
|  | Luxe I Elément 1 sur 7
Art moderne Peinture (Nu)
Dimensions : 1,38 m x 2,10 m Matériaux : Peinture à l'huile sur toile
Date : 1907
Région en relation : Collioure (France)
Acquisition : Musée National d'Art Moderne - Centre Pompidou-CCI - Paris © Succession Henri Matisse - (33 1) 46 33 02 68
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| Description |  |  |
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Matisse tentera de réconcilier la tradition et la modernité. Les trois baigneuses du Luxe I, placée dans un paysage hérité de la peinture impressionniste moderne, associent la fidélité de l'artiste au genre académique du nu. Elles témoignent également de l'influence des arts primitifs sur l'artiste, en particulier l'art africain.
Matisse utilise ici le procédé du dessin poncif, mis au point à la Renaissance, qui consiste à reporter la forme d'un carton dont les contours sont perforés pour les enduire de fusain et les calquer ainsi sur la toile. Les gouaches découpées de la dernière période seront peut-être une adaptation de ce procédé.
La palette de l'artiste s'écarte des styles impressionniste et fauve, pour se rapprocher de celle de son maître Puvis de Chavanne. Ce dernier, adepte d'une peinture décorative, supprimera les ombres et les modelés de ses compositions, afin de revenir à la simplicité des fresques médiévales.
Le thème de l'oeuvre, l'Age d'or, évoque l'aube de l'humanité sous le règne d'une harmonie idéale avec la nature. Il s'inspire, comme Luxe, calme et volupté de 1904, de L'Invitation au voyage de Baudelaire. Le peintre illustrera l'oeuvre du poète à plusieurs reprises.
"Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes,
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté."
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