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   France > Paris Ier > Musée du Louvre > Hubert Robert > Le Verrou
Guide de visite : Le Verrou
Le Verrou






Date : vers 1777

Matériaux : Peinture à l'huile sur toile
Acquisition : Achat (1974)
Musée du Louvre
Hubert Robert
Aile Sully
Deuxième étage - Section 49
Elément 2 sur 17
Peinture française
Peinture (Scène de genre)

Région en relation
France

Description   

En pendant à l'Adoration des bergers, l'artiste opposera ainsi l'amour sacré et l'amour profane. La toile a été achevé au retour du second voyage du peintre en Italie.

Les décor et la "mise en scène" du tableau permettent de reconstituer le scénario d'un homme ayant entraîné une jeune femme dans une chambre, jeté sa veste sur une chaise et dénoué les cheveux de sa compagne avant de l'enlacer sur le lit partiellement défait. Il n'aurait que soulever son jupon plutôt que de prendre le temps de retirer ses vêtements.

La jeune femme bondit vers la porte. La chaise est renversée, ainsi que le vase.

L'homme retient sa proie et repousse le verrou. Elle tend le bras pour l'en empêcher. pose sa main sur la bouche de son compagnon ... avant de céder.

Pour certains, c'est une scène d'amour, pour d'autres, elle relève du viol et de la séquestration. Une affaire DSK avant l'heure.

La scène se déroule-t-elle avant ou après l'acte ? Ici, la pomme n'est pas croquée, l'acte n'a pas été encore commis. Le vase renversé a une forme longue et étroite. Dans la mystique chrétienne ou dans la poésie érotique, le mot vase est une métaphore du sexe féminin. Dans le verrou, le vase est renversé. Les fleurs, symbolise la virginité des filles.

Le verrou protège les amants de l'intrusion d'un étranger dans la pièce. L'expression rompre le verrou appelle a des images de viol.

Le lit ouvert, qui occupe plus de la moitié de la surface du tableau et présente des formes très féminines, a-t'il le premier rôle de l'oeuvre ?

Le pendant du Verrou est L'Adoration des bergers. La pomme, posée sur la table, qui pourrait faire le lien entre les deux toiles, ferait allusion au péché originel racheté par la naissance de l'Enfant Jésus. Faut-il y voir une opposition entre Amour profane et Amour sacré ?

Blot a réalisé une gravure d'après l'oeuvre de Fragonard, avec pour pendant la promesse de mariage (appelé aussi le contrat), peut-être inspiré d'un autre tableau de Fragonard aujourd'hui disparu. On aperçoit dans cette oeuvre des dessins accrochés au mur parmi lesquels les silhouettes du verrou et de l'armoire, autre oeuvre de Fragonard. Le verrou, l'armoire et le contrat formeraient un ensemble : le verrou représentant la séduction des amants, l'armoire les amants surpris, et le contrat la régularisation.

Le Verrou, qui symbolise la résistance inutile, est considéré comme une référence du travail de Fragonard.

Cession de l'oeuvre en 1933
L'affaire du Verrou de Fragonard commence en 1933, lorsque monsieur André Vincent, depuis lors décédé a vendu aux enchères une toile qui après expertise, se révèle être comme "étant attribué à Fragonard". L'authenticité de la toile est ensuite établie avec certitude. Les héritiers décident alors d'annuler la vente pour cause d'erreur, car le prix de la toile une fois son authenticité démontrée est bien supérieur au prix de cession. La demande d'annulation de la vente est rejetée par la juridiction du premier degré puis par la cour d'appel en date du 12 juin 1985. Les Héritiers décident de se pourvoir en cassation en arguant une violation de l'article 1110 du code civil et de l'article 455 du nouveau code de procédure civile par la cour d'appel. Selon eux, cette dernière a considéré que si l'expression "attribuée à" marque une certaine réserve sur l'authenticité de l'oeuvre elle n'en exclut pas pour autant la possibilité. La Cour d'appel se serait focalisée par ailleurs sur la définition objective de l'expression "attribué à" sans attribuer d'importance à la conviction réelle du vendeur au moment de la formation de la vente. Ils soulèvent le fait que vendre avec la conviction que l'authenticité est discutable alors que celle-ci est en fait certaine constitue une erreur. La première chambre civile de la Cour de Cassation rejettera le pourvoi des héritiers de monsieur Vincent en date du 24 mars 1987, au motif que le cédant avait accepté an aléa quant à l'authenticité de l'oeuvre et que ses héritiers n'avait pas apporté la preuve que la vente avait été consentie sous l'empire d'une conviction erronée. Un aléa mutuellement accepté au moment de la vente, qui, par la suite, est dissipé ne constitue pas une erreur.

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