
|  | Clémence Isaure Elément 21 sur 34
Sculpture française Sculpture (Statue)
Matériaux : Pierre
Date : 1848
Région en relation : Paris VIème (France)
Acquisition : Service d'achat aux artistes vivants (1848)
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| Description |  |  |
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Paul Valéry, alors professeur au Collège de France, dira au sujet de Clémence Isaure : "J'ai lu sur elle tant de bien que c'est la seule femme dont je regrette qu'elle ait disparu avant d'être née ...L'expérience m'a enseigné qu'une femme de lettres très belle, intelligente et ne disant jamais de mal de ses consoeurs ne peut être qu'une personne imaginaire...".
L'Histoire du Languedoc, ouvrage écrit au XVIIIème siècle par le bénédictin dom Vaissette, nous apprend que Clémence Isaure " ...était une très riche et très généreuse dame, qui aimait la poésie et les belles lettres au point d'avoir créé un prix que l'on décernait tous les ans au mois de mai aux poètes ayant fait les plus beaux vers. Cette institution fut appelée le Collège de la Gaye Science, ou l'Académie des Jeux floraux, parce que les lauréats recevaient, dans l'ordre, une violette d'or, une églantine d'or, et enfin un souci d'or... "
Gérard de Sède, dans le Guide de la France mystérieuse, fournira plus de précisions sur la création du mythe :
"En 1323, sept notables réunis sous l'orme de Saint Martial, à Toulouse, dans le quartier des Augustins, créèrent la Companhia dels mentenedors del Gay Saba (Compagnie des mainteneurs du Gay Savoir) et instituèrent un concours annuel de poésie ouvert à tous les gens de langue d'oc, et dont le prix, décerné le premier mai, était une violette d'or fin. Les membres de la Companhia étaient tenus au secret. Le Gay Savoir semble, en effet, avoir été une doctrine ésotérique que la poésie des troubadours répandait sous forme de symboles cachés aux profanes. Les spécialistes actuels estiment que cette doctrine était celle des cathares, contraints depuis la croisade à une entière clandestinité.
Au XVème siècle, la Companhia, devenue Académie des Jeux floraux, bénéficia de la protection d'une dame toulousaine, Clémence Isaure, experte en Gay Savoir, qui légua à cette Académie des sommes si considérables que la ville de Toulouse jouissait encore de ces revenus au siècle dernier. Clémence Isaure mourut célibataire vers 1500, à l'âge de cinquante ans. Elle aurait été enterrée en 1557 sous l'autel de Marie, dans l'église de la Daurade (la Vierge dorée). Plusieurs érudits ont soutenu que Clémence Isaure n'a jamais existé et qu'elle n'est qu'un personnage symbolique figurant, comme la Dame des troubadours, un principe cosmologique féminin. Ils ont notamment souligné que, dès le XIVème siècle, c'est la Vierge que l'on appelle "Dame Clémence", et qu'Isaure veut dire Isis aurea "Isis dorée".
Ainsi, le lieu supposé de la sépulture de Clémence Isaure est lui-même purement emblématique. Pour d'autres, le mythe se rattache à l'Isaurie, contrée d'Asie Mineure, et aurait été rapporté de Constantinople par les croisés. Si cette thèse est exacte, le cas de Clémence Isaure ne relève pas seulement du mythe, mais du mystère et d'une inexplicable mystification ... Quelques années à peine après sa mort, on était déjà incapable de montrer le texte de son testament. Tout cela est troublant. Aujourd'hui, l'Académie des Jeux floraux n'est plus qu'un vestige folklorique. Mais il est possible qu'autrefois une richissime société secrète ait inventé Clémence Isaure pour dissimuler son action."
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