 | La Mort de Francesca de Rimini et de Paolo Malatesta |


| Matériaux : Peinture à l'huile sur toile
| Elément 5 sur 9 Peinture française Peinture (Thème historique)
Région en relation Paris (France)
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 | Description |  |
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Emile Zola écrira, dans son étude de l'Ecole française de peinture à l'Exposition de 1878 :
"Il faut voir au Champ-de-Mars les tableaux de Cabanel et de Gérôme, et si on se rappelle que ces deux peintres ont pris le pas sur Courbet toute sa vie, on ne pourra se défendre d'un sentiment de tristesse. On a beau réfléchir que la vogue excessive de la médiocrité n'a qu'un temps, que tôt ou tard la vérité triomphe, que l'avenir se chargera d'assigner à chacun la place qui lui revient, l'artiste au génie créateur en haut, et les pédants affairés et astucieux tout en bas ; n'importe, la partialité aveugle de la foule fait mal, on se met à douter de la vérité elle-même, devant les stupides engouements populaires dont jouissent des réputations usurpées." ...
et d'insister :
"Voici La Mort de Francesca de Rimini et de Paolo Malatesta. On ne saurait rien imaginer de plus plat et en même temps de plus prétentieux. C'est un classique qui dresse froidement une orgie romantique, à la Casimir Delavigne. Francesca, morte, est étendue de tout son long ; Paolo agonise sur son sein. Le plus étonnant c'est le costume de Paolo, ses pantalons collants et son manteau boutonné à l'épaule. Et les couleurs ! Le corps d'un noir quelconque, les étoffes nageant dans je ne sais quelle vapeur grise. N'importe, c'est bienséant, c'est de bon ton ! Voici encore Thamar et Absalon, un cas peut-être encore plus révélateur."
Virgile et Dante rencontreront dans le deuxième cercle de l'Enfer, parmi ceux qui ont commis le péché de chair, Paolo et Francesca, personnages qui vivront réellement en Italie au Moyen-Age.
Vers 1275, Francesca, fille de Guido da Polenta, sera mariée à Gianciotto Malatesta, seigneur de Rimini, qui la confiera à son frère, le jeune et beau Paolo. Paolo et Francesca tomberont amoureux l'un de l'autre en lisant des romans d'amour courtois.
"Nous lisions un jour par agrément
de Lancelot, comment amour le prit
nous étions seuls et sans aucun soupçon.
Plusieurs fois la lecture nous fit lever les yeux
et décolora nos visages.
Mais un seul point fut ce qui nous vaincu.
Lorsque nous vîmes le rire désiré
être baisé par tel amant
celui ci qui jamais plus ne sera loin de moi
me baisa la bouche tout tremblant
Galehaut fut le livre et celui qui le fit.
Ce jour là, nous ne lûmes pas plus avant".
Alors qu'ils échangeaient un premier baiser, ils seront surpris par Gianciotto qui les poignardera.
"Amour nous a conduits à une mort unique", fera dire Dante à leurs ombres. Cet amour interdit, et la damnation éternelle qui en sera la conséquence, apparaît comme l'un des thèmes de prédilection du XIXème siècle, d'Ingres et Delacroix, à Ary Scheffer, Cabanel et Henri Martin. | Plus de photos |  |
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