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Auteur compositeur et interprète libre et libertaire, également comédien, Mouloudji est né d'un père Kabyle communiste (originaire de Sidi Aïch en Algérie) émigré en France pour exercer le métier de maçon. Sa mère, une Bretonne catholique très pratiquante et alcoolique, sera internée.
Marcel Mouloudji montera un petit groupe avec son frère au sein des Faucons Rouges, association issue du parti communiste. Il rencontrera Sylvain Atkine, metteur en scène dans le Groupe Octobre de la Fédération des théâtres ouvriers de France. Marcel Duhamel le présentera à Jean-Louis Barrault et l'incitera à suivre les cours de Charles Dullin.
Mouloudji interprétera son premier rôle en 1936 dans "le Tableau des Merveilles", pièce inspirée de l'Espagnol Cervantès et adaptée en français par Jacques Prévert. Ce dernier le présentera, la même année, à Marcel Carné qui lui confiera un petit rôle dans "Jenny". Celui qu'il décrochera dans "les Disparus de Saint-Agil" de Christian-Jaque, en 1938, lui vaudra la célébrité.
Mouloudji traversera la guerre en évitant le STO. Il vivra de petits cachets, découvrira Saint-Germain-des-Prés, épousera Louise Fouquet (Lola) en 1943, et écrira "Enrico", un ouvrage de mémoire récompensé par le Prix de la Pléiade à la Libération en 1945.
Il consacrera les années d'après-guerre aux cabarets de la Rive-Gauche, où il chantera Boris Vian et Prévert, et au cinéma où il interprétera "Boule de suif" de Christian-Jaque (1947) et "Nous sommes tous des assassins" d'André Cayatte (1952).
Mouloudji enregistrera son premier disque ("Rue de Lappe", "Si tu 'imagines" et "Barbara") en 1951 et se produira sur la scène de Bobino. Les succès discographiques s'enchaîneront, notamment "Comme un p'tit coquelicot" (Grand Prix du disque 1953 et Prix Charles-Cros en 52 et 53) ainsi que "Un jour tu verras" extrait du film "Secrets d'alcôve" en 1954. Son engagement politique se manifestera lorsqu'il interprétera la chanson anti-militariste écrite et créée par Boris Vian : "le Déserteur". Il sera censuré par toutes les radios à l'exception d'Europe N°1.
Mouloudji revêtira alors les habits d'un artiste très engagé et marginalisé. Les chanteurs à textes d'après-guerre laisseront progressivement la place aux chanteurs yéyé. La production de Mouloudji, plus rare, ne faiblira jamais en qualité. Il écrira, pour son public fidèle, "Catho par ma mère, musulman par mon père" (1970), "Merci la vie" (1974), "Madame la Môme" (1975), "le Bar du temps perdu" (Grand prix du disque 1977), "Comme une feuille en automne" (1978).
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