linteaux. Au linteau inférieur, des rois d'Israël et des prophètes entourent l'Arche d'Alliance. Celle-ci se trouve juste au dessus du dais recouvrant la statue de la Vierge à l'enfant, foulant aux pieds le serpent, symbole de Satan, et située au trumeau du portail (refaite au XIXème siècle). Le linteau supérieur représente la résurrection de la Vierge. Deux anges la sortent du tombeau, en présence du Christ et des apôtres y compris saint Paul. Aux deux extrémités, saint Paul et saint Jean sont représentés abrités respectivement par le figuier et l'olivier.

Au sommet du tympan, on assiste au couronnement de la Vierge Marie. Celle-ci est assise à la droite du Christ; et un ange, se trouvant au-dessus d'elle, place une couronne en or sur sa tête.

Les grandes statues des piédroits représentent notamment des saints parisiens. À gauche se trouvent un roi (non identifié) et saint Denis décapité, portant sa tête et entouré de deux anges. À droite : saint Jean-Baptiste, saint Étienne, sainte Geneviève et un évêque. Les bas-reliefs mutilés des niches situées sous ces statues représentent des scènes de leur vie respective.

Particularité intéressante de ce portail : les faces latérales du trumeau, ainsi que les parties centrales des piédroits situées près des vantaux sont constituées d'une série de bas-reliefs représentant le zodiaque, les travaux des mois chez les pauvres et chez les riches, les saisons et les âges de la vie, le tout magnifiquement traité.

Lilith et le péché originel
Enfin la partie inférieure du trumeau, sous les pieds de la Vierge est ornée d'un superbe bas-relief en trois séquences représentant le passage d'Adam et Ève au jardin d'Éden ou paradis terrestre, et la tentation d'Adam suivie du péché originel.

La première scène nous montre Dieu prélevant une côte à Adam endormi au pied d'un arbre, et transformant la côte en Ève, afin qu'il eût une compagne.

La seconde partie du bas-relief représente le péché originel. Le couple se trouve aux pieds de l'arbre de la connaissance du bien et du mal aux fruits défendus. Le diable a la forme d'une femme séduisante munie d'une longue queue de serpent. Il s'agit en fait de Lilith, personnage biblique absente de la bible canonique, mais présente dans les écrits rabbiniques du Talmud de Babylone. D'après la tradition juive, elle serait la première épouse d'Adam qui aurait quitté le paradis terrestre suite à son refus de se soumettre à ce dernier en adoptant la position inférieure lorsqu'ils faisaient l'amour. Elle refusa ensuite d'obéir à Dieu qui lui intimait l'ordre de se soumettre à Adam. Chassée de la surface de la terre, cette séductrice perverse finit par devenir diablesse et favorite de Lucifer. Elle revint tenter le couple dont elle était jalouse, afin de précipiter leur malheur.

Enfin la dernière scène de ce bas-relief représente l'expulsion des premiers hommes hors du jardin d'Éden, Dieu ayant averti le serpent que la femme serait dorénavant son pire ennemi et lui écraserait la tête. Le fait d'avoir précisément placé cette scène sous les pieds de la Vierge Marie, elle qui réhabilite totalement la femme, est hautement symbolique.

Le portail Sainte-Anne
Le portail Sainte-Anne est dédié à la vie de sainte Anne, la mère de la Vierge. Il est en fait récupéré de l'église antérieure à la cathédrale actuelle. Il est constitué en grande partie de pièces sculptées vers 1140-1150 pour un portail plus petit. On peut donc distinguer dans l'ornementation du portail Sainte-Anne des pièces du XIIème siècle (le tympan et la partie supérieure du linteau, deux tiers des sculptures des voussures de l'archivolte, les 8 grandes statues des piédroits, le trumeau), et d'autres du XIIIème siècle (partie inférieure du linteau et les autres statues des voussures de l'archivolte). Ces dernières ont été sculptées pour faire le raccord.

Le trumeau du portail présente une grande statue de saint Marcel, évêque de Paris, foulant aux pieds le dragon de la légende . C'est en fait une copie effectuée au XIXème siècle. L'original se trouve dans la salle haute aménagée dans la tour nord. En 1793, la statue de saint Marcel du trumeau fut mutilée (visage) et les huit statues des piédroits déposées. Les couronnes furent également endommagées. Fort heureusement certains fragments furent redécouverts plus tard (dont un grand nombre en 1977), si bien qu'aujourd'hui on a pu reconstituer plus ou moins au musée de Cluny le portail d'avant la révolution.

Les huit grandes statues des piédroits que l'on peut admirer actuellement datent du XIXème siècle. Elles représentent de gauche à droite et successivement : Élie, la veuve de Sarepta, Salomon et saint Pierre. Puis saint Paul, David, la sibylle et Isaïe.

Les deux linteaux ont été très visiblement sculptés à des dates différentes et par des sculpteurs de style fort différent. Le linteau inférieur constitue une pièce de raccord entre les deux portions du portail datant de l'époque de l'église antérieure. Il a été ajouté lorsque le portail fut remonté au début du XIIIème siècle. Il présente une série de personnages aux formes lourdes possédant une tête disproportionnée et vêtus de draperies trop grandes. Sur le linteau supérieur se trouvent des scènes de la vie de sainte Anne et de la Vierge.

Au dessus des deux linteaux, le tympan présente une Vierge en majesté. Ce portail est connu principalement en raison de la polémique concernant deux des personnages figurant sur ce tympan. Autour du groupe comprenant la Vierge majestueuse tenant Jésus-Christ enfant dans ses bras et deux anges, se trouvent deux personnages : un évêque et un roi. La tradition veut que ces personnages représentent l'évêque Maurice de Sully, fondateur de Notre-Dame, et Louis VII, roi de France à l'époque. Mais certains experts mettent en doute cette théorie et soutiennent que le personnage religieux est saint Germain, évêque de Paris au VIème siècle, et que le roi est Childebert Ier, fils de Clovis. D'autres experts affirment même que ces personnages ne peuvent pas être identifiés.

Enfin les deux vantaux de la porte sont dotés d'admirables pentures, chefs-d'oeuvre de la serrurerie-ferronnerie du XIIème siècle.

La galerie des rois
À vingt mètres du sol, une série de vingt-huit personnages royaux représente les vingt-huit générations des rois de Judée qui ont précédé le Christ. Chaque statue mesure plus de trois mètres cinquante de haut.

Les têtes des statues datent du XIXème siècle et sont le produit des ateliers de sculpture du restaurateur Viollet-le-Duc. En effet, les statues d'origine furent décapitées en 1793 pendant la Révolution française par les sans-culottes, qui, à tort, croyaient qu'elles représentaient des souverains du royaume de France. Il ne reste aujourd'hui que des fragments des statues médiévales.

Vingt-et-une têtes originales ont été retrouvées en 1977, à l'occasion de travaux entrepris pour la rénovation de l'hôtel Moreau, rue de la Chaussée-d'Antin dans le IXe arrondissement de Paris, et sont actuellement exposées au musée national du Moyen Âge (musée de Cluny). Bien que mutilées par leur chute, elles ont conservé des traces de polychromie (du rose sur les pommettes, du rouge pour les lèvres, du noir pour les sourcils, etc.).

Le balcon de la Vierge
Cette statue de la Vierge consacre la totalité de la façade à la mère du Christ. Elle fut commandée par Viollet-le-Duc pour remplacer la statue originale de l'époque médiévale, sévèrement endommagée par les années et les conditions climatiques. La rosace ouest se trouvant derrière cette statue constitue une auréole magnifique. Viollet-le-Duc plaça également des statues d'Adam et Ève devant les baies de chaque côté de la rosace. Il s'agit là, d'après la plupart des experts, de l'erreur principale de Viollet-le-Duc dans une restauration qui, sinon, peut être qualifiée de remarquable. Tout semble prouver qu'aucune statue n'ait existé à cet emplacement. Les statues d'Adam et Ève auraient en fait dû être placées dans des renfoncements du mur le plus éloigné du bras sud du transept.

La rosace ouest
Cette rosace semble énorme, mais bien qu'elle soit de dimension non négligeable, il s'agit en fait de la plus petite des trois rosaces de la cathédrale. Elle mesure neuf mètres soixante de diamètre. Elle fut presque entièrement refaite par Viollet-le-Duc lors de la grande restauration du XIXème siècle. Au centre : la Vierge. Tout autour on peut voir les travaux des mois, les signes du zodiaque, les Vertus et les Vices ainsi que les prophètes.

Les façades latérales de la cathédrale
La construction de la nef commença en 1182, après la consécration du choeur. Certains pensent même que les travaux débutèrent dès 1175, avant la consécration . Les travaux s'arrêtèrent après la quatrième travée laissant inachevée la nef tandis qu'on commença l'édification de la façade en 1208. L'édification de la nef fut reprise en 1218 afin de contrebuter la façade.

À la fin des années 1220, le quatrième architecte de Notre-Dame entreprit de modifier totalement le plan initial au niveau de la partie supérieure de l'édifice, alors que celui-ci était encore en cours de construction. L'obscurité de Notre-Dame, jugée trop importante dès le début de la construction, était devenue insupportable, surtout par comparaison avec la clarté dans laquelle baignaient les sanctuaires plus récents encore en construction. Une mise à niveau devenait indispensable si l'on désirait que la cathédrale reste la référence et ne soit pas considérée comme archaïque. On procéda donc à d'importantes modifications. L'architecte entreprit alors l'allongement des baies vers le bas par suppression de l'ancien troisième niveau, celui des roses de l'ancien édifice donnant sur les combles des tribunes. On supprima dès lors ces combles au profit d'une terrasse coiffant ces tribunes et formée de grandes dalles.

Se posait alors le problème de l'évacuation des eaux de pluie qui risquaient de stagner suite à la suppression du toit incliné des tribunes. L'architecte dut de ce fait introduire un élément nouveau dans l'architecture, dont nous sommes aujourd'hui encore héritiers : recueillir les eaux de pluie sous la toiture par un système de chéneaux, et les évacuer de proche en proche par des conduits verticaux vers un système se terminant au niveau de longues gargouilles destinées à les projeter au loin de l'édifice . Cela constituait un système tout à fait nouveau de gestion des eaux de pluie au sommet des bâtiments. En corollaire toute une série d'autres modification durent être effectuées au niveau supérieur de l'édifice (parties hautes du vaisseau principal) : reprise de la toiture et de la charpente, remontée des murs gouttereaux, création de chéneaux. Surtout on remplaça les arcs-boutants supérieurs à double volée par des grands arcs-boutants à simple volée lancés au-dessus des tribunes.

Les grands arcs-boutants de la nef
Ces grands arcs-boutants sont remarquables et témoignent du génie de l'architecte de l'époque. Ils sont d'une seule longue volée, lancés au dessus des collatéraux et leur tête soutient le haut des murs gouttereaux de la cathédrale. Ces têtes s'appuient au droit de conduits verticaux destinés à évacuer l'eau des chéneaux de la toiture de la nef. Le chaperon (appelé aussi extrados) des arcs-boutants est creusé d'une gouttière qui traverse le sommet de la culée et se termine par une longue gargouille. Ces arcs-boutants n'étaient pas essentiellement destinés à contrebuter l'édifice, mais à régler le problème de l'évacuation des eaux de pluies, devenu fort important après la transformation de la toiture des tribunes en terrasse. C'est ce qui explique la faiblesse relative de ces arcs. Leur construction est incontestablement une prouesse, ce qui se manifeste par leur grande longueur, mais aussi par leur minceur. Leur rôle étant faible dans la soutien de la voûte du vaisseau principal, l'architecte s'est permis d'être audacieux.

Il faut souligner que la grande portée de ces arcs-boutants est tout à fait exceptionnelle dans l'architecture gothique du Moyen Âge. En effet dans les édifices de l'époque, bordés de doubles bas-côtés ou de doubles déambulatoires, les culées de ces énormes arcs-boutants devaient prendre un terrain considérable en dehors des églises. Or le terrain était chose à épargner dans les villes du Moyen Âge, dont la superficie était rendue inextensible par les murs qui enserraient les cités. Les arcs-boutants de la cathédrale de Paris, qui franchissent d'une seule volée les doubles bas-côtés de la nef comme le double déambulatoire du choeur, sont un exemple unique. Ordinairement, dans ce cas, les arcs-boutants sont à deux volées, c'est-à-dire qu'ils sont séparés par un point d'appui intermédiaire qui, en divisant la poussée, détruit une partie de son effet et permet ainsi de réduire l'épaisseur des contreforts extérieurs ou culées. C'est ainsi que sont construits les arcs-boutants de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, ceux de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges, ainsi que ceux du choeur de celle d'Amiens ; ces trois derniers édifices sont eux aussi dotés soit de doubles bas-côtés soit d'un double déambulatoire .

La façade sud et le portail Saint-Étienne
Commencé par Jean de Chelles en 1257, le portail Saint-Étienne fut terminé par Pierre de Montreuil. Il se situe au niveau du bras sud du transept. Le tympan du portail Saint-Étienne est occupé par des bas-reliefs qui racontent la vie du premier martyr chrétien, saint Étienne, selon les actes des apôtres. Le trumeau est occupé par une grande statue de saint Étienne, oeuvre de Geoffroi-Dechaume exécutée au XIXème siècle.

La triple voussure de l'Intrados de la porte est sculptée de pas moins de vingt et un martyrs, auxquels des anges offrent des couronnes. On retrouve là saint Denis sans tête, saint Vincent, saint Eustache, saint Maurice, saint Laurent avec son gril, saint Clément, saint Georges, et d'autres dont l'identité n'a pu être déterminée clairement.

De chaque côté du portail trois statues d'apôtres elles aussi modernes, destinées à remplacer celles fracassées par les vandales de la révolution.

Au dessus du portail se trouve un beau gable ajouré surmonté de la magnifique rosace sud de la cathédrale offerte par saint Louis. Comme sa soeur du nord, la rosace sud, voit son diamètre atteindre 13,1 mètres, et, si l'on y ajoute la claire-voie sous-jacente, la hauteur totale de la verrière atteint presque 19 mètres.

Cette rosace fut redressée par Viollet-le-Duc au XIXème siècle, ce qui entraverait l'impression de rotation de la rosace. La raison de cette modification semble être que la rosace avait fort souffert au cours des siècles et surtout de l'incendie de l'archevêché déclenché par les insurgés de 1830. L'architecte-restaurateur constata de plus un affaissement important de la maçonnerie, et dut en conséquence reprendre entièrement cette façade. Il fit pivoter la rosace de 15 degrés à seule fin de lui donner un axe vertical robuste pour la consolider définitivement et éviter un affaissement ultérieur. Le maître verrier Alfred Gérente restaura à cette occasion les vitraux du XIIIème siècle et reconstitua dans l'esprit du Moyen Âge les médaillons manquants.

Au dernier étage de la façade, un remarquable pignon s'élève au dessus de la rosace. C'est un des plus beaux exemples des pignons construits à l'époque (1257). Il est lui-même percé d'une rose ajourée, qui éclaire le comble du transept. Sur l'archivolte de la rosace est posé un entablement portant une balustrade, derrière laquelle court une galerie. Ceci permet le passage depuis les galeries supérieures de l'est de la cathédrale vers celles de l'ouest, galeries qui longent les toitures. Le pignon proprement dit s'élève de ce fait un peu en retrait par rapport à la rosace, et son épaisseur est de 70 centimètres. Il est allégé par la rose qui éclaire le comble et par des écoinçons. Deux grands pyramidions le flanquent formant les parties supérieures des contreforts qui contrebutent la rosace. Trois statues décorent le sommet et les deux angles inférieurs du pignon. Celle du sommet représente le Christ apparaissant en songe à saint Martin, revêtu de la moitié du manteau donné par ce dernier au pauvre de la légende. Les deux autres statues situées à gauche et à droite de la base du pignon, représentent saint Martin et saint Étienne. Le tout donne une impression de grande harmonie. La rose du comble est d'une proportion parfaitement en rapport avec la grande rosace du transept. D'après Viollet-le-Duc, la grande beauté de cette construction ne fut pas surpassée ailleurs dans l'architecture gothique .

La façade nord et le portail du Cloître
Le portail du Cloître se situe au niveau du bras nord du transept, et a été construit vers 1250 par l'architecte Jean de Chelles . La construction de la façade nord est en effet quelque peu antérieure à celle de la façade sud.

Presque toujours dépourvue d'ensoleillement, et située dans une rue animée, cette façade nord a moins de succès auprès des touristes et des visiteurs que sa soeur cadette sud. Un peu moins décorée, elle est cependant presque tout aussi belle et son portail présente l'énorme avantage de pouvoir être franchi pour accéder rapidement au coeur du sanctuaire.

Elle est divisée en trois étages, en léger retrait les uns par rapport aux autres. Le niveau inférieur est celui du portail surmonté de son grand gable. Le niveau moyen est constitué d'une gigantesque verrière comprenant l'impressionnante rosace, merveille du XIIIème siècle, surmontant une claire-voie. Enfin l'étage supérieur est celui du pignon triangulaire masquant l'extrémité des combles du bras nord du transept.

Au trumeau du portail, une statue de la Vierge sans enfant. Cette statue a pu échapper à la destruction en 1793, mais l'enfant Jésus qu'elle portait a été brisé. On dit que c'est l'épouse de saint Louis, Marguerite de Provence, qui aurait servi de modèle au sculpteur.

À noter que les six grandes statues des piédroits détruites à la révolution n'ont pas été reconstituées au XIXème siècle, lors de la grande restauration menée par Eugène Viollet-le-Duc.

La partie inférieure du tympan, le linteau, représente des scènes de l'enfance du Christ. Ces sculptures sont parmi les plus belles oeuvres sculptées sur ce thème. Elles montrent le rôle de Marie dès l'enfance de Jésus. Les quatre scènes représentées sont la naissance de Jésus dans une humble crèche, l'offrande au temple de Jérusalem après la naissance de Jésus, la persécution des enfants par le roi Hérode et la fuite en Égypte de Joseph et Marie pour protéger l'Enfant.

La partie supérieure du tympan présente le très populaire "Miracle de Théophile" qui est un des " Miracles de la Vierge" dont le Moyen Âge tardif était friand. Il s'agit d'une histoire "faustienne" du Moyen Âge . Théophile, clerc de l'évêque d'Adana en Asie Mineure, était jaloux de ce dernier. Pour supplanter son évêque, il vend son âme au diable. Le pacte est consigné sur un parchemin que ce dernier emporte. Avec l'aide du diable, Théophile parvient à humilier son évêque. Mais il se repent et, ne sachant comment sortir de l'impasse où il s'est mis, il implore la Vierge. Celle-ci menace le diable et force ainsi ce dernier à remettre le parchemin maudit.

Comme pour la façade du croisillon sud, on retrouve les mêmes éléments architecturaux au niveau de la façade du croisillon nord : un beau gable surmonte le portail, et une galerie de vitraux ou claire-voie occupe l'espace entre l'étage du portail et celui de la rosace. Cette dernière, grand chef d'oeuvre de l'architecture religieuse gothique, mesure plus de 13 mètres de diamètre, comme la grande rosace sud.

Le tout est surmonté d'un élégant pignon richement décoré et analogue en gros, sans être identique, au pignon du croisillon sud. Il est percé d'une rose éclairant les combles du transept nord, ainsi que de trois oculi. À sa base, de chaque chaque côté, s'élève un grand pinacle ayant la forme d'un élégant clocheton, surmontant chacun un des deux puissants contreforts encadrant la façade.

La façade nord de Notre-Dame, largement privée de soleil et ne bénéficiant pas de la proximité du fleuve, n'a pas la même popularité que la façade sud bien éclairée. Formant la bordure sud de la rue du Cloître Notre-Dame, elle gagne cependant à être admirée. C'est un visage moins connu de Notre-Dame qu'on y retrouve. Les gigantesques arcs-boutants dotés de longues gargouilles grimaçantes et appuyés sur de massives culées, montrent clairement que la cathédrale est aussi une lourde et impressionnante construction de pierres. C'est au niveau de la face nord de la tour nord (16 mètres de largeur à la base) que cet aspect apparaît le plus nettement. La partie inférieure de la tour, haute de plus de 30 mètres, avec ses trois contreforts massifs, presque sans décorations ni ornements, avec ses blocs de pierre taillés avec rigueur et continuellement à l'ombre depuis des siècles, fait en sorte que l'édifice devient même quelque peu écrasant. On ne peut cependant qu'admirer tant de puissance et de sombre beauté.

La porte rouge
Le maître d'oeuvre Pierre de Montreuil construisit cette petite porte, sans trumeau, appelée pour des raisons évidentes "le portail rouge" (couleur rouge de ses vantaux), vers 1270. Louis IX, mieux connu sous le nom de Saint Louis, l'avait commissionnée. Cette porte était réservée aux chanoines du chapitre et était destinée à améliorer la circulation de ces derniers entre Notre-Dame et l'"Enclos Cannonial", quartier de l'Île de la Cité réservé aux demeures des chanoines et situé au nord-est de la cathédrale entre le fleuve et cette dernière.

La porte rouge s'ouvre dans la cathédrale tout près du choeur, par une des chapelles latérales nord du choeur.

Saint-Louis est représenté sur le tympan à gauche de la Vierge, couronnée par un ange. L'épouse de Saint Louis, Marguerite de Provence, se trouve à droite du Christ. Aux voussures entourant le tympan on peut voir des scènes de la vie de saint Marcel, évêque de Paris.

Les bas-reliefs des chapelles du choeur
A gauche de la porte rouge, au niveau du mur extérieur des chapelles latérales du choeur se trouvent sept bas-reliefs du XIVème siècle - époque où ces chapelles furent construites -, dont cinq se rapportent à la Vierge : sa Mort, son Ensevelissement, sa Résurrection, son Assomption et son Couronnement. Les deux derniers sont un Jugement Dernier avec Marie intercédant auprès du Christ, et une représentation du miracle de Théophile.

Le chevet de la cathédrale
Le chevet est constitué par un demi-cercle situé dans la partie la plus à l'est de la cathédrale. Il correspond à l'abside de l'intérieur de l'édifice, entourée du rond-point du déambulatoire et des chapelles absidiales. Le chevet est la partie la plus ancienne du sanctuaire. Il fut bâti durant la première phase de construction, de 1163 à 1180.

Une série d'admirables grands arcs-boutants dotés d'élégants pinacles soutient son mur supérieur arrondi. On ne sait pas si des arcs-boutants soutenaient dès le début le chevet et le choeur. Le fait est qu'on n'en trouve actuellement nulle trace. Au XIXème siècle, Viollet-le-Duc n'en fit pas mention non plus, et aucune source antérieure ne nous aide . L'opinion la plus généralement admise est donc qu'il n'en existait pas, tout comme les actuels bras du transept n'ont jamais été soutenu par des arcs-voutants. Les divers contreforts suffisent à soutenir l'ensemble. Les premiers arcs-boutants auraient dès lors été construits peu avant 1230, par le quatrième architecte de la cathédrale, et ce chronologiquement peu avant ceux de la nef. Comme pour la nef, leur fonction de soutien de l'édifice aurait été mineur au regard de leur rôle dans l'évacuation des eaux de pluie (voir le paragraphe concernant les arcs-boutants de la nef).

Ces arcs-boutants du début du XIIIème siècle furent remplacés au début du XIVème siècle par de nouveaux. Ceux-ci, d'une portée de 15 mètres, furent lancés par Jean Ravy pour soutenir le choeur et son chevet. Ils sont au nombre de quatorze autour du choeur, dont six pour le chevet proprement dit. Comme ceux du début du XIIIème siècle, ils paraissent particulièrement minces et audacieux. En effet, en plus de leur minceur source d'une apparente faiblesse, ces arcs-boutants, à l'inverse de ceux de la nef, sont percés d'un trilobe accentuant leur relative fragilité.

Le chevet est décoré de sculptures et de panneaux représentant entre autres des épisodes de la vie de la Vierge.

Les pentures des portes, chefs-d'oeuvre de ferronnerie
Une penture est un morceau de fer plat replié en rond à une extrémité de manière à y former un oeil destiné à recevoir le mamelon d'un gond, et qui attaché sur la surface d'une porte, est destiné à la suspendre et à la faire mouvoir, tout en la maintenant bien stable. Les pentures sont clouées et boulonnées aux vantaux des portes.

Les portes de Notre-Dame de Paris sont décorées de pentures en fer forgé d'une exceptionnelle beauté. Les vantaux de la porte Sainte-Anne par exemple sont garnis d'admirables pentures, qui les recouvrent presque entièrement et sont de petits chefs-d'oeuvre de ferronnerie. Elles forment d'amples arabesques fines et légères, des dessins de fleurs et de feuillages, et même des formes animales. Ce sont des témoins de premier plan de l'art consommé de la serrurerie aux XIIe et XIIIème siècles. De plus, elles ressortent magnifiquement sur l'enduit dont on a recouvert les vantaux.

De tout temps les parisiens furent fascinés par ces petites merveilles en fer forgé. Et bientôt des légende se formèrent. L'une d'entre elles affirmait qu'elles étaient si belles qu'il n'était pas croyable qu'elles aient été exécutées par un simple forgeron. Celui-ci aurait vendu son âme au diable en échange de l'incomparable talent de transformer le fer en feuillages et brindilles, ce qui valut au forgeron le surnom de Biscornette. Suivant une autre légende, les pentures des portails auraient été forgées par le diable lui-même dans les forges de l'enfer.

Les pentures des deux portes (nord et sud) du transept qui dataient du Moyen Âge ont été remplacées au XVIIIème siècle par des pentures de style gothique tel qu'on l'imaginait à l'époque. Quant au portail du Jugement, suite à l'intervention de Soufflot fin du XVIIIème siècle, les portes en furent remplacées par deux vantaux de bois adaptés aux nouvelles dimensions données à la porte à cette époque, et sculptés de deux effigies grandeur nature du Christ et de la Vierge. Viollet-le-Duc déposa les portes de Soufflot et reconstitua le portail tel qu'il était au Moyen Âge, ainsi que les anciennes pentures qui datent donc du XIXème siècle.

Les bandes de ces pentures ont une largeur de 16 à 18 centimètres, sur une épaisseur de 2 centimètres environ. Elles sont composées de plusieurs bandes réunies et soudées de distance en distance au moyen d'embrasses (voir figure 2 ci-dessus). Celles-ci non seulement ajoutent une grande résistance à l'ensemble, mais permettent de recouvrir les soudures des branches recourbées.

Le toit
Dans son testament, Maurice de Sully laissa la somme de cinq mille deniers pour le toit de la cathédrale, qui n'était recouvert que de matériaux temporaires jusqu'à sa mort en 1196. Le toit est recouvert de 1326 tuiles de plomb de 5 millimètres d'épaisseur. Chacune a dix pieds-du-roi de long sur trois de large (1 pied-du-roi = 32,484 cm et une toise = 6 pieds-du-roi). Le poids total en est évalué à 210.000 kilos, soit 210 tonnes.

La charpente
Sous le toit se trouve la charpente construite totalement en bois de chêne et non pas de châtaignier comme l'on pense souvent. La charpente actuelle date de l'époque de la construction de la cathédrale au début du XIIIème siècle (on admet généralement 1220), Notre-Dame ayant eu la chance de ne pas connaître d'incendie majeur depuis lors. Elle a donc près de huit siècles d'âge ! On l'appelle familièrement la "Forêt de Notre-Dame". Ses dimensions sont de 120 mètres de longueur, 13 mètres de largeur dans la nef, 40 mètres de longueur dans le transept et 10 mètres de hauteur. Au total la charpente de bois a été constituée de 1 300 chênes, ce qui représente plus de 21 hectares de forêt.

Avec l'architecture gothique, la construction des ogives a nécessité des toitures à forte pente. Celles de Notre-Dame de Paris sont de 55°. Au moment de l'édification de la charpente, les gros troncs se faisaient rares étant donnés les défrichements de l'époque. On a donc dû utiliser des bois à section plus réduite et donc plus légers qui ont permis l'élévation des charpentes et l'accentuation de leur pente.

Dans le choeur construit en premier, il a existé une charpente antérieure avec des bois abattus vers 1160-1170. Cette première charpente a disparu, mais certaines de ses poutres ont été réutilisées dans la seconde charpente mise en place en 1220. A cette date en effet on a procédé au rehaussement du mur gouttereau de 2,70 mètres dans le choeur, afin de le porter au même niveau que celui de la nef. On a également agrandi les fenêtres hautes.

Les gargouilles du Moyen Âge et les chimères de Viollet-le-Duc
On confond souvent chimères et gargouilles.

Gargouilles
Les gargouilles de Notre-Dame sont célèbres. Elles ont été mises en place à l'extrémité des gouttières pour évacuer l'eau de pluie de la toiture et ne désignent que les extrémités des conduits d'écoulement des eaux. Comme elles dépassent dans le vide, les masses d'eau parfois impressionnantes des averses sont rejetées loin des murs de la cathédrale qui ainsi ne s'abîment pas. Elles ont souvent la forme d'animaux fantastiques voire effrayants. Elles datent du Moyen Âge. De forts belles gargouilles se trouvent notamment au niveau des grands arcs-boutants du choeur. Le système d'écoulement des eaux du toit de l'abside se termine par une canalisation sur le sommet des arcs-boutants puis par de longues gargouilles. Pour avoir une idée de leur utilité, il faut aller les voir fonctionner un jour de forte pluie sur Paris. Le spectacle est impressionnant.

Chimères
Les chimères sont des statues fantastiques et diaboliques et souvent grotesques. Elles n'ont qu'un effet décoratif. On les retrouve au haut de l'édifice au sommet de la façade, au niveau de la balustrade couronnant la galerie supérieure qui relie les deux tours et qui se prolonge sur les quatre faces de celles-ci, la "Galerie des chimères" . Tous les angles de cette balustrade servent de support ou de perchoir à des démons, des monstres et des oiseaux fantastiques. Ces éléments n'existaient pas au Moyen Âge et sont des ajouts incorporés par l'architecte Viollet-le-Duc.

Ces statues monumentales, grotesques certes mais surtout effrayantes, étaient destinées à recréer l'atmosphère fantastique dans laquelle baignait le Moyen Âge. Ces oeuvres furent conçues par Viollet-le-Duc lui-même qui les dessina, puis les statues furent réalisées par les membres d'une équipe de 15 sculpteurs remarquables du XIXème siècle rassemblés autour de Geoffroi-Dechaume.

C'était là un pari bien audacieux de l'architecte. On ne peut nier que ce fut un grand succès. L'architecte-restaurateur ne se bornait plus à restituer les sculptures détruites, mais montrait par là qu'il était aussi un brillant créateur, doué d'un génie inventif personnel. Aux adversaires du travail de Viollet-le-Duc qui dénoncent une sorte de contre-façon, on répondra que de tous temps on a ajouté des décorations et ornements aux vieux édifices, et que les vitraux modernes qui ornent actuellement bien des sanctuaires gothiques, y compris Notre-Dame de Paris, sont la preuve que ce mouvement d'embellissement continue. Notre-Dame n'est pas un monument figé dans le passé, ni un musée, mais une cathédrale vivante.

Confortablement installés au haut de la cathédrale ces créatures monstrueuses semblent contempler la grande ville et se régaler de toutes les turpitudes qu'elles y découvrent. Parmi elles, la plus célèbre est sans doute la Stryge, esprit nocturne malfaisant semblable au vampire, déjà redouté des Romains, qui fut popularisé par le graveur Claude Meyron qui en publia une célèbre gravure en 1850.

Histoire des gargouilles de Notre-Dame
Au début de la construction de la cathédrale (XIIème siècle), l'eau des toits s'écoulait directement sur la voie publique grâce à la saillie donnée aux corniches. Lors de l'achèvement du choeur en 1190, il n'y avait pas de chéneaux ni de gargouilles. On construisit bientôt des chéneaux sur les toits de l'édifice, mais vers 1210 encore, les eaux des chéneaux s'écoulaient sur la saillie des larmiers, au moyen de rigoles situées à intervalles réguliers. Les gargouilles n'apparaissent que vers 1220, sur certaines parties de la cathédrale de Laon. Ces gargouilles étaient larges, peu nombreuses, composées de deux parties, l'inférieure formant rigole, l'autre la recouvrant.

Déjà, cependant, ces gargouilles prennent la forme d'animaux fantastiques, lourdement taillés. Bientôt, les architectes du XIIIème siècle comprirent qu'il y avait de grands avantages à diviser les écoulements d'eau, et donc d'accroître le nombre des gargouilles. Cela, en effet, évitait les longues pentes dans les chéneaux et réduisait chacune des chutes à un plus mince filet d'eau ne pouvant nuire à l'intégrité des constructions inférieures. On multiplia donc les gargouilles et en les multipliant, on put les tailler plus fines, moins lourdes, plus élancées, et faisant de plus longues saillies dans le vide pour rejeter l'eau au plus loin. Bientôt les sculpteurs firent de ces pierres saillantes un motif de décoration des édifices.

Sur les corniches supérieures de Notre-Dame, refaites vers 1225, on voit apparaître alors, des gargouilles, courtes encore, robustes, mais déjà fort habilement taillées (voir figure 1).

Celles qui sont placées à l'extrémité des caniveaux des arcs-boutants de la nef, et qui sont à peu près de la même époque, sont déjà plus longues, plus sveltes, et soutenues par des corbeaux, ce qui a permis de leur donner une très grande saillie en avant de la face extérieure des culées des arcs-boutants (voir figure 2). Les gargouilles furent posées systématiquement sur les structures hautes de Notre-Dame vers 1240. Certains calcaires du bassin de la Seine (les liais) se prêtaient parfaitement à la sculpture de ces longs morceaux de pierre en saillie sur les constructions. Il fallait, en effet, une matière assez dure et assez résistante pour faire face à toutes les causes de destruction susceptibles de causer leur ruine. Aussi est-ce à Paris, ou dans d'autres contrées où l'on trouve des liais, que l'on peut encore actuellement admirer les plus beaux exemples de gargouilles. D'ailleurs l'école de sculpture de Paris, au Moyen Âge, avait sur celles des provinces voisines une supériorité incontestable, surtout en ce qui concerne la statuaire, ce qui se comprend aisément, la grande ville concentrant à la fois les grands chantiers et donc les artisans expérimentés, lesquels propageaient leur savoir-faire notamment par le biais de leurs apprentis.

La flèche
La première flèche fut construite au-dessus de la croisée du transept au XIIIème siècle, vraisemblablement entre 1220 et 1230. Des flèches aussi hautes souffrent du vent qui plie et affaiblit leurs structures. La flèche est déformée lentement, les solides se faussent, jusqu'à l'écroulement total. La flèche d'origine fut démontée en 1786, après plus de cinq siècles d'existence. La cathédrale resta sans flèche jusqu'à la restauration dirigée par Viollet-le-Duc et réalisée par les Ateliers Monduit au milieu du XIXème siècle. Elle est en chêne recouvert de plomb et pèse 750 tonnes.

Cette flèche est gardée par les statues, réalisées en cuivre repoussé, des 12 apôtres (disposées en quatre rangées - une à chacun des points cardinaux - de 3 apôtres, ceux ci étant placés les uns en dessous des autres). Chaque groupe d'apôtres est précédé par un animal symbolisant l'un des quatre évangélistes. Le boeuf pour Luc, le lion pour Marc, l'aigle pour Jean et l'homme (ou l'ange) pour Mathieu.

Ces statues sont l'oeuvre de Geoffroi-Dechaume, et constituent un remarquable ensemble en pleine harmonie avec l'esprit du XIIIème siècle. Les apôtres sont tous tournés vers Paris, excepté l'un d'eux, saint Thomas patron des architectes, lequel se retourne vers la flèche. Celui-ci ressemble étrangement à Viollet-le-Duc, l'architecte de la flèche se retournant comme pour contempler une dernière fois son oeuvre. Il s'agit là d'une petite plaisanterie historique de l'architecte-restaurateur.

Enfin, il faut savoir que le coq situé au sommet de la flèche contient trois reliques : une petite parcelle de la Sainte Couronne d'Épines, une relique de saint Denis et une de sainte Geneviève. Ces reliques furent placées à cet endroit en 1935, au temps de monseigneur Verdier. Le coq constitue ainsi une sorte de "paratonnerre spirituel" protégeant tous les fidèles qui oeuvrent et pratiquent selon la loi de Dieu, dans le cadre de la cathédrale.

Les cloches
La grande cloche dont parle François Villon dans son Grand Testament, daté de 1461, avait été donnée en 1400 à la cathédrale par Jean de Montaigu, frère de l'évêque de Paris, qui l'avait baptisé Jacqueline, du nom de sa femme Jacqueline de La Grange. Jacqueline est refondue une première fois en 1680 puis une nouvelle fois en 1682 par Florentin Le Guay. Le parrain de la cloche fut le roi Louis XIV et la marraine, son épouse Marie-Thérèse d'Autriche. C'est pourquoi on lui donna le nom Emmanuel-Louise-Thérèse. Comme en atteste son inscription, une dernière refonte de la cloche est menée à bien en 1685 par les maîtres fondeurs Chapelle, Gillot et Moreau. Et tandis que Jacqueline ne pesait que quinze milliers de livres (7 500 kilogrammes), Emmanuel en pèse près du double, soit environ 13 tonnes, le battant à lui seul pesant 500 kilos. Sonnant en fa dièse (fa# 2), cette cloche est considérée par les experts comme l'une des plus belles en Europe et n'est sonnée qu'en de rares occasions. La légende veut que la pureté du son résulte de ce que lors de la fonte, les femmes jetèrent dans le métal en fusion leurs bijoux en or.

En 1792, le second bourdon, appelé Marie et coulé en 1472 fut détruit avec les cloches de la flèche et celles de la tour nord.

Dans cette dernière se trouvent depuis 1856 quatre autres cloches. Elles sonnent trois fois par jour, à 8 heures, midi et 19 heures. Ce sont :
- Angélique Françoise 1 765 kg (Ut dièse)
- Antoinette Charlotte 1 158 kg (Ré dièse)
- Hyacinte Jeanne 813 kg (Fa)
- Denise David 670 kg (Fa dièse)

L'intérieur de la cathédrale

La nef
La nef se compose d'une sorte "d'avant-nef " ou narthex de deux travées situées sous et entre les tours, suivies de huit autres travées. Le vaisseau central d'une largeur de 12 mètres entre les axes des colonnes est bordée de deux collatéraux à voûtes quadripartites tant au nord qu'au sud, soit un total de cinq vaisseaux pour seulement trois portails, ce qui est exceptionnel. Deux rangées de sept chapelles latérales, construites entre les arcs-boutants du vaisseau s'ouvrent, de la quatrième à la dixième travée, sur les collatéraux extérieurs.

L'élévation est à trois niveaux. Le premier est constitué des grandes arcades ouvrant sur les collatéraux intérieurs. Le second correspond à une tribune à claire-voie ouvrant sur la nef par des baies composées de trois arcades, lesquelles reposent sur de fines colonnettes. Au dessus de ces arcades, les remplages de ces baies sont pleins. Les tribunes sont garnies de petites roses. Enfin le troisième niveau est celui des fenêtres hautes qui comportent deux lancettes surmontées d'un oculus.

Les 14 chapelles latérales sont éclairées par des fenêtres à quatre lancettes, groupées par deux et surmontées de trois oculi polylobés.

D'une part la tribune étant profonde et les vitraux de sa claire-voie très sombres, et d'autre part les fenêtres des chapelles collatérales étant fort éloignées du vaisseau central, l'éclairage de la nef repose essentiellement sur les fenêtres hautes et est de ce fait assez faible.

La nef présente plusieurs irrégularités. La première travée est plus étroite que les autres ; il en résulte que la tribune n'y a que deux arcades tandis que la fenêtre haute est une baie simple. De plus elle ne possède pas de chapelle latérale. La dernière travée a une élévation à quatre niveaux, due à Viollet-le-Duc : la fenêtre haute est plus courte, et dans l'espace ainsi formé entre fenêtre haute et niveau des tribunes, on a introduit un oculus dentelé en forme de roue. Une telle structure est analogue à celle du transept voisin.

Autre irrégularité : les colonnes. Entre les piles massives de la croisée et les imposants piliers qui soutiennent l'angle intérieur des deux tours, le vaisseau central est bordé de deux groupes de sept colonnes. Le plan primitif prévoyait des colonnes tout à fait cylindriques analogues à celles du choeur. C'est ce qui fut réalisé à la fin du XIIème siècle pour les cinq paires de colonnes orientales (les plus proches de transept). Par contre les deux paires de colonnes occidentales élevées aux environs de 1220 s'écartent de ce schéma. L'architecte de l'époque abandonna la colonne cylindrique, une des caractéristiques fondamentales de Notre-Dame, pour se rapprocher du modèle chartrain (lié à la cathédrale de Chartres). Il évita cependant que cette différence ne paraisse trop brutale. Ainsi, il ajouta aux deuxièmes colonnes une seule colonnette engagée, pour faire transition avec les premières colonnes qui en possèdent quatre.

Le revers de la façade est occupé par une tribune d'orgue, qui précède la rosace et en masque la partie inférieure. Celle-ci est consacrée à la Vierge, entourée des prophètes, des vices et des vertus, des travaux des mois et des signes du zodiaque. Cette rose a été en grande partie refaite par Viollet-le-Duc au XIXème siècle.

En 1965, les fenêtres hautes de la nef et les roses des tribunes ont enfin été garnies de vitraux colorés remplaçant les verres gris et ternes implantés par les chanoines au XVIIIème siècle. Non figuratifs, ils sont l'oeuvre de Jacques Le Chevallier qui a utilisé les produits et couleurs du Moyen Âge. L'ensemble est à dominante rouge et bleue.

Les Mays des Orfèvres
On appelle Mays à Notre-Dame une série de 76 tableaux offerts à la cathédrale par la Confrérie des Orfèvres, presque chaque année en date du premier mai (d'où leur nom), en hommage à la Vierge Marie, et ce de 1630 à 1707.

Les orfèvres avaient de longue date leur propre chapelle au sein du sanctuaire. En 1449 fut instituée par la confrérie des Orfèvres de Paris la tradition de l'Offrande du May à Notre-Dame de Paris. Cette tradition prit différentes formes au fil du temps. Au XVème siècle, il s'agissait d'un arbre, décoré de rubans que l'on dressait devant le maître-autel en signe de piété mariale. Puis la tradition évolua vers le don d'une espèce de tabernacle auquel étaient accrochés des poèmes. A partir de 1533, on accrocha aussi des petits tableaux se rapportant à la vie de la Vierge. On les appelle les petits mays. En 1630 enfin, en accord avec la chapitre, les petits mays furent remplacés par les grands mays. C'étaient de grands tableaux de plus ou moins 3,5 sur 2,5 mètres de dimension.

Ces Mays étaient commandités auprès de peintres de renom. Les peintres devaient soumettre leurs esquisses aux chanoines de la cathédrale. Après la fondation de l'Académie royale de peinture et de sculpture, en 1648, les artistes choisis étaient tous membres ou proches de cette dernière. Ces commandes devinrent rapidement une forme de concours de peinture religieuse. Leur sujet était généralement relatif aux Actes des Apôtres. Après les avoir exposé sur le parvis, on les accrochait au niveau des arcades de la nef ou du choeur. Pour les peintres, c'était une grande promotion de voir ainsi exposée l'une de leurs oeuvres, témoignage de leur savoir-faire.

Au début du XVIIIème siècle, la confrérie des Orfèvres éprouva de grandes difficultés financières suite au désastreux état de la France à cette époque et aux réformes de Colbert, et ce fut la fin de cette belle tradition.

Les mays furent dispersés à la révolution et beaucoup disparurent. Récupérés par après, ils embarrassèrent au XIXème siècle le restaurateur Viollet-le-Duc qui, branché vers la pureté de l'art gothique, n'avait rien à faire de cette encombrante décoration baroque ou classique. Certains se retrouvent actuellement au musée du Louvre, d'autres dans quelques églises ou dans divers musées français. Il en reste une cinquantaine actuellement. Les plus importants furent fort heureusement récupérés par la cathédrale et ornent aujourd'hui les chapelles latérales de la nef de Notre-Dame.

Chapelles latérales sud
- La première chapelle (travée 4) est l'ancienne chapelle des orfèvres. Depuis 1964, elle leur a été restituée. On y trouve le may de 1651 : La lapidation de Saint Étienne par Charles Le Brun.
- Le deuxième chapelle héberge le Martyre de saint André également de Charles Le Brun. C'est le may de 1647. On y voit également le martyre de saint Barthélémy oeuvre de Lubin Baugin peintre du XVIIème siècle.
- La troisième chapelle contient le may de 1643, Crucifiement de Saint Pierre oeuvre de Sébastien Bourdon .
- Quatrième chapelle : Prédication de Saint Pierre à Jérusalem (may de 1642), peinture de Charles Poerson.
- Cinquième chapelle : Le centurion Corneille aux pieds de Saint Pierre, may de 1639, oeuvre d' Aubin Vouet.
- Sixième chapelle : contient le may de 1637, La conversion de Saint Paul par Laurent de La Hyre. On y admire également une Nativité de Le Nain.
- Septième chapelle : may de 1635, Saint Pierre guérissant les malades de son ombre par Laurent de La Hyre également.

Chapelles latérales nord
D'ouest en est, de la façade vers le choeur :
- La première chapelle contient les fonts baptismaux confectionnés d'après les plans de Viollet-le-Duc. On y trouve en outre le may de 1634, La descente du Saint-Esprit de Jacques Blanchard, ainsi que L'adoration des Bergers de Jérôme Franck, créé en 1585 .
- Deuxième chapelle : on peut y voir Saint Paul rend aveugle le faux prophète Barjesu, may de 1650 oeuvre de Nicolas Loir.
- La troisième chapelle ou chapelle de la Sainte-Enfance (ou Enfance Missionnaire), contient le reliquaire de saint Paul Tchen, martyr. Ce dernier, séminariste chinois au grand séminaire de Tsingay, en Chine, fut décapité pour sa foi en juillet 1861, avec trois autres chrétiens chinois. Ces quatre martyrs furent béatifiés en 1909 par le pape Pie X et canonisés par Jean-Paul II le 1er octobre 2000. La chapelle abrite aussi le may de 1755 représentant La flagellation de saint Paul et de saint Silas de Louis Testelin.
- Quatrième chapelle : Le may de 1670 oeuvre de Gabriel Blanchard le Neveu représente Saint André tressaillant de joie à la vue de son supplice. La chapelle contient aussi le monument au cardinal Amette créé en 1923 par Hippolyte Lefèbvre.
- La cinquième chapelle est dédiée à Notre-Dame de Guadalupe au Mexique. Elle contient le may de 1687 représentant le prophète Agabus prédisant à saint Paul ses souffrances à Jérusalem, oeuvre de Louis Chéron.
- Sixième chapelle : may de 1702, Les fils de Scéva battus par le démon par Mathieu Elias. Les fils de Scéva étaient deux exorcistes juifs. On peut y voir aussi Le martyre de sainte Catherine peinture du peintre-graveur Joseph-Marie Vien; daté de 1752.
- Enfin la septième chapelle contient la pierre tombale du chanoine Étienne Yvert.

Le choeur et son pourtour
Le choeur de la cathédrale est entouré d'un double déambulatoire. Il se compose de cinq travées rectangulaires ou droites surmontées de deux voûtes sexpartites. L'abside est à cinq pans, correspondant à cinq chapelles rayonnantes. L'élévation de la première travée est semblable à celle du transept, c'est-à-dire comporte quatre niveaux : une petite rose est intercalée entre le niveau des tribunes et celui des fenêtres hautes. Par contre les autres travées y compris celles de l'abside, ont une élévation à trois niveaux, semblable à celle de la nef (grandes arcades, tribune et fenêtres hautes). Tout autour du choeur, la tribune est éclairée par des baies à deux lancettes, structure que l'on retrouve au niveau des fenêtres hautes. Les deux lancettes de ces dernières sont surmontées d'un grand oculus.

Le choeur de la Notre-Dame a été profondément remanié au début du XVIIIème siècle, lorsque Robert de Cotte implanta le voeu de Louis XIII suivant la décision de Louis XIV. Les travaux d'installation du dit voeu se déroulèrent de 1708 à 1725 et se terminèrent donc bien après la mort de Louis XIV. La cathédrale subit alors quelques pertes irréparables, telles la démolition du jubé du XIIIème siècle, la destruction d'une bonne partie de la superbe clôture du choeur, chef-d'oeuvre du XIVème, la destruction d'anciens tombeaux, des stalles et du maître-autel.

En revanche quelques chef-d'oeuvres nouveaux, toujours présents aujourd'hui, firent leur apparition.

Toute la décoration du choeur avait été refaite par Robert de Cotte. Lors de la restauration du XIXème siècle, Viollet-le-Duc désirant en revenir au style essentiellement gothique de l'édifice, supprima certaines des transformations effectuées à cette époque par de Cotte, telles le revêtement des arcades gothiques par des colonnes classiques en marbre supportant des arcs en plein cintre. Il supprima aussi le maître-autel de de Cotte pour en revenir à un autel du Moyen Âge. Du choeur du XVIIIème siècle, il reste cependant encore les stalles et les sculptures que l'on voit derrière le maître-autel

Composition actuelle du choeur
Pour satisfaire au nouveau rite catholique défini au Concile de Vatican II, le choeur a été quelque peu agrandi, il occupe désormais également la moitié orientale de la croisée du transept. Un nouvel autel a été commandé par l'archevêque Jean-Marie Lustiger et occupe ce nouvel espace, bien visible à la fois de la nef et des deux croisillons du transept. Situé ainsi près du centre de la cathédrale, le nouvel autel, en bronze, a été réalisé par Jean Touret. On peut y voir les quatre évangélistes (Saint Mathieu, Saint Luc, Saint Marc et Saint Jean), ainsi que les quatre grands prophètes de l'Ancien Testament, à savoir Ézéchiel, Jérémie, Isaïe et Daniel.

À l'est du choeur, non loin de l'abside on trouve toujours l'ancien maître-autel créé par Viollet-le-Duc au XIXème siècle, avec à l'arrière plan les superbes statues implantées au début du XVIIIème siècle par l'architecte Robert de Cotte et faisant partie du voeu de Louis XIII.

La magnifique pietà de Nicolas Coustou est placée derrière l'autel. De part et d'autre de celui-ci se trouvent les statues des deux rois, Louis XIII par Guillaume Coustou et Louis XIV sculpté par Antoine Coysevox. Une série de six statues d'ange en bronze entourent l'ensemble et portent chacun un instrument de la Passion du Christ : une couronne d'épines, les clous de la crucifixion, l'éponge imbibée de vinaigre, l'inscription qui surmontait la croix, le roseau avec lequel le Christ fut fouetté et la lance lui ayant transpercé le coeur.

Les stalles en bois sculpté sont installées des deux côtés du choeur. Il y en avait 114. Il en reste 78, dont 52 hautes et 26 basses. Elles ont été réalisées au début du XVIIIème siècle par Jean Noël et Louis Marteau d'après les plans de René Charpentier et Jean Dugoulon. Les hauts dossiers des stalles sont ornés de bas-reliefs et séparés par des trumeaux décorés de rinceaux et des instruments de la Passion. De chaque côté, les stalles se terminent par une stalle archiépiscopale, surmontée d'un baldaquin avec des groupes d'anges sculptés par Dugoulon. L'une de ces deux stalles est réservée à l'archevêque, l'autre étant destinée à un hôte important. Le bas-relief de la stalle de droite représente le martyre de saint Denis, celui de gauche la guérison de Childebert Ier par saint Germain, évêque de Paris.

La clôture du choeur
Avant les transformations effectuées par de Cotte pour l'installation du voeu de Louis XIII, le choeur était clos par une muraille à soubassement historié, qui, commençant à l'est, c'est-à-dire au sommet de l'abside, se poursuivait vers le nord, et, arrivée à la rencontre du transept, continuait vers le sud, se relevant sur un jubé qui clôturait la partie occidentale du choeur et redescendant de l'autre côté, à l'angle du croisillon méridional, pour achever de ceinturer la totalité du choeur en remontant jusqu'à l'est. Cette oeuvre magnifique fut hélas mutilée par l'amputation de sa partie orientale d'abord, pour installer des colonnes de marbre de style classique destinées à supporter des arcs en plein cintre et à masquer ainsi les colonnes et ogives d'origine, témoins de l'art gothique du Moyen Âge, qualifié alors d' art médiocre ou d' art barbare. C'est ensuite la partie occidentale qui disparut lorsqu'on détruisit le jubé. Elle ne subsiste donc plus qu'à titre de clôture latérale, au nord et au sud, s'adossant aux stalles des chanoines .

On distingue aujourd'hui la clôture nord de la clôture sud, les deux parties ayant un style et un âge différents. Il s'agit là de deux oeuvres majeures de la sculpture gothique, datant des XIIIe et XIVème siècles, représentant une série de scènes des évangiles.

Toutes les scènes représentées, tant au nord qu'au sud, sont polychromes. Les couleurs ont été restaurées au XIXème siècle par l'équipe de Viollet-le-Duc.

La clôture nord date du dernier tiers du XIIIème siècle, peu après l'édification du jubé aujourd'hui disparu (aux environs de 1260). On y a sculpté 14 scènes de la naissance et de la vie de Jésus avant sa passion. Ces scènes s'enchaînent sans rupture entre elles et constituent donc un seul continuum.

La clôture sud du choeur peut être datée des premières années du XIVème siècle, époque de la fin du règne de Phillipe IV le Bel dont il ne nous reste quasi aucun autre témoignage sculpté. Elle est constituée de neuf scènes des apparitions du Christ après sa Résurrection. À l'inverse des scènes de la clôture nord, celles-ci sont bien séparées les unes des autres grâce à la présence de colonnettes les isolant complètement.

Les chapelles du pourtour du choeur
En partant de la droite du choeur, on rencontre d'abord, latéralemen à droite, la sacristie des messes dont le fond correspond au bras occidental du cloître du Chapitre (voir plus loin le paragraphe concernant le Trésor de la cathédrale et la Sacristie du Chapitre). La chapelle suivante contient le tombeau de monseigneur Affre. Suit l'emplacement de l'entrée de la Sacristie du Chapitre qui mène au trésor de la cathédrale. Vient ensuite une chapelle contenant la sépulture de monseigneur Sibour. Ce dernier comme monseigneur Affre fut assassiné au cours du XIXème siècle.

Le gisant de monseigneur Dubois mort en 1929 se trouve dans le déambulatoire contre la clôture du choeur. Il a été réalisé par Henri Bouchard.

La Chapelle Saint-Guillaume est la première des cinq chapelles rayonnantes de l'abside de la cathédrale. On y trouve le mausolée du lieutenant-général Henri Claude d'Harcourt par Jean-Baptiste Pigalle, ainsi que la Visitation de la Vierge de Jean Jouvenet, datée de 1716 et le monument de Jean Jouvenel des Ursins et de son épouse Michelle de Vitry (XVème siècle).

Dans la chapelle suivante, Chapelle Saint-Georges, se trouvent le tombeau de monseigneur Georges Darboy, oeuvre de Jean-Marie Bonnassieux, ainsi qu'une statue de saint Georges. De 1379 à la révolution, cette chapelle fut celle des cordonniers.

La troisième chapelle ou chapelle axiale de la cathédrale, est la Chapelle de la Vierge ou de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. On peut y admirer les statues d' Albert de Gondi, maréchal de France décédé en 1602, et de Pierre de Gondi, cardinal et évêque de Paris décédé en 1616. Sur un côté de la chapelle se trouve une fresque du XIVème siècle montrant la Vierge et d'autres saints entourant l'âme d'un évêque, Simon Matifas de Bucy.

La quatrième chapelle ou Chapelle Saint-Marcel, contient les tombeaux de monseigneur du Belloy, cardinal, par Louis Pierre Deseine et de monseigneur de Quélen, oeuvre d'Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume.

Enfin la dernière des chapelles absidiales ou Chapelle Saint-Louis abrite le tombeau du cardinal de Noailles sculpté par Geoffroi-Dechaume.

Les dernières chapelles entourant le choeur sont les chapelles latérales nord : Dans la Chapelle Saint-Germain on peut voir le tombeau de monseigneur de Juigné (décédé en 1809), exécuté d'après les plans de Viollet-le-Duc.

Enfin dans la chapelle suivante qui précède la Porte Rouge, on trouve les mausolées de monseigneur de Beaumont (mort en 1781) et du maréchal de Guébriant (mort en 1643).

Le transept
Le transept est plus large que la nef (plus ou moins 14 mètres contre 12 pour la nef). Il n'a pas de bas-côtés, la stabilité de l'ensemble étant assurée par les contreforts extérieurs.

Le transept comprend la croisée du transept et deux croisillons de trois travées. Les deux travées les plus proches de la croisée du transept sont couvertes d'une voûte sexpartite, la troisième d'une voûte quadripartite. Dans les deux premières travées, l'élévation est à quatre niveaux, et non pas trois comme la nef. Les grandes arcades, s'ouvrent sur les bas-côtés de la nef. Le deuxième niveau est toujours constitué des tribunes. Ce qui change est l'adjonction d'un troisième étage formé d'oculi semblables à des roues. Le quatrième niveau enfin est celui des fenêtres hautes. Celles-ci sont plus petites que celles de la nef, puisque l'adjonction des oculis les a amputé de la hauteur correspondante. Au total le sommet de la voûte atteint la même hauteur que celui de la nef ou du choeur.

Le mur de la troisième travée est plein au niveau des grandes arcades. Il est ensuite surmonté de deux niveaux d'arcatures décoratives aveugles dans le croisillon sud, mais d'un niveau seulement dans le croisillon nord.

La partie orientale de la croisée du transept est occupée par le nouveau maître-autel de la cathédrale (voir le paragraphe concernant le choeur de la cathédrale).

Le croisillon sud et sa rosace
On y trouve un tableau de A. Nicolas, La Fontaine de la Sagesse réalisé en 1648. Contre le pilier sud-est de la croisée du transept se trouve une statue de la Vierge appelée - à tort - Notre-Dame de Paris (la véritable statue détenant ce titre étant celle du trumeau de la porte du cloître). Elle est datée du XIVème siècle et provient de la chapelle Saint-Aignan située dans l'ancien cloître des Chanoines de l'Île de la Cité. Elle fut transférée à Notre-Dame en 1818 et placée d'abord au trumeau du Portail de la Vierge en remplacement de la Vierge du XIIIème siècle mutilée en 1793. En 1855, Viollet-le-Duc la posa à son emplacement actuel.

Tout près de là, se trouve une plaque rappelant que c'est dans la cathédrale Notre-Dame de Paris qu'a eu lieu le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc.

Presque face à la statue de la Vierge Notre-Dame, sur le pilier sud-ouest de la croisée, se trouve le mémorial au million de morts de l'Empire Britannique tombés durant la Première Guerre mondiale et dont la plupart reposent en France.

On peut également voir dans ce croisillon une plaque signalant l'endroit où se trouvait Paul Claudel en décembre 1886, lorsque, âgé de 18 ans et brusquement touché par une illumination religieuse, il se convertit au catholicisme.

L'énorme rosace de 13,1 mètres de diamètre, offerte par saint Louis et située au haut du mur d'extrémité du croisillon, conserve une partie seulement de ses vitraux d'origine, certains d'entre eux ayant été remplacés lors d'une restauration en 1737. La rosace souffrit encore lors de la révolution de 1830, suite à l'incendie de l'archevêché tout proche. Elle subit dès lors une nouvelle restauration menée par Viollet-le-Duc qui la fit pivoter de 15 degrés afin de lui donner un axe vertical robuste pour la consolider. Elle est organisée autour du Christ qui en occupe le centre. Tout autour sont représentées les vierges sages et les vierges folles, des saints, des anges, des apôtres, des saintes.

Le croisillon nord et sa rosace
On peut y voir contre le pilier nord-est de la croisée du transept, une statue de saint Denis, oeuvre de Nicolas Coustou.

Le mur de fond du croisillon nord comporte trois niveaux : une porte, surmontée d'un pan de mur sans ornement. Le deuxième niveau est constitué d'une claire-voie à neuf arcades de deux lancettes. Enfin un troisième étage est constitué de la rosace. À l'inverse de la rosace sud, la rosace nord a conservé presque intacts ses vitraux d'origine. Ils sont du XIIIème siècle. Le centre est occupé par la Vierge Marie. Autour d'elle gravitent les juges, les rois, les grands prêtres et les prophètes de l'Ancien Testament.

La partie inférieure du mur de fond de ce bras du transept s'ouvre sur le portail du Cloître.

Les lustres - La Couronne de lumière
Au Moyen Âge, on appelait lampesier ou lampier un lustre en forme d'anneau souvent de large diamètre, portant des petits godets à huile munis de mèches, et suspendu par une ou plusieurs chaînes, ordinairement trois. Il pouvait être en fer, en bois ou encore en argent ou en cuivre. Ces lampiers portaient parfois un grand nombre de godets ou de chandelles de cire : on les appelait alors Couronnes de lumière. On les allumait à l'occasion des grandes fêtes et autres solennités.

Les grandes cathédrales dont Notre-Dame en étaient pourvues. Ces Couronnes étaient richement ornées : faites de cuivre doré, on leur adjoignait des émaux, des boules de cristal, des dentelles de métal et d'autres ornements destinés à leur donner un aspect éblouissant. Ces Couronnes de lumière n'avaient pas pour seules fonctions celles d'éclairer et d'enjoliver le sanctuaire en brillant de mille feux, elles avaient aussi une fonction religieuse : elles représentaient aux jours de fête la lumière du Christ éclairant le monde.

Au XIXème siècle, Notre-Dame de Paris avait perdu sa grande Couronne de lumière et Viollet-le-Duc avait notamment pour mission de reconstituer le mobilier gothique du sanctuaire. Il s'attacha à élaborer les dessins d'une nouvelle Couronne dans le style gothique. La Couronne de lumière actuelle est à deux rangs surmontée de tourelles en cuivre doré. Elle a été exécutée à l'époque par l'orfèvre Placide Poussielgue-Rusand. Pendue normalement à la croisée du transept, elle est actuellement (2007) déposée dans le déambulatoire nord pour restauration.

Quant aux autres lustres de la nef de la cathédrale, ils sont en bronze doré et datent de la même époque.

Les orgues de Notre-Dame de Paris

Le grand orgue
On pense qu'il y eut des orgues à Notre-Dame dès son édification au XIIème siècle, mais au début ce ne furent sans doute que de petits instruments logés dans le choeur. Un grand orgue fut vraisemblablement construit au cours du XIIIème siècle. Au XIVe, en 1330 les comptes de la cathédrale font état de rétributions versées à un organiste. Quelques années plus tard la chronique mentionne le nom de Jean de Bruges, organiste et peut-être aussi facteur d'orgues. A cette époque l'orgue était suspendu sous une fenêtre haute de la nef (situation que l'on retrouve aujourd'hui dans la cathédrale de Cologne notamment). C'était un orgue encore peu important de 6 pieds, comportant un seul clavier et 4 à 6 tuyaux par note . C'est en 1401 que l'on décida de construire un nouvel orgue sur la tribune située au-dessus du grand portail occidental de la nef sous la grande rosace. Depuis lors, cinquante organistes se sont succédé aux claviers de ce grand orgue.

De siècle en siècle, le grand orgue s'agrandit et subit de multiples reconstructions. C'est au XVIIIème siècle, qu'il atteignit les proportions actuelles. Au fil des siècles, l'orgue bénéficia des diverses améliorations techniques, mais à chaque reconstruction, les facteurs d'orgues conservèrent le meilleur de l'instrumentation antérieure. De ce fait, il existe encore à ce jour quelques tuyaux datant du Moyen Âge.

Lors de la révolution, le grand orgue échappa à la destruction et aux déprédations grâce à l'interprétation de musiques patriotiques. C'est ainsi qu'en 1792, l'organiste Balbastre, composa des variations sur base de la Marseillaise et l'air fameux de Ça ira. En 1867-68, suite à la restauration de la cathédrale et de son mobilier dirigée au XIXème siècle par Eugène Viollet-le-Duc, d'importants travaux d'amélioration furent menés par le facteur d'orgues Aristide Cavaillé-Coll.

L'instrument
Les grandes orgues actuelles de Notre-Dame de Paris ( et ) résultent au total des travaux successifs de plusieurs grands facteurs d'orgue : Thierry en 1733, François-Henri Clicquot en 1788, Aristide Cavaillé-Coll en 1867 et Boisseau depuis 1960, avec la collaboration de Synaptel en 1992. En 1868, elles comprenaient 86 jeux. À l'heure actuelle, après de multiples ajouts et restauration, elles comptent 113 jeux depuis 1992. On dénombre près de huit mille tuyaux. La transmission est devenue numérique pour les cinq claviers ainsi que le tirage des 113 jeux.

Liste des titulaires récents
- Louis Vierne 1900-1937 (Assistants : Maurice Duruflé et Léonce de Saint-Martin) ;
- Léonce de Saint-Martin : 1932-1954 ;
- Pierre Cochereau : 1955-1984 ;
- Yves Devernay : 1985-1990 ;

Depuis le décès d'Yves Devernay en 1990, les orgues sont tenues par trois co-titulaires:
- Olivier Latry : 1985 ;
- Philippe Lefebvre : 1985 ;
- Jean-Pierre Leguay : 1985.

L'orgue de choeur
L'orgue de choeur de la cathédrale Notre-Dame de Paris est un instrument de 30 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Il comporte deux mille tuyaux et est placé du côté nord du choeur, au-dessus des stalles.

Liste des titulaires récents :
- Jacques Marichal : 1934-1987

Historique
Peu après la révolution, au début du XIXème siècle, la mode des orgues de choeur se répandit dans les églises pour palier au manque de musiciens du culte. L'histoire de l'orgue de choeur de la cathédrale de Paris débute aussi durant cette période, en 1839.

Avant la Révolution, le clergé était nombreux et se chargeait des parties chantées des offices. Il n'y avait dès lors nul besoin de soutien. Ainsi en 1790 à Notre-Dame de Paris, l'on comptait 51 chanoines du chapitre, plus un personnel de 180 ecclésiastiques auquel s'ajoutaient 14 chantres et une Maîtrise de 12 enfants. Le seul accompagnement régulier était celui d'instruments de basses : contrebasse et basson (actuellement conservés au Musée Notre-Dame). Mais après la Révolution, les effectifs du clergé furent considérablement réduits et la cathédrale, comme d'autres églises parisiennes, eut besoin de renforcer les choeurs par un moyen d'accompagnement adapté et complet.

Un premier instrument, qui ne prit, semble-t-il, jamais place dans le choeur, fut commandé en 1839 pour la Maîtrise de la cathédrale. Construit par la maison Daublaine et Callinet, il fut vite jugé insuffisant pour le choeur de Notre-Dame. Il fut vendu à la paroisse de Cordes-sur-Ciel (département du Tarn) en 1842. Il a été classé au titre des Monuments Historiques le 11 mai 1977.

Un nouvel instrument, également créé par la maison Daublaine et Callinet, fut installé le 30 avril 1841. Il était placé à gauche de la Pietà de Nicolas Coustou. Pourvu d'un buffet de style néogothique, l'orgue disposait de deux claviers, et d'un pédalier. Il fut entendu pour la première fois le 2 mai 1841 à l'occasion du baptême du Comte de Paris. Mais en 1857, les travaux de restauration de la cathédrale impliquant la modification du mobilier de Notre-Dame redessiné par Viollet-le-Duc, allaient faire disparaître cet instrument, lequel fut vendu à l'église Saint-Étienne de Roanne.

En 1863, on installa un orgue Merklin dans un buffet gothique dessiné par Viollet-le-Duc. Il fut plusieurs fois modifié et restauré. On l'installa au dessus des stalles du côté nord du choeur. De restauration en restauration, il fut jugé irrécupérable en 1966, et remplacé en 1969 par l'orgue actuel créé par Robert Boisseau.

Fonctions
L'orgue de choeur remplit plusieurs fonctions. Pour les offices quotidiens de semaine il intervient seul, tantôt en solo, tantôt accompagnant et soutenant le chantre ou l'assemblée. Le week-end ou lors de cérémonies importantes, il alterne avec le grand orgue pour le dialogue entre le chant de la foule et le chant venant du choeur. Enfin l'orgue de choeur est le partenaire privilégié de la Maîtrise de la cathédrale, notamment pour les nombreux concerts et enregistrements, ainsi que pour les offices où la chorale et l'orgue unissent leurs voix.

Le trésor de Notre-Dame de Paris
Le trésor de Notre-Dame de Paris est exposé dans l'immeuble néogothique de la Sacristie du Chapitre, construit au XIXème siècle par Viollet-le-Duc, et situé au sud du choeur de la cathédrale. On y accède par une des chapelles latérales droite du choeur. On peut le visiter tous les jours sauf le dimanche.

La Sacristie du Chapitre
Dans les années 1830, la construction d'une nouvelle Sacristie du Chapitre s'imposait. En effet, le bâtiment précédent, construit par Soufflot en 1758, d'abord gravement endommagé lors des émeutes du 29 juillet 1830, avait connu un triste sort le 14 février 1831. Ce jour-là en effet le palais archiépiscopal et la sacristie furent pillés et détruits.

Le budget de 2 650 000 francs pour la restauration de la cathédrale, voté par l'assemblée nationale en 1845, impliquait non seulement la réfection du sanctuaire, mais aussi la construction de cette sacristie, et ce pour un montant de 665 000 francs pour le gros oeuvre. Comme on l'a vu, l'édification de cette dernière s'avéra bien plus coûteuse, le sous-sol très instable nécessitant des fondations profondes de quelques 9 mètres. Quant au style, Viollet-le-Duc opta pour celui du XIIIème siècle pour le mettre en harmonie avec le chevet de la cathédrale.

La sacristie est reliée à la cathédrale par deux bras parallèles enserrant de ce fait un espace affecté à un petit cloître carré, le cloître du Chapitre.

Les vitraux avaient été prévus blancs au départ, mais Prosper Mérimée ayant souligné les inconvénients de cette absence de coloration, on en vint rapidement à mettre en place des vitraux de couleur. Ceux de la salle principale de l'édifice qui représentent une série d'évêques de Paris furent exécutés par Maréchal de Metz. Les dessins y sont assez lourds et les couleurs plutôt violentes. Les arcatures des galeries du cloître par contre sont garnies de dix-huit superbes vitraux de texture beaucoup plus légère et de couleur bien moins marquée. Ils sont l'oeuvre d'Alfred Gérente d'après les dessins de Louis Steinheil.

Reliquaires et reliques
Les pièces principales exposées au trésor sont les reliquaires de la Sainte Couronne d'Épines et d'un fragment de la Croix du Christ, ainsi qu'un clou de cette dernière. Ne sont présentés au public que les reliquaires que divers donateurs du XIXème siècle (dont Napoléon Ier et Napoléon III) offrirent pour les accueillir. Rappelons que lors de la révolution le trésor fut pillé, et les divers objets qu'il contenait éparpillés ou détruits.

La pièce centrale du trésor est le reliquaire de la Croix Palatine qui s'y trouve depuis 1828. On la nomme ainsi parce qu'elle a appartenu à la princesse Palatine Anne de Gonzague de Clèves morte au XVIIème siècle. Ce reliquaire est destiné à contenir un morceau de la vraie Croix ainsi qu'un clou de cette dernière. On y trouve une lame en or avec inscription en grec attestant que le fragment a appartenu à l'empereur byzantin Manuel Comnène mort en 1180.

Autre pièce de grande valeur, l'ancien reliquaire de la Sainte Couronne d'Épines qui fut créé en 1804 par Charles Cahier. La Couronne d'Épines fut acquise de Baudouin II de Courtenay, dernier empereur latin de Constantinople, par saint Louis, roi de France. Elle est visible durant le carème et la Semaine Sainte. Lors de la restauration de 1845 effectuée par l'équipe de Viollet-le-Duc, la création d'une nouvelle châsse-reliquaire pour la Couronne d'Épines s'imposa. Ce nouveau reliquaire, en bronze et argent dorés, diamants et pierres précieuses, date de 1862. Il a une hauteur de 88 cm pour une largeur de 49 cm. Il fut réalisé d'après le dessin de Viollet-le-Duc par l'orfèvre Placide Poussielgue-Rusand, le même qui exécuta la Couronne de lumière de la cathédrale. Geoffroi-Dechaume a collaboré à sa réalisation pour la sculpture des figures.

Le trésor contient aussi des reliques de saint Louis, roi de France : des vêtements, un fragment de sa machoire et d'une côte.

Autres objets du trésor
Ce sont surtout des objets datant des XIXe et XXème siècles qui sont exposés, les pièces possédées antérieurement ayant été en très grande partie, pillées, détruites, dispersées ou fondues à la révolution.
- Il existe de nombreux manuscrits précieux et des livres imprimés que l'on peut voir exposés dans les couloirs.
- Une belle collection d'ornements sacerdotaux.
- Souvenirs de Viollet-le-Duc et de son travail de restauration, souvenirs aussi des trois archevêques assassinés (monseigneur Affre, monseigneur Sibour et monseigneur Darboy), ainsi que de Paul Claudel et de sa conversion dans l'enceinte de Notre-Dame.
- Dans la salle principale, se trouve une belle collection d'oeuvres d'orfèvrerie, dont les reliquaires déjà décrits. On trouve notamment une Vierge à l'Enfant, offerte à la cathédrale par le roi Charles X en 1826, oeuvre d'Odiot. Dans la même salle on peut admirer une vaste collection d'objets du culte (ciboires, burettes, aiguières, etc).
- Souvenirs des papes : notamment ciboires de Léon XIII et de Jean XXIII.
- Dans la salle capitulaire, on peut admirer une vaste collection de 258 camées à l'effigie de tous les papes depuis saint Pierre jusqu'à Pie IX.
- Parmi les objets antérieurs à la révolution, rassemblés dans un meuble spécialement dessiné par Viollet-le-Duc, se trouve une très belle croix en ébène et cuivre, avec Christ en ivoire. Ce petit chef d'oeuvre est attribué à François Girardon.
- Parmi les oeuvres les plus récentes, on peut admirer une cuve baptismale et son aiguière ainsi qu'un chandelier pascal, oeuvres du sculpteur et orfèvre Goudji (1986). Lors des JMJ de 1997, Jean-Paul II utilisa cette cuve baptismale : dès lors, l'image du baptême des catéchumènes dans la cuve baptismale de Goudji fera le tour du monde.

Le tourisme
Notre-Dame de Paris est, avec environ 13,5 millions de pèlerins et visiteurs par an (2006), le monument de France et peut-être d'Europe le plus visité (pour la France : devant la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, le musée du Louvre, le parc du château de Versailles et la tour Eiffel). Cela veut dire une moyenne de plus de 30 000 personnes par jour. Les jours de grande affluence, c'est plus de 50 000 pèlerins et visiteurs qui y pénètrent. La cathédrale est connue dans le monde entier depuis plus de cinq siècles.

À noter que c'est aussi le lieu de la capitale visité en tout premier lieu et en masse par les Chinois de passage à Paris. Et ce flux est en constante augmentation.

Visites
Notre-Dame de Paris est ouverte tous les jours de 8h00 à 18h45 (19h15 le samedi et le dimanche). L'entrée est libre et gratuite. Il existe un bureau d'accueil et d'informations situé à l'intérieur, après le grand portail du Jugement Dernier en entrant. Ce bureau est ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 18h00, et les samedi et dimanche de 9h00 à 18h00.

Des visites payantes des tours de la cathédrale sont organisées tous les jours par le Centre des monuments nationaux (sauf les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre). Elles se déroulent de 10 heures à 17 heures 30 (la dernière admission a lieu à 16h45). Visites nocturnes en été. Le week-end : de 10 à 23 heures.

Lors de la visite des tours, la montée s'effectue à pied par la tour sud, ce qui permet d'accéder à la Galerie des Chimères, puis au sommet de cette tour sud. Les visiteurs peuvent également admirer le célèbre bourdon Emmanuel. Le temps d'attente peut être fort long étant donné que, pour des raisons de sécurité, le flux maximum est limité à une vingtaine de visiteurs admis toutes les 10 minutes. La visite est gratuite le premier dimanche de chaque mois.

En 2008, il existait des visites en français, anglais, allemand, espagnol, italien, japonais, russe et chinois. Le Centre des monuments nationaux organise également des visites en langue des signes (LSF) pour les personnes malentendantes.

En outre, chaque jour, des visites sont offertes gratuitement par la cathédrale. Elles durent environ une heure et ont pour but de présenter le message chrétien au travers des oeuvres d'art rassemblées dans le sanctuaire.

Offices religieux
Notre-Dame est une église particulièrement vivante. Cinq offices par jour sont célébrés du lundi au samedi, et sept le dimanche. En ajoutant les fêtes et services religieux exceptionnels, ce sont plus de 2 000 célébrations par an qui se passent sous les voûtes de la cathédrale.

Notre-Dame dans les arts

Peinture
- La Descente du Saint-Esprit : enluminure du (XVème siècle) de Jean Fouquet (Heures d'Étienne Chevalier, New York, The Metropolitan Museum of Art)
- Le Sacre de Napoléon : tableau de Jacques-Louis David. La scène se déroule dans le choeur de la cathédrale tel qu'il se présentait à l'époque, avec la décoration des colonnes conçue par Robert de Cotte à la charnière des XVIIe et XVIIIème siècles (Musée du Louvre).

Chansons
- Notre-Dame de Paris (Édith Piaf)
- Notre-Dame de Paris : Comédie musicale (Hélène Ségara, Daniel Lavoie, Garou, Bruno Pelletier, Patrick Fiori, Luck Mervil, Julie Zenatti - Luc Plamondon et Richard Cocciante)

Littérature : bandes dessinées
- Les voyages de Jhen : Notre-Dame (Jacques Martin)
- Louis la Lune (Alban Guillemois)

Littérature : romans
- Les Anges et les faucons (Patrick Grainville)
- Les Chevaliers du Christ (Henri Pigaillem)
- Les Pigeons de Notre-Dame (Patrick Virelles)
- Le Vol du pigeon (Youval Shimoni)
- Notre-Dame de Paris (Victor Hugo) mérite une mention particulière.

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo
Notre-Dame de Paris est le titre d'un célèbre roman de Victor Hugo publié en 1831 : la cathédrale sert de décor à la trame du récit : Quasimodo, le sonneur difforme et son amour impossible pour la danseuse gitane Esmeralda, elle-même objet du désir du prêtre renégat Frollo. Ce roman porte sur deux sujets bien distincts : l'histoire classique de compassion et d'héroïsme, et la réaction de Victor Hugo face aux modifications qui ont mutilé la hardiesse du Moyen Âge, qui est en phase avec le romantisme et les catholiques qui veulent revenir à la ferveur " naïve ".

Littérature pour la jeunesse
- Aton et Sophie à la découverte de Notre-Dame (Viviane Allard)
- Énigme à Notre-Dame (Hélène Laserre)
- La Marmotte de Notre-Dame (Philippe Legendre-Kvater)
- Les Brigands de la Saint-Michel (Jean-Marc Soyez)
- Notre-Dame de Paris (Marguerite Grassioulet)
- Simon, bâtisseur de cathédrale (Jacqueline Mirande)
- La nuit des Zéfirottes (Claude Ponti)

Ouvrages documentaires
- Notre-Dame de Paris (éditions A. Leconte)
- Notre-Dame de Paris : au carrefour des cultures (Coloni Marie-Jeanne)
- Autour de Notre-Dame

Cinéma
Le roman de Victor Hugo a donné lieu à de mutiples adaptations cinématographiques. Parmi ces dernières :
- Notre-Dame de Paris : film américain de Wallace Worsley en 1923.
- Notre-Dame de Paris : film français réalisé par Jean Epstein en 1931.
- Notre-Dame de Paris : production franco-italienne réalisée par Jean Delannoy en 1956.
- Le Bossu de Notre-Dame : long-métrage d'animation classique des studios Disney. Sorti en 1996, il est fondé lui aussi sur le roman Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo.
- Le Bossu de Notre-Dame 2 : Le secret de Quasimodo : film faisant suite au précédent. Celle-ci est sortie directement en vidéo en 2002.
Notre-Dame de Paris : Histoire   
Les étapes de l'édification de la cathédrale
On pense qu'au début de l'ère chrétienne il existait à l'emplacement de Notre-Dame, un temple païen, remplacé ultérieurement par une grande basilique chrétienne sans doute assez semblable aux basiliques antiques. Nous ne savons pas si cet édifice, dédié à saint Étienne, a été élevé au IVe siècle et remanié par la suite ou si il date du VIe siècle avec des éléments plus anciens réemployés (hypothèse de la cathédrale de Childebert Ier, fils de Clovis et de Clotilde).

Quoi qu'il en soit, cette cathédrale Saint-Étienne était de très grandes dimensions pour l'époque. Sa façade occidentale, se trouvait à une quarantaine de mètres plus à l'ouest que la façade actuelle de Notre-Dame et avait une largeur à peine inférieure : elle mesurait 36 mètres. Quant à la longueur de l'ancien édifice, elle était de 70 mètres, c'est-à-dire un peu plus de la moitié de la longueur de la cathédrale actuelle. Des rangées de colonnes de marbre séparaient cinq nefs. L'édifice était orné de mosaïques. Elle était complétée sur son flanc nord par un baptistère, appelé Saint-Jean le Rond. La présence d'un baptistère est attestée avant 451.

La cathédrale Saint-Étienne semble avoir été régulièrement entretenue et réparée, suffisamment en tout cas pour résister aux guerres et aux siècles. Cependant, en 1160, l'évêque Maurice de Sully décida la construction d'un sanctuaire d'un nouveau type beaucoup plus vaste. Comme dans l'ensemble de l'Europe de l'ouest, les XIIe et XIIIème siècles se caractérisent en effet par une rapide augmentation de la population des villes françaises, liée à un important développement économique, et les anciennes cathédrales étaient un peu partout devenues trop petites pour contenir les masses de plus en plus grandes de fidèles. Les spécialistes estiment que la population parisienne passe en quelques années de 25 000 habitants en 1180, début du règne de Philippe II Auguste, à 50 000 vers 1220, ce qui en fait la plus grande ville d'Europe, en dehors de l'Italie .

L'architecture de la nouvelle cathédrale devait s'inscrire dans la ligne du nouvel art que l'on appellera gothique ou ogival. Plusieurs grandes églises gothiques avaient déjà été inaugurées à ce moment : l'Abbatiale Saint-Denis, la cathédrale de Noyon et celle de Laon, tandis que celle de Sens était en voie d'achèvement. La construction, commencée sous le règne de Louis VII dura de 1163 à 1345. À cette époque, Paris n'était qu'un évêché, suffragant de l'archevêque de Sens.

Première période : 1163 - 1250
En 1163 a lieu la pose de la première pierre par le pape Alexandre III alors réfugié à Sens, en présence du roi Louis VII. L'essentiel des travaux se fera sous la direction de l'évêque Maurice de Sully (1160-1197) et de son successeur Eudes de Sully (1197-1208), ce dernier sans lien de parenté avec le premier. On distingue quatre campagnes d'édification correspondant à quatre maîtres d'oeuvre différents dont les noms ne nous sont pas parvenus.

- 1163-1182 : construction du choeur et de ses deux déambulatoires.
- 1182-1190 : construction des quatre dernières travées de la nef, des bas-côtés et des tribunes. La construction de la nef commença en 1182, après la consécration du choeur. Certains pensent même que les travaux débutèrent dès 1175. Les travaux s'arrêtèrent après la quatrième travée laissant la nef inachevée.
- 1190-1225 : construction de la base de la façade et des deux premières travées de la nef. On commença l'édification de la façade en 1208. A partir de cette année, les portails furent construits et décorés. L'étage de la rose date de 1220-1225. La construction des premières travées de la nef fut reprise en 1218 afin de contrebuter la façade.
- 1225-1250 : partie haute de la façade, et les deux tours. Agrandissement des fenêtres hautes (suppression des petites rosaces) pour remédier à l'obscurité (vers 1230). Simultanément la toiture des combles des tribunes est remplacée par des terrasses, et de nouveaux arcs-boutants, dotés de chaperons à chéneaux, permettent l'évacuation des eaux de pluie de la partie supérieure de l'édifice. On construit les chapelles latérales de la nef entre les culées des arcs-boutants. La tour sud est achevée en 1240 et l'on abandonne la même année l'idée de doter les tours d'une flèche. En 1250 fin de la construction de la tour nord. À cette date la cathédrale est en fait terminée et totalement opérationnelle. Nous sommes en plein règne de saint Louis. Les phases ultérieures de l'édification concerneront des additions, embellissements, réparations et modifications parfois fort importantes.

Deuxième période : 1250 - moitié du XIVème siècle
A cette époque, on s'aperçut que les portails du transept, construits en style roman, contrastaient par la sévérité de leur architecture avec la grande façade gothique richement ornée au goût du jour. La reconstruction des parties romanes fut alors prestement décidée par l'évêque Renaud de Corbeil (1250-1268).

Nous connaissons les noms des maîtres d'oeuvre qui se sont succédé durant cette période. Il s'agit de Jean de Chelles, Pierre de Montreuil, Pierre de Chelles, Jean Ravy, Jean le Bouteiller et Raymond du Temple.

Jean de Chelles procéda à l'allongement des croisillons du transept, au nord d'abord (vers 1250), puis au sud. On lui doit la façade nord du transept et sa superbe rosace. Suite à son décès en 1265, son travail sur le croisillon sud fut terminé par Pierre de Montreuil à qui l'on doit la façade sud du transept et sa tout aussi belle rosace. Il mourut en 1267. Pierre de Montreuil avait également achevé les chapelles et la porte rouge. De même, il débuta le remplacement des arcs-boutants du choeur.

Son successeur Pierre de Chelles construisit le jubé et commença les chapelles du chevet en 1296. Ces dernières furent achevées par Jean Ravy qui fut maître d'oeuvre de 1318 à 1344. Jean Ravy débuta la construction des admirables arcs-boutants du choeur d'une portée de 15 mètres. Il commença aussi la confection de la clôture du choeur.

En 1344, son neveu Jean le Bouteiller lui succéda jusqu'en 1363. Après son décès, son adjoint Raymond du Temple termina les travaux, et notamment la superbe clôture du choeur.

Le XVIIIème siècle
Pendant près de trois siècles, on respecta la structure gothique de la grande cathédrale, mais les choses changèrent dès la fin du XVIIème siècle, sous le règne de Louis XIV.

La société de cette époque (fin du XVIIe - XVIIIème siècle) n'aimait pas le gothique, jugé art barbare, sombre, archaïque et bien trop austère. Plus d'un prélat rêvait de démolir sa cathédrale gothique pour le remplacer par un sanctuaire classique ou néoclassique. L'obstacle principal était le coût des travaux : détruire et reconstruire une cathédrale coûtait extrêmement cher, et la baisse de la piété, constante depuis la Renaissance, n'était guère propice à la collecte de fonds en faveur d'une gigantesque église. De plus la noblesse - dont les rois -, jadis grande pourvoyeuse de fonds, était bien trop occupée à se construire de somptueux châteaux et à y mener grand train de vie ; quant au petit peuple des fidèles, il n'avait pas les moyens. On se bornait donc à cette époque à reconstruire, généralement en style classique, ce qui s'était effondré (comme la façade de la cathédrale de Luçon ou encore l'entièreté de celle de Rennes), ou alors à détruire et remplacer ce que l'on pouvait détruire et remplacer à moindre frais, à savoir les oeuvres d'art et la décoration intérieure.

Ainsi dès la fin du XVIIe, Robert de Cotte démolit le jubé, les stalles, les bas-reliefs des clôtures, ainsi que des tombeaux, cela pour la réalisation du voeu de Louis XIII fait en 1638. Puis en 1756, les chanoines jugeant l'édifice trop sombre demandèrent aux frères Le Vieil de détruire les superbes vitraux du Moyen Âge et de les remplacer par du verre blanc ; après quoi on badigeonna les murs de la cathédrale... Les rosaces furent épargnées. Notre-Dame de Paris fut beaucoup plus touchée par ces changements que les cathédrales des provinces pauvres, dont le clergé n'avait pas les moyens de se payer le saccage de leurs propres églises. Enfin, à la demande du clergé, Soufflot, architecte du Panthéon de Paris, fit disparaître le linteau et une partie du tympan du portail central, y compris une partie du célèbre Jugement Dernier, pour laisser passer plus aisément le dais des processions.

Au cours de la Révolution française, de nombreux actes de vandalisme visèrent la cathédrale : les rois de Juda de la Galerie des Rois de la façade furent décapités et enlevés - on croyait qu'il s'agissait des rois de France. On a retrouvé une bonne partie de ces têtes en 1977, et elles se trouvent actuellement au Musée de Cluny. Entre autres déprédations, presque toutes les grandes statues des portails furent anéanties et le trésor fut pillé. Le Culte de la Raison fit son apparition à Notre-Dame de Paris le 10 novembre 1793, avec la Fête de la Liberté. Ce culte fut organisé par Pierre-Gaspard Chaumette, et le maître-autel se vit ainsi transformé en autel de la déesse Raison. Fin novembre de cette année, le culte catholique fut d'ailleurs interdit à Paris. La cathédrale fut ensuite transformée en entrepôt.

La restauration du XIXème siècle
Peu après la signature du concordat de 1801, la cathédrale fut rendue au culte (18 avril 1802). On procéda rapidement à quelques réfections d'urgence si bien qu'en décembre 1804, Napoléon Bonaparte put s'y sacrer empereur des Français, en présence du pape Pie VII. L'édifice avait été blanchi à la chaux pour la circonstance, puis dissimulé sous des décors de Charles Percier et François-Léonard Fontaine. Les drapeaux d'Austerlitz, avaient été accrochés aux murs afin de masquer le pitoyable état de l'édifice .

Une fois la paix retrouvée, la cathédrale était dans un tel état de délabrement que les responsables de la ville commencèrent à envisager la possibilité de l'abattre totalement. Le grand romancier Victor Hugo, admirateur de l'édifice, écrivit alors (1831) son roman "Notre-Dame de Paris" qui eut un énorme succès et avait notamment pour but de rendre le public conscient de la valeur d'un tel monument. Il réussit à créer un large mouvement populaire d'intérêt en faveur de la cathédrale. Son roman avait rendu vie à un monument alors marginalisé et l'avait rendu plus familier aux parisiens. A cela s'ajoutait le poids du nouveau courant européen appelé romantisme qui s'efforçait de donner aux hommes une nouvelle conception du monde. Par son roman, Victor Hugo contribua largement à sauver le chef-d'oeuvre meurtri d'un destin fatal.

Le sort de Notre-Dame focalisa différents courants de pensée : les catholiques bien sûr qui désiraient réconcilier la France avec la piété et la foi d'antan, les monarchistes aussi qui s'efforçaient de renouer avec un proche passé, mais aussi le courant laïc épris de générosité.

Le Ministre des Cultes de l'époque décida d'un grand programme de restauration. L'architecte Godde chargé jusqu'alors de l'entretien de l'édifice et dont les méthodes de restauration faisaient l'unanimité contre elles fut écarté. On se tourna vers Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc qui s'étaient distingués sur le chantier de la Sainte-Chapelle. Ces derniers déposèrent un projet et un rapport, et ayant emporté l'appel d'offres en 1844, présentèrent en 1845 un budget de 3.888.500 francs, qu'ils durent réduire à 2.650.000, pour la réfection de la cathédrale et la construction d'une sacristie. L'Assemblée Nationale vota une loi accordant cette somme et c'est ainsi qu'après de longues années d'attente, la restauration put vraiment débuter. Le maigre budget fut épuisé en 1850. Les travaux s'arrêtèrent. Viollet-le-Duc dut présenter à plusieurs reprise des nouvelles propositions afin que les travaux puissent se terminer. Au total plus de douze millions de francs furent ainsi octroyés. Lassus étant décédé en 1857, c'est lui seul qui termina la restauration le 31 mai 1864.

La construction de la sacristie se révéla un gouffre financier. Il fallut en effet descendre à neuf mètres avant de rencontrer un terrain stable. L'état lamentable des maçonneries de la cathédrale était généralisé, la porte rouge par exemple était en ruines . On ne comptait plus les pinacles brisés, les gables effondrés. Quant à la grande statuaire des portails et de la façade, il n'en restait plus grand chose. Les restaurateurs durent effectuer un profond travail de recherche afin de restituer (à l'identique si possible, ce qui l'était rarement) les parties dégradées, ce dont témoignent les écrits et dessins de Viollet-le-Duc.

C'est la restitution du programme sculpté de la cathédrale qui constitue la principale réussite des deux architectes. Ils ont d'emblée voulu reconstituer toute l'ornementation sculpturale détruite en s'inspirant ou copiant des oeuvres de la même époque et restées intactes (Amiens, Chartres et Reims). Pour ce faire les architectes réunirent une équipe d'excellents sculpteurs sous la direction de Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume. Beaucoup d'entre eux provenaient de l'atelier de David d'Angers et se connaissaient. Un total de plus de 100 grandes statues furent ainsi créées à destination de l'extérieur, dont les 12 statues en cuivre entourant la base de la flèche, oeuvres de Geoffroi-Dechaume lui-même, qui témoignent du grand talent de ce sculpteur . Viollet-le-Duc apporta un très grand soin à la réalisation de ces statues. Elles étaient d'abord dessinées par ses soins, puis une maquette grandeur nature en plâtre était réalisée. On apportait alors les corrections nécessaires jusqu'à ce que l'oeuvre soit jugée satisfaisante. À ce moment seulement, on procédait à la réalisation de la statue définitive en pierre. Aucune liberté de création n'était autorisée de la part des sculpteurs dont le travail était totalement contrôlé par les architectes.

Lors de la restauration, la cathédrale fut quelque peu remaniée. La rosace sud par exemple fut pivotée de quinze degrés afin de la faire reposer selon un axe vertical, modification qui, parfois critiquée, était motivée par la nécessité de consolider l'ensemble dont la maçonnerie s'était affaissée. Enfin quelques statues sorties de l'imagination de l'architecte furent édifiées, telles les impressionnantes chimères contemplant Paris du haut de la façade.

La restauration achevée, c'est monseigneur Darboy, archevêque de Paris, qui consacra la cathédrale le 31 mars 1864.

De la restauration du XIXème siècle jusqu'à nos jours
Peu de temps après, la Commune de 1871 faillit anéantir l'édifice. Des émeutiers mirent le feu à quelques bancs et chaises, mais l'incendie fut vite maîtrisé et ne causa que des dégâts très légers. monseigneur Darboy laissa cependant sa vie dans la tourmente. La cathédrale passa fort heureusement les deux guerres mondiales sans problèmes notables.

Dans les années 1990, les procédés modernes ont permis de redonner à la pierre extérieure de la cathédrale noircie par les siècles, sa pureté et sa blancheur d'origine. On distinguait deux couches distinctes de pollution qui noircissait la pierre :
- une partie brune correspondant à la partie de la pierre exposée à l'air et aux rayons du soleil
- une couche noire de surface constituée de gypse (sulfate hydraté de calcium).

La crasse, représentant un danger pour la pierre, a été éliminée. Les sculptures ont été traitées par laser, micro-gommage et compresses humides afin de pulvériser la poussière sans altérer la patine du temps. Les pierres trop déteriorées ont été remplacées par d'autres, identiques, prélevées en région parisienne dans des gisement de calcaire coquillé. De plus, un réseau de fils électriques, invisibles depuis le sol, a entraîné le départ des pigeons responsables d'altérations importantes au niveau des pierres.

Évènements historiques importants
Notre-Dame bien avant son achèvement est le lieu de nombreux événements religieux et politiques de l'histoire de France :
- En 1229, le jeudi saint, Raymond VII de Toulouse y fait amende honorable.
- Saint Louis, pieds nus, y dépose la couronne d'épines du Christ en 1239, en attendant l'achèvement de la construction de la Sainte-Chapelle.
- Philippe le Bel y ouvre les premiers États généraux du Royaume de France en 1302
- Couronnement du jeune roi Henri VI d'Angleterre en 1430
- En 1447, Charles VII célèbre par un Te Deum la reprise de Paris.
- Ouverture du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc en 1456
- Mariage de Marguerite de Valois, et de Henri de Navarre, futur Henri IV en 1572
- En 1590, les chefs de la Ligue jurent de ne jamais reconnaitre le huguenot Henri, futur Henri IV.
- En 1594, le 22 mars, c'est cependant Henri IV qui y rend grâce pour Paris reconquis.
- En 1660 : Te Deum célébré à l'occasion du mariage de Louis XIV. Le duc de Luxembourg, futur maréchal, surnommé le tapissier de Notre-Dame, apporte ici les drapeaux ennemis.
- Abjuration de Turenne de sa foi protestante en 1668.
- Bossuet y prononce l'oraison funèbre du grand Condé en 1687
- Napoléon Bonaparte s'y sacre (tout seul) empereur des Français, en présence du pape Pie VII le 2 décembre 1804
- Baptême du Roi de Rome en juin 1811
- Le 8 mars 1835, à la demande de monseigneur de Quélen, eut lieu la première conférence d'Henri Lacordaire dans le cadre des Conférences de Notre-Dame, spécialement destinées à l'initiation de la jeunesse au christianisme. Celles-ci interrompues en 1836, reprirent à partir de 1841 et se poursuivirent au long des années 1840.
- Mariage de Napoléon III le 30 janvier 1853
- Baptême du Prince impérial en 1856
- Messe de Te Deum, en action de grâce à Dieu, pour la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 9 mai 1945
- Funérailles nationales de : Maurice Barrès (1923), maréchal Foch (1929), maréchal Joffre (1931), président Raymond Poincaré (1934), maréchal Leclerc de Hautecloque (1947), maréchal de Lattre de Tassigny (01/1952), Paul Claudel (02/1955), maréchal Juin (1967), général Charles de Gaulle (le 12/11/1970), abbé Pierre (né Henri Grouès), (hommage national le 26/01/07).

Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Paris
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Notre-Dame de Paris : Plus de photos   
Oeuvre(s) associée(s)   
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Pont-au-Double :
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Peintures et sculptures :
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Vues de Paris au XVIIIème siècle :
Musée d'Art Moderne de New York
Matisse :
Musée d'Orsay
Signac-Cross :
Musée du Louvre
Chartres :Flandres. XVIIème siècle :Greuze :Montbuison :Passage de la "Mort Saint-Innocent" :Saint-Denis :Vigée Le Brun :
Notre-Dame de Paris
Crypte du parvis :
Thermes de Cluny
Sculptures de Notre-Dame de Paris :
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Parvis
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