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L'immeuble du 59 abritera le premier Rocher de Cancale, repris par Balaine en 1804 et célèbre pour ses huîtres et les réunions du Caveau Moderne. «Excellentes huîtres, excellent poisson, excellentes chansons. Le sel dont on assaisonne ces dernières n'est point fourni par la maison. C'est le rendez-vous des joyeux disciples d'Epicure». La douzaine d'huîtres coûtait 15 sous en 1814. Balzac l'utilisera comme décor pour plusieurs scènes de la Comédie Humaine et le considérait comme le rendez-vous de la meilleure société de Paris et l'établissement qui faisait le plus honneur à la cuisine française. Borel, successeur de Balaine, le fermera en 1846 après avoir amassé une fortune et rachètera le célèbre Frascati de la rue de Richelieu.
L'ancien marchand de vin Pécune, installé en face au numéro 78 depuis 1820, reprendra le nom du prestigieux restaurant. Ce deuxième Rocher de Cancale ne connaîtra pas le succès du précédent, notamment en raison du succès du Philippe installé à proximité dans les bâtiments du Compas d'Or. Le décor de la façade d'inspiration néo-classique, plaqué sur deux étages, date du milieu du XIXème siècle. L'enseigne du restaurant, un rocher abritant des coquillages, sera sculptée à l'angle de la rue Greneta. Deux salons du premier étage conservent le décor attribué au peintre et dessinateur Gavanni (1804-1866). Il aurait été peint, selon Edmond de Goncourt, avant le changement d'enseigne en 1837. Cinq panneaux octogonaux ont été préservés (il en existait 14 en 1921) peints à l'huile sur le plâtre. Ils exposent des sujets carnavalesques, des personnages humoristiques, des guirlandes ainsi que des natures mortes de fruits, poissons et gibiers.
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