
|  | La Terre Le Triomphe de Cybèle Elément 8 sur 21
Sculpture française Sculpture (Relief)
Matériaux : Plâtre peint
Date : entre 1761 et 1770
Région en relation : Paris (France)
Acquisition : Banque de France (1998)
|
| Description |  |  |
 |
Ce dessus-de-porte appartient à une série de quatre oeuvres similaires qui ornaient le salon de l'hôtel du marquis Marc-René de Voyer d'Argenson, fils de ministre et lieutenant général des armées du roi. Ce dernier confiera la rénovation de son hôtel, situé à proximité du Palais-Royal et également connu sous le nom de Chancellerie d'Orléans, à l'architecte Charles de Wailly en 1761. Les décors seront confiés au peintre Fragonard, au bronzier Gouthière et au sculpteur Pajou qui travailleront jusqu'en 1770. Le bâtiment sera détruit en 1923, après le prélèvement des décors qui seront alors stockés.
Les quatre dessus-de-porte en plâtre de Pajou seront intitulés Le Feu ou Pluton enlevant Proserpine, L'Air ou Borée enlevant Orythie, L'Eau ou Neptune protégeant Amymone, La Terre ou le Triomphe de Cybèle.
Généralement identifiée à Rhéa, la mère de Zeus et des plus grands dieux grecs, la déesse phrygienne Cybèle fera l'objet de récits contradictoires. Zeus, endormi sur le mont Dindyme en Phrygie, fera tomber sa semence sur le sol. Il engendrera un être hermaphrodite, possédant des organes mâles et femelles, que les dieux l'émasculeront et transformeront en la déesse Cybèle.
Les organes génitaux mâles, tombés à terre, donneront naissance à un amandier. Un fruit tombera dans le sein de Nana, la fille du dieu-fleuve Sangarios, et donnera vie à un fils du nom d'Attis. L'histoire d'Attis et de son autocastration servira thème au "poème 63" de Catulle. Dans ce texte, un jeune homme se mutilera en l'honneur de Cybèle, au cours d'une crise d'extase, puis regrettera son geste. Le garçon sera abandonné à un berger qui lui enseignera son métier. Cybèle, la déesse phrygienne appelée la Grande Mère, tombera amoureuse d'Attis, fiancé à l'une des filles du roi de Pessinonte. Jalouse, elle frappera de folie Attis et son beau-père, qui s'émasculeront. Cybèle obtiendra de Zeus la promesse que le corps d'Attis ne se corromprait pas. Il sera enterré à Pessinonte, en Galatie (où Cybèle était connue sous le nom d'Agdistis). Son petit doigt continuera à remuer et ses cheveux à pousser.
Une tradition différente affirme qu'il sera transformé en pin et que cet arbre lui sera consacré. Cybèle ordonnera, en son nom, une cérémonie de culte annuelle réservée à des énuques.
Une autre version rapporte que Cybèle, fille de Méion, le roi de Phrygie, et de sa femme Dindyme, sera abandonnée sur une montagne et nourrie par des lions et des léopards. Elle instituera des jeux et des danses et donnera à ses serviteurs, les Corybantes, les cymbales et les tambours qui accompagneront ses rites. Douée du pouvoir de guérison, protégeant les enfants et les créatures sauvages, Cybèle tombera amoureuse d'Attis. Ce dernier la trompera avec la Nymphe Sagaritis. Elle provoquera sa folie. Attis s'émasculera et décédera de sa blessure.
Selon une autre version du mythe, Attis et Cybèle donneront naissance à un enfant. Méion le tuera, ainsi qu'Attis. Les Phrygiens seront frappés de famine. Un oracle leur ordonnera d'ensevelir convenablement Attis près du temple de Cybèle, à côté de Pessinonte, et rendre un culte à la déesse. Cette dernière ressuscitera son amant. Le couple sera adoré en Phrygie. Une autre variante de la légende affirme que Attis sera castré par un roi à qui il se refusait. Selon une tradition Iydienne, Attis décédera de la charge d'un sanglier, comme Adonis.
Très populaire à Rome, où elle sera identifiée à la Bona Dea, Cybèle fera l'objet d'un culte à partir de 205 avant Jésus-Christ, lors de la seconde guerre punique. Les livres Sibyllins révéleront aux Romains qu'ils devaient ramener la "Grande Mère" à Rome pour s'assurer la victoire. L'Oracle de Delphes dirigera les Romains sur Pessinonte. Ils y trouveront une pierre vénérable représentant la déesse. De retour, le bateau échouera à l'embouchure du Tibre. Une jeune fille, nommée Claudia Quinta, injustement accusée de luxure, invoquera Cybèle. Elle parviendra à désensabler le bateau sans effort, prouvant ainsi son innocence. Cybèle apparaît dans le récit des errances d'Enée, écrit par Ovide. Les navires, qui le conduiront de Troie en Italie, seront fabriqués avec des pins du mont Ida consacrés à la déesse. Cybèle, sur son char conduit par des lions, ordonnera à Turnus de renoncer à une attaque contre la flotte troyenne. Elle invoquera la pluie et le tonnerre pour éteindre les premières flammes de l'incendie. Le vent brisera les cordes des navires troyens mouillés dans le Tibre. Ils s'éloigneront dans la mer et seront transformés en nymphes.
| Elément(s) en relation |  |  |
| Article(s) en relation |  |  |
Augustin Pajou (1730-1809) Issu d'une famille de menuisiers sculpteurs, Augustin Pajou entre, à l'âge de 14 ans, à l'école de l'Académie royale dirigée par Jean-Baptiste II Lemoyne.
|
 |