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Les deux hôtels particuliers qui composent le groupe scolaire Béranger sont construits sur trois parcelles, loties par Jean Beausire, qui appartenaient autrefois au Temple. Abraham Peirenc de Moras fera édifier son hôtel à l'emplacement de l'actuel numéro 3 vers 1720. Il y habitera jusqu'en 1732, date à laquelle il emménagera l'hôtel de Biron qu'il venait de faire construire rue de Varenne. Le fermier général Bergeret de Frouville, qui rachètera le bâtiment aux héritiers du premier propriétaire à la fin du XVIIIème siècle, donnera son nom à l'hôtel. La ville de Paris le rachètera le 8 mars 1882 pour y installer une école.
Jean Pujol, conseiller du Roi et secrétaire des Finances, fera construire son hôtel à l'emplacement du numéro 5 de la rue, également vers 1720. La propriété sera adjugée à Salomon de la Haye des Fossés, secrétaire du Roi et de ses Finances, en 1753. La fille du nouveau propriétaire Elisabeth Marguerite Thérèse, épousera Bergeret de Frouville, son voisin. L'hôtel de la Haye sera divisé en appartements au début du XIXème siècle. Pierre Jean Béranger y passera les dernières années de sa vie. La ville de Paris rachètera le bâtiment le 26 décembre 1889 pour y installer un collège.
Les hôtels Bergeret de Frouville et de la Haye, très identiques, semblent être l'oeuvre du même architecte. Les bâtiments comprennent chacun un long corps de logis central de dix travées et de deux ailes latérales de cinq arcades. L'aile de l'hôtel de Bergeret de Frouville sera amputée de deux travées lors du percement de la rue de Franche-Comté en 1887.
Né rue Montorgueil le 19 août 1780, Pierre-Jean Béranger sera élevé par son grand-père tailleur avant d'être pensionnaire d'un institut rousseauiste de Péronne. Un imprimeur lui enseignera l'amour de la langue et de la prosodie. Lucien Bonaparte, qui recevra ses vers avant de partir en exil, lui lèguera sa pension de membre de l'Institut. Béranger exercera les métiers de commis de banque et de commissionnaire aux bureaux de l'Université. Il publiera quatre Recueils de ses Chansons en 1815 et 1833. Ses couplets, à la fois libéraux et patriotiques, lui vaudront de lourdes amendes et plusieurs séjours en prison. Très populaire, il sera élu député de Paris en 1848, sans même se présenter. Passé de mode sous le Second-Empire et repoussé par les Républicains qui lui reprocheront sa nostalgie napoléonienne, il décédera rue Béranger à 77 ans. La rue porte son nom depuis 1864.
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Les adieux de Marie Stuart Le poème de Pierre Jean Béranger sera mis en musique par Richard Wagner.
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