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Guide de visite : Hercule sur le bûcher
Hercule sur le bûcher






Date : entre 1620 et 1621

Dimensions : 1.92 m x 2.6 m
Matériaux : Peinture à l'huile sur toile
Acquisition : Achat de Louis XIV auprès du banquier Everhard Jabach (1662)
Musée du Louvre
Peinture italienne - I
Aile Denon
Premier étage - Section 12a
Elément 19 sur 34
Peinture italienne
Peinture (Thème mythologique)

Région en relation
Bologne (Italie)
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Description   

L'oeuvre, qui sera commandée en 1617 par Ferdinand Gonzague pour le décor d'une pièce de la villa Favorita à Mantoue, constitue avec les trois autres épisodes de l'Histoire d'Hercule conservés au Louvre une représentation allégorique du pouvoir et du triomphe de la famille Gonzague. La série passera dans la collection de Charles Ier d'Angleterre. Louis XIV s'en rendra propriétaire auprès du banquier Everhard Jabach en 1662.

Il existe de nombreux dessins préparatoires conservés au musée des Offices de Florence, à la Graphische Sammlung de Munich, au Louvre et dans la collection Koening-Fachsenfeld de Stuttgart.

Le thème est tiré des Métamorphoses d'Ovide. Dernier des quatre épisodes de l'Histoire d'Hercule peint par Reni, ce tableau montre le héros s'immolant par le feu pour mettre fin aux souffrances provoquées par la tunique empoisonnée du sang de Nessus.

Mort d'Hercule (IX, 134-210)

Plusieurs années s'écoulèrent. Les grands travaux d'Alcide avaient rempli la terre de sa gloire et fatigué la haine de Junon. Vainqueur du roi d'Oechalie, le héros préparait un sacrifice à Jupiter, quand la déesse aux cent voix, qui se plaît à mêler la fiction à la vérité, et s'accroît par ses mensonges, messagère indiscrète, vient t'annoncer, ô Déjanire, que ton époux infidèle est retenu auprès d'Iole par un indigne amour.

Déjanire aimait, elle fut crédule. Effrayée du bruit de ces nouvelles amours, elle pleure, et ses larmes nourrissent d'abord sa douleur. Mais bientôt : "Pourquoi pleurer, dit-elle ? ma rivale triomphera de mes pleurs. Elle approche : hâtons-nous. Employons, tandis qu'il en est temps, quelque moyen nouveau; et qu'une autre n'occupe pas encore le lit de mon époux. Dois-je me plaindre ou, me taire, retourner à Calydon, ou rester en ces lieux ? abandonnerai-je ce palais pour n'être pas un obstacle à des feux criminels ? Non, je dois me souvenir, ô Meléagre ! que je suis ta soeur. Peut-être préparé-je un crime ! peut-être, en perçant le sein de ma rivale, ma vengeance y montrera-t-elle ce que peut dans sa fureur une femme outragée !"

[152] Son âme flotte incertaine entre mille projets; elle s'arrête enfin à celui d'envoyer au héros la robe que le Centaure a teinte de son sang, et qui rallumera des feux peut-être mal éteints. Elle confie ce tissu à Lichas, qui n'en connaît point le danger. Imprudente ! elle ignore elle-même qu'il doit bientôt rouvrir la source de ses pleurs. Infortunée ! elle ordonne à Lichas, elle le prie de porter à son époux ce funeste présent. Il le reçoit sans défiance, et du venin de l'hydre il couvre ses épaules. Il versait sur des feux nouvellement allumés l'encens qui montait, avec sa prière, au trône de Jupiter; il faisait des libations de vin sur le marbre de l'autel. Soudain les feux sacrés échauffent le venin qui circule dans ses veines, et pénètre tout son corps. Quelque temps la grande âme d'Alcide souffre sans gémir un mal si violent; mais enfin, vaincu par la douleur, il repousse l'autel, et remplit de ses cris terribles les forêts de l'Oeta.

[166] Il veut soudain rejeter cette robe fatale; mais partout où il la déchire, il déchire sa chair; et, sans horreur, peut-on le raconter ! Ce tissu s'attache à son corps, il se colle à sa peau; Alcide ne peut l'arracher sans dépouiller ses muscles, sans laisser à nu ses grands ossements. Son sang frémit et bouillonne comme l'onde froide où l'on plonge un fer ardent. Un poison brûlant le consume. Toujours agissants, des feux avides dévorent ses entrailles. De tous ses membres coule une sueur livide. On entend pétiller ses nerfs; la moelle de ses os se fond et s'évapore. Enfin, levant au ciel ses bras : "Ô Junon, jouis, s'écrie-t-il, jouis de mon malheur. Barbare ! vois du haut de l'Olympe ces horribles tourments, et repais de mes douleurs ton coeur impitoyable. Ou, si je puis être un objet de pitié pour mes ennemis même (car je sais trop que tu me hais), achève; arrache-moi une vie qui m'est odieuse, qui fut destinée à tant de travaux, et toujours par toi si cruellement poursuivie ! La mort est un bienfait que je te demande; il sera digne de ta haine pour moi.

[182] "Eh ! quoi, suis-je donc le vainqueur de Busiris, qui, du sang des étrangers, souillait les temples de Jupiter ? est-ce bien moi qui étouffai dans mes bras le terrible Antée, en lui faisant perdre terre, et l'arrachant ainsi aux secours que lui donnait sa mère ? Eh ! quoi, ni les trois corps du pasteur d'Ibérie, ni la triple gueule du gardien des Enfers, n'ont pu effrayer mon courage ! Sont-ce ces mains qui brisèrent les cornes du taureau des Crétois ? l'Élide a-t-elle vu mes travaux ? les ondes du Stymphale et la forêt de Parthénie en ont- elles été témoins ? est-ce moi qui, sur les bords du Thermodon, enlevai le bouclier d'or de l'Amazone et les fruits de l'arbre que gardait le dragon vigilant ? sont-ce là ces bras qui triomphèrent des Centaures, qui terrassèrent l'affreux sanglier dans les champs d'Arcadie, et l'hydre aux têtes renaissantes sous le fer qui les faisait tomber ?

[194] "Ainsi qu'à leur maître farouche, n'ai-je pas donné la mort aux coursiers de la Thrace nourris de sang humain, et dont les entrailles étaient remplies de membres déchirés ? Voici ces bras qui ont étouffé le lion de Némée ! voici cette tête qui du ciel soutint le fardeau ! J'ai lassé la haine de Junon sans me lasser jamais. Mais enfin elle m'envoie un nouvel ennemi que mon courage ne peut dompter, contre lequel mes traits sont impuissants. Un feu dévorant erre dans mon sein, s'allume dans mes veines, et me consume tout entier. Et cependant le cruel Eurysthée est heureux ! et les mortels osent croire qu'il existe des dieux" ! Il dit, et prend sa course dans les bois de l'Oeta, tel qu'un tigre qui porte en ses flancs le javelot qui le déchire, et dans sa furie cherche le chasseur tremblant qui l'a blessé. Tantôt vous l'eussiez vu gémissant de douleur, ou frémissant de rage; tantôt s'efforçant d'arracher ses funestes vêtements; tantôt déracinant, brisant les arbres dans sa colère, et s'irritant contre les monts qui retentissent de ses cris; tantôt enfin, levant des bras suppliants vers le ciel où règne son père.

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